Results 1 to 2 of 2

Thread: Maclean’s à propos de la corruption au Québec

  1. #1
    Contributing Sr. Mod PatrioteQuebecois's Avatar
    Join Date
    Nov 2009
    Posts
    937
    Rep Power
    12

    Default Maclean’s à propos de la corruption au Québec

    Le fédéralisme rentable
    Pour désigner ce phénomène qu’il fait remonter aux années 1840, le sociologue Stéphane Kelly a parlé de la petite loterie

    Mathieu Bock-Côté
    www.24hmontreal.canoe.ca
    mercredi 29 septembre 2010



    L’article du Maclean’s à propos de la corruption au Québec fait jaser. Moins pour les faits qu’il énumère que pour l’interprétation qu’il en donne. Selon cette revue, c’est parce que les gouvernements québécois seraient hypnotisés par la question nationale qu’ils ne pourraient bien gouverner. Sans les souverainistes, le Québec rattraperait enfin les standards de la démocratie canadienne.

    Cette explication n’est pas seulement déconcertante. Elle déforme la réalité. Plusieurs l’ont notéen rappelant que les scandales des dernières années étaient d’abord et avant tout des scandales fédéralistes. La chose n’est pas neuve. Elle trouve son explication dans l’histoire du Canada, marquée par le conflit entre les deux peuples fondateurs.

    Pour des raisons évidentes, le fédéralisme a historiquement connu un déficit de légitimité chez les francophones qui reportent naturellement leur allégeance vers le Québec. Le sentiment national des francophones est québécois plutôt que canadien. Ils ont naturellement tendance à se méfier du Canada et ont plus d’une fois envisagé de s’en séparer.

    Le Canada ne veut pas de ça. Et pour gagner la fidélité d’une fraction significative de l’élite francophone, il a été obligé de la monnayer. Pour désigner ce phénomène qu’il fait remonter aux années 1840, le sociologue Stéphane Kelly a parlé de la petite loterie. Le scandale des commandites a rappelé que ce système était encore d’actualité.

    Le fédéralisme est devenu une bonne affaire pour une partie de notre élite dont la prospérité repose partiellement sur sa capacité à nous faire accepter notre subordination. Cette élite qui a trouvé dans notre abaissement le moyen de s’élever s’est installée dans les institutions fédérales et les entreprises qui en bénéficient. Elle gravite principalement autour des deux partis libéraux. C’est peut-être cela que Robert Bourassa appelait le fédéralisme rentable.

    Il ne s’agit évidemment pas de dire que les fédéralistes sont individuellement corrompus. Cela n’aurait aucun sens. On trouve au Québec des défenseurs sincères du Canada qui méritent notre respect. Mais même eux devraient reconnaître que le fédéralisme canadien n’est pas étranger à certains scandales qui ont choqué les Québécois.

    Cela nous ramène au Canada anglais. Avant de nous faire la leçon en spéculant sur le sous-développement de la culture démocratique québécoise dont les souverainistes seraient coupables, une idée ridicule dans la patrie de René Lévesque, il devrait se demander si le fédéralisme qu’il s’acharne à lui imposer n’est pas à l’origine de certains des problèmes qu’il s’imagine devoir lui reprocher.


    Source
    http://www.24hmontreal.canoe.ca/24hmontreal/chroniques/mathieubockcote/archi (...)

  2. #2
    Contributing Sr. Mod PatrioteQuebecois's Avatar
    Join Date
    Nov 2009
    Posts
    937
    Rep Power
    12

    Default

    "La petite loterie", version 21ème siècle

    Après ça, ils prennent leurs airs surpris et se désolent quand les scandales éclatent au grand jour
    Florent Marquis
    Tribune libre de Vigile
    mercredi 29 septembre 2010 266 visites 6 messages



    La petite Loterie, version 21ème siècle
    Je n’ai pas encore pu lire l’article du MacLean’s sur ce paradis de corruption qu’est le Québec, mais l’enflure médiatique et les réactions de vierge offensée m’ont bien fait rire. Et j’ajoute que c’est un excellent coup de publicité pour le MacLean’s car lorsque j’ai voulu l’acheter samedi dernier, on m’a répondu que tous les numéros s’étaient vendus !

    Ceux qui ont lu La petite loterie de Stéphane Kelly ont peut-être trouvé bien ironique d’apprendre qu’un membre de la colonie canadian de Montréal a fait tout un plat à propos de ce paradis de corruption qu’est le Québec. Il est en effet assez ironique qu’après avoir mis en place depuis 250 ans tout un système pour acheter la collaboration des plus véreux d’entre nous, nos maîtres se scandalisent que leurs hommes de mains, qu’ils paient grassement pour nous asservir, se servent à pleines mains dans l’assiette au beurre.


    La couverture est toute une trouvaille : bonhomme carnaval déambulant avec une valise pleine d’argent et qui laisse échapper quelques billets, avec un grand titre « The most corrupt province in Canada ». Ça me rappelle une autre de leurs pages couvertures à sensation, au milieu des années 1990, qui titrait « An inside look at Quebec’s cult of death » après les suicides du Temple solaire. Josée Legault en a déterré une autre sur son blogue vendredi dernier : un numéro où Montréal était décrite en couverture comme une capitale de la corruption.

    À Radio-Cadenas, Charrette a commencé son émission de vendredi avec le sujet. Deux invités, Patrick Lagacé de la grosse Presse à Desmarais, et Francine Pelletier, documentariste. Lagacé se dit d’accord avec l’essentiel de l’article, notamment avec la thèse de l’auteur selon qui la grande présence de l’État dans l’économie et les réseaux tissés serrés entre les milieux d’affaires Québécois amplifient le risque de corruption. À la décharge de Lagacé, il a tout de même donné des exemples de corruption dans les autres provinces, notamment en Colombie Britannique où mêmes des premiers ministres ont été mis en cause. Cependant, tout ce beau monde à l’émission de Charrette s’est entendu pour donner d’une certaine manière raison à l’auteur de l’article, tout en se disant insultés de l’insistance que les médias Canadiens anglais mettent à taper sur le Québec.

    J’ai suivi un peu ce qu’on a dit de l’affaire sur Vigile. Beaucoup de réactions offensées compréhensibles, mais à mon avis, comme dans l’affaire Tierney, beaucoup de monde passe à côté d’un élément essentiel.

    Et c’est ici qu’intervient La petite loterie de Stéphane Kelly.
    ***

    Dans tout ce qu’on voit, entend, sait, dit et écrit au sujet de la corruption endémique et systémique à Montréal en particulier et au gouvernement du Québec en général, on insiste assez peu sur le fait que cette corruption est le fait de politiciens fédéralistes.

    Dans La petite loterie, Stéphane Kelly explique que c’est par l’argent, le pouvoir, les titres et les postes de prestige que la Couronne s’est assuré la loyauté des élites politiques du Canada-Français après l’écrasement des rébellions de 1837-38. Mais en fait, dès les lendemains de la Conquête et de la cession de la Nouvelle-France à la Couronne Britannique, cette dernière a eu besoin d’alliés influents chez les Canadiens-Français pour s’assurer l’obéissance et la soumission du peuple.

    Le clergé et les marchands ont rempli ce rôle au début. Aujourd’hui, leurs hommes de paille sont nos politiciens fédéralistes et toute la clique du milieu des affaires qui est d’abord loyale envers son portefeuille. Et depuis l’apparition de la superclass appelée par Rockefeller, j’en soupçonne plusieurs parmi notre élite économique de vouloir en faire partie, quitte à trahir leur peuple.

    Comme je l’écrivais plus haut, il est assez ironique de voir et d’entendre les anglais déplorer que le Québec soit la province la plus corrompue au Canada alors que c’est justement le système d’exploitation colonial qu’ils ont mis en place qui génère cette corruption. Dès le début de notre mariage forcé, ils ont eu recours à ceux des nôtres les plus enclins à céder au chant des sirènes de l’argent, des postes bien en vue, des titres prestigieux et de belles carrières afin de s’assurer le contrôle d’une population toujours réticente à collaborer avec le pouvoir anglais. Après ça, ils prennent leurs airs surpris et se désolent quand les scandales éclatent au grand jour.

    Vendredi dernier, Josée Legault rappelait sur son blogue une page couverture du MacLean’s montrant Montréal comme un nid de corruption. Or, à la dernière élection municipale, elle a elle-même souligné que lorsque le vote est analysé selon la langue, le vote francophone s’est divisé à parts à peu près égales entre le libéral corrompu Tremblay, la péquiste Harel qui a de la misère à parler l’anglais (un grave handicap à ce qu’il paraît), et un troisième dont j’ai oublié le nom. Mais le vote des anglos et des allophones, lui, est allé massivement pour Tremblay, le libéral fédéraliste mêlé à la pègre.

    Placés devant le choix entre un fédéraliste aux fréquentations douteuses et une péquiste dont l’honnêteté et l’intégrité ne sont pas entachées par les odeurs de scandales, les anglos et ceux qu’ils ont détournés de leur intégration normale à la majorité de langue française préfèrent avoir la mafia à l’hôtel de ville.

    Après ça, Patriquin et le MacLean’s font des pages couvertures avec la corruption au Québec. C’est comme s’ils étaient incapables de se rendre compte qu’en misant sur les hommes qu’ils ont séduits avec l’argent et le prestige pour garder le contrôle sur le Québec, ils ouvrent toute grande la porte à la corruption tous azimuts. Charest a quitté le Parti Conservateur pour aller prendre la barre du PLQ moyennant un pont d’or, a dit Radio-Canada il y a 12 ans. Il a fini par admettre qu’il touche une prime de $75,000 par an depuis 10 ans, longtemps après que le journal Le Québécois en avait fait la démonstration. Le maire Tremblay, un ancien du PLQ, est mêlé à des affaires louches à la mairie de Montréal.

    Les infractions systématiques du camp du non au référendum de 1995 qui ont mené au scandale des commandites. À la commission Gomery, Chuck Guité qui se justifiait en disant « on était en guerre » et Jean Pelletier qui en rajoutait en précisant que quand on est en guerre, on ne se préoccupe pas de savoir d’où viennent les munitions, on les tire.

    ***

    Afin d’atteindre leur objectif de garder le contrôle sur le Québec, les anglais ont toujours été obligés de s’associer à ceux d’entre nous qui sont les plus réceptifs aux charmes de l’argent, du pouvoir, même si c’est celui d’un homme de paille, des postes importants et des titres prestigieux d’institutions qui nous sont étrangères parce qu’elles nous ont été imposées par le conquérant. Alors il n’y a pas de quoi être surpris que les partis fédéralistes soient des nids de corruption et d’affairistes qui pensent plus à leur propre avancement qu’à défendre âprement les intérêts de leur peuple.

    Ce qui est ironique par contre, c’est de voir des anglais déplorer cette situation et se demander si l’argent, que ce soit la prime de $75,000 par an au chef du PLQ ou les maudits paiements de péréquation, si l’argent donc est la seule chose qui retient les Québécois dans le Canada. Ceci alors qu’ils ont eux-mêmes créé de toutes pièces cette situation, ce système.
    Leurs hommes de main au Québec ne sont pas loyaux envers le Canada pour ses qualités intrinsèques, ils le sont parce que c’est plus payant.

    C’est à ce genre de personnages veules, achetables et corruptibles qu’ils ont confié la tâche de maintenir le Québec dans le giron du Canada. Alors pourquoi s’étonnent-ils ensuite que le Québec soit la province la plus corrompue dans leur pays.
    ***

    Les réactions outrées de la direction du Carnaval de Québec m’ont bien fait rire aussi. Était-ce Daniel Gélinas, celui-là même qui a vendu le 400ème de Québec au fédéral qui en a profité pour récrire l’histoire à sa guise, qu’on entendait à la radio dire qu’il songeait à des poursuites contre le MacLean’s ? Les gens de Québec qui se sentent offensés par cette utilisation mesquine d’un des symboles les plus connus de leur ville n’ont qu’à s’en prendre à eux-mêmes. Ce sont eux qui ont voulu en faire partie, du Canada.

    Ce sont eux qui nous ont fait perdre le référendum de 1995 car étant donné la prévisible tricherie institutionnalisée du camp du non, un oui massif des Canadiens-français était d’autant plus important. Ce sont eux qui ont élu des députés conservateurs pour avoir le « vrai » pouvoir et qui se sont retrouvés avec pour représentants une dizaine de tartes qui ont maladroitement tenté de forcer la main à leur patron pour qu’il accepte de financer le nouveau colisée et qui ont ainsi donné des munitions à tous ceux qui carburent au Quebec bashing.

    Comme illustration de ce que la soumission, la dépendance et l’illusion du pouvoir nous coûtent, c’est difficile de trouver plus éloquent.

    J’aimerais bien que l’incident du MacLean’s serve de leçon et en réveille quelques-uns. Malheureusement, comme d’habitude les médias se complaisent dans les réactions de vierges offensées et personne ne pointe du doigt le système qui génère ce genre de problèmes qui empoisonnent notre vie politique. J’espère que mon texte apportera un éclairage différent et éveillera quelques esprits.

    Florent Marquis
    Québec

Similar Threads

  1. Replies: 0
    Last Post: 01-14-2012, 01:58 AM
  2. « A propos de la réforme du programme d’histoire »
    By Robertvincent in forum French White News et en français
    Replies: 0
    Last Post: 09-24-2011, 10:30 AM
  3. Replies: 0
    Last Post: 02-01-2011, 02:17 AM
  4. Propos racistes = 300,000 Euros
    By PatrioteQuebecois in forum French White News et en français
    Replies: 0
    Last Post: 01-05-2011, 03:00 AM
  5. Infoman commente Éric Duhaime et son propos sur Amir Khadir
    By PatrioteQuebecois in forum Quebec News
    Replies: 0
    Last Post: 12-18-2010, 08:04 AM

Tags for this Thread

Bookmarks

Posting Permissions

  • You may not post new threads
  • You may not post replies
  • You may not post attachments
  • You may not edit your posts
  •