http://w w w .vigile.net/Marois-veut-50-des-benefices-pour April 9, 2012
Marois veut 50 % des bénéfices pour lÉtat

PétroleMarois veut 50 % des bénéfices pour l’État« Nous allons nous inspirer de ce qui se fait en Norvège », dit la chef du PQ
La chef du Partiquébécois,Pauline Marois,était entouréedes députésScott McKay,BernardDrainville etMartine Ouellet,ainsi que ducandidat dansSainte-Marie–Saint-Jacques,Daniel Breton,au momentd’annoncer, hier, à Montréal, ses intentions en matière de ressources naturelles.

Dévoilant un autre volet de la future politique énergétique d’un gouvernement du Parti québécois, lachef de l’opposition, Pauline Marois, s’est engagée hier à faire en sorte que « si le Québec produitdu pétrole, la collectivité s’assurera qu’au moins 50 % de la richesse créée reviendra auxQuébécois ».Dans une conférence de presse destinée à expliquer comment un gouvernement du PQredonnerait aux Québécois à la fois le contrôle de leurs richesses naturelles et un « meilleurpartage » de ses richesses naturelles, Mme Marois a précisé qu’en matière d’exploitation dupétrole, « nous allons nous inspirer de ce qui se fait en Norvège, un pays producteur de pétrole quej’ai visité et qui est exemplaire en matière d’environnement ».

La Norvège place l’essentiel des bénéfices tirés de l’extraction du pétrole en Mer du Nord dans unfonds souverain pour permettre aux générations futures de toucher, elles aussi, une part desbénéfices de l’exploitation actuelle de cette richesse dont l’extraction entre dans sa phased’épuisement.

À l’évidence, le PQ veut éviter d’avoir à nationaliser à grands frais les droits d’exploitation dupétrole d’Anticosti, cédés en partie par Hydro-Québec à Pétrolia, laquelle détient ces droitsd’exploration avec Corridor Resources. Cette dernière voudrait amorcer l’exploration des fondsmarins du golfe Saint-Laurent sur la frontière Terre-Neuve et Québec, au site Old Harry.Pour Pauline Marois, tout le pétrole exploité au Québec devrait participer à la richesse collective,ce qui mettrait fin aux exemptions qu’obtiennent certaines sociétés qui tirent du pétrole du sous-solquébécois, sans redevances, sous prétexte qu’il s’agit d’exploration et non d’exploitation.

Qu’il s’agisse de minerai ou de pétrole, a précisé la chef du PQ, « aucune extraction » ne serapermise sans payer une juste part à la société québécoise.« Avec un gouvernement du Parti québécois, déclare Mme Marois, aucune entreprise ne pourraextraire des ressources minières sans payer de redevances, comme le fait le gouvernementCharest. Nous mettrons en place un régime de redevances inspiré de ce qui se fait en Australie.Nos ressources naturelles serviront à s’enrichir collectivement ».

En Australie, les minières vont devoir verser à la collectivité une redevance de 30 % sur leursbénéfices, ce qui constitue un compromis par rapport au projet initial du gouvernement Gillard, quiciblait initialement une redevance de 40 %.

Cette taxe vise une trentaine de multinationalesmilliardaires comme BHP Billiton, Rio Tinto et Xstrata qui vont ainsi devoir verser environ 11milliards en trois ans. Ce projet de redevances est combattu avec acharnement par lesconservateurs australiens, qui ont promis de l’abolir s’ils sont élus l’an prochain.Les intentions du Parti québécois dans le domaine du pétrole vont de pair avec les autres volets desa politique énergétique, qui visent à redonner à la collectivité globalement le contrôle et l’essentieldes bénéfices de l’exploitation des richesses naturelles, tout en accordant la priorité absolue auxéconomies d’énergie.

L’éolien confié à Hydro-Québec
Ainsi, Hydro-Québec se verrait confier le monopole du développement de l’énergie éolienne en lieuet place du secteur privé, qui est présentement propriétaire des parcs autorisés. Seule entorse àce monopole, précise Mme Marois : le PQ autoriserait les parcs éoliens créés par les corpspublics et les coopératives.

Si le développement des énergies renouvelables est appelé à connaître un développementimportant dans ce scénario, ce serait par contre la fin du nucléaire au Québec avec ledémantèlement de Gentilly-2, le reclassement des employés dans d’autres secteurs d’Hydro-Québec et la mise en place d’une stratégie de diversification économique pour la région d’accueil.En même temps, par contre, les stratégies environnementales et d’efficacité énergétique du PQl’amèneraient à s’attaquer radicalement à la consommation de pétrole au Québec par un virageimportant au profit du transport en commun, de l’électrification de ces services autant à Montréalqu’ailleurs, et du parc automobile lui-même.

En lieu et place du « béton et de la garnotte » danslequel, dit-elle, le Québec a beaucoup investi, un gouvernement Marois mettrait en place un fondsde développement technologique et de recherche pour stimuler l’innovation et la mise au point deproduits québécois en transport électrique.

Pauline Marois insiste beaucoup sur le fait que la consommation de pétrole au Québec engendreune exportation de capitaux de 69 millions par jour.« Ce sont, dit-elle, 1,3 milliard de dollars qui vont sortir du Québec d’ici le Jour de la Terre, le 22avril prochain. » Pauline Marois a d’ailleurs exhorté les Québécois de « toutes les générations » àparticiper à la manifestation du 22 avril, lancée par les adversaires de l’exploitation des gaz deschiste, à qui elle promet d’ailleurs un « moratoire complet ».

Se sont ajoutés à cette manifestationtous les groupes qui s’opposent à la cession au rabais des ressources naturelles québécoises auxplus offrants.Pauline Marois s’est d’autre part engagée à modifier le système de planification des projetsénergétiques d’Hydro-Québec dans une logique apparentée à la « planification intégrée desressources ». En vertu de cette logique, au lieu d’examiner chaque projet à la pièce, chacun sesitue dans un plan d’ensemble qui accorde la priorité à ceux dont les coûts cachés pour la sociétéet l’environnement sont les moins élevés.Les institutions, qui concourent à cette planification, comme la Régie de l’énergie et le Bureaud’audiences publiques sur l’environnement, ajoute Pauline Marois, verront leurs mandats modifiésafin de permettre plus de transparence, de rigueur et de participation du public. Dans ce domaine,promet Mme Marois, « il y a pas mal de ménage à faire », une allusion au mécontentement deplusieurs groupes à l’endroit de la Régie de l’énergie, dont plusieurs trouvent les examens troppartiaux et pas assez ouverts.
Source
http://www.ledevoir.com/environnement/actualites-sur-l-environnement/346575/ (...)