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Thread: Vincent Reynouard - Biographie / Textes

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    Default Vincent Reynouard - Biographie / Textes

    Vincent Reynouard

    Vincent Reynouard, né en 1969, historien spécialisé sur la période de la deuxième guerre mondiale et plus particulièrement sur la tragédie d'Oradour-sur-Glane.

    Engagement politique

    Vincent Reynouard a été militant du Parti nationaliste français et européen (PNFE) et est actuellement le principal dirigeant du Mouvement de combat Saint-Michel qui se définit comme "catholique, national-socialiste et révisionniste".

    Vie professionnelle

    Vincent Reynouard est un ingénieur chimiste diplômé de l'ISMRA (Institut supérieur de la matière et du rayonnement atomique). Il a intégré l'Education Nationale devenant professeur de mathématique dans les lycées professionnels. Il a été révoqué de son poste en 1997 par le ministre François Bayrou après la découverte sur le disque dur de l'ordinateur qu'il utilisait dans son lycée de textes révisionnistes. Depuis Vincent Reynouard vit de son travail d'historien.

    Un historien victime de la répression

    Alors qu'il était encore étudiant, Vincent Reynouard fonda une association du nom de l'ANEC (Association normande pour l'éveil du citoyen) dont le but était la diffusion de brochures historiques qui n'étaient pas disponibles dans les circuits de distribution "conventionnels". Vincent Reynouard est lui-même l'auteur de plusieurs dizaines de plaquettes sur des sujets divers. La plupart traitent de la deuxième guerre mondiale. Actuellement, il dirige la branche francophone du VHO (Institut pour une Version historique objective).

    L'activité d'historien de Vincent Reynouard a été source pour lui de plusieurs procès et condamnations :


    Le 8 octobre 1992, la cour d'appel de Caen l'a condamné à un mois d'emprisonnement avec sursis et à 5000 francs d'amende pour contestation de l'existence d'un ou plusieurs crimes contre l'humanité), Vincent Reynouard ayant, selon la Cour de cassation, « adressé aux vingt-quatre élèves d'un lycée, lauréats du concours Résistance et Déportation, des lettres anonymes auxquelles était annexée la photocopie d'écrits contestant l'existence des chambres à gaz en Allemagne durant la Seconde Guerre mondiale ».

    En juin 2004, la cour d'appel de Limoges l'a condamné à vingt-quatre mois de prison, dont six ferme, pour apologie de crimes de guerre, en raison de la réalisation et de la diffusion d'une cassette vidéo intitulée Tragédie d'Oradour-sur-Glane : 50 ans de mensonges officiels ; la Cour de cassation a cassé cet arrêt, les faits reprochés ne constituant pas une apologie de crimes de guerre, mais une contestation de crimes de guerre, laquelle n'est pas réprimée par la loi.

    Le 8 novembre 2007, il a été condamné à un an de prison et 10000 euros d'amende par le tribunal correctionnel de Saverne (Bas-Rhin), pour contestation de crimes contre l'humanité pour avoir écrit et fait distribuer la brochure : Holocauste, ce que l'on vous cache. Vincent Reynouard a fait appel du jugement. Le 25 juin 2008, un arrêt de la cour d’appel de Colmar a condamné Vincent Reynouard à un an de prison ferme et au paiement de la publication, par extraits, dudit arrêt dans le Journal officiel de la République française, ainsi que dans Le Monde, Les Dernières nouvelles d’Alsace et L’Alsace. Raphaël Nisard, avocat de la LICRA, a déclaré : “C’est un résultat extraordinaire qui satisfait pleinement la LICRA.

    Le 19 juin 2008, un arrêt de la cour d’appel de Bruxelles l’a condamné, pour la publication d’un écrit révisionniste, à un an de prison ferme et à 25 000 euros d’amende.

    Le 9 juillet 2010, Vincent Reynouard est incarcéré à la prison de Forest (Bruxelles).

    Le 23 juillet 2010, la Chambre du Conseil de Bruxelles a déclaré que le mandat d'arrêt lancé par la France contre Reynouard était valable.

    Le 19 août 2010, il est extradé vers la France et incarcéré à Valenciennes.


    Vincent Reynouard a été libéré le 5 avril 2011.


    Le site de Vincent Reynouard : www.phdnm.org :thumb2:


    Vincent REYNOUARD : Holocauste ? Ce que l'on vous cache...

    http://balder.org/judea/pdf/Vincent-Reynouard-Holocauste-Ce-Que-Lon-Vous-Cache.pdf


    Vincent REYNOUARD : "Holocaust? What they hide from you ..."

    http://balder.org/judea/pdf/Vincent-Reynouard-Holocaust-And-What-They-Hide-From-You.pdf


    Vincent REYNOUARD
    : Holocaust ? Was man ihnen verheimlicht...

    http://balder.org/judea/pdf/Vincent-...rheimlicht.pdf

    Last edited by Robertvincent; 11-27-2011 at 01:54 PM.
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    Default Re: Vincent Reynouard - Biographie / Textes

    la brochure de Vincent Reynouard

    Holocauste ? Ce que l'on vous cache...

    Voici un URL pour le contenu de la plaquette (16 pages) qui a valu à son auteur, le scientifique français Vincent Reynouard -- père de sept enfants (bientôt huit) une très sévère condamnation en vertu de la loi scélérate Fabius-Gayssot : un an de prison ferme.

    http://balder.org/judea/pdf/Vincent-...Vous-Cache.pdf


    Tragédie d'Oradour-sur-Glane : 50 ans de mensonges officiels

    En juin 2004, la cour d'appel de Limoges l'a condamné à vingt-quatre mois de prison, dont six ferme, pour apologie de crimes de guerre, en raison de la réalisation et de la diffusion d'une cassette vidéo intitulée Tragédie d'Oradour-sur-Glane : 50 ans de mensonges officiels ; la Cour de cassation a cassé cet arrêt, les faits reprochés ne constituant pas une apologie de crimes de guerres, mais une contestation de crimes de guerre, laquelle n'est pas réprimée par la loi.

    La Vidéo :

    Vincent Reynouard - Tragédie d'Oradour-sur-Glane : 50 ans de mensonges officiels
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    Default Re: Vincent Reynouard - Biographie / Textes

    Guerre "psychotronique" contre le cerveau des européens


    Aujourd’hui, les Européens déconnectés de leur passé, donc de leur véritable identité, sont comme un troupeau perdu, balloté dans un monde changeant à grande vitesse, n’ayant plus pour se satisfaire que la jouissance effrénée des plaisirs matériels (une jouissance éphémère qui débouche bien souvent sur le malheur).

    Cela me rappelle le film Dark City (La Cité obscure) dans lequel quelques milliers d’êtres humains enlevés par des extra-terrestres ont été placés dans une immense ville laboratoire qui flotte dans l’espace. Chaque nuit, ces derniers modifient la réalité (changeant la ville et allant jusqu’à imprimer une nouvelle mémoire à chacun des hommes) afin d’observer le comportement humain suivant les situations créées.

    Ainsi espèrent-ils comprendre le fonctionnement de l’âme humaine. Ils sont aidés en cela par un psychologue auquel ils ont effacé la mémoire première.

    A un moment, un « cobaye » qui a découvert la vérité lui demande : » Vous dites qu’ils nous ont amenés ici… D’où venons-nous? » Le psy répond : « Je suis navré, je ne m’en souviens pas. Aucun de nous ne s’en souviens. Ce que nous avons été, ce que nous auriont pu être… quelque part… ailleurs« .

    La première fois que j’ai vu cette scène – c’était une nuit où je timbrais des lettres-, je me suis immédiatement dit : « Leur passé ayant été effacé, falsifié, le destin de ces gens est brisé. Ils ne savent plus qui ils sont et ne sont pas ce qu’ils auraient dû être. Ils se débattent dans des problèmes fictifs au sein d’un monde artificiel ; ils errent en attendant la mort… Finalement, ils sont comme les peuples européens d’aujourd’hui… Sans passé, sans futur. Ils sont comme nous. » J’ai repassé plusieurs fois la scène, j’étais vraiment ému.

    (Source : Vincent Reynouard, in Réflexions d’un révisionniste pris dans la tourmente, pages 57-58, Samizdat éditions 2005)



    Les Raisons profondes du triomphe actuel de Big Brother



    En 1945, les vainqueurs de l'Axe ont changé la conscience du monde dit civilisé.

    Après avoir broyé leur ennemi, pillé son territoire, englouti ses villes et violé ses femmes, ils ont déclaré à toute la planète :

    "Nous avons lutté contre un régime barbare jusqu'à son écrasement complet et nous sommes en droit de lui demander des comptes. Mais nous n'avons ni à démontrer qu'il était barbare (c'est de notoriété publique), ni à rendre des comptes pour nos propres violations du droit international (puisque pour la civilisation et contre le Mal absolu, tout est permis)."

    Aujourd'hui, les conséquences de ce changement de conscience s'étalent sous nos yeux : Big Brother accuse sans preuve, traîne dans la boue, abreuve d'injures, affame, déchire la Charte de l'ONU, agresse, bombarde, empoisonne, il ne rencontre aucune réelle résistance car les esprits sont conditionnés par "Nuremberg".

    Nous luttons uniquement car, comme l'écrivait Maurice Bardèche dès 1948, avec le verdict de Nuremberg :"Ce n'est pas seulement les Allemands, c'est nous tous qui sommes dépossédés".

    Tant que l'objectivité en Histoire n'aura pas été rétabli, rien d'efficace ne pourra être tenté contre le Nouvel Ordre Mondial. Mais il faut agir, car Big Brother lui, ne perd pas de temps...

    Vincent Reynouard, in Le révisionniste n°1, Avril 2003



    Pourquoi je poursuivrai le combat...



    Il y a trois ans encore, persuadé que le peuple était trompé malgré lui au sujet du prétendu "Holocauste", j'avais lancé un appel pour que, dans chaque département français, une dizaine de personnes se lèvent et révèlent publiquement leurs certitudes révisionnistes.

    Je pensais que les procès qui en découleraient - et qui ne pourraient être occultés par les médias - suffiraient pour ouvrir les yeux de nos concitoyens. Aujourd'hui, je confesse mon erreur.

    Désormais convaincu que le peuple veut croire en la Shoah parce qu'il refuse le fascisme (et non pas veut refuser le fascisme parce qu'il crois en la Shoah), je sais que l'heure n'est pas aux grandes démonstrations révisionnistes. Les prestations publiques de dix, cent voire mille personnes développant tous les arguments possibles ne changeraient rien.

    Nos concitoyens veulent croire et croiront, point final.

    Ce qu'il faut aujourd'hui, c'est la présence de quelques personnes désignées par la Providence pour maintenir vivante la braise - ne parlons pas de flambeau - révisionniste.

    Quant aux autres - les révisionnistes convaincus mais sans fibre militante - leur devoir consiste à rester discrets pour pouvoir continuer à aider selon leurs moyens : envoi de coupures de presse, de livres, de documents, prêts d'un local ou d'une machine, aide financière...

    (Source : Vincent Reynouard, Pourquoi je poursuivrai le combat..., in Sans Concession N°46-47, janvier-février 2009 p.101).

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    Pour un combat frontal

    Vincent Reynouard

    Une stratégie malhabile ?

    Réponse àux « prudents » qui recommandent de ne pas aborder la question du révisionnisme


    L’objection

    A cela, les frileux objecteront : « En prenant le Pouvoir de front, combien de temps espérerez-vous tenir ? Il arrivera un moment où, de condamnation en condamnation, vous vous retrouverez paralysés Vous n’avez pas le droit d’adopter une stratégie qui équivaut à un sabordement à plus ou moins long terme ». Et d’ajouter, fion stratèges : « Mieux vaut en dire moins mais pouvoir continuer à le dire, plutôt que vouloir tout dire et finalement être condamné au silence. Qu’aurez-vous gagné — et qu’auront-nous gagné — le jour où vous serez tous en fuite, en prison ou pendus ? »

    Une stratégie de « prudence » qui n’a servi à rien

    Cette objection peut certes impressionner. Mais je souligne que « en dire moins » signifie toujours : « éviter les sujets tabous ; ne pas braver les interdits suprêmes ». Et c’est bien là le problème : ces interdits suprêmes n’ont pas été choisis au hasard. Ils ont été déclarés tels parce que nos adversaires savent qu’il s’agit de sujets vitaux.

    Dès lors, se promettre de ne pas les aborder, c’est commencer la bataille en acceptant de ne jamais attaquer les centres vitaux de l’ennemi. C’est appuyer sur la voûte sans toucher à la clé de voûte. C’est donc se condamner à l’inefficacité et, finalement, à la défaite. D’ailleurs, qu’ont donc gagné, en trente ans, les partisans de la « prudence » ? Ont-ils empêché la promulgation et/ou l’aggravation des lois pour l’avortement, contre les discriminations, et maintenant contre l’ « homophobie » ? Ont-ils freiné la décadence ? Ont-ils gêné la construction de l’Union européenne ? Ont-ils inversé les flux migratoires ? Non.

    Une stratégie de prudence qui stérilise tous les bons combats

    J’ajoute que, non contents de délaisser le combat révisionniste, les « prudents » en viennent très souvent à se faire les complices du grand mensonge, ce qui stérilise leur action. Le combat contre l’avortement fournit un exemple flagrant. Dans le monde entier, des centaines de milliers de personnes y participent activement (sans compter les sympathisants). Elles disposent de grands moyens financiers. Elles sont soutenues par les églises, des personnalités diverses, des élus… Elles publient des livres, de revues, des films… Sans aucun succès. En France, les trente ans de la loi Veil ont été commémorés sans anicroche et les avortements se pratiquent toujours autant.

    Le mythe de l’ « Holocauste » protège l’idéologie ambiante

    Mais voilà : pourquoi la logique démocratique et laïque s’impose-t-elle aujourd’hui ? Parce que son seul véritable adversaire, c’est le fascisme. Or, le fascisme doit être universellement condamné parce qu’ « on sait où ça a mené » ; ça a mené aux camps, aux crématoires, aux chambres à gaz, à l’ « Holocauste », à la mort de dix millions de personnes dans les camps et patati et patata...

    Les Palestiniens tombent dans le même piège

    Il en est de même lorsque les Palestiniens brandissent des pancartes « Sharon = Hitler », ou « Nazisraël », parlent du « manifeste judéo-nazi » d’A. Sharon (voir image) et scandent : « Les juifs sont des nazis qui perpètrent un nouvel Holocauste ». Lorsqu’ils entendent et lisent cela, les sionistes doivent rire. Car ils savent bien, eux, que l’ultime légitimation d’Israël, c’est le (prétendu) Génocide. Dans son numéro du 12 avril 2005, le magazine juif Regards a consacré un article à l’inauguration du nouveau musée de la Shoah à Yad Vashem en présence des délégations de plus de quarante pays. L’auteur du texte, Denis Charbit, a écrit :

    Le sionisme et l’État d’Israël n’avaient pas besoin de cette justification douloureuse et sanglante a posteriori [la Shoah] pour donner un contenu à la légitimité de sa revendication. On voit bien cependant que l’argument a servi à persuader nombre de nations qui n’en saisissaient pas la raison d’être. Des États qui se posaient avant la seconde guerre mondiale des questions : « Pourquoi le sionisme ? A quoi bon un État pour les juifs ? » ont admis, après 1945, que la question n’avait plus à être posée. Les crématoires dispensaient de toute explication verbeuse et argumentée. Ils étaient la preuve muette, mais éloquente, de la nécessité d’un État juif.

    D. Charbit écrivait également :

    Pour le gouvernement israélien, par la voix des ministres de l’Éducation nationale et des Affaires étrangères, il s’agissait par ce rassemblement de faire valoir qu’Israël a été et demeure la seule réponse à la Shoah, l’unique réponse [Ibid., p. 12, col. A.].

    Tout comme les anti-avortement, les Palestiniens paralysent eux-mêmes leurs actions en cautionnant le grand mensonge des temps modernes.
    La seule bonne « stratégie »

    La seule bonne « stratégie »

    Les enseignements de la contre-offensive des Ardennes (1944)

    Je sais ce que les « prudents » me répondront : « Vous oubliez qu’en 2002, Jean-Marie Le Pen s’est hissé au deuxième tour des élections présidentielles ». C’est vrai. Mais il ne faut pas oublier

    1°) les raisons de cette heureuse surprise : l’effondrement du candidat Jospin et pas, comme certains l’ont dit, une percée de la droite nationale ;
    2°) la claque que fut ce deuxième tour ; un Jean-Marie Le Pen qui, avec moins de 20 % des voix, est apparu à la télévision le soir du 5 mai 2002 en soupirant : « Qu’est-ce que je peux dire ? ».

    En décembre 2004, nous avons pu assister aux commémorations de la bataille de Bastogne. Ce deuxième tour de l’élection présidentielle de 2002 me fait penser à cette contre-offensive des Ardennes en décembre 1944. Une attaque courageuse mais sans lendemain, parce que l’ennemi était devenu cent fois trop fort avec ses centres de production qui tournaient à plein régime et ses bombardiers qui avaient la maîtrise du ciel. Le 28 décembre 1944 encore, Hitler tenta de redonner du courage à ses hommes en parlant de Frédéric le Grand et de la guerre de Sept Ans qu’il avait finalement gagnée contre toute attente, après avoir redressé une situation que tout le monde croyait irrémédiablement perdue. Mais le parallèle ne pouvait pas être effectué car l’époque n’était plus la même. Fin 1944, seule l’intervention d’une arme moderne (genre bombe atomique) aurait pu sauver le IIIe Reich agonisant.

    Aujourd’hui, nous sommes dans la situation de l’Allemagne en cette fin 44. Le champ d’action de la droite nationale se restreint de jour en jour. Les lois liberticides nous encerclent. L’adversaire a la maîtrise du ciel de l’information. Ses télévisions bombardent les consciences et laminent les intelligences.

    La nécessité du bélier révisionniste

    Face à cela, il ne sert à rien d’organiser des petites contre-attaques pour regagner quelques kilomètres de terrain. Il faut une arme nouvelle qui sera susceptible d’atteindre le centre vital de l’adversaire. Cette arme nouvelle, cette bombe atomique, c’est le combat global et sans concession qui utilise comme bélier le révisionnisme historique.

    Nos adversaires le savent. Voilà pourquoi ils promulguent des lois et traquent sans relâche les activistes révisionnistes alors que, finalement, ceux-ci ne représentent pas, pour l’instant, un grand danger. Cette dernière affirmation pourra surprendre, mais elle est vraie : les activistes révisionnistes sont un peu comme les scientifiques qui, par des travaux théoriques et des expériences à petite échelle, mettent au point l’arme nouvelle. En tant que tels, ils ne représentent pas un danger immédiat. Mais s’il advient qu’un État capable de fabriquer et de produire en masse cette arme s’intéresse à leurs travaux, alors ces scientifiques représenteront le danger n° 1.

    Réponse aux partisans de la « respectabilité »

    L’affaire du « détail » et ses suites

    L’ennui est que depuis plus de vingt ans maintenant, les révisionnistes actifs attendent une structure politique puissante qui utiliserait leurs travaux. Dans les années 80, on a cru au Front national en France. L’affaire du « détail » fit naître en nous des espoirs fous. Une toute petite velléité révisionniste de Jean-Marie Le Pen provoqua une riposte sans précédent de l’adversaire. Preuve que le courageux président du FN tenait enfin cette bombe atomique idéologique et que ses ennemis le savaient.

    Allait-il enfin s’en servir à grande échelle ? Hélas, après avoir hésité quelques temps, J.-M. Le Pen préféra lâcher cette bombe pour reprendre la lutte avec des armes « conventionnelles » : dénonciation de l’immigration, du fiscalisme, de la « bande des quatre »… Beaucoup l’excuseront en lançant : « Rappelez-vous ce que lui a coûté le “détail” ; s’il avait continué, c’était la mort du FN assurée ».

    Il est vrai que si J.-M. Le Pen avait continué, l’existence même du aurait été menacée. Car il va de soi qu’à partir du moment où vous devenez un danger mortel pour le Système, celui-ci vous mène une guerre impitoyable, une guerre à mort. Mais je pose une question : « Quel est le sens d’un combat politique dans lequel, au nom de la survie d’une structure, on refuse de devenir un danger mortel pour l’adversaire ? ». La réponse s’impose : un tel combat n’a aucun sens.

    C’est à cet instant qu’une voix s’adresse au meneur d’hommes et l’interroge ainsi : « Entre en toi-même et dis-moi : jusqu’où es-tu prêt à aller dans le combat ? » S’il accepte d’aller jusqu’au bout, c’est-à-dire la mort (qu’elle soit physique ou simplement sociale), c’est qu’il est prêt à devenir un danger mortel pour le Système, donc qu’il est prêt à utiliser une bombe atomique idéologique qui pourra lui faire remporter la victoire. Dès lors, tous les espoirs sont permis. En revanche, s’il refuse de mourir pour ses idées, c’est :

    - soit qu’il estime le combat irrémédiablement perdu (d’où ce refus de mourir en vain) ;
    - soit qu’il ne croit pas suffisamment aux idées qu’il défend (d’où ce refus de tout risquer pour elles) ;
    - soit qu’il est trop amoureux de sa petite vie et de son petit confort (d’où l’acceptation de compromis avec le Système).

    Quel que soit l’option choisie, un tel meneur d’hommes ne sera jamais un danger mortel pour le Système. Il ne sera jamais un révolutionnaire. Il restera un simple conservateur. Or, la caractéristique du conservateur est de mener des batailles purement défensives, avec des armes purement conventionnelles.

    Prendre l’offensive avec le bélier révisionniste

    Quand on est au pouvoir, cela peut se comprendre, car la mission est alors de conserver ce qui est. Mais quand on est dans une citadelle assiégée où tout s’écroule sous la pression de l’assaillant, c’est signer son arrêt de mort. Hitler l’avait très bien compris. Après l’échec de la contre-offensive des Ardennes, il prépara une nouvelle contre-offensive dans le Palatinat. Devant ses généraux, il la justifia en déclarant : « L’offensive seule est en mesure de faire effectivement reprendre une tournure heureuse à cette guerre sur le front de l’ouest. Dans la défensive, au bout d’un temps prévisible, nous en arriverons forcément à une situation sans remède, dans la mesure précisément où l’adversaire réussira à amener de plus en plus de matériel».

    Hitler a échoué parce que, je le répète, la situation était devenue trop grave et qu’il n’a pas pu bénéficier des « armes nouvelles ».

    Aujourd’hui, cependant, c’est le contraire : l’« arme nouvelle » existe, elle a été mise au point et améliorée d’année en année par les révisionnistes : il y a eu les premiers travaux de Paul Rassinier, puis le travail de R. Faurisson (son questionnement technique), les études statistiques de Walter N. Sanning (1983), la thèse d’Henri Roques (1985), le Rapport Leuchter à l’occasion du procès Zündel (1988), la réponse de R. Faurisson au travail de Jean-Claude Pressac (1990), les analyses des clichés aériens de John Ball (1992), le Rapport Rudolf (1993), l’ouvrage de Pierre Marais sur les prétendus camions à gaz (1994), le Rapport Krege (2000)… Seulement, il manque le vrai révolutionnaire qui osera utiliser cette arme ; un meneur d’hommes qui sait qu’on ne peut détruire le Système sans devenir un ennemi mortel pour lui, donc sans âtre acculé tôt pu tard à une lutte à mort.

    Savoir pourquoi l’on combat

    Répétons-le, il faut savoir ce que l’on veut. S’intéresse-t-on au révisionnisme comme certains s’intéressent aux objets volants non identifiés (OVNI) ou aux fantômes, c’est-à-dire uniquement parce qu’il s’agit de questions en marge, propres à donner quelques frissons, mais qui, fondamentalement, ne remettent pas le système social en cause ? Ou s’intéresse-t-on au révisionnisme parce que l’on veut radicalement changer la société ?

    Mon engagement politique est clair

    Personnellement, je dois l’avouer : mon engagement réel dans la libre recherche est motivé par mes convictions nationales-socialistes et il a suivi la lecture de Nuremberg ou la terre promise. Cet ouvrage m’a démontré que les mensonges entérinés à Nuremberg constituaient un énorme verrou qu’il fallait impérativement faire sauter si l’on voulait s’opposer à Big Brother.

    Dès lors, on comprend que pour moi (et pour ceux qui me suivent), le révisionnisme n’est pas un « plus » destiné à apporter un peu de piment dans ma vie. Mon objectif n’est pas de « ronronner » pendant cinquante ans (si Dieu m’accorde tout ce temps…) pour dire une fois la vieillesse venue : « Que la collection de mes écrits est belle ; oh certes, cela n’a rien changé ; mais je ne voulais rien changer ; je voulais juste me faire plaisir, laisser mon nom à la postérité et contenter des gens qui, dans le secret de leur salon, voulaient lire régulièrement du révisionnisme ».

    Il faut des « têtes brûlées » et d’autres qui les soutiennent

    L’équipe du MCSM espère qu’un vrai révolutionnaire se lèvera un jour, même s’il n’est entouré que d’une poignée de convaincus. En attendant, elle fait comme Jean-Baptiste : elle crie dans le désert… Elle crie ces vérités insupportables tant aux héritiers des vainques de 1945 qu’aux conservateurs en mal de (vaine) respectabilité.

    Mais il est également nécessaire de rappeler une nécessité trop souvent oubliée : les « têtes brûlées » sont condamnées à l’écrasement si elles ne sont pas soutenues activement (bien que discrètement) par ceux qui partagent leurs convictions mais qui, pour des raisons souvent très valables, ne peuvent se permettre de combattre à découvert. Et c’est ici que je lance un appel aux lecteurs : depuis plus de vingt ans, le révisionnisme a la chance de bénéficier de personnes prêtes à tout sacrifier pour lui. Citons Ernst Zündel et G. Rudolf qui croupissent actuellement dans les geôles allemandes. J’entends très souvent des gens me dire : « Tous ces gens sont très courageux et je les admire, car moi, je n’ai pas ce courage. » A cela, je réponds : « Mais personne ne vous demande d’être à la pointe de la lutte. Car s’il n’y avait que des têtes brûlées, il y a longtemps que tout serait terminé. Lorsqu’il est intellectuel, un combat n’a besoin que d’un petit nombre de personnes prêtes à tous les sacrifices. En revanche, il a besoin d’un gros bataillon de sympathisants qui les aident activement. » Cette aide, c’est naturellement le soutien financier ; mais c’est également la présence aux procès, la fourniture d’adresses pour prospecter, d’informations diverses, de livres intéressants, de coupures de presse etc.

    Depuis 1991 (mais surtout depuis 1997), je n’hésite pas à affronter le Pouvoir de face. J’ai adopté la méthode du professeur Faurisson : le direct du droit dans la g… Douze ans plus tard, et malgré des perquisitions, des saisies, des gardes à vue, une révocation, des procès, des amendes et cinq arrêtés d’interdiction, je suis encore là. Pourquoi ? Tout d’abord parce que l’État m’ayant dépouillé de (presque) tout, je ne suis plus contraint de respecter les règles du jeu pour sauver ce qui pourrait l’être. Mais surtout parce que j’ai été aidé. Aidé financièrement, non seulement par de généreux donateurs (je pense à Yves Delibes, Jacques de Mathan et Harmann Kapsch, aujourd’hui décédés, à Madame U. G., Messieurs O. R., M. D… mais aussi par tous ceux qui « arrondissent » les chèques, prennent des abonnements de soutien, font des petits dons. Aidé également par tous ceux qui m’ont assisté d’une façon ou d’une autre en m’envoyant des livres, des coupures de presse, en assistant à mes procès etc.

    Mon expérience militante m’a démontré que l’attaque frontale est possible lorsqu’on n’a rien à perdre et qu’on est activement soutenu. Mes victoires sont avant tout celles de ceux qui m’ont épaulé et qui m’épaulent. Reste maintenant à attendre l’événement favorable. Il est vrai qu’à vue humaine, on ne voit guère ce qui pourrait arriver. Mais c’est là le propre de l’insurgé véritable : savoir attendre et espérer même contre l’espérance. Le 21 avril 2002 au matin, qui aurait pu raisonnablement penser que, le soir, J.-M. Le Pen arriverait en seconde position ? L’avenir nous réserve peut-être d’autres surprises bien plus grandes.

    Ensemble, continuons le combat contre les véritables falsificateurs de l’Histoire…
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    "Nuit de cristal" :


    une preuve qu'en 1938, les juifs n'étaient pas mis au ban de la société allemande



    Vincent REYNOUARD



    Sur la « Nuit de cristal »



    Contradiction flagrante de la thèse officielle


    Dans un document intitulé : « Comment on en arrive là ? », publié par le Conseil régional d’Ile-de-France pour « la journée de la mémoire de l’Holocauste et de la prévention des crimes contre l’humanité dans les établissements scolaires, le 27 janvier 2004 », on lit en première page :

    Dès 1933, les Juifs sont mis au ban de la société [allemande] car l’antisémitisme est au centre de la conception nazie du monde. Exclus de toute vie économique et sociale, spoliés, marqués par une étoile jaune, les Juifs allemands, puis polonais et ceux de toute l’Europe sont regroupés dans des camps ou des ghettos.

    Or, que lit-on trois pages plus loin, dans le glossaire ?

    Nuit de Cristal : dans la nuit du 9 au 10 novembre 1938, des militants nazis, bénéficiant de la complicité active des autorités, dans toute l’Allemagne, saccagent 7 500 magasins appartenant à des Juifs, détruisent 191 synagogues et tuent 91 Juifs, en blessent une centaine d’autres.

    Comment un groupe « exclu de tout vie économique et sociale » pouvait-il encore posséder, cinq ans plus tard, des milliers de magasins « dans toute l’Allemagne » ? Il y a là une contradiction manifeste qu’aucun des auteurs du document de semble avoir remarquée.

    Une statistique peu connue


    Notons en passant une statistique peu connue :
    - en 1933, en Allemagne, il y avait environ 13 % de médecins juifs ou mariés à des juives (6 480 sur un total de 50 000) ;
    - en 1937, cette proportion était encore de 10 % (3 748 médecins juifs établis sur un total de 37 535 médecins établis)[1].

    Nouvelle preuve que, jusqu’en 1938 au moins, les juifs n’avaient pas été mis au ban de la société.

    Après la « Nuit de cristal », J. Goebbels lança un appel au calme


    Soulignons également que, dès le 10 novembre 1938, J. Goebbels lança un appel au calme à la population, appel s’exprimait en ces termes :

    L’indignation légitime et compréhensible du peuple allemand au sujet du lâche assassinat juif d’un diplomate allemand à Paris s’est exprimée largement au cours de la nuit dernière. Dans de nombreuses villes et localités du Reich, des actions de représailles ont été entreprises contre les édifices et magasins juifs.

    La population tout entière est maintenant invitée à s’abstenir immédiatement de toute autre manifestation ou action, quelle qu’elle soit, contre les Juifs. La réponse définitive à l’attentat de Paris sera donnée aux Juifs par la loi ou par voie d’ordonnances[2].

    La malhonnêteté des historiens


    En vérité, sur ce sujet comme sur bien d’autres, les fanatiques de la Mémoire agissent malhonnêtement : ils généralisent abusivement et peignent un tableau soit tout en noir, soit tout en blanc, feignant d’oublier qu’une situation offre très souvent des aspects multiples et parfois contradictoires. L’antisémitisme dans l’Allemagne hitlérienne n’échappe pas à la règle : sous Hitler, des antisémites fanatiques qui voulaient exclure totalement les juifs de la vie économique côtoyaient des nationaux-socialistes qui n’étaient nullement obsédés par la question juive. Un simple exemple illustrera mon propos. Le 23 juillet 1934, environ 100 000 membres de la Jeunesse hitlérienne écoutèrent le discours que le Gauleiter Grohé prononça au terme de la « Semaine culturelle ». Adepte d’un antisémitisme radical, l’orateur lança notamment :

    Tout jeune homme allemand et toute jeune fille allemande doit avoir honte de jeter un regard un tant soit peu amical sur un Juif. Celui qui fait un achat chez un commerçant juif, celui qui consulte un médecin juif ou un avocat juif souille l’honneur allemand. Notre respect de nous-même et notre sens humain nous commandent de traiter les Juifs en ennemis[3].

    Cité seul, ce discours renforce l’image d’une Allemagne en proie au fanatisme antisémite, une Allemagne dans laquelle les juifs étaient persécutés, traqués, exclus. Mais dans un pays où, dit-on, la presse était entièrement aux mains du pouvoir, voici ce que déclara trois jours plus tard la Frankfurter Zeitung :

    Le propriétaire non-aryen d’une firme a, aujourd’hui, incontestablement le même devoir que le propriétaire aryen : contribuer pour sa part à la renaissance de la vie économique et à la lutte contre le chômage. Pour produire, pour occuper des employés et des ouvriers, il faut qu’il vende. Alors où cela va-t-il mener, si tant d’autorités locales continuent toujours à publier des appels invitant les individus de race aryenne à éviter les firmes et les magasins juifs ? Les formes dans lesquelles on le fait passent par tous les degrés : de la clarté, de la publication sans commentaires de longues « listes de juifs », où sont énumérées toutes les firmes non-aryennes de la région, jusqu’à la menace de publier à l’avenir les noms de tous ceux qui ont acheté ou fait acheter chez les Juifs. Tout dernièrement, les comptes rendus d’une grande démonstration nous apprenaient que l’on y avait choisi la formule suivante : celui qui achète chez un Juif, consulte un médecin juif ou un avocat juif, souille l’honneur allemand.

    Sans tenir compte que les conséquences d’une telle attitude ne seraient guère favorables à l’économie allemande, il reste encore un problème : selon la volonté du gouvernement du Reich, les non-aryens ne doivent pas être anéantis en Allemagne, mais ils ont, comme tous les autres hommes, la mission de vivre et de travailler. C’est une chose qui est, à ce qu’il semble, méconnue de certaines autorités locales. Maintenant que les Allemands non-aryens ont été exclus de toutes les professions auxquelles l’État accorde une importance particulière pour la reconstitution politique et morale, il faudrait que vienne une époque où les non-aryens fussent assurés de trouver un cercle d’action, où ils fussent libres de leur activité et où ils ne fussent pas représentés aux yeux du peuple comme des « ennemis ». Cela semblerait conforme à la volonté du gouvernement du Reich, car il n’est pas admissible qu’il ait pensé à une autorisation « légale » sans possibilité pratique, quand il a permis de faire pour les médecins et les avocats non-aryens une série d’exceptions et quand, par la circulaire bien connue du docteur Frick, il s’est opposé à ce que la législation relative aux Aryens fût étendue à l’économie libre. On se souviendra en outre qu’il n’y a pas longtemps, à l’occasion de « l’offensive de printemps de l’artisanat, de l’industrie et du commerce de détail allemand », toute propagande de boycottage antisémite a été interdite[4].

    On le voit : bien que les juifs aient été écartés de certaines professions, il n’était pas question de les réduire à la misère. Notons d’ailleurs qu’en août 1935, suite à la publication d’une directive qui créait des écoles spécifiquement juives, l’État spécifia clairement :

    L’enseignement dans ces écoles devra être confié de préférence aux maîtres mis à la retraite par anticipation en vertu de la loi sur l’origine aryenne des fonctionnaires[5].

    Sur ce sujet comme sur bien d’autres, l’histoire vraie est encore à écrire…


    [1] Voy. le Bulletin périodique de la presse allemande, n° 487, p. 21, col. B.

    [2] Voy. le Völkischer Beobachter, 11 novembre 1938.

    [3] Voy. le Bulletin périodique de la presse allemande, n° 439 (1934), p. 24.

    [4] Voy. la Frankfurter Zeitung, 26 juillet 1934, cité par le Bulletin périodique…, n° 439 (1934), pp. 24-25.

    [5] Voy. le Bulletin périodique…, n° 452 (1935), p. 29, col. A.

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    L’origine réelle des clichés des camps allemands diffusés par les Alliés à partir de 1945 :





    Un aveu capital de Claude Lanzmann




    Vincent REYNOUARD



    La propagande habituelle


    A partir de 1945, les Alliés ont montré les amoncellements de cadavres trouvés dans les camps comme le résultat d’une politique d’extermination voulue et planifiée par les « nazis » depuis 1933 (année d’ouverture du premier camp).
    Encore aujourd’hui, cette propagande reste largement utilisée. Un exemple récent a pu être relevé dans le mensuel réservé aux 8-12 ans : Histoires Vraies. Comme on pouvait s’y attendre, le numéro de janvier 2005, réalisé en collaboration avec la Fondation pour la Mémoire de la Shoah, était consacré à « la libération des camps de concentration ». A la page 40, sous le titre : « Comment s’est passée la libération des camps ? », on lisait :

    Quand les Alliés arrivent, il ne reste plus que quelques survivants ; les responsables nazis se sont enfuis, en tentant de faire disparaître le maximum de preuves : destructions d’archives, de bâtiments… Mais l’état physique des déportés et le nombre de cadavres ne laissent aucune doute sur ce qui s’est passé dans ces camps. La politique d’extermination nazie a coûté la vie à près de dix millions de juifs[1].

    La vérité


    En vérité, ces déportés décharnés étaient des malheureux atteints ou déjà morts principalement du typhus, à une époque où l’Allemagne laminée ne pouvait plus ni assurer la bonne hygiène dans certains camps, ni soigner les malades. Dans l’introduction à ses Écrits révisionnistes, Robert Faurisson a admirablement résumé le mécanisme de la propagande alliée à propos des camps allemands : « On nous a fait prendre des morts pour des tués » a-t-il écrit[2].

    L’aveu capital de Claude Lanzmann


    De façon très surprenante, Claude Lanzmann lui-même l’a confirmé voilà peu. Interrogé à l’occasion de la rediffusion de son film Shoah, il a déclaré qu’il ne fallait pas « confondre camps de concentration et camps d’extermination» et que si des clichés avaient été pris dans les premiers (où aucune extermination de masse n’avait été perpétrée), il n’y avait en revanche « pas une seule photo du camp de Belzec […], de Treblinka […], de Chelmno, de Sobibor ». D’où cette remarque du journaliste qui l’interrogeait : « Les images que l’on connaît sont donc celles des camps de concentration », remarque à laquelle C. Lanzmann répondit (je souligne) :

    Oui, les cadavres que l’on voit par exemple dans Nuit et brouillard, d’Alain Resnais, sont des images des camps de concentration en Allemagne, découverts par les alliés au printemps 1945. Ces gens sont morts des épidémies de typhus qui se sont abattues sur les camps.

    C. Lanzmann a répété cela dans un autre entretien accordé au quotidien L’actu. A la question : « Pourquoi n’avoir montré ni images d’archives, ni cadavres ? », il a répondu (je souligne) :

    Parce qu’il n’y a aucun cadavre ! […] [Les Allemands] ont détruit les traces. Le crime parfait ! Il n’y a donc ni cadavres, ni archives. Les corps que montre Alain Resnais dans Nuit et Brouillard sont ceux d’un camp de concentration libéré par les Américains. Ce sont les cadavres de gens morts du typhus[3].

    C. Lanzmann ne fait qu’énoncer une évidence.

    Une évidence qu’on pouvait connaître dès 1945

    Tout commença Ordhruf

    Ordhruf qualifié de « camp d’extermination »


    Dans un article paru il y a quelques années, Ohrdruf était qualifié de :

    camp d’extermination où les détenus « devaient mourir au travail dans un délai de trois mois ».

    Quelques lignes plus bas, toutefois, on lisait :

    Un rescapé de ce camp […] expliquera même que, lui, il n’avait dû son salut qu’à la brutalité d’un SS qui lui avait broyé le doigt, ce qui lui avait permis d’entrer à l’infirmerie [Id.].

    Là encore, si, vraiment, Ohrdruf avait été un « camp d’extermination » où les détenus devaient mourir en trois mois, on ne voit pas pourquoi les Allemands y auraient établi une infirmerie pour soigner les blessés.

    La vérité sur Ohrdruf


    En vérité, Ohrdruf n’était pas un camp, mais un commando de Buchenwald établi dans l’urgence en novembre 1944. A l’époque, le Reich était victime des bombardements incessants et les Allemands avaient choisi d’installer un centre de communication ferroviaire dans les souterrains du château du lieu. Les déportés devaient creuser un tunnel qui aurait relié ce château à la voie ferrée principale. Ils étaient logés dans les secteurs nord et sud d’un camp militaire et se rendaient tous les matins sur les lieux de travail.

    Sachant que les travaux étaient urgents, le nombre de prisonniers affectés dans ce commando augmenta rapidement au point de quadrupler en quelques mois : de 2 500 en novembre 1944, il passa à 9 100 en janvier 1945 et à 11 700 à la fin du mois de mars. L’avance des troupes américaines interrompit toutefois le projet. En avril 1945, le commando fut évacué vers Buchenwald[4].

    Telle est l’histoire du commando d’Ohrdruf, qui n’a jamais été un camp d’extermination (d’où la présence d’une infirmerie pour les blessés).

    Les Allemands évacuent Ordhruf et laissent derrière eux les morts et les malades


    Mais comme on pouvait s’y attendre, dans cette situation d’apocalypse due à la surpopulation, au manque de ravitaillement et à la désorganisation générale, les Allemands laissèrent derrière eux, lors de l’évacuation du commando, des prisonniers morts ou trop malades pour être transportés. Si bien que lorsque, au début du mois d’avril, les Américains pénétrèrent dans ce lieu, ils découvrirent des cadavres.

    Les Anglo-américains vont se servir d’Ordhruf puis de Bergen-Belsen pour les besoins de leur propagande


    Immédiatement, ils comprirent le bénéfice que pourrait en tirer la propagande. Alors intervint ce que l’on appelle la « rupture d’Ohrdruf », c’est-à-dire : « la décision des états-majors d’ouvrir les camps aux visites et aux médias dans un premier temps, puis d’en diffuser ensuite abondamment les images »[5]. L’historien Clément Chéroux écrit :

    La rupture d’Ohrdruf résulte en somme de la volonté alliée de médiatiser l’horreur à des fins pédagogiques (au mieux) ou de propagande (au pire). […] ces images […] permettaient en premier lieu de désigner l’ennemi […]. Cependant, les photographies des camps ne servaient pas seulement à désigner le nazisme et ses crimes, elles permettaient également de justifier la guerre qui était menée contre lui, de valider la nécessité de son éradication [Id.].

    Ce texte venait confirmer la révélation faite 52 ans plus tôt par Freda Utley. Dans un livre publié en 1949 et intitulé : The High Cost of Vengeance (Le coût élevé de la vengeance), cette Américaine qui avait visité l’Allemagne en 1945 avait écrit :

    Un très grand professeur américain que je rencontrai à Heidelberg, exprima cette opinion que les autorités militaires américaines, quand elles entrèrent en Allemagne et virent les effroyables destructions causées par notre « obliteration bombing », furent épouvantées en comprenant que cela pourrait provoquer un retournement de l’opinion en Amérique et empêcher qu’on appliquât à l’Allemagne le traitement qu’on avait prévu à Washington, en éveillant la sympathie pour les vaincus et en révélant nos crimes de guerre. Ce fut, croit-il, la raison pour laquelle le général Eisenhower mit instantanément une flotte aérienne tout entière à la disposition des journalistes, des congressmen et des gens d’église pour leur faire voire les camps de concentration ; l’idée était que le spectacle des victimes d’Hitler affamées effacerait notre sentiment de culpabilité. Il est certain qu’on réussit cette opération[6].

    Ces textes confirment que la campagne orchestrée autour des camps de concentration à partir d’avril 1945 (avec Ohrdruf, mais surtout avec Bergen-Belsen) répondait avant tout à un besoin politico-stratégique : la justification de la guerre d’extermination menée contre le IIIe Reich. Comme l’a écrit Robert Faurisson (s’appuyant sur les travaux de David Irving) :

    L'affaire, si l'on peut dire, se passa en quatre temps.

    En un premier temps, Churchill assura aux Britanniques que leur devoir était de venir en aide à la Pologne agressée par Hitler, mais, deux semaines plus tard, ce motif devenait caduc avec l'agression de la Pologne par l'Union soviétique.

    En un deuxième temps, il expliqua à ses concitoyens qu'ils devaient continuer la guerre pour sauvegarder l'empire britannique ; il refusait les offres de paix réitérées de l'Allemagne ; en mai 1941, il faisait interner le messager de paix Rudolf Hess ; et, alors que l'Allemagne était attachée au maintien de l'empire britannique, il choisit de conclure une alliance avec le pire ennemi qui fût de cet empire : l'Américain Franklin Roosevelt. Le deuxième motif devenait ainsi caduc à son tour.

    En un troisième temps, Churchill annonça à ses compatriotes qu'il leur fallait se battre pour la démocratie, y compris sous sa forme la plus paradoxale : la démocratie socialiste soviétique ; il fallait, disait-il, ouvrir un second front en Europe pour soulager les efforts de Staline. C’était venir en aide à une dictature qui avait pourtant agressé la Pologne le 17 septembre 1939 et qui s'apprêtait à une nouvelle conquête de ce pays.

    Encore un mois avant la fin de la guerre en Europe (8 mai 1945), la propagande anglaise tournait ainsi à vide, cependant que beaucoup de soldats britanniques et américains découvraient avec effarement à quel point l'aviation anglo-américaine avait ravagé l'Allemagne.

    C'est alors que, soudain, en avril 1945, un miracle se produisit qui permit à Churchill de trouver cette fois-ci le quatrième et bon motif : la découverte du camp de Bergen-Belsen l'amena à prétendre que, si la Grande-Bretagne s'était tant battue et avait provoqué et subi tant de destructions pendant près de six ans, ce n'était pour rien moins que la civilisation. Assurément, Churchill avait déjà, plus d'une fois, débité aux Britanniques les habituels couplets, depuis la guerre de 1914-1918, sur la Grande-Bretagne, ce berceau de la civilisation mis en péril par les hordes teutoniques (par « les Huns », disait-il), mais la mécanique oratoire tournait à vide. Le miracle fut la découverte en avril 1945 de ce camp de concentration ravagé par les épidémies : une aubaine pour Churchill et pour la propagande britannique[7].

    Par conséquent, loin de conforter la thèse exterminationniste, l’affaire du camp d’Ohrdruf qui marque le début de la campagne de presse alliée autour des camps de concentration apporte au contraire de l’eau au moulin révisionniste. Elle démontre en effet que, dès le début, les Alliés n’ont pas pu agir avec honnêteté, puisque leur objectif était de noircir le plus possible le vaincu.

    L’épidémie de dysenterie à Berlin en juillet 1945


    Dès le début, d’ailleurs, on pouvait connaître l’origine des terribles photos montrées par les Alliés. Je me souviens que durant l’été 1945, une grave épidémie de dysenterie sévit dans Berlin où mon père se trouvait. Plus tard, il me raconta le spectacle effroyable de ces mourrant entassés, véritables squelettes vivants, qui crevaient au milieu de leurs déjections, dans une odeur insupportable.

    Ayant effectué des recherches dans la presse de l’époque, j’ai découvert un entrefilet consacré à cette épidémie de dysenterie. On lit :

    Une épidémie de dysenterie sévit actuellement à Berlin. La mortalité varie entre 8 et 20 % dans les différents secteurs de la ville. La présence des Allemands expulsés des provinces orientales qui, malgré toutes les interdictions, affluent à Berlin à une cadence de 200 000 par semaine, rend la lutte contre l’épidémie très précaire. La mortalité est particulièrement grande parmi ces expulsés, exténués par des centaines de kilomètres de marche.
    La situation est d’autant plus grave à Berlin que les conduites d’eau sont souvent obstruées par des cadavres et des débris de toutes sortes[8].

    Comment ne pas faire un parallèle avec la situation dans le fameux camp de Bergen-Belsen (et aussi d’autres camps moins connus) ? Là, il ne s’agissait pas d’Allemands expulsés qui arrivaient à forte cadence, mais de déportés évacués. Les uns comme les autres étaient exténués par des kilomètres de marche. Ils arrivaient dans un lieu déjà surpeuplé et où rien n’était prévu pour les accueillir. Enfin, à Berlin comme à Bergen-Belsen sévissait une grave pénurie d’eau potable.

    Le seul avantage était en faveur de la capitale allemande : l’épidémie survint en temps de paix, lorsque, malgré la destruction des voies de communication, des médecins pouvaient tout de même circuler sans être quotidiennement mitraillés, et qu’ils disposaient de médicaments amenés en quantité par les armées victorieuses. Or, malgré cet avantage, la lutte contre l’épidémie fut « très précaire », la mortalité ayant atteint 20 % dans certains quartiers.
    Quand on sait cela, comment être surpris qu’à Bergen-Belsen, l’épidémie de typhus survenue début 1945 ait causé des ravages effroyables dans le camp, tuant quotidiennement des centaines de personnes ? Rétrospectivement, je comprends pourquoi mon père, après avoir frémi en voyant les premiers clichés des camps publiés au mois d’avril 1945, ne sembla ensuite plus guère impressionné par la propagande alliée. Il avait vu les mourants et les cadavres squelettiques dans Berlin désorganisée et surpeuplée ; il dut alors comprendre la vraie cause des spectacles découverts à Bergen-Belsen au moment de sa libération. Et puisque, à Berlin, personne ne parlait d’extermination préméditée des habitants, mais d’un drame dû aux circonstances du moment (surpeuplement, malades exténués, pénurie d’eau potable), on ne voit pas pourquoi à Bergen-Belsen, où la situation était la même (surpeuplement, malades exténués, pénurie d’eau potable), il aurait fallu attribuer les morts au résultat d’une politique planifiée d’extermination.

    Pourquoi ces déportés exténués au regard vide


    Je termine par une remarque sur le même sujet : tout le monde connaît ces clichés qui montrent des détenus squelettiques épuisés, le regard vide et incapables de se tenir debout. A partir d’avril 1945, la propagande alliée a prétendu que les déportés, lorsqu’ils n’étaient pas immédiatement gazés, finissaient ainsi, parce que les camps avaient été créés dans ce but.

    Or, au cours de mes recherches sur l’épidémie de dysenterie à Berlin, j’ai découvert un article très intéressant du 12 juillet 1945, intitulé : « La maladie et la mort dans les camps de déportés ». Il s’agit d’un résumé de communications faites par des médecins qui, ayant été déportés, racontaient leur expérience des camps. On lisait tout d’abord :

    La faim, le surmenage et l’insomnie dut à l’entassement (dix hommes pour une couchette de 4 mètres sur 1 m 80) provoquait chez tous les déportés une perte de poids rapide qui atteignait couramment 30 à 40 %. Le professeur Richet indiquait à l’Académie de médecine une moyenne de 47 kilos sur 100 malades, malgré les œdèmes[9].

    Quand on sait que « l’entassement » exista à partir des derniers mois de guerre, avec l’évacuation subite des camps situés dans les zones menacées par l’avance des Alliés, on en déduit ces pertes de poids rapides et sensibles — un homme de 70 kg maigrissait jusqu’à peser 49 kg voire 41 kg — ont eu lieu à la toute fin. Cette affirmation est confirmée lorsque l’auteur de l’article poursuit (je souligne) :

    Une ration alimentaire qui tomba au-dessous des onze cent calories de janvier à avril 1945, et dont le déséquilibre était évident, provoquant des avitaminoses graves […]. Ces carences se traduisaient chez certains par l’hébétude, par une diminution de la force musculaire, de la sensibilité, des réflexes, etc. ne leur permettant plus de se tenir debout [Id.].

    C’est clair : les déportés gravement affaiblis photographiés à la libération des camps par les Alliés ont souffert du manque de nourriture qui sévit dans les quatre derniers mois de la guerre.


    L’article paru dans Le Monde le 12 juillet 1945 confirme donc avec éclat les thèses révisionnistes concernant l’origine réelle des clichés diffusés par les vainqueurs à partir du mois d’avril 1945. Bien plus : il démontre que, dès 1945, on disposait de tous les éléments pour comprendre la cause des spectacles effroyables découverts à la libération des camps.



    [1] Voy. Histoires Vraies, n° 136, janvier 2005, p. 40.

    [2] Voy. R. Faurisson, Écrits révisionnistes, t. I, p. XXIII.

    [3] Voy. L’actu, 22 janvier 2005, p. 2, col. A.

    [4] Pour toutes ces informations, voy. le Catalogue alphabétique de camps de concentration et de travaux forcés assimilés et de leurs commandos et sous-commandos ayant existé en Allemagne pendant la guerre 1940-45 (édité par le Royaume de Belgique, 1951), p. 303.

    [5] Voy. Mémoire des camps. Photographies des camps de concentration et d’extermination nazis (1933-1999) (éd. Marval, 2001), p. 122.

    [6] Voy. F. Utley, The High Cost of Vengeance (Henry Regnery Company, Chicago, 1949), p. 183. Une traduction française de ce passage a été publiée par Maurice Bardèche dans Nuremberg II ou les Faux Monnayeurs (éd. des Sept Couleurs, 1950), p. 91.

    [7] Voy. R. Faurisson, Écrits révisionnistes, tome I, Introduction, p. XXXV.

    [8] Voy. Le Monde, 21 août 1945, p. 2.

    [9] Voy. Le Monde, 12 juillet 1945, p. 5.
    raymond likes this.

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    Hitler a-t-il annoncé en 1939 sont intention d’exterminer les juifs ?




    Le discours d’Hitler du 30 janvier 1939



    D’après la thèse officielle, dès le 30 janvier 1939, Hitler lui-même annonça son intention d’exterminer les Juifs. Dans un discours public, il déclara :

    Au cas où la finance judéo-internationale des pays européens et extra-européens réussirait encore à précipiter les nations dans une guerre mondiale, celle-ci se terminerait non par la bolchévisation, et, en conséquence, par la victoire du judaïsme, mais bien par l’anéantissement de la race juive en Europe (die Vernichtung der jüdischen Rasse in Europa) (Doc. PS-2663 à Nuremberg).

    L’extermination était donc déjà envisagée ; Hitler n’attendait plus que le prétexte. Et ce prétexte, il lui a été donné le 3 septembre 1939…

    Cet argument pourra impressionner celui qui n’aura pas la curiosité d’aller consulter le discours en question. Car lorsqu’on prend la peine de le lire, on s’aperçoit qu’il ne contient nulle annonce d’une quelconque extermination physique. Pour saisir le sens exact du passage si souvent cité, il suffit de lire ce qui suit immédiatement. Voici ce qu’a déclaré Hitler le 30 janvier 1939 :

    Au cas où la finance judéo-internationale des pays européens et extra-européens réussirait encore à précipiter les nations dans une guerre mondiale, celle-ci se terminerait non par la bolchévisation, et, en conséquence, par la victoire du judaïsme, mais bien par l’anéantissement de la race juive en Europe (die Vernichtung der jüdischen Rasse in Europa).

    En effet, le temps n’est plus où les peuples non juifs étaient sans défense dans le domaine de la propagande. L’Allemagne nationale-socialiste et l’Italie fasciste possèdent à présent des institutions qui leur permettent, le cas échéant, d’éclairer le monde sur la nature d’une question dont bien des peuples ont une notion instinctive, mais qui leur paraît obscure au point de vue scientifique. Pour le moment, la juiverie peut, dans certains États, mener sa campagne avec le concours d’une presse qui est entre ses mains, du cinéma, de la radiophonie, du théâtre, de la littérature etc. Cependant, pour le cas où les juifs réussiraient à nouveau à inciter des millions d’êtres humains à une lutte insensée en ce qui les concerne, et ayant pour unique objet la défense des intérêts juifs, on verra se manifester l’efficacité d’une propagande éducatrice qui, en Allemagne même, a réussi en quelques années à terrasser la juiverie[1].

    La dernière phrase, notamment, est capitale. Elle démontre que dans l’esprit du Führer, il n’était pas question d’un anéantissement physique par l’assassinat systématique, mais d’un anéantissement social (expulsion de la vie économique) grâce à une propagande éducatrice orchestrée en direction des goyim. C’est effectivement ce qui s’était passé en Allemagne à partir de 1935, avec les lois de Nuremberg.


    Le 30 janvier 1939, Hitler exprima donc son espoir qu’en cas de guerre, bien d’autres pays excluraient les juifs de la vie socio-économique. Rien de plus…


    [1] Voy. la traduction du discours paru dans La Documentation Catholique, n° 895, 20 avril 1939, col. 502.

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    Default Re: Vincent Reynouard - Biographie / Textes

    « Où sont les juifs qui avaient disparu en 1945 ? »


    On ne le sait pas toujours,
    mais rien ne prouve qu’ils sont morts ou qu’ils ont été assassinés…



    Soixante ans après, des juifs qui se croyaient mutuellement morts en déportation se retrouvent…



    Vincent REYNOUARD


    Tous les juifs qui ne sont pas revenus chez eux en 1945 n’étaient pas morts pour autant

    L’avis de décès que nous reproduisons est paru dans le journal belge Le Soir. Des informations données, on déduit que, très probablement, cette juive a été déportée en 1943 à Auschwitz et y est restée plus de deux ans, c’est-à-dire jusqu’à la libération du camp fin janvier 1945. Elle n’a été ni gazée, ni exterminée lentement par la faim, le froid et les coups. Soulignons également qu’originaire de Pologne, elle est morte en Belgique laissant de la famille dans ce pays ainsi qu’en Israël, en Grande-Bretagne et aux USA, mais pas en… Pologne. Nouvelle preuve, que des juifs polonais déportés et pas revenus au pays en 1945 ne sont pas pour autant des juifs morts. Un certain nombre ne sont pas revenus parce qu’ils avaient émigré ailleurs…

    Encore et toujours des « survivants »

    Plus on lit la presse locale ou spécialisée, et plus on « rencontre » de juifs qui, comme Dewora Korenberg, ont survécu à leur déportation à Auschwitz. Une déportation dont ils n’auraient pourtant pas dû revenir.

    Paul Chytelman

    Le 14 et le 25 février 2003, ainsi, l’Est Éclair a consacré deux articles à Paul Chytelman, un « homme de 80 ans dynamique et alerte » qui témoigne aujourd’hui dans les établissements scolaires. Ce juif né en Pologne en 1922 et venu plus tard en France a pourtant été déporté le 3 février 1944 à Auschwitz. Notons que, comme beaucoup d’autres, il a été arrêté non parce qu’il était juif, mais, comme il le dit lui-même, « pour actes de résistance ». Lors de sa déportation, il a connu non seulement Auschwitz, mais aussi Dora et, finalement, Bergen-Belsen, d’où il est revenu. Son témoignage est paru sous le titre Le Courage d’Espérer. Lui non plus n’a pas été exterminé alors que, d’après la thèse officielle, les Allemands auraient disposé de neuf mois et de quatre chambres à gaz pour le faire.

    Ruth Klüger

    Deux mois plus tard, le mensuel Page (magazine des librairies) a annoncé la sortie du livre de Ruth Klüger : Refus de témoigner. R. Klüger est également une « miraculée ». A l’âge de douze ans, cette juive de Vienne a été déportée à Theresienstadt puis « au camp d’extermination d’Auschwitz ». Elle n’y a pourtant pas été exterminée puisqu’elle est revenue de déportation avant d’émigrer aux USA deux ans plus tard[1].

    Madeleine et Israël Golstein

    Mentionnons également Madeleine et Israël Goldsztejn. Un couple de juifs arrêté tout comme P. Chytelman pour faits de Résistance. Tous les deux ont été déportés par le même convoi à Auschwitz, fin avril 1944. Tous les deux y ont été mis au travail (elle dans une carrière, lui à Buna-Monowitz). Tous les deux ont connu l’évacuation du camp fin janvier 1945 vers Gleiwitz. Elle s’est retrouvée à Malkoff, Schoenfeld avant d’échouer à Ravensbrück. Lui s’est retrouvé à Buchenwald et à Flossenburg. Tous les deux ont survécu, sont revenus et se sont retrouvés fin juin 1945 à Paris. Le destin des Goldsztejn, est intéressant à plus d’un titre :

    - durant l’occupation, ils sont allés vivre à Lyon. Israël Goldsztejn déclare : « Je vivais à Lyon en toute légalité avec ma femme et mon enfant ». Nouvelle preuve que, sous Vichy, les juifs français n’étaient pas des bêtes traquées. Tant qu’ils se tenaient tranquilles, ils pouvaient vivre quasi normalement.

    - sur invitation, I. Goldsztejn a été se présenter, avec d’autres juifs, à la préfecture. Il a été arrêté et présenté devant une commission franco-allemande. L’a-t-on envoyé dans un camps « d’extermination » avec sa femme et son enfant ? Nullement. Il a été envoyé « travailler à la construction du Mur de l’Atlantique ». Nouvelle preuve que pendant la guerre, les Allemands avaient un besoin urgent de main-d’œuvre et préféraient voir les juifs vivants que morts.

    - A son arrivée à Birkenau, I. Goldsztejn a été séparé de sa femme. Par chance, il l’a retrouvée en 1945. Mais à supposer que celle-ci soit morte en déportation, lors des évacuations par exemple, gageons qu’aujourd’hui, il prétendrait qu’elle est morte dès son arrivée à Birkenau, gazées avec les autres.

    « Que sont devenus les juifs manquants en 1945 ? »

    Cette dernière remarque appelle d’ailleurs un développement. Quant on remet en cause le chiffre des « six millions », il n’est pas rare de s’entendre dire : « Si les juifs ne sont pas morts, que sont-ils devenus ? Certes, M. X ou Mme Y ont survécu, mais où sont passés les membres de leur famille et les amis qu’ils pleurent encore aujourd’hui ? » A chaque fois, je réponds : « Je l’ignore, mais rien ne prouve qu’ils ont été exterminés, ni même qu’ils sont morts. Dans le tourbillon de la guerre, de la déportation, des évacuation, bien des survivants ont pu se perdre de vue et ne jamais se retrouver ». Certains lecteurs du livre de Serge Thion, Vérité politique ou Vérité historique? , se souviennent peut-être de la réunion de Los Angeles de 1978 où un grand nombre de survivants avaient eu la surprise de se retrouver, alors qu’ils se croyaient mutuellement mort.

    En 2003, un ancien déporté retrouve sa sœur qu’il croyait morte, avec sa mère, en déportation

    Bien que peu courant, ce genre d’événement heureux n’est pas exceptionnel. C'est le sujet d'un article publié le 1er décembre 2003 par Nice-Matin. Il évoque le cas d’un ancien Polonais déporté qui, soixante ans après, a retrouvé sa sœur et appris que sa mère était morte en 1986, alors qu’il les croyait mortes en déportation.

    Une quarantaine de retrouvailles grâce aux banques de données

    De son côté, l’AFP diffusa le communiqué suivant :

    SEATTLE (AP) - Près de 60 ans après la fin de la Seconde Guerre mondiale, d'émouvantes retrouvailles réunissent des survivants de la déportation nazie qui désespéraient de se retrouver un jour, grâce à l'aide déterminante de banques de données informatisées et à l'ouverture des archives soviétiques.

    Ces quatre derniers mois, les efforts du centre de la Croix-Rouge de Baltimore (Maryland) chargé de la recherche des disparus de la Seconde Guerre mondiale ont permis une quarantaine de ces retrouvailles.

    George Gordon, 77 ans, a vécu l'une de ces improbables réunions. Ce catholique né en Pologne sous l'identité de Jerzy Budzynski, survivant du camp de Buchenwald puis chasseur de nazis pour le procès de Nuremberg, avait été informé voilà de nombreuses années de la mort de ses parents, de sa sœur et de son frère encore bébé en 1944 à Varsovie. Cet été, le centre de Baltimore lui a appris que sa mère avait en fait vécu jusqu'en 1986 et que sa sœur était encore vivante et se trouvait en Pologne.

    La Croix-Rouge polonaise a ensuite retrouvé le certificat de décès de sa mère et localisé sa sœur, Krystyna Budzynska, qu'il a revue en septembre au domicile de cette dernière à Wroclaw.

    « Je ne pouvais y croire », a raconté George Gordon, qui réside désormais à Seattle (Etat de Washington). « Retrouver une personne qui vous manquait depuis 60 ans, c'est tout simplement incroyable. »

    Le centre de recherche de Baltimore a été créé en 1990 pour passer au crible 47 millions de documents consultables après la chute du mur de Berlin. Il a ainsi aidé à éplucher les archives de l'ex-Union soviétique, d'anciens régimes d'Europe de l'Est et de l'administration nazie.

    Un millier de personnes ont ainsi pu être retrouvées mais les retrouvailles comme celle de George Gordon et de sa sœur ne sont pas si courantes. Le plus souvent, explique Elise Babbitt, porte-parole du centre, les recherches débouchent sur « des dates de décès, des noms de camps, des matricules de trains pour déportés... »

    Quand bien même ces efforts n'aboutissent qu'à la découverte de papiers jaunis, « ces gens sont heureux d'apprendre quelque chose », note Tammy Kaiser, volontaire de la Croix-Rouge à Seattle qui a travaillé sur le cas Gordon. « Cela leur donne le sentiment qu'ils sont vivants et qu'on pense à eux. »

    Le temps commence toutefois à manquer pour ceux qui étaient adultes dans les années 1940. Au total l'an dernier, 34 000 personnes ont contacté le Musée américain de l'Holocauste à Washington qui échange ses informations avec le centre de la Croix-Rouge.

    Internet est aussi d'une grande aide. Plusieurs personnes ont pu être retrouvées grâce au moteur de recherche anybirthday.com, indique Elise Babbitt […].

    Un frère et une sœur se retrouvent

    Une semaine plus tard, le 23 décembre, la Jewish Telegraphic Agency a annoncé d’autres retrouvailles, celles d’un frère et d’une sœur qui vivaient en Israël mais qui se croyaient mutuellement morts dans l’ « Holocauste ». Sous le titre : « Holocauste: d’émouvantes retrouvailles », on lit :

    Deux enfants que l’Holocauste avait séparés et qui vivaient en Israël se sont retrouvés après plus de 65 ans. Beniamin Shilom et sa sœur Rozia November se sont rencontrés samedi grâce à la liaison établie entre eux par le Mémorial de l’Holocauste de Yad Vashem. Chacun était persuadé que l’autre avait péri dans l’Holocauste. B. Shilom avait survécu à la guerre et servi dans l’armée soviétique, tandis que R. November avait survécu à Auschwitz. « Je n’arrive pas à croire que j’ai un frère », a-t-elle déclaré lundi au New York Times après sa rencontre avec Shilom. « C’est impossible. »

    Combien d’autres ?

    Sachant que soixante an après les faits, des retrouvailles sont encore possibles, il n’est pas inepte de penser que de 1945 à aujourd’hui, un grand nombre de gens personnes sont mortes persuadées qu’elles étaient les seules survivantes d’une famille alors que d’autres membres vivaient ailleurs.


    Par conséquent, la prudence s’impose lorsqu’un juif ou qu’une juive déclare, sans autre preuve, que tout sa famille a été exterminée


    Quant à la thèse de l’ « Holocaute » et au chiffre des « six millions », plus le temps passe et plus ils paraissent absurdes…


    [1] Voy. Page, n° 82, avril 2003, p. 28.

    (English subtitles channel)

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    Default Re: Vincent Reynouard - Biographie / Textes

    Wannsee : y a-t-on planifié une liquidation industrielle ?



    Dans son livre Auschwitz expliqué à ma fille, Annette Wieviorka prétend (après bien d’autres) que l’extermination des juifs aurait été planifiée le 20 janvier 1942 lors de la conférence de Wannsee. A la page 41, elle écrit :

    — […] On connaît bien cette conférence parce que son procès-verbal a été conservé. Je t’en cite un extrait, suffisamment clair même si le langage, comme souvent chez les nazis, demeure codé car tout cela devait en principe rester secret : « Sous une direction autorisée, les juifs doivent être — dans la perspective de la solution finale — transférés à l’Est et forcés d’y travailler. Ils seront constitués en grandes compagnies de travailleurs, avec séparation des sexes. Les juifs aptes au travail seront conduits dans ces régions pour des travaux de terrassement sur les routes. Il faut naturellement s’attendre à une élimination naturelle — par la mort — d’une proportion importante de ces effectifs. L’élément naturel qui sera maintenu en vie devra de ce fait même être considéré comme résistant, constituant une sélection naturelle. La remise en liberté de tels individus présenterait le danger de la formation d’un noyau de nouvelle réédification juive ».

    En langage clair, comment tu traduirais ?

    — Cela signifie que ceux que les conditions de travail ne tueront pas, et qui sont donc les plus résistants, devront être éliminés par d’autres moyens, de crainte de voir renaître le peuple juif.

    On se contentera de répondre qu'en 1992, le professeur Yehuda Bauer, exterminationniste connu et professeur à l'Université hébraïque de Jérusalem, a qualifié cette thèse d' « histoire inepte » (silly story) :

    Le public répète encore, jour après jour, l'histoire inepte qui veut que ce soit à Wannsee que l'extermination des juifs ait été décidée. Wannsee n'était qu'une étape dans le déroulement du processus du meurtre de masse[1].

    Un an plus tard, Jean-Claude Pressac écrivit sans être contredit :

    Le 20 janvier [1942], se tenait à Berlin la conférence dite de Wannsee. Si une action de « refoulement » des juifs vers l’Est fut bien prévue avec l’évocation d’une élimination « naturelle » par le travail, personne ne parla alors d’une liquidation industrielle. Dans les jours et les semaines qui suivirent, la Bauleitung d’Auschwitz ne reçut ni appel, ni télégramme, ni lettre réclamant l’étude d’une installation adaptée à cette fin[2].

    C’est clair : à Wannsee, aucun « génocide » n’a été planifié. Si A. Wieviorka peut affirmer le contraire, c’est qu’elle traduit incomplètement et mal le passage qu’elle cite, et notamment le dernier paragraphe. Celui-ci dit en vérité (je souligne) :

    Ce qu’il en restera de toute façon à la fin, c’est-à-dire sans doute la partie la plus capable de résistance, devra être traité de façon appropriée parce que, constituant une sélection naturelle, ce reste, à sa remise en liberté, sera à considérer comme portant en germe les éléments d’une renaissance juive [3].


    On ne le répètera jamais assez : lors de la conférence de Wannsee, aucune extermination n’a été ni décidée, ni planifiée…


    [1] Voy. Canadian Jewish News, 30 janvier 1992, cité dans la Revue d'Histoire Révisionniste, n° 6, mai 1992, pp. 157-158.

    [2] Voy. J.-C. Pressac, Les Crématoires d’Auschwitz. La Machinerie du meurtre de masse (éd. du CNRS, 1993),p. 35.

    [3] Voy. Robert Faurisson, Écrits révisionnistes (auto-édité, 1999, tome III), p. 987, note.

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    Default Re: Vincent Reynouard - Biographie / Textes

    National-socialisme et libertés publiques :



    Ce que l’on cache depuis 70 ans




    Par Vincent Reynouard



    Nous avons reçu la lettre suivante d’une lectrice.

    Monsieur,

    […].

    Dans vos écrits, vous vous définissez comme un « national-socialiste ». Je sais que, d’après vous, la Shoah est un mythe. Mais tout de même, comment peut-on adhérer à l’idéologie nationale-socialiste quand on sait qu’en Allemagne, l’arrivée d’Hitler au pouvoir fait basculer le pays dans la dictature ? Je vous rappelle qu’en quelques mois, après janvier 1933, la république fut abolie, les syndicats dissous, la presse muselée, les partis d’opposition interdits, les opposants internés etc. Même les partis dits « de droite » furent autoritairement dissous, comme le Centre (catholique) et le Parti national-allemand. Est-ce vraiment ce que vous voulez pour la France ?

    […]

    Vincent Reynouard y a apporté la réponse qui suit :

    Madame,

    […]

    L’ « Holocauste » est un mythe, c’est prouvé


    Tout d’abord, permettez-moi une petite précision. Vous écrivez : « d’après vous, la Shoah est un mythe ». Non, « la Shoah est un mythe », point final. C’est démontré par la science et par l’analyse objective des documents laissés par l’Histoire. Toute personne de bonne foi peut aisément s’en convaincre. Veuillez donc ne pas présenter comme une simple opinion ce qui est en réalité une certitude.

    L’éternel discours erroné sur la « liberté »


    Maintenant, venons-en au fond de votre lettre.
    Je suis toujours navré de constater à quel point les discours sur la « liberté » (au sens maçonnique du mot) font des ravages, y compris chez nos lecteurs. A croire que cette « liberté » serait la base nécessaire, voire l’alpha et l’oméga, de toute vie heureuse. Mais dites-moi :

    - A quoi bon bénéficier de la « liberté » politique lorsque, la stabilité n’existant plus, les gouvernements se succèdent à vive allure sans pouvoir mener à bien un quelconque projet de société (entre 1925 et 1932, en Allemagne, il y eut trente élections au Reichstag, au Landstag et à la Présidence) ?

    - A quoi bon bénéficier de la « liberté » syndicale lorsque l’inflation galopante, la crise économique et son fils naturel, le chômage, frappent plus d’un tiers de la population[1], les réduisant à la misère la plus noire[2] ?

    - A quoi bon être « libre » dans une société pourrie où des millions de parents ne peuvent élever décemment leurs enfants, où la décadence a contaminé toutes les classes sociales, jetant en Enfer des millions d’âmes ?

    Lorsque Hitler arriva au pouvoir, la république de Weimar était déjà morte


    La situation fin 1932


    Lorsque Hitler arriva — légalement — au pouvoir, il se retrouva au chevet d’une société moribonde. Seule une cure draconienne pouvait la sauver. En premier lieu, il fallait balayer la Constitution de Weimar et son système parlementaire qui, en minant la stabilité gouvernementale, avait mené le pays à la ruine. Notons d’ailleurs que, dans les faits, la république allemande était morte depuis plusieurs mois ; pourquoi ? parce que, ne bénéficiant d’aucune majorité au Reichstag, les deux précédents gouvernements (dirigés par von Papen et von Schleicher) avaient agi uniquement grâce à des décrets-lois, c’est-à-dire hors de la voie parlementaire prévue par la Constitution de Weimar[3]. Depuis février 1932, donc, l’Allemagne vivait en « dictature ». Cependant, ces gouvernements autoritaires étaient impuissants à mener à bien un véritable projet de société, parce que les derniers débris de la Constitution permettaient la tenue d’élections qui provoquaient immanquablement la chute de l’équipe en place. Voilà pourquoi il était devenu urgent de balayer la république de Weimar.

    H. Göring s’explique à Nuremberg


    En 1946, à Nuremberg, Hermann Göring le rappela clairement. A son avocat, il déclara :

    Il va de soi que, pour nous, si nous obtenions le pouvoir, nous étions décidés à le garder dans tous les cas et à tout prix. Nous ne voulions pas le gouvernement pour le pouvoir lui-même mais nous voulions le gouvernement et le pouvoir pour libérer l’Allemagne et la rendre grande. Nous ne voulions plus laisser cela au seul jeu du hasard, des élections et des majorités parlementaires, mais nous voulions mener à bien cette tâche pour laquelle nous considérions que nous avions été appelés [TMI, IX, 273].

    Peu après, il précisa à l’adresse du procureur américain Robert Jackson :

    ACCUSÉ GÖRING. — […] Jusqu’alors, nous avions vécu d’opposition et nous en avions assez. L’opposition nous avait conduits à la déchéance. Le moment était venu de se défaire de cette habitude et de commencer enfin à construire.
    M. JUSTICE JACKSON. — Après vous être emparés du pouvoir, et comme cela devenait nécessaire pour maintenir votre emprise, vous avez décidé d’interdire tous les partis d’opposition, n’est-ce pas ?
    ACCUSÉ GÖRING. — Oui, nous considérions qu’il était nécessaire de ne plus tolérer d’opposition.
    M. JUSTICE JACKSON. — Et vous avez aussi considéré comme nécessaire de supprimer toute opposition individuelle de peur qu’elle ne soit à l’origine d’un parti d’opposition.
    ACCUSÉ GÖRING. — Lorsque cette opposition gênait sérieusement notre travail constructif, nous ne la tolérions naturellement pas. Lorsqu’il s’agissait de bavardages inoffensifs, elle n’était pas prise en considération[4].

    En balayant les débris de la république de Weimar, Hitler a bien agi


    Quoi de plus naturel ? Lorsqu’un médecin doit sauver un patient qui étouffe, il prend une décision pour tenter de dégager les voies respiratoires. Si un importun arrive et commence à s’opposer, il l’éconduira brutalement ; et si cet importun insiste, il pourra aller jusqu’à l’assommer pour que l’individu n’entrave plus le sauvetage d’urgence. Hitler n’a jamais caché qu’il agirait de la sorte pour sauver son peuple de l’asphyxie. Le 27 janvier 1932, devant un groupe d’hommes d’affaires qui finançaient la NSDAP, il prononça un discours qui se terminait ainsi :

    […] j’ai fondé il y a treize ans le mouvement national-socialiste : ce mouvement que j’ai dirigé ces douze dernières années, et j’espère qu’un jour il accomplira sa mission et que, comme résultat le plus juste de cette lutte, il laissera derrière lui un corps politique allemand entièrement rénové à l’intérieur, intolérant contre quiconque péchera contre la nation et ses intérêts, intolérant contre quiconque ignorera ses intérêts vitaux ou s’y opposera, intolérant et impitoyable contre quiconque tenterait une fois de plus de détruire ou désintégrer le corps politique, mais également prêt à l’amitié et à la paix avec quiconque manifestera des désirs de paix et d’amitié[5].

    Et en effet, à partir de janvier 1933, Hitler agit comme il l’avait annoncé : soucieux de sauver une société agonisante, et fermement décidé à réaliser son programme politique d’urgence sans être gêné par les importuns, il interdit tout d’abord le Parti communiste (qui était le plus dangereux), emprisonna ses chefs, dissout ses syndicats, musela sa presse réactionnaire. Non seulement je ne l’en blâme pas, mais je l’en félicite.

    Une révolution pacifique


    J’ajoute que le Führer aurait pu agir bien plus brutalement qu’il ne l’a fait. Il aurait pu, comme les révolutionnaires de 1793, couper des têtes à la chaîne ou, comme les bolcheviques, tirer des balles dans des milliers de nuques. Or, non seulement il n’a pas massacré ses adversaires, mais aussi, il a toujours tenu à agir dans le cadre de la Constitution allemande d’alors. Prenons l’exemple des camps de concentration. C’est l’argument fort des antinazis. Mais en vérité, sa valeur est nulle.

    La création des camps était légale


    J’ai expliqué ailleurs la raison de la création de ces camps à la fin du mois de février 1933, je n’y reviendrai donc pas. Je me contenterai de rappeler que leur ouverture s’est effectuée dans la plus stricte légalité ; elle était conforme à l’article 48, alinéa 2, de la Constitution de Weimar qui concernait la protection du peuple et la lutte contre les citoyens susceptibles d’attenter à la sûreté de l’État. A Nuremberg, l’avocat d’H. Göring, Me Stahmer, l’a rappelé dans sa plaidoirie :

    Dans ces camps devaient être transférées provisoirement des personnes dont on n’était pas sûr politiquement, les personnes dangereuses pour la sécurité du nouvel État, et cela jusqu’à leur adaptation à la nouvelle situation politique ou bien jusqu’à ce que la puissance de l’État fût suffisamment affermie pour qu’elles ne puissent plus représenter un danger pour ce nouvel État.

    Cet aménagement s’appuyait en Droit sur l’ordonnance du Président du Reich en date du 28 février 1933 sur la protection du peuple et de l’État.

    Cette ordonnance avait été promulguée par le Président von Hindenburg sur la base du deuxième paragraphe de l’article 48 de la Constitution du Reich, afin de parer aux actes de violence communistes, dangereux pour la sécurité de l’État ; sa promulgation est donc irréprochable du point de vue constitutionnel [TMI, XVII, 547].

    L’Accusation fut incapable de contrer cette argumentation, si bien que dans son jugement rendu le 16 octobre 1946, le TMI déclara que H. Göring avait « cré[é] les premiers camps de concentration », mais il se garda bien d’affirmer que cette création avait été réalisée en violation de la Constitution (TMI, I, 296).

    Des détenus généralement traités


    J’ajouterai que les détenus internés en 1933 furent dans leur grande majorité bien traités et qu’ils furent nombreux à être relâchés au bout de quelques mois. A Nuremberg, l’ancien secrétaire particulier d’H. Göring, Paul Körner, vint témoigner. Sans surprise, il fut interrogé sur les camps de concentration. Voici ce que l’on put entendre :

    Dr STAHMER. — Connaissez-vous les traitements qui étaient infligés aux internés de ces camps ?
    TÉMOIN KÖRNER. — D’après ce que je sais, ils furent toujours bien traités.
    Dr. STAHMER. — Avez-vous entendu parler des camps de concentration « officieux » ?
    TÉMOIN KÖRNER. — Oui, en 1933 on en a créé en différents endroits.
    Dr STAHMER. — Qui, « on » ?
    TÉMOIN KÖRNER. — Je me souviens qu’un camp a été créé à Breslau par le Gruppenführer SA Heines. Un autre fut créé à Stettin. J’ignore s’il en existait d’autres.
    Dr STAHMER. — A Stettin ?
    TÉMOIN KÖRNER. — Je crois qu’il fut créé par Karpfenstein, mais je n’en suis pas très sûr.
    Dr STAHMER. — Et que sont devenus ces camps ?
    TÉMOIN KÖRNER. — Lorsque le Reichsmarschall [Göring] en a entendu parler, il les a fait dissoudre immédiatement parce qu’ils avaient été créés sans son consentement.
    Dr STAHMER. — Quelle était l’attitude du Reichsmarschall lorsque lui parvenaient des plaintes à ce sujet ?
    TÉMOIN KÖRNER. — Il les a toujours prises en considération.
    Dr STAHMER. — Connaissez-vous des cas où il ait pris des mesures sévères ?
    TÉMOIN KÖRNER. — Je me souviens du cas de Thälmann.
    Dr STAHMER. — De quoi s’agissait-il ?
    TÉMOIN KÖRNER. — Le Reichsmarschall avait appris que Thälmann n’avait pas été traité de la façon dont il aurait souhaité qu’il le fût. Il prit immédiatement l’affaire en main et convoqua Thälmann.
    Dr STAHMER. — Qui était Thälmann ?
    TÉMOIN KÖRNER. — C’était l’un des dirigeants du parti communiste allemand et député communiste au Reichstag.
    Dr STAHMER. — Et que lui a dit le Reichsmarschall ?
    TÉMOIN KÖRNER. — Il le fit venir dans son cabinet et lui demanda les raisons précises de sa réclamation.
    Dr STAHMER. — Et ensuite ?
    TÉMOIN KÖRNER. — Thälmann, soupçonnant un piège, se montra d’abord très réservé. Lorsqu’il vit que le Reichsmarschall lui parlait d’une manière très humaine, il se rendit compte qu’il pouvait parler librement. Il déclara au Reichsmarschall qu’à différentes reprises il n’avait pas été convenablement traité. Le Reichsmarschall promit qu’il y mettrait ordre immédiatement et donna des instructions à cet effet. Il demanda également à Thälmann de l’avertir chaque fois que cette situation se reproduirait. En outre, il ordonna qu’on fasse parvenir toutes les plaintes formulées par Thälmann [TMI, IX, 164-5].

    Les camps illégaux furent fermés


    Quelques jours plus tard, H. Göring confirma cette déposition et y ajouta quelques précisions. Interrogé par son avocat, il déclara :

    Dr STAHMER. — Avez-vous surveillé le traitement des prisonniers ?
    ACCUSÉ GÖRING. — Naturellement, j’ai donné des instructions pour que de telles choses [les mauvais traitements sur des internés] soient supprimées. Cela a plus ou moins eu lieu, évidemment, comme je viens de le dire. J’ai toujours indiqué que ces faits ne devaient pas avoir lieu, parce que je voulais qu’une partie de ces hommes fût gagnée à notre cause.
    Dr STAHMER. — Avez-vous agi, lorsque vous avez eu connaissance de ces excès ?
    ACCUSÉ GÖRING. — Je ne me suis occupé des camps de concentration que jusqu'au printemps 1934 ; il y en avait deux ou trois en Prusse. Le témoin Körner a déjà mentionné le cas de Thälmann. Je voudrais en parler brièvement car c'est le plus important, étant donné que Thälmann était le chef du parti communiste. Je ne puis plus indiquer aujourd'hui qui m'a fait remarquer que Thälmann avait été frappé. Sans avoir été informé par la voie hiérarchique et par les services compétents je l'ai fait venir immédiatement chez moi, dans mon bureau, et je l'ai questionné en détail. Il m'a dit qu'au début surtout, il avait été frappé au cours d'interrogatoires. Comme le témoin qui assistait à l'entretien l'a déjà dit, j'ai alors dit à Thälmann que je le regrettais et j'ai même ajouté : « Mon cher Thälmann, si vous aviez eu le pouvoir, vous ne m'auriez pas frappé, mais vous m'auriez immédiatement coupé la tête », et il a acquiescé. Je lui ai dit ensuite qu'à l'avenir si quelque acte du même genre se reproduisait contre lui ou contre d'autres, il devrait me le communiquer immédiatement. Je ne pouvais pas être toujours là, mais ce n'était pas par ma volonté que ces actes de cruauté avaient été commis.

    Pour expÎiquer ce cas, qui était un cas typique, je veux insister sur le fait que, plus tard, la femme de Thälmann vint me demander du secours et que j'ai répondu immédiatement à sa lettre. J'ai, à ce moment-là également, et je pourrai le prouver, financièrement aidé des familles d'internés autant qu'il fut nécessaire.

    A cette occasion, je voudrais citer les camps de concentration « officieux », dont on a parlé et qui tombent sous le coup du redressement des abus. Tout d'abord, je les ai ignorés ; puis on m'a cité un tel camp dans les environs de Stettin. Il avait été créé par Karpfenstein, ancien Gauleiter de Poméranie. J'ai immédiatement fermé ce camp. Mon avocat se souviendra que, indépendamment de moi, il a reçu à ce sujet, pendant le Procès, des renseignements d'un interné que je ne connaissais pas du tout. J'ai fait poursuivre par le procureur général les coupables qui s'étaient permis des actes de cruauté et les ai fait traduire devant un tribunal, ce qui, peut être prouvé. Karpfenstein fut expulsé du Parti.

    Un second camp fut découvert à Breslau ; il avait été créé par Heines. Je ne sais pas ce qui s'y est passé. En tout cas, c'était un camp que je n'avais pas autorisé. Je l'ai immédiatement fermé, dissous. Heines était un des collaborateurs les plus intimes de Röhm, dont je parlerai ultérieurement.

    Autant que je me souvienne, je ne puis plus indiquer l'endroit exact des environs de Berlin où existait un autre camp de concentration non autorisé, institué secrètement par le chef des SA de Berlin, Ernst, que j'ai toujours soupçonné d'actes de cruauté. Il a également été fermé et Ernst était l'un de ces personnages troubles qui furent éliminés lors du putsch de Röhm. Nous avons la possibilité d'interroger des internes des camps de concentration de cette époque — 1933, début 1934 — afin de savoir si, à ce moment, se passait ce qui eut lieu ultérieurement.

    Dr STAHMER. — Avez-vous, après la consolidation du pouvoir, libéré beaucoup de prisonniers internés et à quel moment ?
    ACCUSÉ GÖRING. — Pour les fêtes de Noël 1933, j'avais ordonné que fussent libérés les cas les moins dangereux ou ceux dont on avait l'impression qu'ils s'étaient adaptés à leur situation nouvelle. Je crois qu'on avait déterminé le chiffre de 5 000. Je répétai ce geste en novembre 1934, avec 2 000 internés. J'insiste sur le fait qu'il ne s’agissait que de la Prusse. A ce moment, si mes souvenirs sont exacts, mais je ne puis le dire exactement, un camp fut dissous ou du moins provisoirement fermé. C'était à une époque où personne ne soupçonnait que les camps deviendraient l'objet d'une enquête judiciaire internationale [TMI, IX, 281-3].

    Le procureur américain est contraint de reculer


    Là encore, il est intéressant de souligner que l’Accusation n’insista pas. Le procureur américain R. Jackson tenta certes de déstabiliser P. Körner en lui rappelant que Thälmann était mort à Buchenwald en 1944. Mais le témoin souligna que l’ancien député communiste avait succombé lors d’ « une attaque aérienne », donc sous les bombes alliées[6]. Probablement échaudé par cette répartie, R. Jackson se garda bien d’interroger H. Göring sur le cas Thälmann et sur la façon dont les internés avaient été traités en 1933-4. Preuve que l’Accusation n’avait rien pour contredire l’accusé…

    Des camps bien tenus


    J’ajoute que même par la suite (je parle pour les années 1935-1942), les camps furent bien entretenus et les internés convenablement traités. A Nuremberg, F. Sauckel raconta qu’en 1938, il avait visité Buchenwald avec une commission italienne :

    Il y avait les installations de jour et celles de nuit. Les lits étaient recouverts de couvertures bleues et blanches, les cuisines, les lavabos étaient au-dessus de tout reproche, de sorte que l’officier italien et les officiers qui visitaient le camp avec moi me dirent qu’en Italie ils n’étaient pas à même de mieux traiter leurs propres soldats [TMI, XIV, 645].

    Vous comprendrez donc, Madame, pourquoi l’argument tiré de l’ouverture des camps en Allemagne sous Hitler ne m’impressionne pas. J’y reviendrai d’ailleurs en fin de lettre pour montrer que, loin de fragiliser ma position, il la renforce au contraire.

    Le musellement de la presse


    Des mesures qui n’étaient pas nouvelles


    Mais peut-être l’exemple des camps ne vous suffit-il pas ? Dans ce cas, j’aborderai la question de la presse. Certes, sa liberté d’expression fut restreinte dès le 4 février 1933. Mais pas de manière arbitraire : le nouveau gouvernement ne fit que reprendre (en l’aggravant sur certains points) un décret-loi parfaitement légal qui avait été publié en septembre 1932 par le gouvernement von Papen et que le général von Schleicher avait rapporté peu après. Dans son numéro 421, le Bulletin périodique de la presse allemande fut obligé de le constater :

    Un décret-loi, signé le 4-2 et publié par les journaux du 6 rétablit la plupart des mesures prises autrefois par M. von Papen pour réprimer l’opposition politique et rapportée par le général von Schleicher. Quelques-unes de ces mesures sont même aggravées par rapport aux décrets-lois de septembre[7].

    Tout était donc parfaitement légal, et absolument pas nouveau.

    Respect de la légalité


    Et n’allez pas croire que, dans son application, le gouvernement aurait fait fi des textes d’alors ou des décisions de Justice. Là encore, un exemple précis illustrera mon propos. Le jour même de la signature du décret-loi, les autorités firent saisir le quotidien Vorwärts (édition du 3 février au soir) qui venait de publier un manifeste électoral du parti socialiste. Elles firent également saisir tous les journaux socialistes qui, le lendemain, reproduisirent ce manifeste. Tous ces organes de presse furent accusés de « haute trahison », ce qui était pour le moins injustifié. Que firent les directeurs de publication ? Ils introduisirent un recours pour excès de pouvoir. Sans surprise, l’administration judiciaire leur donna raison « ayant été d’avis que le motif invoqué pour la saisie (haute trahison) n’[était] pas applicable » (Ibid., p. 20, col. B). Les journaux purent donc paraître normalement. Quant au principal « coupable », le Vorwärts, il interjeta appel devant la Cour de Leipzig et obtint le 16 février « l’annulation de l’interdiction » (Id.).
    On le voit, l’arrivée des nationaux-socialistes au pouvoir ne fut pas suivie d’une révolution sanglante au cours de laquelle la Loi aurait été foulée au pied.

    La majorité du peuple approuve les premières mesures des nationaux-socialistes


    Rappelons d’ailleurs que le 5 mars 1933, des élections eurent lieu pour le renouvellement du Reichstag. Contrairement à ce que beaucoup prétendent, elles furent totalement libres. Interrogé à Nuremberg, F. von Papen fut catégorique :

    Je déclarerai tout d’abord que cette élection fut véritablement libre, car les opérations eurent lieu avec la collaboration des anciens fonctionnaires de la République et la liberté de ces élections est prouvée également par le fait que les voix des communistes et des sociaux-démocrates n’ont pas diminué du tout [TMI, XVI, 285].

    Si, vraiment, le peuple avait été horrifié par cette révolution hitlérienne, il aurait massivement voté contre les nationaux-socialistes. Eh bien ! C’est le contraire qui advint : non seulement la NSDAP resta le premier parti, mais, par rapport aux élections de novembre 1932, elle accrut son nombre de voix de 5,5 millions, passant de 11,7 à 17,2 millions de voix, loin devant les socialistes (7,1 millions), les communistes (4,8 millions), le Centre (4,4 millions) et le Front Noir-Blanc-Rouge (3,1 millions).

    Les nationaux-socialistes agissent sans ménagement contre les socialistes


    Les socialistes tentent hypocritement de se concilier le nouveau régime…


    Forts de cette victoire, les nationaux-socialistes poursuivirent leur action pour que tout le peuple se range derrière leur bannière. Contre les adversaires résolus (après les communistes venaient les socio-démocrates), ils agirent comme ils l’avaient annoncé : sans ménagements. La presse socialiste, quotidienne et périodique, subit la censure. Soucieux de donner des gages au nouveau régime, en mars, le président du Parti socialiste, M. Wels, donna publiquement sa démission de la IIe Internationale et sembla accepter une collaboration loyale avec le gouvernement. Mais celui-ci ne fut pas dupe. Bien que le Parti socialiste n’ait pas été interdit et qu’il ait même été autorisé à désigner des députés dans les Parlements, le 31 mars, la très modérée Kölnische Zeitung écrivit :

    Le parti socialiste-allemand devra donner encore de toutes autres preuves pour écarter le soupçon que l’on avait eu déjà aussitôt après le dernier discours de Wels au Reichstag, que le parti veut seulement se camoufler momentanément, pour revenir plus tard à ses anciennes méthodes, lorsque les conditions seront plus favorables[8].

    …avant de dévoiler leur jeu


    Et en effet, quelques semaines plus tard, le Parti socialiste dévoila son jeu. En juin, il émigra et ouvrit son bureau à Prague. Dans le même temps, une lettre fut publiée dans laquelle M. Wels révélait que « son attitude, semblant accepter la collaboration avec le nouveau régime n’avait été inspirée que par des considérations tactiques » (Ibid., n° 426, p. 26, col. A). Bref, le Parti socialiste affirmait qu’il restait un parti d’opposition résolu, avec pour objectif la destruction du nouveau régime.

    Le régime réagit brutalement


    Le 19 juin, les parlementaires socialistes restés en Allemagne tentèrent de sauver la situation en désavouant les dirigeants partis à Prague et constituant un nouveau bureau. Peine perdue : trois jours plus tard, les autorités déclarèrent que l’émigration à Prague et la lettre de M. Wels constituaient des actes de « haute trahison ». Les représentants élus du Parti socialiste reçurent l’interdiction d’exercer leur mandat et de se livrer à une quelconque activité politique ou d’entraide. La fortune du parti et de ses organisations fut saisie, les publications socialistes définitivement interdites et les fonctionnaires sommés de quitter le parti basé à Prague.
    Si le médecin providentiel qu’était Hitler avait agi autrement, il aurait fauté. Je le répète, lorsqu’il s’agit de sauver une société au bord de l’asphyxie, la fermeté est une obligation. En émigrant à Prague, le Parti socialiste avait été cohérent ; il s’était posé en adversaire résolu du nouveau régime soucieux de ne pas perdre sa liberté de manœuvre. En réponse, les autorités réduisirent ce qui, de cet ennemi, était resté à l’intérieur. C’était de bonne guerre…

    Le cas des partis « de droite »


    Ils se décomposent d’eux-mêmes


    Maintenant, j’en viens au cas des partis que vous qualifiez « de droite ». La lecture de votre lettre laisse croire que ces groupements auraient connu le même sort que celui réservé aux socialistes et aux communistes. C’est faux. Contre eux, le nouveau régime n’eut guère besoin de recourir à des moyens brutaux. Car la révolution qui intervenait dans le pays suscitait de plus en plus d’enthousiasme. Dans son numéro 426, le Bulletin périodique de la presse allemande constata : « L’attraction du parti national-socialiste continue à s’exercer au détriment des partis voisins »[9]. En 1938, un catholique allemand dit à un prêtre français :

    Longtemps, j’ai hésité à me rallier à Hitler, parce que je suis Rhénan et catholique, et que je suis un peu comme vous, Français, j’aime une certaine indépendance.
    Mais je me suis rallié à Hitler parce qu’Hitler incarne l’Allemagne et qu’il réalise ses aspirations[10].

    Le cas du Parti économique


    D’où ces partis nationaux (ou « de droite ») qui, finalement, se décomposèrent d’eux-mêmes. Début avril, ainsi, plusieurs sections de Parti populiste rejoignirent le Parti national-socialiste. Le 14 du même mois, la Kölnische Volkszeitung annonça que le Parti économique avait décidé « de se dissoudre et de se rattacher au parti national-socialiste » [Ibid., n° 424, p. 26, col. A.].

    Le cas du Parti national-allemand


    Début juin, quatre grandes personnalités du Parti national-allemand, MM. Stadler, Spahn, Fiume et Gisevius, rejoignirent la NSDAP. C’était le début de l’agonie pour cette ancienne grande formation. Quelques jours plus tard, le ministre de l’Intérieur prussien ordonna la dissolution des sections de combat nationales allemandes (Deutschnationaler Kampfring) qui n’avaient plus de raison d’être, puisque les partis de gauche avaient été interdits. Le 27 juin, enfin, à la suite d’une conversation avec Hitler, plusieurs personnalités du Parti national-allemand (devenu Front national-allemand) annoncèrent la dissolution de cette structure. Dans un communiqué, le service de presse du groupement défunt affirma :

    Le front national-allemand, conscient du fait que les partis n’ont plus de raison d’être, a décidé de se dissoudre. Le parti national-socialiste s’est engagé à ne pas entraver les opérations de liquidation et à considérer les anciens adhérents au front national-allemand comme ayant les mêmes droits que ses adhérents. Les nationaux-allemands poursuivis pour délits politiques seront immédiatement remis en liberté. Les fonctionnaires et employés ne pourront être inquiétés pour avoir appartenu autrefois à ce groupement politique. Les nationaux allemands dans les différents Parlements délégueront un ou plusieurs de leurs membres à la direction des groupes nationaux-socialistes afin de se concerter en vue d’une action commune.
    Cet accord est signé par le Chancelier Hitler, pour le parti national-socialiste, et par MM. Von Winterfeld, von Freytag-Loringoven et Pœnsgen, pour les nationaux-allemands[11].

    D’autres petits partis


    Le même jour disparut le Parti de l’État. Le 4 juillet, enfin, disparurent le Parti populaire bavarois du comte Quadt-Isny ainsi que le Parti populiste (qui avait déjà perdu des sections parties rejoindre les nationaux-socialistes). L’ancien chef de ce groupement, M. Dingeldey, justifia sa décision en soulignant que « l’existence de partis dans l’ancien sens du mot n’apparaissait plus compatible avec l’essence du régime actuel » (Id.).

    Le cas du Centre (catholique)


    Le Centre n’était pas un parti de droite


    Maintenant, venons-en au « Centre », le parti catholique. Vous le classez parmi les partis « de droite ». Vous faites erreur. Certes, en tant que catholique (donc persuadé qu’il existe un ordre naturel voulu par Dieu), le Centre aurait du être à droite, mais ce n’est un secret pour personne : une grande majorité des cathos sont politiquement des imbéciles qui, pour cause de charité mal comprise, favorisent la gauche. J’expliquerai un jour pourquoi. Pour l’instant, je me contenterai de souligner que, surtout après la première guerre mondiale, le Centre a presque toujours pactisé avec le gauche. A Nuremberg, F. von Papen l’a rappelé :

    Les catholique en Allemagne s’étaient organisés dans le parti du centre. Avant 1918, le centre, parti modéré, s’était toujours efforcé de maintenir l’équilibre entre la droite et la gauche [Funeste erreur, Dieu a d’ailleurs dit qu’il vomissait les tièdes (NdR).]
    Après la guerre, la situation se trouva profondément changée. Nous voyions alors le centre le plus souvent coalisé avec la gauche.
    En Prusse, cette alliance fut maintenue de 1918 à 1932 [TMI, XVI, 292].

    Peu après, l’accusé fit cet aveu consternant :

    […] à cette époque [en Allemagne] un catholique qui n’appartenait pas au parti du centre, mais qui adhérait aux partis de la droite, était considéré comme un mauvais catholique et un catholique de seconde zone. Voilà l’état d’esprit contre lequel je n’ai pas cessé de lutter [Ibid., p. 293].

    Voilà pourquoi je me suis permis de vous dire que vous faisiez erreur en classant le Centre parmi les partis de droite. En vérité, le Centre était à gauche ; modérément, certes, mais à gauche tout de même.

    Le Centre se décompose de lui-même


    Malgré cela, ce parti ne connut pas, lui non plus, le sort des communistes et des socialistes. Tout comme les structures voisine de la NSDAP, il fut emporté par la marée révolutionnaire montante. Après les élections au Reichstag, le Centre vota la loi des pleins pouvoirs (23 mars 1933). Le 4 avril son organe principal, la Germania, déclara :

    […] la situation actuelle est telle que, pour un motif ou pour un autre, les anciennes formes de l’État démocratique, né à Weimar, étaient devenues inapplicables. Ceux qui ne voudraient pas voir les réalités révolutionnaires d’aujourd’hui et en tirer avec sang-froid les conséquences, n’auraient plus la possibilité de collaborer à leur création et d’y apporter l’esprit même de modération et d’ordre, sans lequel il n’est pas possible d’imaginer une évolution saine[12].

    Trois mois plus tard, ce parti choisit logiquement de se dissoudre. Le 6 juillet, la direction communiqua :

    La révolution politique a placé la vie de l’État allemand sur une base complètement nouvelle, qui ne laisse plus place à une activité de politique de parti telle qu’elle était possible jusqu’à ces derniers temps.
    Le parti allemand du Centre se dissout donc, en accord avec M. le Chancelier Hitler, l’effet de cette décision étant immédiat.
    Par cette dissolution, il donne à ses partisans la possibilité de mettre sans réserve leurs forces et leur expérience à la disposition du front national dirigé par le Chancelier, en vue d’une collaboration positive dans le sens de l’affermissement de nos conditions nationales, sociales, économiques et culturelles et en vue d’une coopération à l’édification d’un ordre politique régulier [Ibid., n° 427, p. 10, col. A.].

    Cinq jours auparavant, F. von Papen avait écrit dans la Germania :

    Nous nous rallions à la nouvelle Allemagne parce que sa reconstruction s’opère en dehors du libéralisme. Nous nous rallions à la révolution nationale socialiste parce qu’elle liquide le régime de la décomposition individuelle, parce qu’elle est une révolution conservatrice. Nous repoussons la définition libérale démocratique du gouvernement du peuple par lui-même et nous nous rallions à la responsabilité des chefs, avec le droit d’être suivis sans discussion [Ibid., col. B.].

    En 1946 à Nuremberg, F. von Papen confirma que suite au vote de la loi des pleins pouvoirs, il avait estimé logique la disparition des partis politiques. Interrogé par son avocat, il déclara :

    L’exclusion des partis politiques fut le résultat logique de l’acte conférant les pleins pouvoirs. Hitler avait demandé quatre ans pour réaliser les réformes envisagées […]. Au reste, je dois bien dire que je ne voyais aucun inconvénient à adopter provisoirement le régime d’un parti unique. N’avions-nous pas, à cet égard, d’excellents exemples dans d’autres pays ? En Turquie, au Portugal notamment, ce régime du parti unique fonctionnait parfaitement [TMI, XVI, 290].

    On le voit, le Centre se décomposa de lui-même parce que la révolution nationale-socialiste gagnait chaque jour de nouveaux partisans. Parler de dissolution brutale dans son cas est un mensonge net.

    Juillet 1933 : Hitler annonce la fin de la période révolutionnaire


    Le discours du 1er juillet 1933


    C’est à cette époque que Hitler annonça la fin de la période révolutionnaire. Le 1er juillet 1933, dans un discours au Reichenhall, il décrivit ainsi les quatre phases de la révolution nationale-socialiste :

    1°) Préparation de la lutte ;
    2°) La conquête du pouvoir politique, qui est presque achevée aujourd’hui.
    3°) L’établissement de ce que j’appelle la totalité de l’État, à savoir que le mouvement national-socialiste doit imprégner l’État de ses idées ;
    4°) La solution du problème du chômage, sur laquelle tous les efforts doivent se concentrer aujourd’hui. Elle est décisive pour le succès de notre révolution.
    Mais la solution de cette question est conditionnée par l’éducation des Allemands dans l’esprit du national-socialisme. Telle est la tâche la plus haute des chefs de sections d’assaut [Ibid., n° 427, p. 12, col. A.].

    Il n’était donc plus question de lutte pour la consolidation du pouvoir, mais de se mettre à l’œuvre pour résoudre la grave crise économique qui sévissait dans le pays. Or, cette lutte pour le travail et pour le pain devait rassembler tous les hommes capables, nationaux-socialistes ou non.

    La mise en garde du 7 juillet 1933


    Le 7 juillet 1933, Hitler mit en garde ses subordonnés contre une épuration excessive et déplacée. Dans un discours aux Statthalter, il déclara :

    […] on ne devra pas destituer un directeur d’entreprise s’il est un bon économiste, uniquement parce qu’il ne serait pas encore national-socialiste et moins encore si le national-socialiste que l’on veut mettre à sa place n’entend rien aux choses de l’économie. En matière économique, c’est la capacité que seule importe.

    La tâche du national-socialisme est d’assurer le développement de notre peuple. Il ne s’agit pas d’être constamment et partout à la recherche de tout ce qui pourrait encore être l’objet d’un bouleversement révolutionnaire. Notre tâche est bien de consolider les positions les unes après les autres pour les tenir et les occuper peu à peu d’une façon exemplaire. Nous devons en cela régler notre action en tenant compte du temps, la régler sur de longues périodes de temps. Ce n’est pas par des unifications théoriques que nous donnerons du pain aux ouvriers. Quand l’histoire nous jugera, elle ne nous jugera pas d’après le nombre de chefs d’entreprises que nous aurons destitués ou incarcérés, mais elle nous demandera si nous avons su procurer du travail à ceux qui n’en ont pas.

    Nous avons aujourd’hui le pouvoir absolu et la possibilité de nous imposer partout. Mais nous devons pouvoir remplacer les individus que nous écartons par des gens plus capables. Le chef d’entreprise doit être jugé avant tout d’après sa compétence en matière économique et nous devons naturellement sauvegarder tout l’appareil économique du pays. Ce n’est pas avec des comités, des organisations, ni des théories économiques que nous ferons disparaître le chômage. Il s’agit maintenant, avant tout, non d’instituer des programmes et de discuter des idées, mais bien d’assurer le pain quotidien à cinq millions d’hommes. L’économie est un organisme vivant que l’on ne peut transformer d’un seul coup. Elle repose sur des lois primitives ancrées dans la nature humaine [Ibid., n° 427, p. 12 ; col. A.].

    Nous sommes loin de l’Adolf Hitler habituellement décrit dans les manuels d’Histoire.

    L’avertissement du VB


    Cinq jours plus tard, l’organe de la NSDAP, le Völkischer Beobachter, lança un avertissement net :

    Ce serait compromettre cette action, que de parler encore de continuer la révolution ou de suggérer l’idée d’une deuxième révolution. Ceux qui tiennent maintenant de tels propos doivent bien se rendre compte qu’ils font ainsi acte de rébellion contre le Führer lui-même et qu’ils seront traités en conséquence [Ibid., col. B.].

    C’est clair : la consolidation du pouvoir étant achevée, il fallait songer à se mettre au travail et ne plus penser à chambouler tout ce qui existait.
    Tous ces rappels démontrent que de janvier à juillet 1933, les nationaux-socialistes firent une révolution minimale. Certes, face aux adversaires irréductibles (les communistes et les socialistes) ils agirent sans ménagement et même préventivement. Mais leurs initiatives étaient dictées par les nécessités du moment : en 1933, l’Allemagne agonisait et pour la sauver, il fallait agir dans l’urgence sans être gêné par l’opposition radicale. Ajoutons à cela que loin de massacrer en masse comme le firent les révolutionnaires de 1793 ou les bolcheviques, ils agirent toujours dans le cadre constitutionnel et firent couler infiniment moins de sang que leurs prédécesseurs en France, en Russie en Hongrie etc. Quant aux autres partis, ils se décomposèrent d’eux-mêmes parce que, le temps passant, la révolution nationale-socialiste suscitait un enthousiasme toujours plus grand au sein de la population et que la marée montante rendait désormais inutile l’existence des anciennes structures politiques.

    Une seule volonté : rallier les anciens adversaires politiques


    A Nuremberg, l’accusé F Sauckel déclara :

    L’activité centrale du Parti [après janvier 1933] était le recrutement. Notre travail le plus intensif consistait à gagner à nous les adversaires politiques. Je suis très fier du fait que, dans mon Gau, de très nombreux ouvriers, anciens communistes ou sociaux-démocrates aient été gagnés par nous et soient devenus chefs de groupes locaux ou fonctionnaires du Parti [TMI, XIV, 643].

    Huit ans plus tôt, un Allemand avait répondu à l’abbé Lambert qui l’interrogeait sur les mécontents dans le Reich :

    Certes, il y en a… un pour cent. Car les anciens socialistes, les anciens communistes, se sont ralliés pour la plupart au régime. Hitler ayant prouvé qu’il appliquait vraiment son programme socialiste. Hitler a réalisé… les partis d’avant Hitler discutaient, promettaient et ne faisaient qu’accroître la misère[13].

    A cette époque l’abbé Lambert avait dû concéder :

    Supprimer la liberté des adversaires est une chose… mais il faut savoir construire et savoir créer…
    Et certainement c’est parce qu’Hitler a su construire et créer que beaucoup des ennemis les plus acharnés du national-socialisme se sont ralliés au régime… malgré la suppression des libertés individuelles [Ibid., p. 179].

    Un pari gagné en quelques mois


    Le fait que le peuple allemand ait approuvé la révolution nationale-socialiste était apparu une première fois en mars 1933, lorsque la NSDAP avait remporté haut la main les élections au Reichstag : 44 % des suffrages exprimés, loin devant les socialistes (18 %), les communistes (12 %) et le Centre (11 %).

    Mais il apparut bien mieux encore le 12 novembre 1933, lorsque le premier plébiscite fut organisé afin de savoir si le peuple accordait sa confiance à Hitler. 43,4 millions d’électeurs y participèrent (soit 96 % des inscrits). 40,6 millions répondirent « oui », 2,1 millions « non » et l’on compta 0,7 million de bulletins blancs ou nuls [Pour les résultats complets, voy. le Bulletin périodique…, n° 430, p. 15, col. A.]. 89,9 % des votants étaient donc venus dire leur confiance à Hitler, les 2 millions de « non » prouvant que le scrutin avait été libre (ce qui ne fut d’ailleurs pas sérieusement contesté). Le lendemain, la presse parla de « miracle »[14], car le peuple allemand qui s’entre-déchirait onze mois plus tôt s’était retrouvé à 90 % derrière l’homme suscité par la Providence.

    A l’origine de cet engouement


    Pourquoi cet engouement ? J’y répondrai en reprenant l’image employée plus haut. En 1933, l’Allemagne au bord de l’étouffement vit un médecin apparaître à son chevet. Celui-ci se débarrassa des charlatans qui n’avaient pas été capables de guérir le malade et des adversaires qui souhaitaient l’empêcher d’appliquer son traitement. Puis, après avoir fait les premiers gestes d’urgence, il se pencha vers ce peuple moribond et il lui déclara : « J’ai un moyen de dégager tes voies respiratoires pour que tu ne meures pas d’asphyxie et que tu puisse revivre ; mais je me suis tout d’abord occupé de ceux qui étaient susceptibles de m’empêcher d’appliquer mon traitement. Maintenant, m’accordes-tu ta confiance ? ». Sans surprise, le peuple répondit oui. Il répondit oui à ce médecin qui avait commencé par faire preuve de fermeté contre les incapables et les gêneurs. Il dit oui parce qu’il voulait vivre…
    Et il eut raison. Revenant d’un séjour en Allemagne en 1938, l’abbé Gabriel Lambert écrivit :

    L’immense majorité des Allemands sont aujourd’hui beaucoup plus heureux qu’ils ne l’étaient il y a 6 ans[15].

    70 ans plus tard, on critique Hitler parce qu’il aurait instauré un pouvoir totalitaire. Mais on oublie de dire qu’en 1933, sans ce pouvoir totalitaire, l’Allemagne était perdue. Peut-être même aurait-elle sombré dans le bolchevisme, ouvrant les portes de l’Europe à cette idéologie de mort.

    Ce que je veux pour la France…


    Vous ne savez pas distinguer l’essentiel de l’accidentel


    Cette dernière considération va me permettre de répondre à votre question : « Est-ce vraiment ce que vous voulez pour la France ? », me demandez-vous. Cette interpellation démontre que vous ne savez pas distinguer l’essentiel de l’accidentel. Je m’explique : le national-socialisme a surgi dans un pays donné à un instant donné. Il a donc dû composer avec ces facteurs. A supposer qu’il soit né ailleurs et à un autre moment, son irruption aurait très certainement eu lieu de façon très différente. Si, par exemple, il était né dans un pays en relative bonne santé, avec un danger communiste beaucoup moins fort, peut-être n’aurait-il pas eu besoin de créer des camps de concentration.
    De 1928 à janvier 1933, Hitler dut prendre des dizaines de décisions qu’il n’avait pas prévues le matin même, parce qu’une multitude de faits inattendus se présentèrent. Il en fut de même immédiatement après le 30 janvier 1933. L’ouverture des camps de concentration entrait dans cette catégorie. A Nuremberg, H. Göring souligna :

    […] l’idée des camps de concentration [fut] une mesure brusquée prise contre les fonctionnaires du parti communiste qui, à cette époque, étaient des milliers à nous harceler [TMI, IX, 448].

    Dans de tels moments, l’idéologie joue beaucoup moins qu’on peut le penser.
    Voilà pourquoi il faut toujours savoir distinguer l’essentiel de l’accidentel :

    - L’essentiel, c’est la doctrine en elle-même, telle qu’elle a été pensée à tête reposée. On peut notamment la juger lorsqu’elle est mise en application en temps de paix, dans un pays où le calme règne et où le pouvoir est solidement établi.

    - L’accidentel, c’est la façon dont les tenants d’une doctrine agissent dans des périodes d’instabilité dangereuse ou de crise grave, lorsque le pouvoir est encore faible ou qu’il vacille suite à des événements extérieurs.

    Le mécanisme de la propagande antinazie


    Naturellement, plus les principes doctrinaux sont bons et plus les crises sont gérées conformément à la morale naturelle. Mais personne ne conteste que dans des périodes graves, même le plus doux des hommes en viendra à prendre des décisions souvent très pénibles pour sauver le bien commun. La malhonnêteté consiste donc à prétendre juger une idéologie en se focalisant sur les moments de crises et en présentant comme conséquences naturelles de cette idéologie des décisions extrêmes prises uniquement pour pallier les graves dangers du moment.

    C’est ce qui se passe avec le national-socialisme. Depuis 1944, on le juge toujours en se focalisant sur des événements très particuliers, la plupart du temps extraits de leur contexte : le boycott des magasins juifs le 1er avril 1933, la « nuit des longs couteaux » le 30 juin 1934, la « nuit de cristal » le 9 novembre 1938, les bavures survenues pendant la guerre… et, bien sûr, la période de consolidation du pouvoir de janvier à juillet 1933. Exit l’œuvre sociale du Führer, exit l’art, la science, les sports sous le IIIe Reich. A croire que pendant six ans, les Allemands se seraient uniquement occupés de traquer les juifs, les communistes et les socialistes, tout en préparant des plans pour envahir le monde entier…

    L’argument de bon-sens invoqué par l’avocat de R. Hess à Nuremberg


    Cette thèse est bien sûr inepte. A Nuremberg, l’avocat de R. Hess déclara avec raison :

    Il me semble bien plus décisif dans le cadre de ce procès qu’aucun État avec lequel l’Allemagne a entretenu des relations diplomatiques n’a soulevé d’objection ou tiré des conséquences diplomatiques ou internationales, soit lors de la prise du pouvoir, soit à l’occasion de la transformation de la structure du Droit constitutionnel qui s’accomplissait aux yeux du monde entier. La reconnaissance diplomatique, conforme au Droit international, de l’État national-socialiste n’a pas été mise en cause ni lors de la prise du pouvoir ni à une date ultérieure quelconque [TMI, XIX, 374].

    En 1933, en Allemagne, il était nécessaire de supprimer les libertés publiques


    Preuve que l’Allemagne hitlérienne n’était pas devenue l’enfer que l’on présente aujourd’hui. Par conséquent, lorsque vous — et bien d’autres — me dites : à peine arrivés au pouvoir, les nazis ont supprimé les libertés publiques, je répond : bien sûr, parce que c’était nécessaire dans l’Allemagne de 1933 qui agonisait. Mais ces événements accidentels n’affectent nullement l’essence du national-socialisme. Nulle part, dans Mein Kampf, Hitler n’a décrit à l’avance ce qui se passerait immédiatement après une éventuelle prise du pouvoir ; non parce qu’il voulait le cacher aux lecteurs, mais parce qu’il ne savait pas lui-même comment il agirait[16].

    Ce qu’est véritablement le national-socialisme


    Le national-socialisme issu de Mein Kampf, c’est bien autre chose que la répression organisée contre les communistes et contre les socialistes, leur presse et leurs syndicats ; c’est bien autre chose que le boycott du 1er avril 1933, les lois de Nuremberg, la « nuit de cristal » ou le drame d’Oradour. C’est tout d’abord une conception du monde bien plus conforme à la morale traditionnelle que ne le sont le capitalisme, le libéralisme ou le marxisme… C’est le respect du bien commun, la lutte contre la perversion et contre la toute-puissance de l’argent, la réhabilitation du travail manuel, l’émergence d’une véritable communauté, la disparition de la lutte des classes, le travail redonné à des millions de chômeurs, l’aide aux familles nombreuses, la « Beauté du Travail », la rénovation de l’habitat, la protection de la jeunesse, la sollicitude pour les vieillards… Pour juger l’idéologie incarnée par Hitler, vous devez tout d’abord étudier l’Allemagne des années 1935 à 1939.

    Ce que je veux pour la France…


    Mon rêve est que la France et l’Europe ressemblent à cette Allemagne des années 1935-1939 — la catholicité en plus — et que cette Europe redevenue forte soit respectée de l’Asie, du Moyen Orient et du Maghreb avec lesquels elle établira des liens d’amitiés. Faudra-t-il, pour y arriver, agir brutalement contre adversaires résolus ? Faudra-t-il interdire des partis et interner préventivement les meneurs ? Je n’en sais rien, personne n’en sait rien, car tout dépendra en grande partie des circonstances du moment.

    Certes, je ne suis pas naïf au point de croire que la révolution se fera sur un lit de roses. Aucune révolution ne s’est faite ainsi. Il y aura toujours des dangers à parer et des ennemis irréductibles à mettre hors d’état de nuire. Mais seront-ils structurés comme ils l’étaient dans l’Allemagne de 1933 ? Rien n’est moins sûr, car la situation politique n’est plus la même, et de loin. Les hommes des années 2000 ne sont plus ceux des années 1930. Finalement, peut-être n’y aura-t-il qu’à ramasser le pouvoir laissé dans le caniveau suite à une crise économique et/ou écologique sans précédent. Dans ce cas, tout se passera avec un minimum de heurts, car le peuple encore groggy par le choc subi acceptera n’importe quel pouvoir susceptible de remettre de l’ordre (donc d’assurer l’avenir).

    Naturellement, à l’heure où j’écris, ces derniers développements apparaissent comme un rêve entièrement fou. Si je l’ai fait, c’est uniquement pour répondre à votre question en expliquant votre erreur : ne tombez pas dans le piège qui consiste à confondre l’essentiel et l’accidentel. Prenez soin d’opérer une différence entre les avancées obtenues en temps de paix et les décisions parfois brutales prises dans des moments de crise grave. Les premières permettent de juger une idéologie, pas les secondes.

    Agir brutalement évite parfois des maux plus grands


    Peut-être m’opposerez-vous la remarque que j’ai faite plus haut, à savoir que des principes doctrinaux bons permettent de bien gérer les crises. Mais cela ne sauvera pas votre argumentaire, bien au contraire. Car en internant préventivement les meneurs communistes et en muselant dès le début l’opposition, les nationaux-socialistes ont épargné à la majorité du peuple bien des souffrances. En effet, s’ils avaient agi autrement, s’ils avaient laissé aux communistes (et à leurs alliés socialistes) la liberté d’action, le pays aurait très rapidement connu les affres de la guerre civile. On aurait alors vu les mêmes horreurs que celles qui allaient être perpétrées quelques années plus tard en Espagne, pays qui n’a pas eu la chance d’avoir son Hitler au bon moment (Franco n’était pas Hitler, et il intervint trop tard…). Lorsque, fin 1933, Göring écrivit : « cette révolution pour la liberté allemande est la moins sanglante et la plus disciplinée de toutes les révolutions connues dans l’Histoire » (TMI, IX, 281), il disait vrai. Et c’est justement parce que les nationaux-socialistes ont su agir avec fermeté dès le début, balayant la république, restreignant les libertés et internant les ennemis résolus, qu’ils ont pu, en onze mois, regrouper 90 % du peuple allemand sous leur bannière, lui épargnant ainsi les affres d’une guerre civile.

    Voilà pourquoi si, un jour, nous sommes amenés à prendre le pouvoir dans des circonstances similaires à celles que connut Hitler, nous devrons agir comme lui, détruisant impitoyablement l’opposition résolue.

    Hitler n’a pas été un dictateur et nous ne voulons pas en être non plus


    L’important, Madame, n’est pas de rêvasser sur des concepts abstraits de « liberté ». L’important est de gouverner pour le Bien commun qui n’est nullement, je le répète, la somme des intérêts particuliers. En gouvernant pour le Bien commun, on incarne le peuple ; dès lors, on n’impose pas la dictature, même si l’on gouverne avec autorité. Ce fait, l’abbé Lambert l’avait parfaitement vu lorsqu’il écrivit :

    […] si Hitler commande en chef, ce n’est pas parce qu’il a imposé de manière artificielle son autorité sur l’Allemagne.
    Hitler, en fait, est l’émanation même du peuple allemand. Il incarne son intelligence, sa conscience, sa volonté.
    A ce titre, il n’est pas à proprement parler un dictateur, puisqu’il représente l’intelligence, la volonté, la conscience, non pas seulement de 10 000 individus, mais de millions d’êtres qu’il dirige, non seulement selon son aspiration à lui, mais selon leur aspiration […]
    Mais […] le mot : démocratie, sinon dans son étymologie, du moins dans son concept courant, implique le concept de liberté pour les minorités d’exposer leurs idées politiques et de les propager.
    Or, cette liberté manque à l’Allemagne.
    Disons donc, pour résumer ces constatations, que l’Allemagne est une dictature populaire qui a délégué ses pouvoirs à un chef, représentant et dirigeant le peuple selon ses aspirations naturelles[17].

    Une « dictature populaire », c’est ce que nous voulons. Cela vous choque ? Alors séparez-vous de nous et continuez à cracher sur le national-socialisme trop dictatorial à votre goût. Je vous garantis que le réveil sera dur.



    [1] « L’Allemagne, en 1931, donne une impression de pauvreté généralisée, presque de misère. Les inflations successives ont ruiné tous ceux qui avaient des économies » (Voy. l’abbé Gabriel Lambert, L’Allemagne d’aujourd’hui expliquée par l’Allemagne d’avant-guerre [éd. Jean-Renard, Paris, 1942], p. 94). A Nuremberg, Franz von Papen parla, pour l’année 1932, de la « grande misère économique et le million et demi de jeunes chômeurs, les 6 000 000 à 7 000 000 de chômeurs totaux, les 12 000 000 à 13 000 000 de chômeurs partiels » (TMI, XVI, 257-8.). Plus tard l’avocat de Rudolf Hess déclara : « en 1932, 25 000 000 de personnes, au moins, y compris les membres des familles, ont été touchées par les conséquences du chômage » (TMI, XIX, 372).

    [2] « cette inflation avait enlevé leurs économies et leurs biens à la classe ouvrière, la force vive de la nation et avait prolétarisé les ouvriers, les artisans, la classe moyenne » (déclaration de F. von Papen à Nuremberg, TMI, XVI, 258).

    [3] « les Gouvernements précédents de M. von Papen et du général Schleicher n’avaient disposé au Reichstag d’aucun appui notable et avaient exercé le pouvoir gouvernemental exclusivement d’après la procédure d’exception prévue à l’article 48 de la Constitution de Weimar » (Me Alfred Seidl, avocat de R. Hess à Nuremberg, TMI, XIX, 374)

    [4] TMI, IX, 447. Ces propos furent confirmés par un autre accusé, Fritz Sauckel, qui expliqua : « Les adversaires politiques qui ne travaillaient pas contre l’État ne furent ni inquiétés ni importunés dans mon Gau » (TMI, XIV, 644).

    [5] Adolf Hitler, My New Order (Reynal & Hitchcock, New York, 1941), pp. 124-125. Cet ouvrage regroupe les discours prononcés par A. Hitler entre 1922 et 1941.

    [6] « M. JUSTICE JACKSON. — Savez-vous qu’il [Thälmann] a été interné à Buchenwald après l’incendie du Reichstag et qu’il y est resté jusqu’à sa mort en 1944 ? TÉMOIN KÖRNER. — Je m’en souviens, et qu’il a été victime d’une attaque aérienne » (TMI, IX, 170).

    [7] Voy. le Bulletin périodique de la presse allemande, n° 421, p. 20, col. A.

    [8] Voy. le Bulletin périodique…, n° 424, p. 25, col. A.

    [9] Voy. le Bulletin périodique de la presse allemande, n° 426, juillet 1933, p. 24, col. A.

    [10] Voy. G. Lambert, L’Allemagne d’aujourd’hui…, p. 30.

    [11] Voy. le Bulletin périodique…, n° 427, p. 10, col. A.

    [12] Voy. la Germania, citée par le Bulletin périodique…, n° 424, p. 25, col. B.

    [13] Voy. G. Lambert, L’Allemagne d’aujourd’hui…, p. 52.

    [14] « Un miracle s’est de nouveau produit en Allemagne. Ou bien n’est-ce pas un miracle que l’Allemagne, en ce jour de serment solennel, de profession de sa foi, se soit ainsi purifiée et unie ? » (F. Hussong dans le Lokal-Anzeiger, 13 novembre, édition du soir).

    [15] Voy. G. Lambert, L’Allemagne d’aujourd’hui…, p. 14.

    [16] « Dr STAHMER. — En dehors des points du programme du Parti qui sont généralement connus, y avait-il d’autres buts tenus secret ? ACCUSÉ GÖRING. — Non. » (TMI, IX, 285).

    [17] Voy. G. Lambert, L’Allemagne d’aujourd’hui…, p. 122 et 123.

    (English subtitles channel)

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    Sur le « remède miracle » qui permit le relèvement économique de l’Allemagne sous Hitler




    Question



    Quel fut le remède miracle qui permit aux nationaux-socialistes de relever le pays en quelques années seulement ?



    Réponse


    Votre question est vaste ; elle mériterait une étude complète qu’il est impossible de mener ici. Je me contenterai de répondre en exposant le principe général et en donnant un exemple particulier.

    Principe général : dans le IIIe Reich où l’économie était dirigée en vue du bien commun, quand il fallait résoudre un problème, toutes les énergies étaient rassemblées pour le solutionner.

    Exemple : en mars 1937, à l’issue du premier Plan de quatre ans, Hermann Göring constata que, malgré les efforts fournis, une insuffisance de 17 % par rapport aux besoins de ravitaillement subsistait en Allemagne. Le gouvernement prit alors les mesures suivantes à réaliser pendant le deuxième Plan de quatre ans :

    1. Déblocage d’un crédit d’un milliard de RM (200 millions en 1937, avec évolution progressive chaque année pour atteindre 300 millions en 1940) afin d’amender 2 millions d’hectares de terrains ; regroupement des terres ; subventions spéciales pour la transformation des prairies en terres de culture ;

    2. Diminution forcée de 30 % des prix des engrais azotés, avec effet rétroactif au 1er janvier 1937 ; diminution de 25 % des prix de la potasse ; diminution prix du transport des engrais à base de chaux. Afin que l’industrie des engrais puisse supporter ces baisses forcées, mise en place d’une politique pour augmenter de 30 % l’utilisation des engrais. D’où :
    a. subventions prévues pour la construction de silos et de fosses à fumier modernes dans les fermes.
    b. encouragement à l’augmentation de la production des pommes de terre utilisées dans l’industrie de la viande, par la hausse du prix de la pomme de terre destinée aux animaux (17 à 20 pfennigs).

    3. Afin que cette augmentation ne se répercute pas finalement sur la viande, déblocage de subventions d’État.

    4. Contrôle des cultivateurs avec établissement d’un plan descriptif permettant de se rendre compte de la possibilité de production de chaque exploitation. Mesures contre les cultivateurs incapables d’augmenter la production allant du simple avertissement à l’affermage du domaine à un cultivateur expérimenté.

    5. Construction de logements à loyers réduits pour la main-d’œuvre agricole. Crédit de 44 millions affecté à cette destination. Subvention de 1 800 RM à tout cultivateur faisant construire une maison.

    6. Crédits très avantageux prévus pour l’achat de machines agricoles.

    Les sommes promises pouvaient paraître folles. Mais l’État savait qu’en renforçant la production agricole, il allait favoriser non seulement le commerce, mais aussi le repeuplement des campagnes avec la venue de familles d’ouvriers. D’où la nécessité de nouvelles écoles, de nouveaux de commerces, de médecins, de garagistes supplémentaires etc. Voilà pourquoi dans son éditorial du 24 mars 1937, le Berliner Lokal-Anzeiger put se féliciter ainsi :

    Les nouvelles mesures constituent un nouveau renforcement de la force économique de la classe paysanne et de la valeur qu’on lui attribue. Elles contribueront à arrêter la désertion des campagnes et à appuyer une politique saine de repopulation… Les prescriptions de Göring ne constituent pas seulement un important fondement de consolidation pour le Plan de quatre ans ; elles sont en outre un élément d’une politique économique d’équilibre et de justice [Voy. le Berliner Lokal-Anzeiger , 24 mars 1937.].

    Une fois ces mesures connues, la National-Zeitung écrivit :

    Ici également se rencontre l’avantage pratique d’un gouvernement national-socialiste. Le but est reconnu, et avec l’énergie habituelle, on emploie, sans hésiter longuement, les moyens et les forces nécessaires pour l’atteindre. C’est à cette résolution que l’Allemagne nationale-socialiste doit les succès de ces quatre premières années, qui, pour l’étranger, représentent un miracle [Voy. la National-Zeitung, 24 mars 1937.].

    Finalement, la méthode nationale-socialiste n’avait rien d’extraordinaire : elle consistait à jeter par-dessus bord les droits l’homme avec leur liberté individuelle pour privilégier le bien commun.

    (English subtitles channel)

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    Le mythe de la Résistance



    qui aurait permis le Débarquement allié en Normandie



    L. Aubrac encense la Résistance


    Le mythe des maquisards qui auraient joué un rôle très important dans la victoire des Alliés a la vie dure. Dans son ouvrage La Résistance expliquée à mes petits-enfants, Lucie Aubrac déclare :

    Dans cette prison qu’était devenue la France, la Résistance a renseigné efficacement les Alliés, a contribué avec peu d’armes à vaincre l’occupant, a libéré seule une partie de notre pays, a aidé les Alliés sur le sol français, a poursuivi avec eux l’armée allemande jusqu’à sa totale défaite, a débarrassé la Patrie du régime de collaboration[1].

    La Résistance aurait notamment permis aux Alliés de débarquer en Normandie le 6 juin 1944 en fournissant des renseignements primordiaux et, surtout, en harcelant les divisions allemandes qui accouraient, retardant leur arrivée et permettant ainsi l’établissement d’une solide tête de pont.

    La « démonstration » de l’ancien commandant en chef des FTP

    Quinze divisions FFI…


    Dans son livre intitulé : Les F.T.P., l’ancien commandant en chef des Francs-Tireurs et Partisans Français, Charles Tillon va même plus loin : il attribue la réussite du Débarquement aux FFI qui, dans les premières heures du 6 juin 1944, auraient apporté à l’opération des moyens… deux fois supérieurs à ceux des Alliés. Sa démonstration vaut la peine d’être exposée. L’auteur s’appuie tout d’abord sur une note du QG allié en 1944 selon laquelle la force des FFI « représentait l’équivalent en hommes de quinze divisions » (notez le : « en hommes » ; il n’est pas question de matériel, alors que le matériel a joué un rôle capital dans la deuxième guerre mondiale)[2]. Puis, il déclare que si le Commandement allié à l’Ouest avait bénéficié de ces quinze divisions, « cet avantage ne lui aurait servi à rien pour la conquête de la tête de pont en Normandie » car tout au plus « auraient-elles pu servir de divisions en réserve loin du théâtre des opérations» (p. 559). Or, les quinze division FFI « étaient à pied d’œuvre, au contact de l’ennemi, partout engagées avant, pendant et après le débarquement » (Id.).

    … pour appuyer le Débarquement au bon moment


    Et voici l’estocade :

    Dans la création d’une tête de pont, ce qui est essentiel, ce qui décide tout, c’est le volume des moyens que l’assaillant peut jeter d’un seul coup sur le rivage. Il faut que ces moyens soient assez puissants pour contenir l’inévitable contre-attaque de l’ennemi jusqu’à ce que les unités lourdes aient été à leur tour mises à terre en quantités suffisantes. Ce laps de temps durant lequel la première vague de débarquement est seule sur le rivage, représente le moment critique de l’opération. En Normandie, sept divisions de premier échelon furent ainsi jetées à terre (Américains, Anglais, Canadiens).
    Donc, à cet instant décisif, selon les propres estimations d’Eisenhower, les moyens FFI étaient deux fois plus importants que les troupes de débarquement alliées. Ce fait essentiel devrait inciter à plus d’objectivité ceux qui voudraient considérer les FFI comme n’ayant joué qu’un rôle « d’appoint » aux unités débarquées [pp. 559-560].

    CQFD !

    Une « démonstration » entièrement fausse


    L’auteur « oublie » toutefois :

    - que les premières vagues d’assaut anglo-américaines n’étaient pas seules ; elles reçurent l’appui décisif de la marine et de l’aviation qui pilonnèrent les lignes allemandes ;

    - que les « quinze divisions » FFI étaient non seulement peu armées — L. Aubrac avoue que la Résistance avait « peu d’armes » — mais surtout, qu’elles n’étaient pas regroupées en Normandie pour attaquer les forces allemandes présentes sur les lieux au moment où les premières vagues d’assaut arrivaient. Non, elles étaient loin, très loin même, éparpillées sur le territoire jusqu’à l’autre bout de la France.

    Par conséquent :

    - il n’y a pas eu de « laps de temps durant lequel la première vague de débarquement » auraient été « seule sur le rivage » (comprenez : sans aucune aide) ;

    - même à supposer que c’eût été le cas, pendant ce laps de temps, cette première vague d’assaut n’aurait vu aucune division FFI lui prêter main forte. Notons d’ailleurs que sur une carte publiée lors du soixantième anniversaire du Débarquement, les seuls renforts qui arrivent sont… allemands. Des FFI, il n’est nullement question (voir la carte).

    Le raisonnement de C. Tillon est donc faux de bout en bout.

    Les mémoires d’Eisenhower contre la légende résistancialiste


    Il est d’ailleurs intéressant de souligner que l’auteur ne fait aucune référence aux mémoires du général Eisenhower. Or, elles étaient parues en France dès 1949, soit treize ans avant la publication de son livre. Pourquoi cette lacune ?

    Le satisfecit d’Eisenhower…


    L’explication est simple : dans les milieux résistancialistes, on se plaît à citer encore et encore le fameux passage de ces mémoires lorsque Dwight D. Eisenhower écrit :

    Pendant toute la compagne de France, les hommes de Forces Françaises Libres ont joué un rôle particulièrement important. Ils ont été extrêmement actifs en Bretagne, et en tous points du front, ils nous ont aidé de mille façons. Sans eux, la libération de la France et la défaite de l’ennemi en Europe occidentale auraient été bien plus longues et nous auraient coûté davantage de pertes[3].

    … sans aucune valeur quand on regarde les faits


    Seulement, pour bien apprécier la valeur de ce satisfecit, il faut tout d’abord avoir l’honnêteté de citer la suite immédiate.

    La Libération de Paris


    D. Eisenhower écrit :

    Ainsi, lorsque les Forces Françaises Libres commencèrent leur insurrection de Paris, il fut nécessaire de se porter rapidement à leur secours. Les renseignements nous portaient à croire qu’il n’y aurait pas de combats sérieux, et l’on pensait que l’entrée d’une ou deux divisions alliées suffirait à la libération de Paris [p. 348].

    Par conséquent, même si la résistance allemande promettait d’être faible (« il n’y aurait pas de combat sérieux »), les Alliés durent rapidement secourir les FFL qui, sans prévenir personne, avaient décidé de « libérer » Paris. Preuve que les Anglo-américains ne se faisaient aucune illusion sur la valeur réelle des Résistants au combat.

    D. Eisenhower raconte ensuite que le commandement choisit d’envoyer à Paris la 2ème division blindée du général Leclerc. Il ajoute que le 25 août, ce dernier reçut en personne « la reddition du général allemand commandant la garnison de Paris » (p. 348). C’est certes très honorable. Mais là encore, lisons la suite immédiate. Le général américain déclare :

    Cependant, avant que les Allemands ne soient complètement annihilés à Paris et la ville remise en ordre, il fallut faire entrer la 4ème division américaine. Heureusement, le combat ne devait causer aucun dommage important à la ville [Id.].

    On en déduit qu’en vérité, les Français (FFL & soldats du général Leclerc) furent incapables de « libérer » seuls la ville. La résistance allemande, quoi que très faible, nécessita le renfort d’une division américaine. Quel aveu ! Ajoutons à cela qu’au moment de prendre le pouvoir en défilant triomphalement dans Paris, le général De Gaulle ne put compter sur ses « troupes » pour faire une démonstration de force. Il dut quémander auprès des Américains « le prêt, à titre temporaire, de deux divisions américaines afin de faire un étalage de force, comme il disait » (p. 349). Pitoyable !

    Les Alliés ne voulaient pas l’aide de la Résistance pour débarquer


    Mais il y a plus. Dans l’ouvrage, le satisfecit décerné à la Résistance arrive au seizième chapitre : « La poursuite et la bataille du ravitaillement ». Il correspond à la période qui commence à la fin du mois d’août 1944. La préparation du Débarquement, l’établissement de la tête de pont puis sa consolidation, les combats acharnés en Normandie et la percée d’Avranches font l’objet des chapitres XIII à XIV, qui s’étendent sur 74 pages (pp. 265 à 338). Eh bien, dans ces 74 pages, seules… onze lignes sont consacrées à l’appui que pourrait fournir la Résistance. Et voici ce que D. Eisenhower écrit :

    […] notre plan reposait sur l’appoint considérable que nous escomptions de la part des mouvements des maquis en France. On savait qu’ils étaient particulièrement nombreux en Bretagne, et dans les montagnes et les collines proches de la côte méditerranéenne.
    […] Nous désirions particulièrement que, le Jour J, le général De Gaulle s’adressât avec moi par radio à la population française afin qu’elle ne se soulève pas et ne s’expose pas à des sacrifices inutiles qui n’avaient pas encore d’intérêt, mais qu’elle se réservât pour le moment où nous lui demanderions son appui [pp. 299-300].

    C’est net : pour débarquer, les Anglo-américains n’avaient nullement besoin de l’aide de la Résistance. Ils n’en voulaient pas. Ils considéraient que ce serait des « sacrifices inutiles ».

    Les actions de harcèlement n’ont nullement pesé sur le cours des opérations


    Les résistancialistes me répondront sans doute que si les Alliés ne souhaitaient pas un soulèvement général au moment du Débarquement, ils ont apprécié les renseignements primordiaux communiqués par les maquis et le harcèlement constant qui entraîna un retard salutaire dans l’arrivée des renforts allemands.

    Or, je note que nulle part, dans ces 74 pages, D. Eisenhower n’évoque les opérations de harcèlement des maquis. Nulle part il ne déclare que la tête de pont alliée a pu être établie en Normandie puis consolidée en partie grâce à l’action des « quinze divisions » de la Résistance. De cette Résistance au combat, de ces « quinze divisions », il n’est jamais question. La raison est simple : tout au long de ces chapitres, on suit le combat titanesque entre d’immenses armées continentales très bien équipées : centaines de milliers d’hommes, divisions contre divisions, blindés contre blindés, bombardiers, pilonnages intensifs, pluies de bombes, ravitaillement par centaines milliers de tonnes[4]… Dans ce combat de géants, la guérilla ne pesait rien ; or les résistants n’étaient rien d’autres que des guérilleros très peu armés. Un exemple frappant peut d’ailleurs être trouvé dans l’affaire des quatre jours critiques de juin. D. Eisenhower raconte que le 19 juin, une tempête balaya les cotes normandes, détruisant le port artificiel d’Omaha Beach, coupant toutes les relations avec l’Angleterre et empêchant l’arrivée de troupes fraîches (pp. 309-310). Pendant quatre jours, les Allemands bénéficièrent de « conditions de contre-attaque idéales » (p. 310). Mais ils ne bougèrent pas. Pourquoi ? Parce qu’ils avaient été pris au piège par les maquis ? Non. S’ils ne purent riposter, ce fut à cause, déclare D. Eisenhower, de « la campagne d’isolement menée préalablement par notre aviation » ; « Nous eûmes là, poursuit-il, un exemple de plus de l’influence décisive de l’aviation sur les combats terrestres » (Id.). C’est la confirmation que, dans une lutte titanesque, seuls les moyens modernes et massifs ont un effet sensible.

    Les renforts allemands venus de Bretagne sont arrivés sans encombre


    Plus révélateur encore : bien que D. Eisenhower ait parlé de maquis « particulièrement nombreux en Bretagne, et dans les montagnes et les collines proches de la côte méditerranéenne », bien qu’il ait parlé de Résistants « extrêmement actifs en Bretagne », il écrit qu’immédiatement après le Débarquement :

    […] l’ennemi amena d’abord toutes les troupes disponibles de Bretagne, puis des divisions venues, les unes du sud de la France, les autres des Pays-Bas [p. 306].

    Là encore, c’est net : après les réserves du Pas-de-Calais, les premiers renforts qui arrivèrent venaient de la Bretagne. Aussi nombreux et actifs qu’ils aient été, les maquis n’avaient pu les freiner. Puis vinrent ceux du Midi, qui, eux non plus, n’avaient pas été retardés. C’est l’anéantissement définitif du mythe selon lequel la Résistance aurait eu, sur le plan militaire, une action capitale dans la réussite du Débarquement.

    La Résistance n’a fourni aucun renseignement important


    Reste le « renseignement ». Mais là encore, l’ouvrage de D. Eisenhower réduit à néant les prétentions des milieux résistancialistes. A aucun moment, l’auteur ne cite des informations données par les maquis. En revanche, il parle des « rapports les plus secrets » établis par des « officiers d’état-major de Washington» sur l’avancement des nouvelles armes allemandes (pp. 275-276), des « services de renseignement » qui durent attendre juin 1944 et le début de l’attaque pour pouvoir fournir « des évaluations d’une remarquable exactitude » sur ces nouvelles armes (p. 276, preuve que la Résistance ne fournissait rien, ou rien d’exploitable), des « missions de reconnaissance » effectuées par « les avions et les sous-marins » (p. 285), des « photographies de nos avions de reconnaissance » (p. 308)…

    En une occurrence, à la page 285, il précise que le commandement organisait des missions de reconnaissances sans qu’il « négligeât pour cela les autres sources de renseignement ». C’est le seul moment où l’on peut tout au plus supposer que le général américain songeait aux services de renseignements des maquis. Mais même si cette supposition est vraie, les informations fournies n’ont dû être ni nombreuses et ni capitales, puisque l’auteur ne cite ni ces autres sources, ni une seule information qu’elles auraient apportées.

    Telles sont les raisons pour lesquelles j’estime que le satisfecit de quelques lignes donné par le général Eisenhower à la Résistance française n’a aucune valeur. Il s’agit tout au plus d’une marque de politesse destinée à ne pas froisser quelques consciences amies. Le contenu de son ouvrage permet aisément de s’en rendre compte. C. Tillon le savait, voilà pourquoi il est resté très discret sur ces mémoires au moment de parler du Débarquement.

    L’aveu d’un historien officiel


    Mais peut-être m’accusera-t-on de partialité haineuse. Alors je citerai un historien de référence en Belgique, Jean Vanwelkenhuyzen. A l’occasion du soixantième anniversaire du Débarquement, la question suivante lui a été posée : « La résistance a-t-elle vraiment représenté un appoint pour les armées régulières ? » Il a répondu :

    Il y a une légende dorée française qui a été une manière de gommer la défaite de 1940. Les maquis locaux ont pu fournir des renseignements qui échappaient à la reconnaissance aérienne et aussi jouer un rôle dans certains combats. Mais dire que cela a changé les opérations, non[5].

    On ne saurait être plus clair.

    Dès 1947, Maurice Bardèche avait détruit le mythe résisitancialiste


    Il est intéressant de noter que dès 1947, soit deux ans avant la publication en France des mémoires d’Eisenhower, Maurice Bardèche avait déjà conclu dans ce sens. Dans sa Lettre à François Mauriac, il écrivit :


    Cette résistance, qui a coûté si cher, a-t-elle eu au moins des résultats militaires ?Je sens tout ce qu'il y a de pénible pour certains dans les convictions que je vais énoncer. Ne croyez pas que ce soit avec joie ni pour une simple satisfaction de polémique que je me mette dans le cas de dire à des hommes qui ont parfois tragiquement souffert, que les résultats obtenus ne sont pas en rapport avec les souffrances, que ceux qui ont perdu dans cette lutte les camarades ou les enfants qui leur étaient les plus chers, que ces êtres qu'ils ont aimés sont morts inutilement. Ils ne sont pas morts inutilement, d'ailleurs. Ce n'est pas souffrir inutilement en vérité que de souffrir pour ses idées, ce n’est pas mourir inutilement que de mourir pour ses idées, même si cette souffrance et cette mort n'ont pas contribué, autant qu'on le pense, à la victoire collective. Même en pensant que la résistance a été une erreur, on peut se dire que cette faculté de souffrir et de se dévouer est une marque d'énergie et de désintéressement qui témoigne pour notre pays. Et je ne crois rien retirer, en parlant ainsi, à l'honneur, ni au respect auquel on droit ceux à propos desquels je suis fondé à m'exprimer ainsi. Mais nous ne pouvons transiger sur une question si grave. Il n'est pas de transaction avec la vérité.

    Cette objection sur l'utilité de la résistance, elle a tant de poids que les plus perspicaces de vos amis ont décidé de ne pas la laisser naître. Ils ont compris que c’est là-dessus que se battraient les historiens et ils ont pris leurs précautions. Le passif leur paraissait trop lourd, il leur paraissait écrasant : il faut que la résistance ait servi à quelque chose. Ils ont donc pris soin de susciter des témoignages, ils ont demandé des certificats, ils se sont fait couvrir de décorations. Ce genre de preuves n'en impose pas à tout le monde. N'abusons pas de la politesse de nos Alliés et passons aux faits.

    Je ne crois pas qu'on puisse refuser à la Résistance d’avoir constitué un réseau d’agents de renseignements. Je suis peu compétent pour juger de la valeur d’un pareil secours. Il faut s’entendre pourtant. L’emploi intensif de l’aviation pour le renseignement et l’usage d’un matériel de détection absolument inconnu avant cette guerre ont singulièrement limité l'importance de l'espion. Un général peut toujours être renseigné sur certains détails importants par des photos d'avions sur lesquelles ses spécialistes savent lire avec précision la présence d'un camp d'aviation, le déplacement et la composition d'un convoi, et même, comme la R.A.F. savait le faire dans les derniers mois, la trace l'une rampe de V2. L'importance prise à la fin des opérations par les méthodes scientifiques de « renseignement » n'exclut pas, bien entendu, les résultats obtenus par le renseignement empirique. Mais l'histoire vraie de cette guerre, à mesure qu'on la connaît mieux, prouve que les conceptions répandues dans le public sur le rôle de la Résistance comme organisme de renseignements s'apparentent singulièrement à l'image d'Épinal. On appréciera facilement par la constatation suivante la différence qui existe entre les deux modes de renseignements qui furent utilisés concuremment : l'action capitale de cette guerre, la « neutralisation » de la flotte sous-marine allemande, a été rendue possible par la découverte du radar, tandis que les renseignements donnés par les réseaux sur l'emplacement des bases sous-marines n’avaient jamais pu gêner sérieusement l'action sous-marine des Allemands. Les documents publiés par l'armée anglaise montrent qu'à la fin de la guerre, à partir de 1944, le radar donnait des renseignements si précis et si nombreux, et dans des domaines si divers, que toute une partie des anciens services de renseignements se trouvait remplacée de cette manière. Après le débarquement, les spécialistes anglais prétendent que les troupes au combat connaissaient en quelques heures l'emplacement des batteries, l'importance des renforts, la situation des parcs, des appareils de repérage, des organes de commandement, etc. Je ne suis pas bon juge de ces choses-là. Je reproduis simplement ce qu'on pouvait lire, il y a dix-huit mois, dans la revue britannique Cadran.

    Ces précisions fournies par les pays combattants eux-mêmes, sont troublantes. On peut se demander, dans ces conditions, si les renseignements de valeur très inégale du reste, fournis par la Résistance ont pu être autre chose qu'un appoint. Je ne méconnais pas que plusieurs de ces renseignements ont pu être très utiles. Mais je ne vois pas qu'on en cite de décisifs. Selon un rapport du maréchal commandant en chef de l'aviation américaine en Europe, les renseignements qui déterminèrent le changement de tout le plan des attaques aériennes sur l'Allemagne au début de 1944 furent ceux qui signalaient la sortie en grande série des avions à réaction allemands dont l'apparition pouvait modifier le rapport des forces aériennes. Avez-vous l'impression que nos réseaux de résistance étaient capables de recueillir des indications de cette importance ? Il semble que les renseignements donnés par nos réseaux aient été constamment secondaires, complémentaires si vous préférez et, à ce titre, ils ne sont pas négligeables, mais n'ont-ils pas coûté bien cher en vies humaines ? N'y eut-il pas une certaine puérilité à confier à tant d'amateurs le métier le plus difficile, le moins romanesque et le plus ingrat, celui de comptable de l'arrière ? L'officier qui dirigea les services de renseignements de l'organisation gaulliste a admis lui-même que ces bénévoles avaient causé plus de dégâts qu'ils n'ont vraiment rendu de services. Je sais bien que des renseignements importants et exacts ont pu être quelquefois recueillis, mais ne croyez-vous pas qu’on porte souvent au crédit des organisations de résistance un travail classique qui a été exécuté par des spécialistes auprès des états-majors au cours de toutes les guerres, bien avant qu’on eût conçu la notion de résistance ? On affirme, par exemple, que la Résistance rendit impossible la percée d'Avranches en fournissant au commandement américain le dispositif des groupes armés de Normandie et de Bretagne. Je ne sais si cette affirmation est sûre : toutefois, ce genre de document ne traîne pas sur toutes les tables : c’est précisément le genre de travail qu’un réseau de résistance ne peut pas accomplir et qui a été réalisé, au contraire, dans tous les temps par des agents qui consacrent des mois à préparer une telle opération. Ne croyez-vous pas que, pour ce genre de travail, l’Intelligence Service n’a fait qu’amalgamer les meilleurs renseignements ou les meilleurs agents des réseaux de résistance aux moyens infiniment plus puissants qu’elle possédait par ailleurs
    [6] ?

    L’histoire de la « guerre secrète » entre 1940 et 1945 n’est pas faite encore. Et il n’est pas impossible qu'elle réserve des surprises. Ce qu’on commence à entrevoir fait penser que les services de renseignement anglo-saxons disposaient d'éléments d'information infiniment plus importants que les réseaux de résistance. Cette « guerre secrète » semble s'être faite, cette fois-ci, sur de toutes autres proportions qu'en 1914. Et il n'est pas impossible que nos modes empiriques de renseignement n’aient été aussi périmé que notre armement, et que sur ce point comme sur beaucoup d'autres, nous n'ayons perdu beaucoup de vies humaines en nous obstinant à nous servir des méthodes de la guerre de 1914 alors qu'elles étaient largement dépassées. C’est cette disproportion qui me paraît frappante. Il faut toujours en revenir là : si la Résistance n’avait pas existé en France, pensez-vous que l’offensive anglo-américaine eût été paralysée et le débarquement rendu impossible à cause de notre neutralité ? Pour moi, je ne le crois pas. Mais nous tenons à notre version romanesque de l’espionnage. Nous avons là-dessus une âme de midinette.

    Quelle a été, ensuite, la part des groupes de résistance dans les opérations elles-mêmes ? Sur ce point, on attend encore le Livre Blanc de la résistance que le gouvernement issu de la résistance se devrait de publier. Les récits héroïques nous ont été prodigués. Nous avons appris que chaque forêt, chaque boqueteau de France recélait un essaim de soldats de l'an II, lesquels sortant de leur retraite sur un signal, ont balayé dans un élan irrésistible les divisions allemandes. De l'armée américaine, de l'armée anglaise, point de nouvelles. Les F.F.I. ont libéré la France. Les F.F.I., les F.F.I. seuls. Telle est la version officielle. Que des garçons courageux et très estimables se soient pris au jeu et qu'ils se soient fait tuer parfois à cette occasion, je le sais, hélas ! Comptez ces jeunes cadavres, c'est le travail de vos amis : vous savez aussi bien que moi qu'on pouvait entrer partout l'arme à la bretelle. Pour l’instant, nous avons peu de documents. Vous me permettrez de ne pas donner ce nom aux récits fantaisistes publiés dans la presse « issue de la. Résistance » : ce qui a été publié dans vos journaux ne compte pas aux yeux des gens honnêtes.

    La monographie la plus documentée parue jusqu'à présent est la Libération de Paris de Dansette. Cette déposition est accablante pour vos prétentions. On voit très bien que vos coups de fusil n'ont servi à rien qu’à mettre en place certains organismes politiques. Quant à l'évacuation de Paris, elle se faisait très bien sans vous. Il y a tout lieu de craindre que les autres documents qui seront publiés sur la retraite allemande en France ne laissent apparaître ces mêmes vérités. Le petit livre de Montgomery sur la campagne de Normandie, paru récemment en Angleterre, ne laisse pas subsister d'illusions sur votre participation aux opérations. Et pourtant Montgomery ne cite pas le petit fait significatif révélé par les discours du Churchill, le geste de mauvaise humeur du général De Gaulle, refusant de mettre à la disposition du commandement anglais, au moment du débarquement, les quelques officiers de liaison qu’il s’était engagé à fournir et qui étaient la seule contribution qu’on lui demandât.

    Et, après tout, comment voulez-vous qu’on vous croie ? Tout dépose contre vous, et d’abord votre propagande, ou du moins celle des Alliés. Quand on veut établir un mensonge, il faut une unité de doctrine. Mais vos revues et vos journaux ont abondamment commenté le gigantesque effort de guerre anglo-américain, vous nous avez montré un continent entier transformé en usine, des avions couvrant le ciel comme des sauterelles qui cachent le soleil, des plaines d’obus infinies comme les plaines de la mer, des tanks aussi nombreux que les morts qui se lèveront dans la vallée de Josaphat ; vous nous avez dévoilé des travaux plus grands que les travaux de Pharaon, vous nous avez enseigné le nom des magiciens du monde, vous nous avez conviés à nous asseoir et à regarder dans des salles obscures l’ordonnance de ces miracles, et nous avons vu sortir des eaux, comme sur ordre de Moïse, le port d’Arromanches, avec ses docks flottants, ses pontons, ses môles, comme s’il vous était donné de réduire en poudre et de susciter des cités. Dites-moi, Monsieur, avez-vous songé quelque fois à ce que pesaient vos exploits de patrouille dans cette balance à mesurer les continents ?

    […] J’ai beaucoup entendu parler d’un exploit de la Résistance qui avait consisté à empêcher la division Das Reich d’arriver sur le front de Normandie. C’est même le fait que les gens sérieux attestent le plus volontiers. Est-ce que vous croyez sincèrement que la présence ou l’absence de la division Das Reich a pu changer l’issue de la bataille du débarquement ? Le croyez-vous vraiment ? Quel argument vous donnez à ceux qui voudront défendre la nécessité de la collaboration ! Mais là aussi vous avez une version patriotique. Ce n’est pas la division Das Reich que vos amis ont arrêtée en chemin, c’est toute l’armée allemande. […] c’est vingt, cent divisions allemandes qui n’ont jamais pu rejoindre leur poste de combat. La France est devenue, grâce à la Résistance, un énorme piège, un bourbier d’où la botte allemande ne peut plus se lever. Les spectateurs qui ont pu apprécier, pendant ces semaines, la capacité de bombardement de la RAF et de l’aviation américaine savent à quoi s’en tenir sur cette explication inventée par notre chauvinisme. Il est entendu que la dynamite et le plastic furent les armes essentielles de cette guerre : voilà avec quoi nous avons triomphé de l’armée allemande. C’est le cinéma qui a bien établi cette vérité. Vous n’avez qu’à aller voir les films sur la Résistance. On fait sauter un viaduc dans chaque film.

    Est-ce que vous ne pensez pas qu’il serait plus honnête, et par conséquent plus honorable de reconnaître que vous avez mis votre point d’honneur à participer, sans en avoir les moyens, à une guerre gigantesque, et que le rôle de la Résistance a été ce qu’il pouvait être, ce qu’il devait être nécessairement contre des troupes d’un matériel moderne, un simple rôle de harcèlement ? Dans les limites de cette définition, nul ne contesterait le courage de vos combattants et le mérite de certaines opérations. Mais ne comprenez-vous pas que les rodomontades de vos généraux et l’outrecuidance de notre gouvernement agacent tout le monde, et principalement ceux qui ont véritablement vaincu l’armée allemande et qui savent ce que cela veut dire ?


    Ainsi M. Bardèche avait-il déjà tout vu dès 1947.

    Aujourd’hui, les historiens lui donnent raison. Mais leurs voix sont couvertes par les vociférations des fanatiques de la Mémoire…


    [1] Voy. L. Aubrac, La Résistance expliquée à mes petits-enfants (éd. du Seuil, 2000), p. 52.

    [2] Voy. C. Tillon, Les F.T.P. (éd. René Julliard, 1962), p. 552.

    [3] Voy. Dwight D. Eisenhower, Croisade en Europe. Mémoires sur la deuxième guerre mondiale (éd. Robert Laffont, 1949), pp. 346-348.

    [4] « Au 2 juillet 1944, nous avions débarqué en Normandie environ un million d’hommes, comprenant 13 divisions américaines, 11 britanniques et 1 canadienne. Au cours de la même période, nous avions amené 566 648 tonnes d’approvisionnements et 171 532 véhicules » (voy. D. Eisenhower, op. cit., p. 319).

    [5] Voy. La Libre Belgique, 5-6 juin 2004, p. 7.

    [6] Sur l’échec de la percée d’Avranches, voy. D. Eisenhower, op. cit., pp. 324-326. L’auteur ne dit à aucun moment que le dispositif allemand était connu. Il raconte que la première contre-offensive allemande fut stoppée net par l’aviation américaine et la RAF : « La neuvième force aérienne américaine et la RAF détruisirent des centaines de chars et de véhicules ennemis » (p. 324). Par la suite, les Alliés fixèrent des lignes de défense efficaces.

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    Default Re: Vincent Reynouard - Biographie / Textes

    Les mythes « résistancialistes »…


    La « libération » de Cachan ne doit rien à la « Résistance »


    Un monument « aux héros FFI de Cachan »


    La ville de Cachan possède un monument dédié « aux héros FFI de Cachan tués en combat le 21 août 1944 ». Y sont gravés douze noms auxquels il faut en ajouter sept (« morts fusillés par les Allemands », « morts en déportation »).

    Ce mémorial laisse croire que la ville a été libérée par la Résistance au terme d’engagements violents. Il apporte ainsi sa pierre à l’histoire qui veut qu’à l’été 1944, des combattants de l’ombre se soient levés par milliers, puissamment organisés et armés, pour bouter l’Occupant hors des agglomération (et du pays).

    Cachan n’a jamais été « occupée » par les Allemands


    Cette histoire est cependant fausse. Pour Cachan, la vérité a été rétablie par… le bulletin municipal de la ville. Dans la livraison de juillet-août 2004, sous le titre « Une adolescence au balcon de l’histoire », on trouve le témoignage de Rolan Quioudeneix, qui « a vécu toute la guerre rue du Parc, à Cachan »[1]. Que dit-il ?

    Tout d’abord qu’en 1940, les Allemands n’ont occupé de Cachan que « le Foyer des PTT et un bâtiment réservé à l’armée». Et encore : « Cela n’a pas duré une semaine. Après, ils sont partis » ; « toute la guerre, on ne les verra plus beaucoup ». Bref, autant dire que Cachan n’a pas été occupée.

    Notons d’ailleurs que R. Quioudeneix ne dit rien pour la période allant de l’Été 1940 jusqu’au 6 juin 1944, si ce n’est que ses parents avait leur TSF « réglée sur Radio-Londres». Preuve qu’il ne s’est rien passé dans la ville.

    Juin-août 1944 : les « héros FFI » de Cachan… tournent les panneaux indicateurs


    Puis vient le « Débarquement » : « à partir de là, les choses ont commencé à bouger». Quoi ? Des ponts qui sautent ? Des embuscades ? Des engagements ? Non. Notre témoin explique :

    [Les Allemands] installaient des panneaux en ville pour aider les troupes à se repérer. Et nous, dès qu’ils étaient repartis, on allait les tourner.

    19 août 1944 : un défilé pour la « frime » car les « héros FFI »… n’avaient pas d’armes


    Plus bas, la journaliste qui a recueilli le témoignage écrit : « Le 19 août, enfin, la Libération pointe le bout du fusil». Enfin des combats contre l’Occupant qui bat en retraite ? Vous n’y êtes pas. R. Quioudeneix raconte :

    On a vu le drapeau [français] qui flottait sur la mairie. Mais il ne s’est pas passé grand-chose. Les FFI patrouillaient en ville, un revolver à la ceinture, le V de la victoire peint sur les voitures.

    Bref, un simple défilé pour la « frime ». Je souligne d’ailleurs que, plus bas, la journaliste précise :

    Dans cet entre-deux de l’insurrection et de la Libération, la Résistance n’a rien. Des revolvers et un vieux Mauser ramené de Verdun par le père de Pierre Auclair.

    On comprend donc pourquoi les « Résistants » de Cachan pouvaient uniquement peindre des V sur des voiture et défiler pour la « frime ».

    Les « combats » du 21 août ? Même pas une escarmouche


    Mais alors, qu’en est-il des combats du 21 août ? R. Quioudeneix déclare :

    On a d’abord été alertés par un coup de feu avenue Vatier. A hauteur de la rue de Strasbourg, une voiture cellulaire allemande qui venait de Fresnes avec des soldats de l’Afrika Korps, a tiré sur une petite Simca arrêtée dans les champs, et tué son occupant. Juste après, deux voitures de FFI sont arrivées du centre ville. Elles se sont arrêtées vers la ferme Nissou […]. En surgissent 8 ou 9 jeunes gens. Ils avaient quoi ? Deux, trois revolvers. Ils se sont retrouvés face aux Allemands, qui ont tiré au fusil-mitrailleur : les jeunes se sont écroulés ; certains se sont réfugiés dans le champ de betteraves, à droite de l’avenue. Ils étaient blessés, les Allemands les ont achevés d’une balle dans la tête.

    Telles furent les « combats » du 21 août 1944. En vérité, même pas une escarmouche.

    Du 21 au 24, des habitants de Cachan dressèrent des barricades. Le 24, la 2ème DB arriva et avança jusqu’à la porte d’Italie. Vers 22 heures, « toutes les cloches des églises alentour se sont mises à sonner», « Paris et sa banlieue [étaient] enfin libres ». Le lendemain :

    Toute la ville était dehors. Des tas de gars portaient un brassard FFI. On était si heureux.

    De ce témoignage, on déduit que jamais les FFI n’ont libéré Cachan. Réduits à une simple poignée d’individus désarmés, il n’ont fait que retourner des panneaux et défiler pour la « frime ». Quant au « combat du 21 août 1944», il ne peut même pas être qualifié d’escarmouche. Quelques imprudents qui avaient peint des V sur deux voitures se sont fait tirer comme des lapins par des Allemands de passage. Tels sont les « héros FFI de Cachan ».

    Les courageux Résistants de Mortagne

    Mortagne, une ville à 99 % résistante


    Venons-en au courageux Résistant de l’Orne. A Mortagne (Orne), prétend-on, la Résistance « était partout ». Un article publié pour le soixantième anniversaire de la « Libération » commence fort ; un ancien déclare : « Il y avait sûrement des collabos à Mortagne»[2]. On en déduit qu’ils étaient une infime minorité, et qu’ils ne se montraient pas, au point que l’Histoire a oublié leur nom. Mortagne devait donc être une ville à 99,9 % résistante. Voilà pourquoi elle a mené une « guerre de tous les instants» à l’Occupant.

    Le réseau Hector


    Mais de quoi s’agit-il ? De sabotages à la chaîne ? D’embuscades meurtrières ? De batailles rangées ? Non, car lorsqu’il est question du « grand réseau Hector », le journaliste ne cite aucune action retentissante ; il se contente d’évoquer, de façon extrêmement vague, des informations données aux Alliés, des aviateurs aidés dans leur fuite et des fuyards hébergés. De plus, il nous apprend que ce « grand réseau » a été « détruit » en 1943 et qu’une « grande partie de ses membres » s’en alla « mourir dans les geôles allemandes ». Bref, tout porte à croire qu’un petit réseau avait été constitué, que les Allemands n’ont eu aucun mal à effacer lorsqu’ils l’eurent découvert.

    Les exploits des Mortagnais…


    Dès lors, que reste-t-il ? Le journaliste écrit :

    Mais la Résistance mortagnaise a aussi été incarnée par les citoyens français qui refusaient l’occupation et luttaient grâce à des petits gestes quotidiens.

    Et de citer :
    - une jeune fille (une seule !) qui tournait tous les panneaux allemands de direction dans le mauvais sens ;
    - des jeunes qui donnaient de mauvaises directions aux Allemands ;
    - un Mortagnais qui vola une tête en bronze que les Allemands voulaient emporter ;
    - la libraire qui avait posé l’étiquette « Vendu » sur un livre du maréchal Pétain et « Épuisé » sur un livre de Pierre Laval ;
    - la directrice de l’école qui « accrochait un bouquet de fleurs bleu-blanc-rouge à sa fenêtre tous les 11 novembre » ;
    - et, surtout, une jeune institutrice « qui n’a jamais fait chanter “Maréchal nous voilà” dans [s]a classe».

    …aussi importants que la « guerre des batailles »


    Époustouflant ! Avec le plus grand sérieux, le journaliste déclare :

    Ces petits actes souvent anodins rendent la vie plus difficile à l’envahisseur […].
    Tous ces gestes n’ont pas été récompensés par des médailles mais ils ont sûrement été aussi importants que la guerre des batailles, parce qu’ils ont montré aux Allemands que tous les Français n’abandonnaient pas[3].

    Je crois qu’il faudrait décerner, même à titre posthume, la médaille de la Résistance à tous ces « vrais Français ». Ainsi aura-t-on « démontré » qu’effectivement, 40 millions de Français ont résisté à l’Occupant.

    Des « morts pour la France » fictifs

    Gaston Audat à Cachan


    Pour terminer, je note que le premier nom sur le monument commémoratif érigé à Cachan est celui de Gaston AUDAT. Or, lorsqu’il raconte la fusillade du 21 août 1944, R. Quioudeneix précise :

    C’est là qu’est mort Gaston Audat, qui venait d’être nommé maire. Il habitait à l’angle de l’avenue Dumotel. Il est allé dans sa véranda voir ce qui se passait. Il a été tué par une balle perdue.

    Les cas de quatre Sénégalais prisonniers de guerre


    Le cas de Gaston Audat n’est pas unique. Toujours lors des commémorations du soixantième anniversaire de la « Libération », est paru un article intitulé « double hommage pour la libération ». L’un d’eux était rendu à quatre Français d’origine sénégalaise faits prisonniers par les Allemands en 1940 et employés dans « un dépôt de munition ». Trois d’entre eux moururent le 6 août 1944 ; le dernier quatre jours plus tard. Tués lors d’une tentative de soulèvement ? Pendus pour espionnage ? Fusillés pour sabotage ? Non, les trois premiers moururent « lors du bombardement allié du 6 août 1944 » au cours duquel le dépôt fut atteint et détruit ; le quatrième fut tué « lors d’un affrontement » entre Allemands et Alliés (auquel il ne participait visiblement pas, sans quoi cela aurait été dit). Le 24 août 2004, leurs noms ont été gravés sur une stèle, avec d’autres « morts pour la liberté de la France » [4].

    Je n’ai rien contre les Sénégalais. Mais je rappelle que mourir pour une cause, c’est mourir des suites d’un acte volontairement posé pour la défense de cette cause. Si, demain, un policier qui se rendait tranquillement à la boulangerie pour acheter son pain meurt d’une balle perdue tirée par un autre policier à la poursuite d’un terroriste, on ne pourra pas dire qu’il est mort « pour la lutte anti-terroriste ». Tout au plus pourra-t-on le qualifier de « victime innocente de la lutte anti-terroriste », ce qui est très différent. Il en est de même pour ces quatre Sénégalais. Ils ne sont pas « morts pour la liberté de la France », ils sont morts victimes indirectes d’une lutte à laquelle, sauf preuve du contraire, ils ne participaient pas activement.

    Le cas d’E. Bellin


    Terminons cette rubrique avec Edmond Bellin. Une rue de Lion-sur-Mer (Calvados) porte son nom. Sur la plaque, on apprend qu’il s’agissait du maire de la commune, « mort pour la France » en 1944 dans sa soixante-neuvième année. On imagine un Résistant fusillé par les Allemands…
    Mais lorsqu’on se rend sur la place du village, non loin de l’église, on découvre un panneau rappelant le souvenir des « victimes du 2 juillet 1944 », « tuées près de cette place dans le poste de secours de la Défense Passive ». E. Bellin figure sur la liste.

    Tout s’éclaire : E. Bellin mourut le 2 juillet 1944 lors d’un bombardement ; des projectiles atteignirent le poste de secours de la défense Passive dans lequel il se trouvait avec d’autres…


    Il serait temps que l’on cesse de créer un peu partout des « morts pour la France » fictifs.


    [1] Voy. Cachan Municipal, n° 130, juillet-août 2004, pp. 18-19.

    [2] Voy. Le Perche, 11 août 2004.

    [3] Voy. Le Perche, 11 août 2004.

    [4] Voy. Le Perche, 25 août 2004

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  14. #14
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    Vincent Reynouard : La vérité sur la Gestapo

    Ce que l’on dit de la Gestapo


    La GestapoGeheime Staatspolizei (Police secrète d’État) — fut créée le 26 avril 1933. Elle reste le symbole de la « terreur policière » qui aurait existé sous Hitler dès son arrivée au pouvoir et, plus tard, dans tous les pays occupés par l’Allemagne. Les manuels scolaires modernes et les différents documents distribués aux jeunes sont unanimes. La Gestapo était une organisation « nazie » qui surveillait tout le monde :

    Le parti national-socialiste est devenu parti unique et les organisations nazies encadrent toute la population surveillée par la police d’État (la Gestapo)[1].

    Elle avait à son service des milliers d’agents qui, à longueur de journée, traquaient, arrêtaient, torturaient et envoyaient dans les camps de concentration :

    Les nazis créent un État policier et raciste ; la dénonciation est encouragée ; les S.S. et les milliers d’agents de la Gestapo, dirigés par Himmler, arrêtent, torturent et envoient dans les camps de concentration les opposants[2].

    Si bien que, à partir de 1933, l’Allemagne connut une ère de chaos et de sauvagerie toujours plus grande :

    L’État n’est plus qu’une façade et les multiples organes de sécurité (Gestapo, SD, SS etc.) rivalisent de zèle ce qui plonge l’Allemagne dans le chaos mais pousse également à une escalade dans la sauvagerie[3].

    Au « grand » procès de Nuremberg, cette police secrète figura parmi les associations nationales-socialistes mises en bloc au banc des accusés en vertu du principe de la culpabilité collective. Les articles 9 (§1) et 10 du « Statut du Tribunal militaire international » déclaraient en effet :

    Art. 9 : Lors d’un procès intenté contre tout membre d’un groupement ou d’une organisation quelconque, le Tribunal pourra déclarer (à l’occasion de tout acte dont cet individu pourrait être reconnu coupable) que le groupement, ou l’organisation à laquelle il appartenait était une organisation criminelle.
    […]
    Art. 10 : Dans tous les cas où le Tribunal aura proclamé le caractère criminel d’un groupement ou d’une organisation, les autorités compétentes de chaque Signataire auront le droit de traduire tout individu devant les tribunaux nationaux, militaires ou d’occupation en raison de son affiliation à ce groupement ou à cette organisation. Dans cette hypothèse, le caractère criminel du groupement ou de l’organisation sera considéré comme établi et ne pourra plus être contesté [TMI, I, 13-14].

    Ces deux articles rendirent possible la mise en accusation des associations suivantes : le Cabinet du Reich, le Corps des chefs politiques de la NSDAP, la SS, les SA, le SD, la Gestapo, l’État-Major général et Haut Commandement des Forces armées allemandes[4]. C’était le 18 octobre 1945, à l’audience d’ouverture du procès de Nuremberg. Un mois plus tard, dans son réquisitoire introductif, le procureur américain Robert Jackson déclara :

    Par l’action de ces formations criminelles, les dirigeants nazis […] instituèrent la règle de la terreur. Ces organisations d’espionnage et de police furent utilisées pour traquer toute forme d’opposition et pour punir toute dissidence. Ces organisations créèrent et administrèrent bientôt des camps de concentration [TMI, II, 137].

    Peu après, un de ses assistants, le commandant Frank B. Wallis, lança :

    Les formations du Parti, les SA, les SS, ainsi que le SD et la Gestapo étaient les instruments maudits de la suppression de toute opposition, réelle ou en puissance [TMI, II, 202].

    La Gestapo reçut comme défenseur maître Rudolf Merkel (TMI, I, 7). Aujourd’hui, les historiens rappellent qu’au terme des débats, cette police fut finalement reconnue « organisation criminelle ». C’est en partie vrai (j’y reviendrai). Mais les propos entendus lors des audiences infirment en grande partie l’histoire officielle.

    Une police politique existait en Allemagne avant 1933


    Très souvent, par exemple, on affirme ou on laisse accroire qu’aucune police politique n’aurait existé en Allemagne avant l’arrivée d’Hitler au pouvoir. Dans sa livraison du 15 décembre 1939, l’hebdomadaire français Notre Combat écrivit :

    La République de Weimar avait jugé inutile de créer une police politique. Le premier soin de M. Adolf Hitler, en arrivant au pouvoir, le 30 janvier 1933, fut de réparer cette erreur[5].

    C’est complètement faux. Sous Weimar, une police existait, active et efficace, dont le service Ia s’occupait exclusivement des problèmes politiques. Le 3 janvier 1946, Me Merkel interrogea l’ancien chef du SD, Otto Ohlendorf. Voici ce que l’on put entendre :

    Dr MERKEL. — Savez-vous si, dès avant 1933, dans le territoire qui constituait alors le Reich, existait une institution similaire de Police politique ?
    TÉMOIN OHLENDORF. — Oui, elle existait. Si je me souviens bien, à la Direction générale de la Police de Berlin, et je crois que c’était le service Ia. Dans tous les cas, il y avait des organismes de Police politique.
    Dr MERKEL. — Savez-vous quelque chose des activités de cette institution qui existait avant 1933 ?
    TÉMOIN OHLENDORF. — Oui, elles étaient les mêmes, en principe au moins [TMI, IV, 353-4.].

    Trois mois plus tard, l’ancien chef du RSHA, Ernst Kaltenbrunner, confirma. Prenant comme point de départ janvier 1933, il souligna :

    Il existait auparavant déjà une Police d’État. Elle ne s’appelait pas Police d’État, mais section de la police politique [TMI, XI, 317].

    Le 31 juillet 1946, enfin, un ancien membre de la Gestapo, Karl Best, expliqua qu’avant l’arrivée d’Hitler au pouvoir :

    dans les différents Länder de l’Allemagne, il y avait des polices politiques qui avaient été créées par les différents gouvernements régionaux [TMI, XX, 137].

    Par conséquent, il est faux de croire qu’en avril 1933, A. Hitler (en la personne d’H. Göring) aurait créé ex nihilo une police politique. Sous Weimar, une telle police existait déjà, dans tous les États allemands, même si elle ne s’appelait pas Gestapo.

    La police politique de Weimar combat le national-socialisme


    Lors du procès, l’accusé n° 1, Hermann Göring, évoqua lui-aussi l’existence de cette police politique en Prusse avant 1933. Questionné par son avocat, il déclara :

    Avant notre époque, il y avait également une police politique en Prusse. C’était le service de police Ia. Son travail consistait à surveiller et combattre le national-socialisme et pour partie également le communisme [TMI, IX, 279].

    Les exemples de lutte contre le national-socialisme abondent. J’en citerai deux qui firent beaucoup de bruit à l’époque.

    Le 25 novembre 1930, suite aux révélations d’un national-socialiste nouvellement élu au Landtag (le député Schäfer), des perquisitions furent opérées à Boxheim, dans la villa du Dr Wagner, conseiller de la circonscription hessoise de la NSDAP. Elles permirent la découverte d’un document qui énumérait des mesures à prendre lorsque, suite à un soulèvement communiste, les nationaux-socialistes auraient pris le pouvoir afin de rétablir l’ordre. La nouvelle fut largement commentée à l’époque[6]. Une procédure judiciaire fut engagée contre la NSDAP, qui dura près de deux ans. Finalement, le 20 octobre 1932, la Cour suprême de Leipzig rendit un arrêt de non-lieu.

    Début 1932, les autorités allemandes recueillirent des « informations […] concordantes, provenant du Sleswig, du Hanovre et de la Saxe, au sujet de mouvements de troupes armées des SA » (preuve que Weimar disposait d’un réseau de renseignement efficace). En réaction, le 17 mars 1932, un vaste coup de filet fut organisé par la police politique : 170 bureaux des sections d’assaut et des sections de la NSDAP furent « visités ». De très nombreux documents et des armes furent saisis à Berlin, à Hambourg, à Oldenburg, à Pinneberg etc. D’après ces documents, les nationaux-socialistes se seraient préparés à marcher sur Berlin et à prendre le pouvoir au cas où A. Hitler serait arrivé en tête aux élections présidentielles. Les SA auraient été alertés, pourvus en vivres et en armes. Un réseau de transmission par motocyclettes aurait été établi. L’ordre de marche aurait été un télégramme disant : « Grand-mère est décédée. Max. ».

    Malgré l’importance des saisies, la Tägliche Rundschau considéra cette action comme « un acte de vengeance, plutôt qu’une nécessité politique ». Dans son ensemble, d’ailleurs, la presse accueillit ces informations « avec une grande réserve », car il était difficile de savoir si ces préparatifs concernaient un coup d’État ou plutôt une contre-attaque en cas de soulèvement communiste[7]. Quoi qu’il en soit, une action en justice fut intentée devant la Haute-Cour de Leipzig. Dans les jours qui suivirent, en outre, une importante conférence eut lieu entre le général Grœner et les ministres de l’Intérieur de Prusse, de Bavière, de Wurtemberg, de Hesse et de Bade. D’après le Bayerischer Kurier :

    Il aurait été décidé de renforcer la surveillance des agissements nationaux-socialistes et d’intervenir énergiquement à la moindre tentative illégale [Ibid., p. 15, col. B.].

    Moins d’un mois plus tard, le 13 avril, le président Hindenburg signa un décret-loi qui supprimait les sections d’assaut, les échelons de protection, leurs états-majors ainsi que les organisations qui en dépendaient, et tout l’appareil administratif de l’armée privée des nationaux-socialistes. En 1946, Franz von Papen qualifia cette décision d’ « injustice manifeste de la part du Gouvernement Brüning », car on avait frappé uniquement les milices de la NSDAP, épargnant sans raison celles des socialistes et des communistes[8].

    Ces quelques rappels démontrent que, sous Weimar, la lutte contre le national-socialisme grâce à la police politique fut une réalité. On ne saurait toutefois blâmer la république allemande d’avoir agi ainsi. La plupart du temps, en effet, elle frappait lorsque les hitlériens étaient soupçonnés d’attenter à la sûreté de l’État.

    Ces précisions effectuées, revenons à notre sujet.

    Les objectifs de la Gestapo étaient ceux de toutes les polices politiques du monde entier

    Deux lois allemandes


    Lorsque, début 1936, la centralisation de la Gestapo fut quasi effective, une nouvelle loi lui dicta sa tâche. Publiée le 10 février, le paragraphe I stipulait :

    La Gestapo a la tâche de rechercher toutes les intentions qui mettent l’État en danger, et de lutter contre elles, de rassembler et d’exploiter le résultat des enquêtes, d’informer le Gouvernement, de tenir les autres autorités au courant des constatations importantes pour elles et de leur fournir des impulsions[9].

    Quatre mois plus tard, le préambule du décret qui réorganisait et unifiait la police du Reich déclarait :

    [La police] est là : […] 2°) Pour préserver le peuple allemand contre toutes les tentatives de destruction d’ennemis intérieurs et extérieurs[10].

    Déclarations entendues à Nuremberg


    Il n’y avait là rien que de très normal pour une police politique. Le 12 avril 1946, d’ailleurs, E. Kaltenbrunner souligna que la mission principale de la Gestapo avait été celle de toutes les polices du monde :

    En premier lieu, la Police d’État, comme dans les autres pays, était chargée d’assurer la protection des institutions de l’État contre les ennemis de l’État à l’intérieur [TMI, XI, 317].

    Quelques mois plus tard, le 31 juillet 1946, Me Merkel interrogea K. Best. Voici ce que l’on put entendre :

    Dr MERKEL. — Est-ce que ces nouvelles autorités [de police] furent chargées de tâches nouvelles ?
    TÉMOIN BEST. — Non, on leur donna les tâches qui avaient été données dans le passé à la police politique.
    Dr MERKEL. — De quelles tâches s’agissait-il ?
    TÉMOIN BEST. — D’une part, il s’agissait de poursuivre les actes punissables du point de vue politique, tout ce qui concernait les actes politiques ou de caractère politique et, d’autre part, d’assurer des mesures préventives prises par la Police contre ces actes [TMI, XX, 137].

    La Gestapo n’avait pas pour mission de véhiculer l’idéologie « nazie »


    En particulier, jamais la Gestapo n’eut pour mission de véhiculer l’idéologie dominante. A Nuremberg un ancien chef local de cette police secrète, Karl Hoffmann, fut catégorique :

    Dr MERKEL. — Appartenait-il à la Police d’État de représenter les buts idéologiques du Parti ?
    TÉMOIN HOFFMANN. — Non. Les tâches de la Police d’État consistaient simplement à parer les attaques dirigées contre l’État, dans le cadre des dispositions et des ordonnances légales [TMI, XX, 171.].

    Une Police constituée avec de nombreux hommes déjà en fonction sous Weimar


    De nos jours, beaucoup croient qu’une fois arrivés au pouvoir, les nationaux-socialistes se seraient empressés de « nazifier » le pays en dissolvant toutes les anciennes assemblées et en en créant de nouvelle uniquement composées de nationaux-socialistes convaincus. C’est une erreur. L’Académie allemande de Droit en est un bon exemple. Cette structure fut fondée en 1933 par Hans Frank ; sa mission consistait à préparer les lois (surtout dans le domaine économique ou social) ; comme toutes les assemblées de ce genre, son rôle était avant tout consultatif. A Nuremberg, H. Frank expliqua :

    [L’Académie] était le lieu de rencontre des juristes les plus éminents d’Allemagne, aussi bien dans le domaine du Droit théorique que du Droit appliqué. Dès le début, je n’ai attaché aucune importance à la question de savoir si ces juristes appartenaient au Parti ou non. 90 % n’en faisaient pas partie [TMI, XII, 10].

    Il en fut de même avec la Gestapo. Dans l’acte d’accusation rédigé au premier procès de Nuremberg, le Ministère public prétendit que les fonctionnaires et les agents de cette police nouvellement créée « furent choisis sur la base d’une adhésion inconditionnelle à l’idéologie nazie » (TMI, I, 85).

    Certes, lors des audiences, K. Hoffmann concéda que, dans les années qui suivirent la prise du pouvoir, les fonctionnaires nouvellement nommés et ceux qui obtenaient un avancement étaient « appréciés au point de vue politique »[11]. Mais on aurait tort d’en déduire que la Gestapo fut peuplée avant tout de membres du Parti. Car sachant qu’elle devait être une véritable police, immédiatement active et efficace, H. Göring choisit tout d’abord des fonctionnaires connus non pour leurs sympathies nationales-socialistes, mais uniquement pour leur professionnalisme. L’immense majorité n’avait jamais appartenu à la NSDAP.

    Les déclarations de Göring à Nuremberg


    A Nuremberg, l’ancien n° 2 du Régime expliqua :

    [Dans la Gestapo nouvellement créée] J’y pris bon nombre de fonctionnaires éloignés de la politique et uniquement pour leurs connaissances techniques ; au début, je choisis très peu de fonctionnaires du Parti, m’attachant d’abord à leur expérience professionnelle [TMI, IX, 279].

    Pour la Gestapo de Prusse, H. Göring choisit comme chef un ancien haut fonctionnaire de la police de Weimar, M. Dielhs :

    Le chef de cette police, que j’avais en vue, n’était pas non plus membre du Parti, mais provenait de l’ancienne police. Il s’y trouvait déjà. C’était l’ancien Oberregierungsrat et, plus tard, conseiller ministériel Dielhs. De même, les principaux chefs de la Gestapo étaient des fonctionnaires qui n’appartenaient pas au Parti [Id.].

    Confirmation d’un ancien expert juridique…


    H. Göring ne mentait pas. Interrogé le 18 avril 1946, un ancien expert du RSHA pour les questions juridiques touchant à la Police, Rudolf Bilfinger, déclara :

    Les anciens fonctionnaires des ex-départements politiques des bureaux du Polizeipräsidium [police de Weimar] constituaient le noyau de la Gestapo. Ces départements furent à l’origine des différents services locaux de la Police, et en même temps la plupart des fonctionnaires qui y appartenaient restèrent en place. Ainsi à Berlin, par exemple, ce fut le département Ia du Polizeipräsidium [TMI, XII, 55].

    … et d’un ancien chef local de la Gestapo


    Venant à l’appui de ces déclarations, K. Hoffmann, précisa que « la plupart » des membres de son service étaient des « fonctionnaire qui étaient entrés dans la Police avant 1933 et avaient été versés dans la Police d’État ». La proportion de volontaires venus après 1933 atteignait « tout au plus 10 % ou 15 %» des effectifs[12]. Pourquoi une proportion si faible ? Tout simplement parce que, étant peu rétribué, le travail dans cette branche n’était pas très recherché[13].


    Ajoutons que tous ces volontaires venus du Parti, de la SS ou des SA restèrent d’obscurs subalternes au sein de la Gestapo. Ils furent engagés « presque seulement en tant qu’employés et salariés des services techniques, chauffeurs, télétypistes, auxiliaires etc.»[14].

    La Gestapo n’était pas une annexe de la NSDAP


    Voilà pourquoi il est faux de dire qu’immédiatement après la nomination d’A. Hitler au poste de chancelier, la NSDAP aurait créé, avec ses propres membres exclusivement, une police politique. Dès le 30 janvier 1933, d’ailleurs, lors d’une rencontre avec les représentants de la presse allemande, le nouveau directeur de la presse du Reich, Walter Funk, avait assuré qu’il « n’était pas question d’incorporer dans la police du Reich les formations hitlériennes »[15].

    Treize ans plus tard, à Nuremberg, K. Best fut catégorique sur ce point, comme le démontre le dialogue suivant :

    Dr MERKEL. — Est-ce que la NSDAP a créé une police politique quelque part en Allemagne ?
    TÉMOIN BEST. — Non, nulle part.
    Dr MERKEL. — Est-ce qu’une organisation du Parti a été prise par l’État pour constituer une police politique ?
    TÉMOIN BEST. — Non, jamais.
    Dr MERKEL. — Est-ce que les services de police politique des divers Länder occupaient en 1933 des membres du Parti ?
    TÉMOIN BEST. — Non, ils occupaient les fonctionnaires qui existaient déjà dans ces polices. Seuls quelques fonctionnaires nouveaux ont été admis à cette époque.
    Dr MERKEL. — Est-ce que les fonctionnaires dirigeants de ces services étaient des membres du Parti ?
    TÉMOIN BEST. — C’était différent dans les divers Länder. C’était, en partie, des fonctionnaires qui, dans le passé, avaient appartenu à d’autres directions politiques et à d’autres partis.
    Dr MERKEL. — Pouvez-vous nous citer un exemple ?
    TÉMOIN BEST. — Il y a plusieurs exemples connus. Il est connu que le chef de la Police secrète d’État prussienne, M. Diehls, avait eu des idées politiques différentes. Les collaborateurs les plus proches de Himmler et de Heydrich à Munich, qui ont plus tard été appelés à Berlin, comme Müller par exemple, qui devait devenir le chef de l’Amt IV [= la Gestapo lorsqu’elle fut intégrée au RSHA], Huber, Fresch, Beck, avaient été membres du parti populaire bavarois, et le chef lui-même de mon petit service de police de Hesse était un ancien démocrate et un franc-maçon que j’ai, malgré cela, tenu pour capable d’occuper ce poste.
    Dr MERKEL. — Pourquoi ces fonctionnaires ont-ils continué à assurer leur service de police sous le régime national-socialiste ?
    TÉMOIN BEST. — Parce que, pour un fonctionnaire allemand, c’était une chose évidente que de continuer à servir l’État, même si le Gouvernement changeait, tant qu’il était en mesure de servir son pays.
    Dr MERKEL. — Est-ce que ces fonctionnaires ont été exclus plus tard et remplacés par des nationaux-socialistes ?
    TÉMOIN BEST. — Non, ces messieurs, en général, ont fait une carrière brillante et ont occupé des postes importants [TMI, XX, 138-9].

    Comme le souligna Me Merkel, à partir de janvier 1933 :

    N’étaient absolument exclus [de la Police politique] que les fonctionnaires qui s’étaient montrés particulièrement actifs comme adversaires du national-socialisme. Mais ceux-ci n’étaient congédiés qu’en de rares cas. La plupart du temps ils étaient mutés dans la Police criminelle [TMI, XXI, 573].

    K. Best précisa également que, au moins jusqu’en 1940, les fonctionnaires de la police ne reçurent aucune formation politique ou idéologique[16].

    La Gestapo : une police d’État parfaitement banale

    Les explications de Göring...


    On en déduit que, loin d’être une arme de combat nationale-socialiste, la Gestapo fut avant tout une police d’État comme il en existait — et en existe encore — partout dans le monde. A la question : « peut-on affirmer que la Gestapo, lorsque vous l’avez créée en 1933, était une unité de combat nationale-socialiste, ou était-ce plutôt une institution d’État telle que par exemple la Police criminelle et autres institutions du Reich ?», H. Göring répondit :

    J’ai déjà souligné qu’il s’agissait d’une véritable institution d’État rassemblée autour de l’ancienne police politique qui fut tout bonnement réorganisée et orientée suivant les nouveaux principes de l’État. Cet organisme n’avait pas la moindre relation avec le Parti à cette époque. Le Parti ne possédait aucune influence, aucune compétence pour donner des ordres ou des directives de quelque nature que ce fût. C’était exclusivement une institution d’État. Ses membres, qui en faisaient partie ou y étaient nouvellement incorporés, étaient à cette époque fonctionnaires avec tous les droits et tous les devoirs impartis à leur qualité [TMI, IX, 440].

    … confirmées par le témoin Best


    Plus tard, K. Best, interrogé par Me Merkel, confirma :

    Dr MERKEL. — Qu’était la Gestapo ?
    TÉMOIN BEST. — C’était un ensemble d’autorités de l’État […]. Les fonctionnaires de la Gestapo étaient des fonctionnaires de l’État qui avaient en Droit public des relations de fonctionnaires de l’État […].
    Dr MERKEL. — La Gestapo était-elle intégrée d’une manière quelconque dans la NSDAP ou d’autres organisations nationales-socialistes ?
    TÉMOIN BEST. — Non, les autorités de la Gestapo étaient des autorités purement étatiques [TMI, XX, 136].

    Réponse à l’argument selon lequel les membres de la Gestapo étaient des SS


    A cela, certains répondront qu’une grande majorité des membres de la Gestapo étaient des SS[17] ; ils en déduiront que cette police secrète était bien une structure de combat nationale-socialiste.

    En cela, ils commettent une erreur.

    Les SS admis dans la Gestapo étaient désormais considérés comme des fonctionnaires


    Lorsque des SS voulaient entrer dans la Gestapo, ils devaient passer l’examen auquel tous les candidats étaient soumis. Et en cas d’admission, ces SS devenaient fonctionnaires de la Police. Certes, ils restaient SS, mais dans le cadre de leur activité, on les considérait comme de simples fonctionnaires[18].

    A partir de 1939, une assimilation qui resta « de pure forme »


    A la veille ou au début de la guerre, une partie des membres de la Gestapo reçut un poste quelconque dans la SS, avec le grade et l’uniforme qui l’accompagnaient. L’objectif premier était uniquement de renforcer l’autorité des simples fonctionnaires qui agissaient[19]. Si bien que les grades SS conférés aux membres de la Gestapo n’eurent aucune conséquence pratique : les membres de la Gestapo restèrent de simples fonctionnaires et leurs tâches ne furent nullement modifiées. A Nuremberg, H. Göring l’expliqua aisément :

    […] peu à peu, au cours des années, tous les fonctionnaires, qu’ils le veuillent ou non je crois, recevaient un poste quelconque dans les SS. Si bien qu’un fonctionnaire de la Gestapo qui n’avait peut-être jusqu’en 1939 ou 1940 rien eu à voir avec les SS et dont la carrière remontait à l’ancienne époque, c’est-à-dire était déjà fonctionnaire de police sous la république de Weimar, obtenait automatiquement un rang quelconque dans la SS. Mais il restait fonctionnaire, c’est-à-dire que la Gestapo était une administration de la Police allemande [TMI, IX, 440].

    Plus tard, le témoin K. Hoffmann confirma en précisant que l’ « intégration dans les SS était une mesure de pure forme ». Voici ce que l’on put entendre le 1er août 1946 :

    Dr MERKEL. — […] Les membres de la Gestapo qui avaient été intégrés aux SS par le décret d’assimilation ont-ils passé au service des SS ou du SD et ont-ils servi ces organisations ?
    TÉMOIN HOFFMANN. — Non. Cette intégration dans les SS était une mesure de pure forme, et à partir du moment où j’ai été, en théorie, rattaché aux SS en 1939, je n’ai fait de service ni dans les SS ni dans le SD [TMI, XX, 194-5.].

    Un opportunisme qui ne changeait rien dans les faits


    Certes, il y eut quelques engagements volontaires dans la SS, mais les candidats agissaient par opportunisme, car lors des promotions, Himmler accordait plus facilement de l’avancement si le fonctionnaire de police était également membre de la SS. A Nuremberg, E. Kaltenbrunner expliqua :

    Les engagements volontaires doivent avoir été relativement peu nombreux. Je sais qu’ultérieurement, Himmler, lors des promotions, se montra plus réticent si les candidats n’appartenaient pas aux SS et c’est ainsi qu’il y eut des engagements, peut-être pas par conviction mais par désir d’avancement [TMI, XI, 319].

    Là encore, ces engagements ne changeaient rien concrètement ; tout juste permettaient-ils — peut-être — de gravir plus rapidement les échelons au sein de la Police.

    Conclusion


    Par conséquent, on ne peut que rejeter l’argument selon lequel la Police secrète du Reich aurait été une simple branche de la SS, donc une organisation de combat nationale-socialiste. Cette assimilation de membre de la Gestapo dans la SS non seulement fut tardive et très incomplète, mais aussi elle resta une « mesure de pure forme », dictée par les nécessités ou l’opportunisme. Dans sa plaidoirie, Me Merkel le souligna :

    Avec l’assimilation les fonctionnaires de la Gestapo […] se trouvèrent de fait dans la formation du SD des SS, mais ils restèrent uniquement soumis à leurs supérieurs hiérarchiques et ne participèrent aucunement au service des SS ou du SD. L’assimilation ne se fit en outre que lentement et dans une mesure infime. Lors de la déclaration de la guerre en 1939, parmi les quelque 20 000 membres de la Gestapo et de la Kripo, 3 000 seulement, en chiffres ronds, avaient été assimilés […].

    Durant la guerre, des non-assimilés travaillant dans certaines organisations durent aussi porter l’uniforme SS, sans pourtant en être membres. Du reste, les SS n’ont pas contrôlé la Police et n’ont eu aucune influence quelconque sur son activité ; ce n’est que dans la personne de Himmler que se trouvait une union personnelle des directions des deux services [TMI, XXI, 536].

    Pourquoi avoir créé la Gestapo ?

    Naturellement, certains pourront répondre : puisqu’il ne s’agissait pas de créer un instrument nouveau, pourquoi avoir changé la structure et pourquoi lui avoir donné un nouveau nom ?

    Pour le comprendre, il faut se replacer dans l’Allemagne de 1931-1932.

    La situation intérieure de l’Allemagne en 1932


    A cette époque, le pays vivait une crise économique effroyable. Dans un article publié le 28 septembre 1930, déjà, Josef Eberle avait parlé :

    d’un peuple [allemand] poussé aux limites du désespoir, d’un peuple qui s’est vidé de son sang jusqu’aux limites du possible et qui n’a plus rien à perdre[20].

    Ce chapitre concernant l’effroyable crise économique allemande étant relativement connu, je n’y reviendrai pas. Je me contenterai de rappeler les faits les plus saillants survenus après la parution de l’article mentionné ci-dessus : le 29 mai 1931, alors qu’un nouveau décret-loi était en préparation pour tenter de combler les déficit financier atteignant 1 250 millions de marks, la Deutsche Tageszeitung parla de « catastrophe économique et financière menaçante ». De nouvelles compressions budgétaires étant prévues, associées à de nouveaux impôts, la Kölnische Zeitung déclara : « les sacrifices actuels touchent aux limites des possibilités […]. Avec eux, la limite des efforts pour l’assainissement intérieur est atteinte ».

    La situation était telle que dans le décret-loi publié peu après, le gouvernement prenait des mesures draconiennes, parmi lesquelles : diminution de 4 à 8 % des salaires des fonctionnaires et employés de l’État, réduction de 50 % de l’allocation pour le premier enfant, augmentation des impôts existants sur le sucre, l’eau minérale et les chiffres d’affaire, création d’un « impôt de crise » sur les revenus. Commentant le texte, le Berliner Tageblatt commenta :

    Un gouvernement recourt aux moyens les plus extrêmes pour parer à des dangers aigus […]. Les moyens auxquels il a recours dépassent de beaucoup de simples mesures financières. Ils atteignent bien des choses qui passaient pour établies et intangibles.

    De son côté, la Leipziger Volkszeitung lança :

    Ce qui est indiscutable, c’est que le pessimisme le plus noir a encore été dépassé par ce que l’on connaît des principes du décret-loi…

    Mais face à la gravité du moment, la Vossische Zeitung du 7 juin conseillait : « dans la situation politique générale actuelle, le moindre mal est encore de tolérer ce décret-loi ».

    A la même époque parut un rapport selon lequel, après la décrue enregistrée depuis février 1931, le nombre de chômeurs allait remonter pour atteindre probablement 4,5 millions de personnes dans le courant de l’année 1932[21].

    Or, on annonçait déjà que ces malheureux seraient moins aidés. Par exemple, les ouvriers saisonniers pourraient prétendre à l’assurance chômage s’ils avaient été occupés pendant 30 semaines, contre 26 auparavant, et une allocation leur serait versée pendant 20 semaines, contre 29 auparavant. De leur côté, les ouvriers à domicile et ceux employés dans des ateliers familiaux seraient exclus du bénéfice de l’assurance. Quant à « l’allocation de crise » réservée aux chômeurs en fin de droits, si elle n’était pas diminuée, les délais pour l’obtenir étaient allongés : de 14 à 21 jours pour les chômeurs sans charge de famille, de 7 à 14 jours pour les chômeurs ayant une à trois personnes à leur charge, et de 3 à 7 jours pour les chômeurs ayant plus de quatre personnes à leur charge. D’où des familles qui allaient être totalement privées de ressources pendant parfois deux semaines.

    Sans surprise, la presse accueillit avec déception ce rapport. La Berliner Volkszeitung écrivit :


    Maintenant que la Commission est parvenue au terme de ses travaux, on est malheureusement obligé de constater qu’elle était inutile. Qu’a-t-on obtenu ? Les longs rapports n’ont rien changé à la misère due à la crise, les projets d’aménagement du travail et de placement restent sur le papier, même l’abréviation de la durée du travail n’a pas été abordée par le gouvernement… Là où les projets de la Commission manifestaient une tendance à réduire les droits des assurés et les prestations sociales le gouvernement Brüning les a faits siens[22].

    Malgré cela, l’Allemagne s’attendait à dépenser 2 milliards de marks pour les chômeurs entre le 1er septembre 1931 et le 31 mars 1932 : 500 millions pour l’habitation et 1 200 millions pour les vivres et le charbon[23].

    Le 20 juin 1931, le président von Hindenburg lança un appel désespéré au président des Etats-Unis, M. Hoover, pour qu’il sauve le pays menacé par la faillite. Peu après, le 13 juillet, l’un des plus puissants instituts bancaires d’Allemagne, la Darmstädter und Nationalbank, annonça qu’il était obligé de suspendre ses paiements. Une vague de panique s’ensuivit dans le public : les achats de devises étrangères se multiplièrent et des magasins furent pris d’assaut dans la crainte d’une disette généralisée. Afin de calmer les esprits surchauffés, le gouvernement décréta la fermeture de la Bourse et celle des banques jusqu’à nouvel ordre. Il établit également un contrôle sévère sur les achats de devises et décida une taxe de 100 marks sur tous les voyages à l’étranger. Enfin, il annonça que les salaires du mois de juillet étaient assurés et que ceux du mois d’août seraient versés en trois fois. Dans son édition du soir, la Leipziger Volkszeitung écrivit :

    Ce que nous voyons en Allemagne, c’est l’écroulement catastrophique, non seulement d’une grande entreprise, mais de tout un régime[24].

    Le 15, le chancelier allemand et son ministre M. Curtius partirent à Paris afin « d’entreprendre une action pour obtenir un secours de l’étranger » (Ibid., col. B). Mais cette démarche demeura vaine ; aucun secours ne pouvait être espéré dans l’immédiat : « l’Allemagne devait d’abord faire un effort elle-même » (Ibid., p. 19, col. A). Le gouvernement créa donc une nouvelle banque, la Banque d’acceptation de garantie, au capital de 200 millions, et prit des mesures pour renflouer les autres instituts en difficulté. Le 4 août, dans un discours rassurant, le chancelier Brüning annonça la reprise des paiements pour le lendemain. La crise avait été surmontée, mais elle laissait l’Allemagne encore plus faible qu’auparavant…

    Le 11 août, un protocole fut signé à Londres, portant suspension des dettes de guerre et réparations.

    Quatre mois plus tard, le 8 décembre, le président von Hindenburg signa la quatrième (!) « grande ordonnance de détresse » portant sur la réductions des salaires, des prix des loyers et sur des mesures touchant les assurances sociales. Le 16 décembre, les salaires des ouvriers métallurgistes dans l’industrie berlinoise baissèrent de 10 à 15 %. Le lendemain, il fut décidé que les salaires dans les mines de la Rhur baisseraient de 10 % au 1er janvier. Dans sa réponse du 1er janvier 1932 aux vœux du corps diplomatique, le président von Hindenburg déclara :

    Toutes les branches de notre économie languissent, des millions de nos compatriotes, en dépit de leur capacité et de leur volonté de travail, se voient ravir les éléments fondamentaux de leur existence.
    Même les parties de la population qui ne sont pas condamnées à chômer subissent l’effet de la lourde dépression matérielle et morale[25].

    Une semaine après, le 9 janvier 1932, Brüning informa l’ambassadeur anglais que l’Allemagne ne pourrait plus, désormais, continuer d’effectuer ses versements au titre des réparations. Dans une déclaration à l’agence Wolff, le Chancelier expliqua :

    Il est évident que la situation de l’Allemagne la met dans l’impossibilité de continuer des paiements de caractère politique[26].

    Le lendemain, la Germania lança :

    L’Allemagne ne refuse pas les paiements parce qu’elle ne veut pas, mais parce qu’elle ne peut pas payer […] [Ibid., p. 9, col. A.].

    Deux mois plus tard, une nouvelle « ordonnance de détresse » fut publiée, afin de combler les lacunes de la précédente. Le 4 septembre, un nouveau décret-loi parut afin de ranimer l’économie moribonde. En 1946, F. von Papen déclara qu’il s’agissait d’une « suprême mobilisation de nos dernières réserves d’énergie»[27]. Quelques succès immédiats furent enregistrés (notamment une baisse du chômage ; - 123 000 chômeurs en un mois). Mais par la suite, la situation s’aggrava encore. Fin 1932, le total de la dette s’élevait à 12,26 milliards de marks, en augmentation de 11 millions par rapport au mois de mars[28]. Le nombre de chômeurs était quant à lui d’environ 5,5 millions — ce qui signifiait qu’« une famille allemande sur trois était au chômage »[29] — et d’après l’expert August Rosterg, l’ambitieux projet du gouvernement pour lutter contre ce fléau allait créer tout au plus 667 000 emplois[30]. Quant à l’agriculture, sa détresse était totale. Le 11 janvier 1933, la Ligue agraire — qui ne représentait pas la totalité du monde paysan, mais tout de même… — publia un manifeste qui commençait ainsi :

    La misère de l’agriculture allemande, celle des exploitations paysannes de produits sélectionnés, a pris, avec la tolérance du gouvernement actuel, des proportions que l’on aurait pas crues possibles, même sous un gouvernement marxiste. On continue à dépouiller l’agriculture, au profit des intérêts d’argent tout-puissants de l’industrie d’exportation et de ses satellites[31].

    Ce manifesta entraîna la rupture immédiate entre le gouvernement et la Ligue agraire.

    Oui, vraiment, l’Allemagne se débattait dans un « amas inextricables de problèmes »[32].

    Instabilité politique chronique


    Cette détresse économique renforçait l’instabilité politique. Le 5 octobre 1930, Josef Eberle se lamenta que depuis 1918, pas moins de dix-sept gouvernements s’étaient succédés en Allemagne. Avec bon sens, il déclarait :

    Vraiment ce qui paraît le plus important en Allemagne semble être le couronnement de la Constitution qui par des éléments d’autorité et de stabilité rendrait largement possible cette certitude dans la conduite et la politique. Cette certitude seule peut relever une nation de la débâcle et de la misère pour lui rendre son ancienne grandeur[33].

    La suite n’allait cependant apporter aucune amélioration sensible. Le 13 octobre 1930 eut lieu la rentrée du Reichstag avec le premier Cabinet Brüning. Moins d’un an plus tard, le 7 octobre 1931, celui-ci démissionna. Le Chancelier fut chargé d’en former un nouveau, ce qui fut fait dans les 48 heures. Mais ce Cabinet eut une durée de vie encore moins longue que le précédent : le 30 mai 1932, le président du Reich, qui souhaitait une politique orientée plus à droite, nomma F. von Papen chancelier et le chargea de former un nouveau gouvernement. En vingt mois, ainsi, trois Cabinets s’étaient succédés.

    Les idées marxistes progressent sensiblement


    La détresse économique et l’instabilité politique favorisaient tout naturellement le développement des idées marxistes ou liées au marxisme. Un symptôme parmi d’autres : en Allemagne, le nombre d’adhérents du Mouvement prolétarien et libre-penseur explosait. Parti de 3 322 en 1918, il était passé à 59 829 en 1920, 261 565 en 1922, 464 728 en 1926, 581 059 en 1928 et à environ 700 000 fin 1930, après la scission du mouvement en une aile socialiste et une aile communiste[34].

    Au sein des écoles (même confessionnelles), les communistes faisaient circuler des billets invitant les enfants à rejoindre le Jungspartakusbund. Pour devenir Pionnier de cette organisation, le jeune devait s’engager à soutenir inconditionnellement le parti communiste, à organiser la « lutte contre l’instituteur réactionnaire », à créer des cellules dans les classes etc. Bref, l’objectif était de former une jeunesse communiste de choc. Organisée dans un climat de pauvreté générale, cette propagande connut un tel succès que le, 14 décembre 1931, le cardinal Bertram, au nom de tout l’épiscopat prussien, pria les autorités de faire « exécuter toutes les mesures qui p[ouvaient] remédier à l’agitation »[35].

    Parallèlement, les communistes ne cessaient de progresser dans les consultations populaires, même si leurs progrès étaient beaucoup moins sensibles que ceux des nationaux-socialistes. En voici quelques exemples :

    - 17 mai 1931, renouvellement du Landtag d’Oldenbourg. Les rouges comptabilisèrent 19 389 voix, contre 8 470 trois ans auparavant[36] ;
    - 27 septembre 1931, renouvellement du Parlement de Hambourg. Ils gagnèrent huit sièges, passant de 114 257 voix (année 1928) à 168 618[37].
    - 15 novembre 1931, renouvellement du Landtag de Hesse. Ils obtinrent 106 775 voix contre 41 280 en 1927[38].
    - 14 mars 1932, renouvellement du Landtag de Meckelbourg-Strelitz. Ils gagnèrent près de 8 000 voix, passant de 10 634 à 18 469[39].
    - 24 avril 1932, élection en Bavière. Ils doublèrent leur nombre voix, celui-ci passant de 125 842 à 259 400[40].
    - 25 avril 1932, renouvellement du Landtag de Prusse. Ils grignotèrent 9 sièges par rapport à 1928, passant de 2,2 à 2,8 millions de voix[41].
    - 25 avril 1932, élection au Landtag du Wurtemberg. Ils gagnent 34 000 voix, passant de 82 525 à 116 644[42].

    Le 31 juillet 1932 eurent lieu les élections générales au Reichstag. Les communistes arrivèrent en troisième position avec 5 278 094 voix, soit une progression de près de 700 000 voix par rapport à 1930. Ils venaient derrière les sociaux-démocrates qui avaient recueilli près de 8 millions de suffrages (un recul d’environ 600 000 voix par rapport à 1930) et les nationaux-socialistes forts de 13,7 millions de suffrages (un bon de 7,4 millions en deux ans). Commentant ces résultats, la Deutsche Tageszeitung déclara dans son édition du 2 août 1932 :

    On doit malheureusement constater que la forte pression des communistes, phénomène dangereux pour l’État lui-même, signifie que le marxisme a dans son ensemble, repris sa marche en avant. Le pourcentage des voix marxistes est, en effet, de 36,5 % contre 34,5 % aux élections de mai 1914[43].

    Une situation intérieure qui justifie l’intransigeance de Hitler


    Dans cette situation de crise, qu’allaient faire Hitler et ses collaborateurs ? En 1946 à Nuremberg, F. von Papen déclara que fin 1932, même le parti du Centre voulait « un Gouvernement de majorité avec Hitler »[44]. L’ancien chancelier ne mentait pas. Une fois les résultats des élections au Reichstag publiés (le 1er août 1932), la plupart des journaux insistèrent sur le fait que les nationaux-socialistes devaient entrer au gouvernement. Dans son édition du 1er août 1932, la Deutsche Allgemeine Zeitung lança :

    Le résultat des élections atteste le désir qu’a le peuple de voir les nationaux-socialistes partager les responsabilités du gouvernement. On peut ergoter sur tous les autres aspects du scrutin du 31 juillet, mais sur ce point aucun doute n’est possible[45].

    De son côté, l’organe protestant la Kölnische Volkszeitung s’exprima sans ambages :

    Un gouvernement qui a fait expressément appel à la volonté du peuple ne peut pas ensuite ne pas en tenir compte. […] le Centre sera obligé d’exiger que le national-socialisme ne se dérobe pas plus longtemps aux responsabilités. Quand on s’est vanté à ce point d’être un sauveur, on n’a plus le droit de se contenter de discourir. On doit partager les responsabilités du pouvoir. Il y a des moyens très simples pour y amener les nationaux-socialistes [Ibid., p. 17, col. B.]

    Plus surprenant encore, ce message fut également lancé par une partie de la presse de gauche. Le 2 août 1932, la Frankfurter Zeitung déclara :

    Après ces élections, on ne demandera compte de sa responsabilité à aucun autre parti qu’au national-socialisme. Et il faut prendre aujourd’hui cette expression dans son sens littéral. Les nationaux-socialistes ont le devoir impérieux de participer à la responsabilité gouvernementale. Pour le travail, il ne manque pas. Mais pour le battage, les temps sont passés [Id.].

    A ces appels, les nationaux-socialistes répondirent par la plume d’Alfred Rosenberg dans le Völkischer Beobachter :

    On entend déjà dire que nous devrions être obligés de partager les responsabilités du pouvoir […]. Il est pourtant bien clair que nous ne songeons nullement à accepter une « participation » quelconque, mais que nous resterons libres comme jusqu’à présent ou que nous assumerons d’une façon incontestable la direction des affaires, laissant alors aux autres le soin de nous reconnaître ou non[46].

    De son côté, l’Angriff lança :

    Ou bien le parti national-socialiste recevra la direction du gouvernement du Reich, ou bien, si un refus lui est opposé, il y répondra par un combat sans merci [Ibid., p. 18, col. B.].

    Pourquoi cette intransigeance ? Tout simplement parce que, face à la crise effroyable qui ruinait le pays, les nationaux-socialistes étaient adversaires des demi-mesures. Comme l’a rappelé W. Funk à Nuremberg :

    [En 1932] Le Gouvernement ou les gouvernements n’avaient pas d’autorité. Le système parlementaire n’avait plus aucune efficacité […].
    […] le Gouvernement lui-même n’avait ni la force ni le courage de dominer les problèmes économiques. D’ailleurs, ces problèmes ne pouvaient pas être résolus seulement par des mesures économiques ; il était nécessaire d’instaurer un gouvernement investi des pouvoirs et de l’autorité nécessaire [TMI, XIII, 88 et 89].

    Les nationaux-socialistes voulaient donc un changement radical des institutions et des modes de gouvernement afin de mettre fin à l’instabilité politique et, ainsi, d’effectuer un travail de longue haleine pour relever véritablement le pays. En clair, ils voulaient tout le pouvoir pour balayer la république de Weimar, le parlementarisme, la démocratie… et ainsi se mettre sérieusement à l’ouvrage sans être gênés par l’opposition, les sempiternelles élections et les majorités changeantes du fait de la versatilité des masses.
    En cela, ils ne faisaient que suivre les conseils du « modéré » J. Eberle. Dans un article paru le 28 septembre 1930, il avait écrit :

    Ce que demande le peuple, ce n’est pas l’illusoire droit démocratique, c’est un secours, une aide, une vraie direction. Rappelons-nous la parole du président du Reich [de 1919 à 1925], [Friedrich] Ebert, au ministre Gessler : « Monsieur Gessler, nous serons quelque jour acculés au dilemme : l’Allemagne ou la Constitution. Ce jour-là, nous ne jetterons tout de même pas notre peuple aux chiens pour sauver la Constitution ». Si le social-démocrate Ebert a pu ainsi parler, est-ce que des politiciens chrétiens ne doivent pas, bien plus encore, trouver en eux-mêmes le courage de la même profession de foi et, au-dessus des paroles, le courage de l’action ?... Donnez au peuple d’Allemagne ce que lui offrit dans les siècles passés Rodolphe de Habsbourg après la « terrible période sans empereurs », et le peuple vous portera en triomphe sans vous demander si vous avez respecté les idées et les paragraphes de la Constitution de Weimar[47].

    Hitler veut pouvoir gouverner pendant quatre ans sans être gêné


    Voilà pourquoi :

    - le 13 août 1932, lors de discussions avec le général von Schleicher et le chancelier von Papen, Hitler refusa catégoriquement le poste de vice-chancelier, provoquant ainsi une nouvelle crise politique ;

    - après avoir finalement été appelé, comme chancelier, à former un premier gouvernement (30 janvier 1933), le Führer annonça dans sa première intervention d’homme d’État :

    Le gouvernement national veut réaliser la grande œuvre de la réorganisation de l’économie nationale d’après deux grands plans quadriennaux : le premier, pour sauver le paysan allemand de façon à conserver la nourriture et par suite la vie de la nation allemande ; le second pour sauver l’ouvrier allemand par une attaque violente et massive contre le chômage.

    Durant quatorze ans, les « partis novembriens » [= issus de la révolution de novembre 1918] ont ruiné la profession agricole de l’Allemagne. Durant quatorze ans, ils ont créé une armée de millions de chômeurs.

    Avec une énergie de fer et avec une endurance tenace, le gouvernement national réalisera le plan suivant : dans quatre ans, le paysan allemand devra être arraché à la misère ; dans quatre ans, le chômage devra être définitivement vaincu.

    Les conditions de relèvement des autres parties de l’économie se réaliseront parallèlement[48].

    Hitler terminait ainsi : « Peuple allemand, donne-nous quatre ans, et juge-nous alors », ce qui annonçait clairement la volonté de rester coûte que coûte au pouvoir pendant quatre ans, sans être gêné ni par les institutions, ni par l’opposition. Le lendemain, d’ailleurs, les Hamburger Nachrichten déclarèrent :

    Ceux qui ne voudront pas s’y rallier [au projet de relèvement national] ne participeront pas non plus à la reconstruction du Reich et demeureront à l’écart pendant quatre années. Mais ils ne doivent pas s’imaginer qu’ils pourront gêner l’œuvre du gouvernement[49].

    Treize ans plus tard, à Nuremberg, H. Göring le confirma sans ambages. Interrogé par son avocat, il déclara le plus simplement du monde :

    Il va de soi que, pour nous, si nous obtenions le pouvoir, nous étions décidés à le garder dans tous les cas et à tout prix. Nous ne voulions pas le gouvernement pour le pouvoir lui-même, mais nous voulions le gouvernement et le pouvoir pour libérer l’Allemagne et la rendre grande. Nous ne voulions plus laisser cela au seul jeu du hasard, des élections et des majorités parlementaires, mais nous voulions mener à bien cette tâche pour laquelle nous considérions que nous avions été appelés [TMI, IX, 273].

    Le danger bolcheviste


    Seulement, il était peu probable que l’autre force montante dans le Reich, le parti communiste, acceptât cette situation. On se souvient que, commentant les résultats des élections au Reichstag du 31 juillet 1932, la Deutsche Tageszeitung avait qualifié « la forte pression des communistes » de « phénomène dangereux pour l’État lui-même ». Le quotidien savait en effet que, fidèle à son habitude, le parti communiste se tenait prêt pour un soulèvement révolutionnaire.

    Les mois précédents l’avaient encore démontré. Fin 1931, peu après des désordres sanglants survenus en Saxe, une information avait circulé selon laquelle la police avait découvert des dépôts d’armes et fermé une école rouge préparant à la guerre civile. Sans attendre, le Comité central du parti communiste avait publié un communiqué dans lequel il affirmait réprouver le terrorisme politique. Mais cette protestation n’avait convaincu personne. Le 14 novembre 1931, un quotidien « modéré » comme la Germania avait écrit :

    Nous estimons que les déclarations platoniques de ce genre ne signifient pas grand chose et qu’elles ne suffisent à « légaliser » un parti politique capable d’actes de terrorisme.

    Trois jours plus tard, lors d’une conférence entre les ministres de l’Intérieur des différents États, le général Grœner, avait « appelé spécialement l’attention sur les tentatives du parti communiste pour désagréger la police et l’armée »[50].

    Le 19 avril 1932, des descentes furent opérées au siège de toutes les organisations communistes. Deux jours plus tard, la Police annonça dans un communiqué que ces perquisitions avaient permis de démontrer la survivance illicite d’organisations rouges de combat dissoutes depuis plusieurs années, comme le Front rouge ou le Front des jeunesses communistes (Jungfront)[51].

    Le 9 juillet 1932, la Cour suprême de Leipzig condamna treize communistes à des peines allant jusqu’à huit ans de travaux forcés pour complot contre la sûreté de l’État et détention illégale d’explosifs.

    Peu après, le chancelier F. von Papen reçut des informations inquiétantes sur un projet d’ « action concertée du service de police du ministère de l’Intérieur de Prusse et des communistes » (TMI, XVI, 263). Preuve que les réseaux à la solde de Moscou avaient pénétré très haut dans les rouages étatiques.

    Il était donc à craindre qu’à la faveur d’événements imprévus, les rouges, forts de leurs organisations souterraines et se sachant soutenus par une partie de la population, tenteraient de renverser le nouveau régime, véhicule d’une idéologie dont ils avaient juré la mort depuis plus de dix ans.

    Les rouges luttent contre les nationaux-socialistes depuis des années


    Rappelons en effet que, dès le début, les troupes de choc communistes voulurent écraser le national-socialisme. Dans Mein Kampf, le chapitre VII du tome II est intitulé : « La lutte contre le front rouge ». Hitler y raconte les premières tentatives des rouges, à partir de 1919, pour étouffer un mouvement naissant dont ils avaient tout de suite flairé le danger. Il écrit notamment :

    Les réunions nationales-socialistes […] n’étaient pas des réunions « paisibles ». Ici, les vagues de deux conceptions de vie s’entrechoquaient, et elles ne finissaient pas par de fades déclamations de chants patriotiques, mais par une éruption fanatique de passion raciste et nationale.
    […] nos discours n’étaient pas un bavardage impuissant de « conférenciers » bourgeois, ils étaient, par leur sujet et par leur forme, faits pour provoquer la riposte de l’adversaire. Et il y eut des adversaires dans nos réunions !

    Bien souvent ils venaient en foules compactes, encadrant quelques démagogues, et leurs visages reflétaient cette conviction : « Aujourd’hui, nous allons en finir avec vous ! »
    Oui, bien souvent, ils ont été amenés chez nous en véritables colonnes, nos amis du parti communiste, avec le mandat bien inculqué d’avance de casser ce soir-là toute la boutique et d’en finir avec toute cette histoire. Et combien, souvent, tout ne tint qu’à un fil, et seule l’énergie sans borne de notre bureau et la combativité brutale de notre propre police de salle purent encore une fois contrecarrer les desseins de nos adversaires.

    Et ils avaient raison d’être excités contre nous.
    Rien que la couleur rouge de nos affiches les attirait dans nos salles de réunion[52].

    Plus loin, Hitler raconte la mémorable réunion du 4 novembre 1921, que les communistes avaient choisie pour régler définitivement son compte à l’adversaire. Plusieurs centaines d’entre eux étaient là. Sur un signal convenu, alors que la réunion se déroulait normalement, ils se ruèrent à l’assaut :

    En peu de secondes, la salle fut remplie d’une masse humaine hurlante, au-dessus de laquelle, pareilles aux décharges des obusiers, volaient d’innombrables cruches ; tout autour, le craquement des pieds de chaise, l’écrasement des cruches, des hurlements, des beuglements, des cris stridents, c’était un vacarme infernal [Ibid., p. 502].

    Les SA qui assuraient le service d’ordre contre-attaquèrent avec fureur. La bagarre dura vingt-cinq minutes et, après une fusillade, les adversaires furent finalement expulsés :

    Vingt-cinq minutes à peu près s’étaient écoulées ; il semblait qu’un grenade eût éclaté dans la salle. On pansait beaucoup de mes partisans ; d’autres durent être emmenés en voiture, mais nous étions maîtres de la situation [Ibid., p. 503].

    Bien que cette victoire ait permis de gagner un répit d’environ deux ans[53], la lutte acharnée recommença dès la fin de l’année 1923.

    Dans sa livraison du 8 novembre 1931, le Völkischer Beobachter annonça que, depuis 1923, et abstraction faite du soulèvement de Munich, 91 militants nationaux-socialistes avaient été tués dans des bagarres de rue.

    Quelques jours plus tard, cet organe parla de 14 morts et de plus de 200 blessés rien que pour le mois d’octobre qui venait de s’écouler
    [54]. Le 17 juillet 1932, des batailles rangées entre nationaux-socialistes et communistes à Altona, à Hambourg et dans d’autres localités firent 19 morts et 285 blessés[55]. Du 1er juin au 20 juillet, 322 incidents et rixes politiques survinrent en Prusse (Berlin excepté), faisant 72 tués et 497 blessés (Ibid., col. 384) (

    L’attentat « symbolique » du 30 janvier 1933


    Dans la nuit du 30 au 31 janvier 1933, des rouges se rendirent coupables d’un attentat « symbolique » qui marquait leur détermination : il assassinèrent l’agent de police Zaunitz et le commandant de la 33ème compagnie d’assaut de Berlin Maïkowicz qui revenaient du « défilé de la victoire ». Les deux victimes furent inhumées le 5 février suivant ; un immense cortège suivit les cercueils, dans lequel figurait l’ex-kronprinz Wilhelm[56]. En guise de réponse, Hitler annonça dans son intervention du 1er février 1933 :

    [Le gouvernement national] mènera […] une guerre impitoyable contre les tendances nihilistes dans le domaine moral, politique et culturel. L’Allemagne ne doit pas s’effondrer et ne s’effondrera pas dans le communisme anarchique[57].

    Pour les nationaux-socialistes, dont le pouvoir était encore faible (beaucoup pensaient qu’ils ne tiendraient pas plus de quelques semaines…), le danger était donc réel de voir les rouges tenter un soulèvement révolutionnaire à la faveur d’une crise quelconque. Dès le 16 février, d’ailleurs, un quotidien peu suspect de fanatisme, les Hamburger Nachrichten, avait écrit :

    L’agglomération de grandes masses d’hommes que l’on rencontre dans les grandes villes et dans les régions industrielles exige, au point de vue de la sûreté de l’État, des organisations de police particulièrement promptes à intervenir. La lutte contre un danger menaçant pour l’État, tel que le bolchevisme, ne peut être abandonnée aux polices locales, mais doit être placée dans une seule main[58].

    Les appels étaient d’autant plus pressants qu’à l’époque, l’armée et la police allemandes étaient si faibles qu’on les savait incapables de maintenir l’ordre en cas de troubles et de guerre civile. Le 24 novembre 1932, lors d’une conversation avec F. von Papen sur les mesures à prendre en cas de soulèvement populaire, von Schleicher avait fait venir un officier de l’état-major général. D’après ce dernier :

    le cas [d’une révolution] avait été examiné sur le plan pratique et sur le plan théorique, et […] il s’était avéré que la Reichwehr et la Police n’étaient pas en mesure de maintenir l’ordre dans le pays [TMI, XVI, 273].

    Voilà pourquoi quelques heures seulement après l’incendie du Reichstag (le 27 février 1933[59]), les nationaux-socialistes choisirent de frapper un grand coup : du 28 février au 5 mars, ils supprimèrent toute la presse communiste, quotidienne et périodique, et firent arrêter 5 000 meneurs communistes, dont leur chef Ernst Thälmann (ce qui n’empêcha pas 4,8 millions d’Allemands de voter communiste aux élections du 5 mars).

    Et voilà pourquoi H. Göring tint à disposer d’une police secrète sûre. A Nuremberg, il aborda ce sujet sans aucune gêne. Après avoir rappelé l’existence d’une police politique sous Weimar, il précisa :

    J’aurais […] pu mettre de nouveaux agents dans cette police politique et lui laisser sa vieille dénomination. Mais la situation était devenue différente du fait de la prise du pouvoir car, à l’époque, comme je l’ai déjà dit, le parti communiste était extraordinairement fort. Il avait plus de 6 millions d’électeurs et possédait dans ses unités du Front rouge un instrument de pouvoir révolutionnaire au premier chef. Il était très naturel pour le parti communiste de penser que si nous restions plus longtemps au pouvoir, il finirait par perdre le sien. Le danger était là. Il faut se reporter à cette époque de tension politique, d’atmosphère de conflits créée par les partis adverses ; tous cela pouvait mener à des attaques révolutionnaires du parti communiste, d’autant plus que, même après la prise du pouvoir, les meurtres et les assassinats politiques de nationaux-socialistes et d’agents de police ne cessèrent pas. Il s’accrurent même. Et les informations que je recevais étaient telles que je redoutais au plus haut point un mouvement soudain en ce sens. Je ne pouvais donc pas lutter contre ce danger, avec l’organisme tel qu’il existait. Je n’avais pas besoin d’une police sûre seulement dans les services centraux, mais également dans les différentes branches externes. Il me fallait aussi développer cet instrument. Pour déterminer dès le début que la tâche de la police était la sécurité de l’État, je l’appelai : Police secrète d’État et je créai au même moment différentes branches dans cette police […].

    Je voulais également que cette police s’occupât exclusivement de la sécurité de l’État et de la surveillance des ennemis de l’État […]. Leur mission [celle des membres de cette police] consistait en premier lieu à mettre sur pied aussi vite que possible les moyens de sécurité contre toute action de la gauche. Je savais — ce qui fut confirmé plus tard — que la Maison des communistes à Berlin, le « Liebknecht-Haus » était extrêmement fortifiée et contenait beaucoup d’armes. Nous avons également découvert à ce moment des relations entre la Représentation commerciale russe et le parti communiste allemand. Bien que j’aie d’un coup arrêté des milliers de fonctionnaires communistes [référence à l’action qui se déroula du 28 février au 5 mars 1933] afin de parer dès le début au danger immédiat, le danger lui-même n’était en aucune façon conjuré. Il fallait agir contre le réseau des associations secrètes et les tenir constamment en observation ; pour cela, il fallait qu’une police fût spécialisée.

    Le parti social-démocrate […] ne me semblait pas, de loin, aussi dangereux ; mais, évidemment, il était formé d’adversaires résolus de notre nouvel État. Certains de ses fonctionnaires étaient plus radicaux que d’autres. Les radicaux étaient également surveillés. Tandis que beaucoup d’anciens ministres ou fonctionnaires sociaux-démocrates étaient simplement révoqués et obtenaient une pension de retraite, sans avoir jamais été inquiétés, il y avait d’autres fonctionnaires du parti social-démocrate qu’il fallait surveiller très étroitement. C’est ainsi que la Police secrète d’État [Gestapo] a été créée par mes soins […] [TMI, IX, 279-280].

    (English subtitles channel)

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    Default Re: Vincent Reynouard - Biographie / Textes

    La Gestapo : une organisation défensive


    On le voit, si les nationaux-socialistes s’empressèrent de créer la Gestapo, ce n’était pas pour imposer la terreur policière sur tout le pays : c’était avant tout pour se prémunir des adversaires politiques dont l’histoire récente avait montré les méthodes violentes. A Nuremberg, Karl Hoffmann, le rappela sans ambages. A la question : « Les tendances fondamentales de la Gestapo étaient-elles défensives ou agressives ?», il répondit sans hésiter : « Elles étaient uniquement défensives et nullement agressives » (TMI, XX, 171). Se souvenant de tous les soulèvements communistes survenus à partir de 1917 en Allemagne et ailleurs, le jeune État national-socialiste voulait avant tout se protéger…

    75 000 agents de la Gestapo ? Des chiffres trompeurs


    Je sais qu’ici, certains répondront : « Certes, mais il est bien connu que la meilleure défense, c’est l’attaque. Pour défendre l’État nazi, la Gestapo mit en place des réseaux de mouchards qui surveillaient constamment la population et qui firent régner la terreur »;

    Ce sont les fameux
    « milliers d’agents de la Gestapo, dirigés par Himmler » qu’évoque le manuel scolaire pour classes de 3e cité plus haut.

    80 % du personnel de la Gestapo ne participait pas aux enquêtes


    Il est vrai que, d’après Me Merkel lui-même, la Gestapo fut composée de « 75 000 personnes pour la période de sa plus grande expansion » (TMI, XXI, 574). Ce nombre peut certes impressionner. Mais il faut relativiser. Car sur ces 75 000 membres, les fonctionnaires d’exécution entraient dans une proportion d’environ 20 % seulement, ce qui représentait 15 000 personnes (Id.). Cet ensemble comprenait : les fonctionnaires du service supérieur (à partir du Regierungsrat et du Kriminalrat) ; les fonctionnaires du service (à partir de l’inspecteur de police) et les fonctionnaire du service intermédiaire (à partir de l’assistant de police) (TMI, XXI, 534). Les autres membres de la Gestapo se répartissaient en trois groupes : personnel administratif (20 %) ; personnel auxiliaire technique (30 %) et personnel de bureau (30 %)[60].

    On aurait donc tort de considérer la Gestapo comme un groupe uniquement composé d’enquêteurs, de traqueurs et de mouchards. En temps de paix, le plus gros du personnel (80 %) ne participait nullement aux tâches policières proprement dites. Il s’agissait de sténo-dactylos, de chauffeurs (TMI, XX, 144), d’ouvriers chargés de l’installation, de l’entretien et du service des installations téléphoniques et télégraphiques, de fonctionnaires de l’administration qui veillaient aux questions de personnel et aux questions économiques telles que projets budgétaires, logement, habillement, caisses et comptabilité (TMI, XXI, 534). A Nuremberg, ces gens furent exclus de l’Accusation sur la proposition du Ministère public lui-même[61].

    Seuls 9 à 10 000 enquêteurs travaillaient sur les affaires politiques


    Ajoutons à cela que les enquêteurs ne s’occupaient pas tous d’affaires politiques, car dès le début la Gestapo engloba la police du contre-espionnage et la police des frontières[62]. Les fonctionnaires du contre-espionnage enquêtaient « sur les cas de haute trahison qui, après examen, étaient dévolus sans exception aux tribunaux » (Id.). Il s’agissait d’un groupe très stable et très isolé des autres services, afin d’éviter toute fuite (TMI, XXI, 574). Quant à la police frontalière, elle :

    exerçait le contrôle des passeports à la frontière, contrôlait aussi ce que l’on appelait la petite circulation le long de la frontière. Elle prêtait assistance à la police étrangère en recevant les personnes refoulées, etc. Cette police a également contribué à la lutte internationale contre les stupéfiants et procédé également à des enquêtes criminelles le long de la frontière, qui concernaient des personnes et également certains domaines [TMI, XX, 143].

    Ensemble, le contre-espionnage et la surveillance des frontières employaient 5 à 6 000 personnes. Le nombre de fonctionnaires s’occupant d’affaires politiques au sens étroit du terme se montait donc à 9 ou 10 000, soit 13 % du total (TMI, XXI, 574). Or, rappelons qu’en 1937, l’Allemagne comptait environ 72 millions d’habitants (sans compter les Autrichiens). Il y avait donc un policier politique pour 7 200 personnes.

    La Gestapo n’avait pas de réseau de surveillance


    Par conséquent, il est complètement faux de dire que la Gestapo aurait mis en place un réseau étroit de surveillance du peuple tout entier. A Nuremberg, K. Best fut d’ailleurs formel :

    Cela ne se passait pas, comme on l’a prétendu, et comme on le dit encore, comme si la Gestapo avait entretenu tout un réseau d’agents et de mouchards pour surveiller tout le peuple. C’eut été impossible, avec les effectifs peu nombreux de la Gestapo qui étaient employés constamment par les affaires courantes [TMI, XX, 141].

    Le témoin expliqua que des services de renseignement furent mis en place uniquement « dans les cas où l’on supposait l’existence de groupes organisés, comme le parti communiste par exemple, ou bien [comme] les services de renseignement de l’ennemi qui travaillaient dans un but d’espionnage » (TMI, XX, 141). Cette surveillance comprenait également des écoutes téléphoniques[63].

    Hormis ces cas, la Gestapo n’avait pas de service de renseignement. Elle n’en avait pas, en particulier, qui aurait couvert tout le territoire. Ses services travaillaient uniquement sur la base de dénonciations reçues directement ou communiquées par d’autres services de police. Et neuf fois sur dix, aucune suite n’était donnée à ces dénonciations[64].

    Ces explications, soit dit en passant, s’accordent parfaitement avec ce que répondit H. Göring à Robert Jackson qui lui reprochait d’avoir supprimé « toute opposition individuelle » :

    Lorsque cette opposition gênait sérieusement notre travail constructif, nous ne la tolérions naturellement pas. Lorsqu’il ne s’agissait que de bavardages inoffensifs, elle n’était pas prise en considération [TMI, IX, 447].

    Gestapo et camps de concentration

    La loi sur la « détention de protection »


    A cela, on me répondra que par une loi du 28 février 1933, les autorités nationales-socialistes posèrent les bases juridiques de la « détention de protection », qui permettrait d’envoyer de simples suspects en camp de concentration (ce qui fut le cas pour des milliers de communistes). A Nuremberg, l’Acte d’accusation déclara :

    Afin de protéger leur pouvoir contre toute attaque et de semer la crainte dans le cœur du peuple allemand, les conspirateurs nazis établirent et étendirent un système de terreur à l’égard de ceux qui s’opposaient au régime et de ceux que l’on soupçonnait de s’y opposer. Ils emprisonnèrent lesdites personnes sans procédure judiciaires, les plaçant en « détention de protection » et dans des camps de concentration [TMI, I, 34.].

    Peu après, le procureur américain R. Jackson, lança :

    Les camps de concentration en vinrent à parsemer la carte de l’Allemagne et à se compter par vingtaines [TMI, II, 137].

    Ainsi présentait-il — faussement — l’Allemagne hitlérienne comme un pays peuplé de policiers qui auraient traqué, arrêté et interné sans autre forme de procès tous les citoyens déclarés suspects.

    Qu’en fut-il réellement ? S’il est indéniable que la loi du 28 février 1933 a bel et bien été promulguée, écoutons tout d’abord Maître Merkel. Dans sa plaidoirie, il rappela :

    En Allemagne […] la détention de protection existait avant 1933 ; à l’époque, les communistes et les nationaux-socialistes étaient écroués par la Police[65].

    Les nationaux-socialistes n’avaient donc rien inventé.

    Les camps ne sont pas une invention nationale-socialiste


    La seule différence résidait dans le lieu de détention : avant 1933, les citoyens appréhendés étaient mis en prison ; après 1933, ils furent envoyés dans des camps. Pourquoi dans des camps ? Tout simplement parce que, en février 1933, les prisons ne purent être mises à la disposition d’H. Göring pour interner tous les responsables communistes qu’il allait faire arrêter[66]. Par conséquent, les nationaux-socialistes reprirent la vieille idée qui consistait à enfermer des populations réputées hostiles dans des camps de concentration. A Nuremberg, H. Göring lança :

    je voudrais faire remarquer que le nom de camp de concentration n’a pas été inventé par nous ; il est apparu dans la presse étrangère ; nous n’avons fait que le reprendre [TMI, IX, 281].

    C’était incontestablement vrai. Lors de la guerre de Boers, la presse française désigna les camps anglais où étaient parqués les femmes et les enfants boers sous le vocable : « camps de reconcentration ».

    Dans un livre publié en 1921, l’ancien ministre de l’Intérieur français Louis Malvy écrivit le plus naturellement du monde :


    nous avons décidé, le 15 septembre 1914, que les Austro-Allemands [résidant en France] seraient internés dans des camps de concentration. Au début d’octobre, leur nombre était de 35 000[67].

    Rappelons enfin qu’à partir de 1923 :

    Le Ministère de la Justice du Reich avait instauré des camps et prisons dans l’agglomération [de Papenburg] dans l’Emsland[68].

    En ouvrant des camps, les nationaux-socialistes n’ont donc pas innové : ils avaient été précédés par les Anglais, les Français et les républicains de Weimar. Notons d’ailleurs qu’à la même époque, l’Autriche « démocrate » publia une ordonnance qui autorisait la « détention préventive » (Anhaltehaft) des adversaires politiques[69]. Ceux ci furent parqués dans divers camps de concentration, dont le plus connu était celui de Kaisersteinbruch. En 1946, E. Kaltenbrunner rappela :

    A cette époque [1933-1934], le Gouvernement enfermait dans des camps, non seulement les nationaux-socialistes, mais aussi les sociaux-démocrates et les communistes pour éviter tous les désordres politiques qui provenaient de réunions ou de manifestations. J’étais parmi les quelques 1 800 nationaux-socialistes qui furent alors arrêtés [TMI, XI, 242].

    Les membres de la Gestapo n’avaient pas le pouvoir d’envoyer un suspect en camp


    Cela dit, venons-en au principal. Sous Hitler, n’importe quel agent de la Gestapo pouvait-il envoyer un suspect dans les camps ? Absolument pas ! Certes, l’article 1er de la loi du 28 février 1933 stipulait :

    La détention de protection peut être ordonnée comme mesure coercitive de la Gestapo en vue de parer à toutes les intentions hostiles au peuple et à l’État contre les personnes qui mettent en danger par leur conduite l’existence et la sécurité du peuple et de l’État[70].

    Cependant, on aurait tort de croire que tout agent pouvait prendre la décision. Comme l’a rappelé Me Merkel :

    Les membres de la Police d’État s’occupaient uniquement de l’enquête. Après la conclusion des enquêtes, on vérifiait si les dossiers du Ministère public devaient être soumis ou si l’ordre de détention de protection devait être proposé [TMI, XXI, 547].

    Au cas où la deuxième option était choisie, le dossier était envoyé au siège central à Berlin (devenu l’Amt IV du RSHA) qui seul pouvait prendre une décision (renvoi simple devant un tribunal ou placement en détention préventive). L’article 2 de la loi du 28 février 1933 stipulait :

    Le service de la Gestapo [devenu plus tard l’Amt IV du RSHA à Berlin] est exclusivement compétent pour ordonner la détention de protection. Les propositions pour ordonner la détention de protection doivent être adressées au service de la Gestapo par les services de direction de la Police d’État ou simplement par les services de la Police d’État. Chaque proposition doit être motivée en détail[71].

    Cet article de loi et tous les décrets d’application qui suivirent permirent d’éviter, autant que possible, l’arbitraire. Dans sa plaidoirie, Me Merkel souligna :

    les nombreux ordres du RSHA prouvent qu’on a aspiré à une procédure de détention de protection réglée et légale et que l’arbitraire devait être exclu. Le règlement strict de la procédure de détention de protection n’a sûrement pas fait naître chez les fonctionnaires de la Gestapo l’impression qu’il s’agissait là d’une mesure arbitraire et contraire à la loi. Du reste, l’application de la détention de protection a été relativement rare [TMI, XXI, 548].

    La preuve par les chiffres


    Afin de prouver ses assertions, l’avocat rappela qu’en 1939, dans les camps, il y avait 20 000 détenus de protection, dont la moitié environ étaient des « politiques » ; les autres étant des détenus de droit commun (criminels, voleurs, violeurs… ; Id.).

    A la même époque, sur les 300 000 personnes qui se trouvaient en prison, le dixième y était pour des délits dits politiques (Id.). On arrive à un total de (10 000 + 30 000 =) 40 000 détenus « politiques » sur une population totale d’environ 80 millions de personnes, c’est-à-dire 0,05 % de la population. Comme dictature, on fait mieux…

    Allons plus loin en admettant que ces chiffres aient été sous-évalués. Multiplions-les arbitrairement par deux (+ 100 %). Supposons qu’en 1939, il y aurait eu 80 000 détenus politiques en Allemagne. Comparons cette estimation aux résultats officiels de plébiscite du 19 août 1934, lorsque la population allemande fut invitée à se prononcer sur la loi du 2 août 1934 qui fusionnait les pouvoirs du président du Reich avec ceux du chancelier. A l’époque, il y eut 4 294 654 votes « non » et 872 296 bulletins blancs ou nuls. Soit 5 166 950 personnes qualifiées de « réfractaires » au régime national-socialiste[72]. Jean Daluce ajoute que d’après les « nazis eux-mêmes », « un plébiscite sans pression et sans manœuvre où le vote secret aurait été intégralement respecté pouvait donner, pour l’ensemble du pays, de 30 à 40 % de NON au lieu de 12 % »[73]. Là encore admettons. On en déduit qu’en 1934, il y aurait eu non pas cinq, mais environ quinze millions de « réfractaires » au régime hitlérien.

    Par conséquent, si, vraiment, les milliers d’agents de la Gestapo (policiers, mouchards…) avaient impitoyablement traqué et envoyé dans des camps les opposants, même individuels, les personnes détenues en 1939 dans les prisons et surtout dans les camps se seraient comptées par centaines de milliers, voire par millions (et dans ce cas, il aurait effectivement fallu des vingtaines de camps de concentration). Or, nous avons vu que même faisant subir aux chiffres officiels une augmentation de 100 % (ce qui n’est pas rien) on arrive à moins de 100 000 détenus « politiques ».

    Il est donc totalement faux de prétendre que, sous Hitler, le simple fait d’avoir marqué son opposition au régime ou de l’avoir critiqué lors d’une discussion dans la rue vous aurait envoyé, sur ordre de la Gestapo toute puissante, dans un camp de concentration[74] (

    Au sein du IIIe Reich, on pouvait être un opposant et rester libre ; tout ce que l’on vous demandait, c’était — comme dans tous les pays — de ne pas troubler l’ordre et de ne pas attenter à la sûreté de l’État. A Nuremberg, H. Göring déclara : « chacun savait que s’il entreprenait une action contre l’État, il finirait soit dans un camp de concentration, soit serait accusé de haute trahison et traduit devant un tribunal, selon la gravité de son acte » (TMI, IX, 453).


    L’ancien n° 2 du Régime parlait bien d’une « action » contre l’État ; il ne pouvait être question d’interner tous les bavards peuplant les cafés[75]

    La Gestapo n’était pas au-dessus des lois


    Ajoutons à cela que, comme toutes les administrations, la Gestapo n’était pas au-dessus des lois. Des recours pouvaient être introduits contre ses méthodes. En 1935, un journal administratif du Reich écrivit :

    Depuis l’entrée en vigueur de la loi du 30 novembre 1933 sur la Gestapo, les dispositions de la Police secrète d’État ne peuvent plus être attaquées conformément aux prescriptions de la loi sur l’administration de la Police. On ne peut le faire que par un recours par voie d’enquête[76].

    On comprend donc Me Merkel qui, dans sa plaidoirie, souligna :

    Ces tâches de la Gestapo étaient, quant à leur fond, les mêmes que celles de la Police politique avant 1933 et que celles de toute autre police politique à l’étranger. Ce qu’on entend par intentions mettant l’État en danger, dépend de la structure politique de chaque État [TMI, XXI, 538.].
    […] je crois pouvoir dire que les tâches et les méthodes de la Gestapo avant la guerre étaient la manifestation et l’expression d’une institution d’État existant dans tous les pays civilisés […]. Le fonctionnaire de la Gestapo remplissait son devoir comme il avait appris à le faire en sa qualité de fonctionnaire [Ibid., p. 570].

    Avant 1939, de très nombreuses polices du monde entier ont collaboré avec la Gestapo


    Lors des débats, l’avocat produisit deux déclarations sous serments (affidavit Gestapo n° 26 et n° 89) qui rappelaient qu’avant la guerre, de très nombreuses organisations de police étrangères avaient collaboré avec la Gestapo et que des délégations venues d’autres pays avaient effectué des stages dans ses locaux. Dans sa plaidoirie, il déclara avec bon sens :

    Si les pays étrangers avaient été choqués par les buts poursuivis par la Gestapo, il n’eût pas été concevable que d’innombrables organisations de police étrangères travaillassent en collaboration directe et étroite, et non pas par l’intermédiaire de la diplomatie, avec la Gestapo allemande, et que des fonctionnaires de police étrangers eussent rendu visite à la Gestapo dans le but évident de prendre des leçons [TMI, XXI, 539-540].

    Le Tribunal de Nuremberg donne raison à Me Merkel


    Malgré toutes ses tentatives, l’Accusation fut incapable de détruire ces arguments. Si bien qu’au terme des débats, le Tribunal reconnut certes la Gestapo comme une organisation criminelle, mais seulement à partir du 1er septembre 1939. Dans le jugement, on lit :

    Le Tribunal exclut donc, du groupe déclaré criminel, les personnes qui avaient cessé, avant le 1er septembre 1939, d’occuper les postes énumérés au paragraphe précédent[c’est-à-dire : « tous les fonctionnaires s’occupant des opérations de l’Amt IV du RSHA, ou faisant partie de l’administration de la Gestapo dans d’autres services du RSHA, ainsi que tous les fonctionnaires de la Gestapo locale, en fonction à l’intérieur ou à l’extérieur de l’Allemagne, y compris les membres de la Police frontalière » ; TMI, I, 283.]

    Preuve que le Tribunal ne considérait pas comme criminelles les activités de la Gestapo en temps de paix. On ne le répétera jamais assez : jusqu’en 1939, la Police secrète du Reich fut une police politique banale, comme il en existe dans tous les pays dits « civilisés ». Elle se contentait de poursuivre ceux qui mettaient activement en danger la sécurité de l’État. Sauf si l’on soupçonnait l’existence de réseaux clandestins armés ou de groupes d’espionnage, ses méthodes d’investigation étaient réduites ; sur dix dénonciations, neuf étaient jetées au panier…

    Les raisons profondes d’une occultation


    La décision des juges de Nuremberg est très rarement mentionnée avec exactitude. La plupart du temps, on se contente de dire que la Gestapo a été déclarée organisation criminelle, sans autre précision, comme si cette déclaration était valable pour la période juin 1933-septembre 1939. Par exemple, dans son ouvrage intitulé : Le Procès de Nuremberg, Arkadi Poltorak déclare qu’il ne faut pas sous-estimer :

    la portée politique et juridique du verdict de Nuremberg, qui a déclaré criminelles des organisations de l’Allemagne hitlérienne comme le sommet du parti nazi (NSDAP), les SS, le SD, la GESTAPO[77].

    Jean-Marc Varaut, pour sa part, évoque bien une restriction dans la condamnation, mais il la décrit ainsi :

    […] le tribunal exclut des groupements déclarés criminels — Gestapo, SS, SD et le corps des chefs du parti nazi […] — les personnes dont l’adhésion a été forcée et « celles qui ne savaient pas » que l’organisation servaient à commettre les actes déclarés criminels par l’article 6 du statut[78].

    Sous un apparent souci d’exactitude, lui aussi cache soigneusement le fait que la Gestapo a été déclarée « organisation criminelle » seulement à partir du 1er septembre 1939.

    Pourquoi cette occultation ? Parce que cette décision infirme une nouvelle fois la thèse selon laquelle les nationaux-socialistes auraient plongé l’Allemagne dans la terreur dès février 1933, interdisant au peuple allemand de revenir en arrière une fois qu’il aurait vu son erreur.
    Certes, Hitler fut à la tête d’un régime totalitaire qui voulait travailler sans être gêné par les institutions et l’opposition ; certes, il frappa durement les meneurs communistes ; certes, le régime interna préventivement des personnes soupçonnées d’être des ennemis politiques.

    Mais comme d’habitude, on présente tous ces faits hors contexte. On « oublie » de décrire la situation politique de l’Allemagne en 1932 : la totale paralysie des institutions à cause de querelles de partis, la division du peuple victime de la lutte des classes, l’échec du parlementarisme, l’impossibilité de mener une œuvre de longue haleine. On « oublie » aussi de pointer du doigt le danger bolcheviste qui menaçait toujours davantage à mesure que s’aggravait la crise…

    En résumé, on « oublie » de dire qu’à cette époque, le salut de l’Allemagne nécessitait un traitement de choc. Il n’était plus question de replâtrer les murs, il fallait tout reconstruire sur des bases nouvelles, c’est-à-dire balayer Weimar, faire cesser les querelles politiciennes, unifier le peuple, écraser le front rouge et prendre les mesures nécessaires pour pouvoir mener une œuvre de redressement sur plusieurs années.

    C’est ce qu’a réalisé Adolf Hitler. Dès le 1er février 1933, il annonça :

    Paysans, ouvriers et bourgeois doivent tous ensemble fournir les éléments d’un nouvel empire.

    Le gouvernement national considère comme son premier et suprême de voir de restaurer l’unité d’esprit et la volonté de notre nation […]. S’élevant au-dessus des professions et des classes, il redonnera à notre peuple la conscience de son unité nationale et politique et des devoirs qui en découlent […].

    Nous, les hommes de ce gouvernement, nous sentons que notre responsabilité devant l’histoire allemande nous force à rétablir un organisme national ordonné et par conséquent à surmonter la folie de la lutte des classes.

    Nous n’envisageons pas une seule profession, mais toute la nation allemande, les millions de paysans, de bourgeois et d’ouvriers qui tous ensemble, devant les détresses actuelles, vaincront ou tomberont[79].

    A l’époque, cette déclaration fut raillée par la presse violemment hostile au national-socialisme. Dans sa livraison du 2 février, la Vossische Zeitung lança :

    Cet appel verbeux et ampoulé est un produit et une preuve de l’embarras de Hitler. On ne parle pas ainsi lorsqu’on sait ce que l’on veut[80].

    De son côté, le Vorwärts écrivit :

    Certains ont cru qu’Adolf Hitler c’est le tournant, que dès qu’il serait chancelier tout irait mieux. Le voici devant eux, les mains vides, sans programme, sans mesure visible, et pour consoler, une promesse à échoir dans quatre ans. Quatre ans, quatre hivers. Quatre ans : cela veut dire : Ils ne savent rien, ils ne peuvent rien faire, ils ne servent à rien ! [Id.]

    Mais à la vérité, en parlant ainsi, Hitler répondait au choix du peuple allemand. La presse plus objective ne put d’ailleurs contester qu’il avait derrière lui une grande partie du peuple. Le Lokal-Anzeiger (édition du 31 janvier au matin) constata : « Le nouveau cabinet à de grandes forces qui le suivent ». Plus nette encore, la Deutsche Zeitung souligna :

    […] jamais, depuis le crime de novembre [1918], un gouvernement n’a été en fonction qui ait joui, même approximativement, d’une autorité aussi grande, et qui ait eu en même temps des racines aussi profondes dans le peuple que le gouvernement nommé hier par Hindenburg[81].

    En 1933, l’immense majorité du peuple allemand se souciait fort peu de la Constitution, des droits démocratiques ou des libertés individuelles. Car quand on vit dans un taudis sans le sou et avec le ventre vide, on se moque bien d’être « libre » (au sens révolutionnaire du mot). Ce que l’on réclame, c’est une société en ordre, une société qui offre un véritable avenir à ses enfants. Voilà pourquoi les premiers actes d’assainissement de la société entrepris par les nationaux-socialistes (y compris l’internement des principaux meneurs bolcheviste et l’ouverture du camp de Dachau) ne provoquèrent pas une révolution, bien au contraire.

    Aux élections du 5 mars 1933 pour le renouvellement du Reichstag, la plupart des partis enregistrèrent des résultats stables par rapport au mois de novembre 1932. Et si les communistes perdirent 1,1 million de voix, les nationaux-socialistes, eux, en gagnèrent… 5,5 millions, passant de 11,7 à 17,2 millions de suffrages, loin devant les socialistes (7,2 millions).

    A ceux qui invoqueront une prétendue « terreur » exercée en Allemagne sur les citoyens, je rappellerai qu’à ces élections, les Allemands de l’étranger purent voter hors des frontières. Or, ces votes furent dans leur immense majorité très favorables à la NSDAP. Le 6 mars 1933, le Bayerischer Kurier insista sur le fait qu’en Allemagne du sud, l’important succès de la liste soutenue par Hitler avait été dû « à l’appoint des voix d’Allemands habitant les pays étrangers limitrophes »[82]. Mais il n’y avait pas que les pays limitrophes. En Espagne, par exemple, les Allemands de la colonie de Barcelone allèrent aux urnes sur le vapeur Helle. Sur les 746 qui s’y rendirent, 508 votèrent pour la liste nationale-socialiste, soit 68 %. Or, en Allemagne, cette liste recueillit 44 % des suffrages. Si, vraiment, un climat de « terreur » avait existé à l’intérieur des frontières afin d’influencer le résultat du vote, non seulement la liste soutenue par Hitler aurait dû obtenir 80 % dans le Reich (et non pas 44 %), mais aussi, elle aurait dû réaliser des scores minables à l’étranger…

    Ajoutons enfin qu’à ces élections, le « Front Noir Blanc Rouge », officiellement allié à Hitler, gagna 150 000 voix environ, recueillant 3,1 millions de suffrages. En tout, donc, 20,4 millions de citoyens s’étaient reportés sur les partis de la vraie droite, soit près de 52 % des votants contre 41 % quatre mois plus tôt.

    De façon évidente, les résultats des élections du 5 mars vinrent démontrer que la majorité du peuple allemand acceptait les mesures prises par le nouveau gouvernement, y compris les mesures d’exception contre les communistes. Là encore, d’ailleurs, la presse de l’époque ne put le contester. Dans son édition du 6 mars au soir, la Berliner Börsen-Zeitung écrivit :

    La majorité du peuple allemand s’est prononcée pour le gouvernement Hitler-Papen et elle a donné son consentement à ce que ce gouvernement continue à marcher dans la voie où il s’était engagé dans les premières semaines de son existence, en prenant un certain nombre de mesures décisives pour lutter contre le marxisme[83].

    De son côté, la Kreuz-Zeitung souligna :

    La démocratie est battue par ses propres armes. Le peuple allemand a confirmé et continué d’en bas la révolution que M. von Papen avait commencé d’en haut. Ainsi la route de l’avenir se trouve tracée. Le gouvernement national ne fera pas à Weimar de droite […]. Il construira un État allemand original et vigoureux [Id.].

    Même son de cloche à la Deutsche Tageszeitung qui affirma :

    Une conséquence décisive de ce 5 mars, c’est que l’on peut enfin se déshabituer de penser d’une façon parlementaire. Le temps où l’on additionnait anxieusement les couvre-chefs des représentants du peuple, dans le vestiaire parlementaire, pour savoir si, dans chaque cas particulier, on obtiendrait péniblement une majorité ou si l’on ne l’obtiendrait pas, appartient définitivement au passé [Id.].

    Citons enfin le journal protestant du Centre la Kölnische Zeitung qui souhaita bonne chance au nouveau gouvernement en déclarant :

    Le temps des élections à perpétuité est passé et l’on peut souhaiter que le gouvernement réussisse à entamer l’œuvre de redressement national de l’Allemagne dans les quatre années dont il dispose [Id.].

    Toutes ces citation démontrent que la révolution nationale-socialiste fut populaire et le resta, même après l’adoption des premières mesures « anti-démocratiques ». Car le peuple allemand savait que ces mesures étaient dictées non pas contre la masse, mais contre des individus qui, incapables de dépasser leurs préjugés idéologiques ou philosophiques, risquaient de gêner l’œuvre de rétablissement promise.

    Dans ce climat, la Gestapo fut un simple outil de protection de l’État contre des minorités agissantes. Elle n’eut ni à mettre en place un réseau national de surveillance, ni à envoyer des centaines de milliers d’individus dans des camps, ni à faire régner la terreur, pour la bonne et simple raison que l’immense majorité du peuple marchait volontairement derrière Hitler. D’où le fait qu’à Nuremberg, les juges renoncèrent à déclarer criminelle cette police avant 1939. C’était impossible, tant l’évidence criait contre les arguments fallacieux du Ministère public.

    Tout cela, il faut cependant le cacher aux masses. Voilà pourquoi soixante ans après le verdict de Nuremberg, nos bateleurs publics continuent à occulter le fait qu’au terme du procès de Nuremberg, la Gestapo n’a pas été déclarée « organisation criminelle » pour la période du allant de 1933 à septembre 1939.




    [1] Voy. F. Lebrun et V. Zanghellini, Histoire, terminales (éd. Belin, 1983), p. 13, col. B.

    [2] Voy. J.-M. Lambin, histoire/géographie, 3e (éd. Hachette, 1989), p. 72.

    [3] Voy. « Le train pour la mémoire et l’égalité, du 12 au 21 février 1999 » (plaquette éditée à l’initiative de la coordination PACA de SOS Racisme, 1999), p. 12.

    [4] TMI, I, 28. Voy. également l’appendice B de l’acte d’accusation ; TMI, I, 85.

    [5] Voy. Notre combat, n° 13, 15 décembre 1939, numéro intitulé : « La Gestapo : ses origines, ses chefs, son organisation », p. 1.

    [6] Voy. le Bulletin périodique de la presse allemande, n° 407, 30 décembre 1931, pp. 24-25. Le papier avait été rédigé par un magistrat national-socialiste, le substitut Best ; il portait plusieurs signatures, dont celle du secrétaire du chef de la circonscription, Stavinoga. Notons toutefois qu’aucun haut dignitaire de la NSDAP ne l’avait paraphé. Immédiatement après sa découverte, H. Göring fit une démarche auprès du ministre de l’Intérieur pour lui dire que le Parti était respectueux de la légalité, qu’il n’avait pas été mis au courant de ce projet élaboré à Boxheim et qu’il le réprouvait.

    [7] Pour toutes ces informations, voy. le Bulletin périodique…, n° 411, 15 avril 1932, pp. 14-15.

    [8] « l’interdiction des SS [lire : SA] constituait une injustice manifeste de la part du Gouvernement Brüning. On avait interdit […] les SA, mais les formations en uniforme des socialistes et des communistes, à savoir le “Front rouge” et la “Bannière du Reich” n’avaient pas été interdites » (TMI, XVI, 259). Les sections d’assaut seront à nouveau autorisées par décret-loi le 17 juin 1932. Mais les gouvernements bavarois et badois maintiendront l’interdiction.

    [9] Cette loi a été produite à Nuremberg sous la cote Gestapo-n° 7. Voy. TMI, XXI, 538.

    [10] Voy. Notre Combat, déjà cité, p. 1.

    [11] « TÉMOIN HOFFMANN. — Tout fonctionnaire qui entrait en service était apprécié du point de vue politique, et tout fonctionnaire qui obtenait de l’avancement subissait à nouveau cette appréciation » (TMI, XX, 183).

    [12] « Dr MERKEL. — Tout ce personnel était-il volontaire ou non ? TÉMOIN HOFMANN. — Il s’agissait pour la plupart d’entre eux de fonctionnaires qui étaient entrés dans la Police avant 1933 et avaient été versés dans la Police d’État. Autant que je puisse m’en souvenir, il y avait tout au plus 10 % ou 15 % de volontaires qui fussent entrés après 1933 dans nos services » (TMI, XX, 173).

    [13] « Dr MERKEL. — Est-ce que des gens venant du Parti, des SS ou des SA ont été utilisés ? TÉMOIN BEST. — Dans de faibles proportions seulement, étant donné que le service, dans ces services de police, n’était pas bien rétribué et n’était pas, par conséquent, très recherché » (TMI, XX, 139).

    [14] TMI, XXI, 535. Pendant les années de guerre, des Waffen SS blessés qui ne pouvaient plus servir sur le front furent affectés à la Gestapo (TMI, XII, 55) ; je suppose qu’ils le furent également à des rangs inférieurs.

    [15] Voy. le Bulletin périodique…, n° 421, 2 mars 1933, p. 17, col. A.

    [16] « Dr MERKEL. — Est-ce que les fonctionnaires en service étaient éduqués du point de vue politique et subissaient une influence ? TÉMOIN BEST. — Non. Un plan de Himmler prévoyait, aux environs de 1939, que le service principal des races et de la colonisation des SS devait procéder à une formation idéologique de tous les services qui dépendaient de Himmler ; mais tant que j’ai été dans ce service, c’est-à-dire jusqu’en 1940, cela n’a pas été réalisé » (TMI, XX, 145).

    [17] « Ils [les membres de la Gestapo] furent largement recrutés parmi les membres des SS et formés dans les écoles de SS et d[u] SD » (voy. l’acte d’accusation à Nuremberg, TMI, I, 85).

    [18] « Mais, quant à l’incorporation, même à cette époque [après 1934], de ces éléments SS, ils devaient, quelles que fussent les circonstances, passer un examen. Ils devenaient fonctionnaires et le restaient » (déposition de H. Göring à Nuremberg, TMI, IX, 440).

    [19] « Le motif de cette assimilation était le suivant : dans la Gestapo, le fonctionnariat professionnel avait été introduit et maintenu. Mais, en général, le Parti ne tenait pas particulièrement compte du passé politique ou non politique des fonctionnaires. Pour renforcer leur autorité lors de l’exécution de leurs tâches et précisément vis-à-vis des nationaux-socialistes, ils devaient porter l’uniforme […] » (TMI, XXI, 535).

    [20] Voy. Schoenere Zukunft, 28 septembre 1930, article intitulé : « Zum Ausgang der deutschen Reichstagwahlen » (A propos des élections allemandes au Reichstag). Rappelons que ces élections avaient amené 107 nationaux-socialistes dans cette assemblée, contre 12 auparavant.

    [21] En février 1931, le chômage avait atteint un sommet avec 4 972 000 demandeurs d’emploi. Depuis, le nombre avait décru pour arriver à 3 962 000 en juin 1931. Au 15 juillet, il atteint son niveau le plus bas : 3 956 000. Mais à partir de cette date, il remonta. Au 31 août 1931, on compterait 4 195 000 chômeurs (Voy. le Bulletin périodique…, n° 404, 28 septembre 1931, p. 24, col. A).

    [22] Pour toutes ces informations et ces citations, voy. le Bulletin périodique…, n° 401, 17 juin 1931, pp. 12-15.

    [23] Voy. le Bulletin périodique…, n° 404, 28 septembre 1931, p. 24, col. A.

    [24] Voy. le Bulletin périodique…, n° 403, 20 août 1931, p. 18, col. A.

    [25] Voy. la Documentation catholique, n° 595, 16 janvier 1932, col. 145.

    [26] Voy. le Bulletin périodique…, n° 408, 25 janvier 1932, p. 8, col. A.

    [27] « Il s’agissait, permettez-moi de caractériser la chose par ces mots, d’une suprême mobilisation de nos dernières réserves d’énergie » (TMI, XVI, 267).

    [28] Voy. le Bulletin périodique…, n° 420, 30 janvier 1933, p. 17, col. B.

    [29] Voy. la déclaration de Walter Funk à Nuremberg ; TMI, XIII, 89.

    [30] Voy. le Bulletin périodique…, n° 420, 30 janvier 1933, p. 19, col. A.

    [31] Voy. le Bulletin périodique…, n° 420, 30 janvier 1933, p. 19, col. B.

    [32] Dixit les Münchner Neueste Nachrichten, livraison du 2 février 1933, cité dans le Bulletin périodique…, n° 421, 2 mars 1933, p. 18, col. A.

    [33] Voy. Schoenere Zukunft, 5 octobre 1930, article intitulé : « Was nun in Berlin ? » (Que se passe-t-il à Berlin ?).

    [34] Voy. la Documentation catholique, n° 558, 21 mars 1931, col. 704 et 705, note.

    [35] Voy. la Documentation catholique, n° 596, 23 janvier 1932, col. 210-1.

    [36] Voy. le Bulletin périodique…, n° 401, 17 juin 1931, p. 19. Notons que les nationaux-socialistes étaient quant à eux passés de 17 457 voix à 101 490.

    [37] Voy. le Bulletin périodique…, n° 405, octobre 1931, p. 23, col. B. Les nationaux-socialistes avaient gagné 40 sièges, passant de 14 760 à 202 465 voix.

    [38] Voy. le Bulletin périodique…, n° 406, 27 novembre 1931, p. 24.

    [39] Voy. le Bulletin périodique…, n° 411, 25 avril 1932, p. 22. Les nationaux-socialistes avaient pour leur part gagné plus de 12 000 voix.

    [40] Voy. le Bulletin périodique…, n° 412, 16 mai 1932, p. 24. Les nationaux-socialistes, quant à eux, avaient sextuplé leur nombre de voix, celui-ci passant de 203 115 à 1 270 602.

    [41] Voy. le Bulletin périodique…, n° 412, 16 mai 1932, p. 21. Dans le même temps, les nationaux-socialistes avaient gagné 153 sièges, passant de 0,8 à 8 millions de voix.

    [42] Ibid. p. 25. A ces élections, les nationaux-socialistes gagnèrent plus de 300 000 voix, passant de 20 432 à 328 188.

    [43] Voy. le Bulletin périodique…, n° 415, 18 août 1932, p. 16.

    [44] « Le centre adopte une attitude négative. Il désire un Gouvernement de majorité avec Hitler » (TMI, XVI, 269).

    [45] Voy. le Bulletin périodique…, n° 415, 18 août 1932, p. 17, col. A.

    [46] Voy. le Bulletin périodique…, n° 415, 18 août 1932, p. 18, col. A.

    [47] Voy. Schoenere Zukunft, 28 septembre 1930, déjà cité.

    [48] Voy. la « Déclaration du gouvernement national au peuple allemand », prononcée le 1er février 1933 par A. Hitler (reproduite intégralement dans la Documentation catholique, n° 656, 29 avril 1933, col. 1044).

    [49] Voy. le Bulletin périodique…, n° 421, 2 mars 1933, p. 18, col. A.

    [50] Voy. le Bulletin périodique…, n° 406, 27 novembre 1931, pp. 21-22.

    [51] Voy. le Bulletin périodique…, n° 412, 16 mai 1932, p. 16, col. A.

    [52] Voy. Adolf Hitler, Mein Kampf (Nouvelles Éditions Latine, conforme à l’édition de 1934), pp. 480-1.

    [53] « Jusqu’à l’automne 1923, la Münchener Post [organe socialiste de Munich] ne nous menaça plus des “poings du prolétariat” » (A. Hitler, op. cit., p. 503).

    [54] Voy. le Bulletin périodique…, n° 406, 27 novembre 1931, p. 21, col. B.

    [55] Voy. la Documentation catholique, n° 624, 10 septembre 1932, col. 382.

    [56] Voy. la Documentation catholique, n° 656, 29 avril 1933, col. 1040.

    [57] Voy. la « Déclaration du gouvernement national… », déjà citée.

    [58] Voy. le Bulletin périodique…, n° 421, 2 mars 1933, p. 23, col. B.

    [59] L’incendie du Reichstag fut-il un attentat communiste ou, comme on le dit aujourd’hui, une provocation des nationaux-socialistes ? Faute d’avoir étudié en profondeur la question, je réserve ma réponse. Dans un camp comme dans l’autre, des arguments qui paraissent sérieux sont avancés…

    [60] Voy. la déposition d’E. Kaltenbrunner, TMI, XI, 317. Certes, ces proportions varièrent, surtout pendant la guerre. En 1944, ainsi, les fonctionnaires d’exécution représentaient 40 à 45 % du personnel régulier (TMI, XXI, 534) ; mais à l’époque, la Gestapo ne comprenait plus que 30 000 personnes environ (TMI, IV, 355). Il y avait donc tout au plus 13 500 membres de l’exécutif, soit moins qu’avant la guerre.

    [61] « Sur la proposition du Ministère public, le Tribunal n’englobe pas dans cette définition les personnes employées par la Gestapo uniquement à un travail de bureau, de sténographie, à titre de concierge ou à d’autres emplois similaires, en dehors des fonctions officielles » (jugement du 1er octobre 1946 ; TMI, I, 283).

    [62] « En dehors de la police politique au sens étroit, il y avait la police du contre-espionnage, la police des frontières. » (déposition de K. Best à Nuremberg, TMI, XX, 143). Voy. également le doc. Gestapo-18 qui traite de la Police frontalière comme une branche de la Gestapo (TMI, XLII, 293-295).

    [63] « j’avais fait installer un appareil technique qui […] surveillait les conversations des étrangers importants […]. Cet appareil surveillait de même les conversations téléphoniques faites à l’intérieur de l’Allemagne […] par des personnes qui, pour des raisons quelconques de nature politique ou ayant affaire avec la Police, devaient être surveillées» (déclaration d’H. Göring à Nuremberg, TMI, IX, 471).

    [64] « Les dénonciations qui touchaient à certaines déclarations sur le plan politique parvenaient toujours à la police politique de l’extérieur. On ne les recherchait pas, car dans 90 % des cas, on ne pouvait rien entreprendre avec elles » (déclaration de K. Best à Nuremberg ; TMI, XX, 141).

    [65] TMI, XXI, 549. Voy également les déclarations d’H. Göring : «[L’arrestation de protection] n’avait rien de nouveau et ce n’était pas une invention nationale-socialiste. De semblables mesures d’arrestation étaient pratiquées auparavant dans l’ancien Reich, en partie contre les communistes et en partie contre nous, les nationaux-socialistes » (TMI, IX, 280).

    [66] « Les prisons n’étaient pas à notre disposition dans ce but » (déclaration d’H. Göring à Nuremberg ; TMI, IX, 280-1).

    [67] Voy. L. Malvy, Mon Crime (éd. Flammarion, Paris, 1921), p. 43.

    [68] Voy. le Catalogue alphabétique des camps de concentration et de travaux forcés assimilés et de leurs commandos et sous-commandos ayant existé en Allemagne pendant la guerre 1940-45 (éd. par le Ministère [belge] de la Santé publique et de la Famille, 1951), p. 308.

    [69] « l’Autriche en 1933 a introduit la détention de protection sous le nom de Anhaltehaft et en usa abondamment contre les communistes, les nationaux-socialistes et les sociaux démocrates» (voy. la plaidoirie de Me Merkel : TMI, XXI, 549).

    [70] Voy. le document Gestapo-36 à Nuremberg ; voy. également TMI, XXI, 547.

    [71] Voy. le document Gestapo-36, déjà cité.

    [72] « Plus de cinq millions de réfractaires en dépit de toute la pression officielle » (voy. Albert Rivaud, Le relèvement de l’Allemagne, 1918-1938 [Librairie Armand Colin, 1939], p. 243).

    [73] Voy. J. Daluces, Le Troisième Reich (éd. André Martel, 1950), p. 138.

    [74] Dans son réquisitoire introductif, un des substituts du procureur général américain à Nuremberg, le commandant Frank B. Wallis, osa déclarer : « Tout acte ou déclaration hostile au parti nazi fut considéré comme trahison et puni en conséquence » (TMI, II, 202).

    [75] Certes, un article dans un journal réputé pouvait être considéré comme une action contre l’État ; le 14 juillet 1933, ainsi, un communiqué de presse annonça que, suite à la parution dans le New York Times d’un article injurieux pour l’Allemagne signé de l’émigré Scheidemann, la Gestapo « avait pris la mesure de défense qui s’imposait en faisant arrêter et transporter dans un camp de concentration cinq membres de la famille de Scheidemann qui résidait en Allemagne » (voy. le Bulletin périodique…, n° 427, 10 août 1933, p. 12, col. A). A ma connaissance, toutefois, de telles initiatives restèrent exceptionnelles.

    [76] Doc. Gestapo-15, voy. TMI, XX, 302.

    [77] Voy. A. Poltorak, Le Procès de Nuremberg (éd. du Progrès, Moscou, 1987), p. 375.

    [78] Voy. Jean-Marc Varaut, Le procès de Nuremberg (Librairie académique Perrin, 1992), p. 382.

    [79] Voy. la « Déclaration du gouvernement national », déjà citée.

    [80] Voy. le Bulletin périodique…, n° 421, p. 18, col. B.

    [81] Voy. le Bulletin périodique…, n° 421, p. 16, col. A.

    [82] Voy. le Bulletin périodique…, n° 423, p. 8, col. A.

    [83] Voy. le Bulletin périodique…, n° 423, 1er avril 1933, p. 2, col. A.

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    Default Re: Vincent Reynouard - Biographie / Textes

    Les cheveux, les habits, les prothèses, les valises etc. visibles à Auschwitz



    sont-elles la preuve d’une extermination de masse ?




    Une vision qui marque les esprits

    Des « preuves » nous dit-on


    La plupart des jeunes qui visitent Auschwitz commencent par le musée. Là ils voient des cheveux, des valises, des chaussures, des habits, des lunettes, des effets de toilette, des prothèses etc. L’auteur d’un compte rendu écrit :

    C’est avec effroi que les collégiens ont découvert, derrière les vitrines, des montagnes de cheveux, des monceaux de lunettes, des milliers de chaussures d’hommes, de femmes et d’enfants et toute une collection de valises avec le nom et la date de naissance de leurs propriétaires[1].

    Bien plus que les ruines des crématoires de Birkenau ou la prétendue chambre à gaz d’Auschwitz I, ces « preuves de substitution » marquent les esprits. Dans Tribune Juive, Ruth Nabet écrit :

    Vestiges les plus marquants ? Les cheveux. Derrière une vitrine, une montagne de cheveux autrefois blonds, roux, bruns… Aujourd’hui uniformément gris[2].

    Ailleurs, un journaliste qui a suivi des jeunes au cours de leur visite écrit :

    Au musée, derrière les vitrines, s’amoncellent des montagnes de cheveux, lunettes, chaussures, valises, casseroles, jouets d’enfants… Certains [jeunes] ont la nausée[3].

    Les lycéens, d’ailleurs, ne le cachent pas, comme le démontrent ces quelques témoignages :

    Lorsque vous voyez 1950 kg de cheveux, des chaussures aussi grandes que petites, des tétines, des prothèses, des valises, des photos montrant des corps gisant à terre... Cela vous glace le sang […][4].

    Notre cœur s'est serré à la vue des tas de cheveux, de chaussures, de valises laissés pour toujours par des innocents[5].

    Les pièces à conviction comme les cheveux, les valises avec les noms inscrits nous anéantissent [Id.].

    « Quand j’ai vu les vêtements d’enfants et le tas de cheveux, ça m’a fait craquer », sanglote une collégienne du Mont Saint-Jean[6].

    Ces « preuves choc » suffisent à convaincre que des centaines de milliers de personnes auraient été tuées à Auschwitz. Interrogées après leur visite, deux collégiennes ont déclaré :

    Ce qui nous a le plus marquées, ce sont les cheveux, les chaussures et les vêtements d’enfants… tout ce qui appartenait aux déportés. C’est atroce, parce que derrière chacune de ces choses, il y a des êtres humains qui ont été tués. Ça donne l’idée de l’ampleur des massacres[7].

    Mais personne ne relève la flagrante contradiction


    Personne ne relève la grave contradiction entre l’affirmation selon laquelle les Allemands auraient tenté d’effacer méthodiquement toutes les traces de leurs forfaits en brûlant les corps puis, à la fin, en détruisant les crématoires[8] et le fait que, dans le même temps, ils auraient négligemment laissé subsister toutes ces « preuves » irrécusables[9].

    De la valeur des « preuves de substitution »

    Les stocks trouvés à Auschwitz en 1945 ne sont pas la preuve de l’existence d’un meurtre de masse


    Disons-le tout de suite : la raison de la présence de tous ces stocks à Auschwitz (vêtements, chaussures, cheveux…) n’est pas difficile à comprendre et n’a aucune connotation criminelle (voilà d’ailleurs pourquoi les Allemands en ont abandonné). Elle ne relève ni de la barbarie ni de la soif de pillage, mais de la nécessité et des contraintes du moment. En période de guerre, dans un pays soumis à un blocus impitoyable et aux bombardements destructeurs, tout est récupéré, non seulement pour fournir de la matière première (cheveux, bois…), mais aussi :

    a) pour les besoins économiques (récupération de meubles, d’outils, de machines…) ;
    b) pour les besoins de l’armée et des travailleurs étrangers (vêtements chauds, rasoirs, montres…) ;
    c) pour venir en aide aux sinistrés et aux réfugiés qui ont tout perdu (habits, chaussures, casseroles, jouets…).

    Un témoignage oublié…


    Lorsque, à partir de 1942, les Allemands organisèrent les grandes déportations, les juifs purent emmener avec eux 100 RM et jusqu’à 50 kg de bagages[10]. J’ignore si, au départ, les Allemands pensaient vraiment leur laisser leurs affaires, soit en les envoyant à l’Est avec les convois, soit en les gardant le temps que leurs propriétaires travailleraient dans les camps. Il est en effet faux de croire que les objets emmenés par les déportés étaient automatiquement volés. Certes, on les saisissait à l’arrivée au camp, mais ils n’étaient pas subtilisés pour autant.

    L’ancien déporté A. Rogerie a connu Buchenwald, Dora, puis Auschwitz. Dans son témoignage, il raconte avec une louable honnêteté :

    Un matin [à Auschwitz], on vient me chercher pour aller au camp voisin dans un bureau pour… y reconnaître mes affaires personnelles prises à Buchenwald et qui m’ont suivi à Auschwitz. Quelle organisation ! Je revois, avec quelle émotion, ma petite croix de la Légion d’honneur[11].

    A. Rogerie ne les reverra cependant jamais plus, car elles seront définitivement perdues lors de la débâcle des dernières semaines. Mais à supposer qu’il ait été libéré dans des conditions « normales », on lui aurait certainement rendu ses affaires (puisque l’administration avait pris la peine de les faire suivre). Voilà pourquoi il est possible que, au départ, les autorités allemandes n’aient pas songé à voler les bagages des juifs déportés.

    Les déportés à Auschwitz sont finalement contraints d’abandonner leurs affaires


    Mais ce qui est certain, c’est qu’avec la dégradation de la situation (blocus, bombardements, afflux de travailleurs et de réfugiés ), elles décidèrent de s’approprier ce qui pouvait l’être pour tenter de faire face.

    D’où ces déportés qui, arrivés à Auschwitz, devaient abandonner leurs affaires. Guy Kohen, par exemple, se souvient :

    Le 10 mars, au petit matin, nous arrivâmes à destination. Des coups brutaux furent frappés aux portes des wagons. L’ordre : « Préparez-vous à descendre » nous fut donné. Puis les portes s’ouvrirent […].
    Nous dûmes abandonner tous nos bagages[12].

    J. Garlinski précise :

    Arrachés des wagons, ils n’étaient autorisés à emporter que ce qu’ils avaient sur eux ou dans leurs poches[13].

    Citons également Rudolf Höss qui déclare :

    Les bagages restaient sur le quai de chargement d’où on les transportait à la baraque de triage, appelée « Canada », qui se trouvait entre les bâtiments de l’usine d’armements et l’entrepôt des matériaux de construction[14].

    L’Allemagne recycle les affaires prises aux déportés


    Là, les affaires étaient triées et soigneusement empaquetées par catégories (chaussures, vêtements d’hommes, vêtements de femmes, vêtements d’enfants, nourriture, bijoux, objets de valeur, objets sans valeurs, chiffons…[15].

    Se fondant sur un document allemand, R. Hilberg écrit :

    Les montres, pendulettes, stylos, stylomines, rasoirs, couteaux de poche, ciseaux, lampes de poche, portefeuilles et porte-monnaie devaient être envoyés aux ateliers de réparation du WVHA et de là expédiés à des centres postaux pour être vendus aux soldats[16].

    Au sujet des montres, R. Höss précise :

    On expédiait aussi des milliers de montres ordinaires à Sachsenhausen. On y avait créé […] un grand atelier d’horlogerie où des centaines de détenus triaient ces montres et les réparaient. On en mit la plus grande partie à la disposition du front, der Waffen SS et de l’armée, pour des besoins de service[17].

    2 500 horloges furent en outre envoyées aux Berlinois sinistrés[18].

    Avec les réfugiés, les sinistrés bénéficiaient naturellement de ce trafic. L’ancienne déportée K. Hart, qui travaillait au Canada, affirme que « des camions partaient tous les jours, pour livrer en Allemagne ces biens volés »[19]. Sans surprise, les vêtements constituaient une marchandise prioritaire. J. Garlinski déclare : « les vêtements [étaient envoyés] aux villes bombardées »[20] ; ce que confirme R. Höss lorsqu’il écrit :

    Un grand nombre de vêtements était mis à la disposition de l’assistance sociale pour les réfugiés et plus tard aussi pour les victimes des bombardements[21].

    (Afin de secourir les sinistrés, les dirigeants allemands expédièrent également dans le Reich du mobilier des habitations juives laissées vacantes notamment en France ; en 1945, ces expéditions furent présentées comme des opérations de pillage.)

    Notons qu’il en allait de même au camp de transit de Chelmno. Un auteur exterminationniste écrit :

    Les bagages et les vêtements ayant appartenu aux victimes [comprenez : aux transférés] étaient emmagasinés dans les églises environnantes ou bien dans des baraques construites à cette effet (1944). En 1942, les vêtements étaient expédiés dans des établissements ad hoc, à Dabrowa près de Pabianice, où ils étaient l’objet d’une vérification spéciale. […] ces vêtements étaient vendus au bénéfice de la NSV, WMW (Secours d’hiver) […][22].

    L’organisme qui s’occupait des réfugiés venus de Pologne, de Roumanie etc. s’appelait le Volkdeutsche Mittelstelle (VOMI). Outre des vêtements, il reçut des édredons, des couvertures matelassées, des couvertures, des parapluies, des voitures d’enfants, des sacs à main, des ceintures en cuir, des sacs à provisions, des pipes, des lunettes de soleil, des miroirs, des valises, des tissus ainsi que du linge (serviettes, draps, oreillers, nappes etc.)[23].

    Les lunettes et les lorgnons devaient pour leur part être envoyés au Referat médical qui les réutiliserait (Id.). Quant aux ciseaux, ils furent distribués aux Lebensborn ainsi qu’aux médecins et aux coiffeurs des camps (Ibid., p. 828).
    Cette dernière information pourra surprendre. Mais il est incontestable que les Allemands de souche n’ont pas été les seuls à bénéficier de ce trafic. Les travailleurs étrangers et les déportés en profitèrent dans une plus ou moins large mesure. Concernant les premiers, R. Höss écrit :

    Les grandes entreprises d’armement recevaient des envois importants pour les ouvriers étrangers qui y étaient employés[24].

    Plus haut, il déclare :

    […] on les emmagasinait [les vêtements et les chaussures] ou bien on en expédiait une partie au camp pour compléter l’habillage des détenus. Plus tard, on en envoya aussi dans d’autres camps [Id.].

    Par « plus tard », il faut très probablement comprendre durant la dernière année de la guerre, lorsque, acculé militairement, le Reich s’effondrait. Notons d’ailleurs qu’à Nuremberg, l’Accusation produisit un rapport du 15 août 1944. L’Office central de l’administration économique des SS (qui s’occupait des camps de concentration) appelait l’attention sur le manque d’habillement des détenus et formulait une demande pour que l’on remédiât à cette situation[25].

    La raison de la présence de stocks importants à Auschwitz en 1945


    Naturellement, certains pourront objecter : « Si, vraiment, les Allemands avaient un tel besoin de ces affaires (surtout à la fin), pourquoi en a-t-on retrouvé une telle quantité à Auschwitz ? »

    La réponse, simple, se trouve dans un document capital. Il s’agir d’un compte rendu d’Oswald Pohl (ancien chef du WVHA) en date du 6 février 1943 sur la récupération « des matières textiles usagées » et, plus particulièrement, sur la difficulté de l’acheminement. L’auteur écrivait :

    Les plus grandes difficultés furent causées par les transports par voie ferrée. Les interruptions continuelles de transports gênèrent l’évacuation des marchandises, qui s’accumulèrent parfois dans différents camps.
    L’arrêt des transports à destination de l’Ukraine, depuis le mois de décembre 1942, s’est fait le plus durement sentir. En effet, il empêcha la livraison de vêtements usagés destinés aux Allemands établis là-bas. C’est pourquoi toute cette livraison fut détournée par la VOMI et déposée dans un grand camp de Lodz. La VOMI en effectuera la livraison dès que la situation des transports sera rétablie quelque peu[26].

    Or, comme je l’ai démontré ailleurs, à partir de cette époque, la situation dans les transports au sein de l’Allemagne se détériora de plus en plus.

    Si bien que loin de s’améliorer comme l’espérait O. Pohl, l’écoulement de la marchandise fut au contraire irrémédiablement entravé. Dès lors, on ne sera pas surpris que le 27 janvier 1945, les Soviétiques aient découvert de gros stocks inutilisés.

    Les documents allemands ne parlent pas d’un meurtre de masse


    Quant à prétendre que ces affaires appartenaient aux juifs gazés en masse, cette affirmation est insoutenable puisque :

    a) la Shoah et ses chambres à gaz sont un seul et même mythe ;

    b) la déportation des juifs vers l’Est est une réalité. Il est d’ailleurs intéressant de noter que le compte rendu d’O. Pohl cité plus haut était intitulé (je souligne) : « Compte rendu sur l’utilisation faire à ce jour des matières textiles usagées, récupérées lors du transfert des juif ». Il débutait ainsi :

    La liste ci-jointe indique les quantités de vieilles matières récupérées dans les camps d’Auschwitz et de Lublin [Majdanek], à la suite du transfert des juifs [Doc. NO-1257, déjà cité.].

    L’auteur parlait donc d’un « transfert », pas d’une extermination. De façon évidente, les autorités allemandes dépouillaient les juifs avant de les expulser à l’Est. Ce n’est certes pas moral ; cependant, dépouiller n’est pas exterminer.

    Le document PS-4045 doit être rejeté

    Un document à priori accablant


    Mais j’entends déjà la réponse qui me sera faite : vous oubliez, me dira-t-on, que les nazis utilisaient un langage codé afin de ne pas éveiller l’attention. La meilleure preuve est que dans une déclaration sous serment datée du 15 juillet 1946, O. Pohl a finalement avoué que toutes ces marchandises provenaient « des juifs morts » (der toten Juden), et plus précisément : « des juifs qui avaient été tués dans les camps d’extermination » (Juden, die in den Vernichtungslagern getoetet worden waren)[27]. N’est-ce pas clair ?

    Cette objection pourra certes impressionner le néophyte. Mais elle n’impressionnera pas celui qui connaît les circonstances dans lesquelles la déclaration d’O. Pohl a été rédigée puis produite. Bien au contraire, elle révèle les procédés honteux qu’utilisèrent les vainqueurs à partir de 1945. Aussi vais-je m’y attarder un peu, car c’est très important.

    L’histoire du document PS-4045


    Tout a commencé au procès de Nuremberg. L’Accusation voulait démontrer qu’en tant qu’ancien président de la Reichsbank, Walter Funk aurait su que les juifs étaient exterminés et aurait lui-même été mêlé à cette extermination en recyclant les marchandises volées aux victimes (non seulement l’or, des dents en or, l’argent et les bijoux, mais aussi les effets personnels et les textiles). Mais le prévenu avait facilement repoussé les accusations portées contre lui. Bien qu’il ait admis sans difficulté que la Reichsbank avait reçu de l’or remis par les internés des camps (ce qui était normal puisque tout le monde en Allemagne avait dû donner son or[28]), il contesta catégoriquement :

    a) avoir été informé d’autres (prétendus) dépôts concernant des bijoux, des montres, des étuis à cigarettes, voire des dents en or ;

    b) avoir appris que ces objets auraient appartenu à des juifs exterminés. Voici ce que l’on put entendre le 7 mai 1946 dans la salle d’audience :

    M. DODD [avocat général américain]. — Prétendez-vous avoir ignoré que la Reichsbank […] se soit occupée de ces questions ? Quelle est votre réponse ? Que […] vous n’en aviez pas du tout connaissance ?

    ACCUSÉ FUNK. — Je ne me suis jamais occupé de ces questions.

    M. DODD. — Enfin, vous étiez au courant ?

    ACCUSÉ FUNK. — Non.

    M. DOOD. — Vous n’en avez jamais entendu parler ?

    ACCUSÉ FUNK. — Je n’ai pas su que la Reichsbank recevait des bijoux, des montres, des étuis à cigarettes et autres choses en provenance des camps de concentration. C’est nouveau pour moi.

    M. DODD. — Saviez-vous au moins que des objets, quels qu’ils fussent, étaient transmis à la Reichsbank en provenance des camps de concentration ?

    ACCUSÉ FUNK. — Oui, l’or naturellement. Je l’ai déjà dit.

    M. DODD. — Des dents en or ?

    ACCUSÉ FUNK. — J’ai déjà dit non.

    M. DODD. — Quel or venant des camps de concentration ?

    ACCUSÉ FUNK. — L’or dont Puhl m’avait parlé. J’ai supposé alors qu’il s’agissait de pièces d’or, de tout ce qui, de toutes façons, devait être remis à la Reichsbank et, qu’aux termes des dispositions légales, elle pouvait utiliser. Je ne sais rien d’autre.

    M. DODD. — Qu’est-ce que Himmler vous a dit et que lui avez-vous répondu lors de votre entretien avec lui au sujet de cet or ayant appartenu aux victimes des camps de concentration […] ?

    ACCUSÉ FUNK. — […] Je n’ai, ma foi, attaché à la question aucune importance. J’ai demandé, en passant, à Himmler : « Il y a un dépôt d’or à la Reichsbank en provenance de chez vous, des SS. Ces Messieurs du directoire de la Reichsbank m’ont demandé s’ils pouvaient l’utiliser. » Là-dessus, il a répondu : « Oui. » Je n’ai pas échangé un seul mot avec lui au sujet de bijoux et objets de ce genre, ni surtout au sujet de dents en or. La conversation a été, sur ce point, tout à fait brève [TMI, XIII, 188-9].

    L’Accusation tente en vain de lui opposer les déclarations d’O. Pohl


    Faute de documents probants qui auraient permis de confondre l’accusé (et pour cause !), Thomas Dodd n’insista pas. Soucieux, toutefois, de contre-attaquer, il évoqua O. Pohl qui était alors aux mains des Britanniques. Mais sans plus de succès. W. Funk reconnut l’avoir vu rapidement une fois :

    Oui, je l’ai vu alors qu’il était en train de déjeuner avec M. Puhl et avec d’autres personnes du directoire. J’ai traversé la salle où ils se trouvaient et je l’ai vu. Mais M. Pohl ne m’a jamais parlé personnellement de ces choses. Les faits que j’apprends maintenant sont tout à fait nouveaux pour moi [Ibid., p. 189].

    L’Accusation produit in extremis de nouvelles déclarations d’O. Pohl


    Là encore, l’avocat général n’insista pas. Mais trois mois plus tard, alors que les débats touchaient à leur fin, l’Accusation produisit soudainement une déclaration sous serment d’O. Pohl. Une déclaration terrible dans laquelle l’ancien chef du WVHA prétendait que, sur ordres d’Himmler :

    a) il s’était entretenu en privé avec W. Funk au sujet du recyclage « des vieux vêtements des juifs morts ». « Ce fut une conversation amicale », précisait-il ;

    b) des négociations avaient eu lieu entre la SS et la Reichsbank, « c’est-à-dire Herr Funk», sur le dépôt « de grandes quantités d’objets de valeur, tels que bijouterie, bagues en or, plombages en or, lunettes, montres en or et autres [qui] se trouvaient alors massés dans les camps d’extermination ». « A la suite de cette conversation, aucun doute ne subsistait que les objets qui devaient être livrés (provenaient] des pensionnaires des camps de concentration, spécialement des juifs qui avaient été tués dans les camps d’extermination ».

    O. Pohl affirmait en outre qu’un jour, il avait visité les caves de la Reichsbank en compagnie de W. Funk. A cette occasion, il avait pu voir « plusieurs coffres contenant des objets en provenance des camps de concentration ». Par la suite, un déjeuner avait été servi au cours duquel, étant assis à côté du président de la Reichsbank, il avait pu discuter avec lui : « il fut nettement établi qu’une partie des richesses que nous avions vues provenait des camps de concentration »[29].

    L’ancien président de la Reichsbank démasque le faux témoin


    Comme par hasard, cette déclaration obtenue en prison le 15 juillet venait « prouver » in extremis toutes les accusations portées vainement contre W. Funk. Ce simple fait était déjà très suspect.

    Grâce à son avocat, W. Funk put répondre. Nullement déstabilisé, il expliqua pourquoi cette déclaration était mensongère et calomnieuse Je déclare que c’est un mensonge, une calomnie » ; TMI, XXI, 253). A propos de la prétendue conversation privée sur la livraison de vêtements usagés, il rappela des évidences, à savoir que ces questions de fripes n’intéressaient ni la Reichsbank, ni le ministère de l’Économie (qui avaient bien d’autres chats à fouetter, surtout pendant la guerre), mais le « Commissaire du Reich pour la mise en valeur du vieux matériel ». Avec bon sens, il ajouta : « Ces livraisons de vieux matériels jouèrent alors, en rapport avec toute la production, un rôle si minime qu’on ne m’en a même pas tenu au courant»[30]. S’appuyant sur le fait que, d’après la thèse officielle naissante (en laquelle il semblait croire), la prétendue extermination des juifs aurait été perpétré dans le plus grand secret et que seul un tout petit groupe de conjurés l’auraient su (Hitler, Himmler, Höss et quelques autres…), il déclara :

    […] l’affirmation de Pohl, à savoir qu’à ce propos il m’aurait dit quelque chose au sujet des juifs morts […], est mensongère. Le fait que Pohl m’eût livré, à moi qu’il voyait pour la première fois, un secret qui devait être jalousement gardé jusqu’à la fin, est déjà incroyable[31].

    Interrogé peu après sur le repas durant lequel O. Pohl aurait révélé que les « objets qui devaient être livrés [provenaient] des pensionnaires des camps de concentration, spécialement des juifs qui avaient été tués dans les camps d’extermination », W. Funk reprit cette argumentation :

    […] il est complètement impossible que Pohl, en présence de toutes ces personnes — il y avait quatre ou cinq directeurs de la Reichsbank — ait déclaré devant le personnel de service que ces choses venaient des camps de concentration et provenaient des juifs tués [Ibid., p. 254].

    C’était imparable, car les vainqueurs ne pouvaient pas d’un côté s’appuyer sur les « aveux » de R. Höss d’après lesquels toute divulgation du « secret » concernant l’extermination des juifs était punie de mort[32], et de l’autre invoquer les « aveux » d’O. Pohl selon lesquels cette question pouvait librement être abordée dans un repas d’affaires avec du personnel de service. Notons d’ailleurs que, de façon très révélatrice, l’Accusation ne demanda pas la comparution d’O. Pohl pour qu’il soit confronté à W. Funk et qu’il justifie ses dires. Elle savait parfaitement à quoi s’en tenir.

    La mauvaise foi de l’Accusation


    Pourtant, elle ne souhaitait pas abandonner cette déclaration sous serment acquise in extremis. T. Dodd eut alors recours à une manœuvre ingénieuse. Sachant que la Défense avait expliqué pourquoi les « aveux » de l’ancien chef du WVHA étaient mensongers, il demanda plus à l’accusé en lui lançant :

    Vous avez vu naturellement cet affidavit [de Pohl] qui donne beaucoup de détails sur le jour où il vous a vu, l’endroit où il vous a vu, le nombre de gens même qui se trouvaient à votre déjeuner dans la salle à manger… Y a-t-il une raison pour laquelle Pohl aurait inventé de telles dépositions contre vous ? Est-ce que cela pourrait aider le Tribunal ou vous aider vous-même ? Pourquoi aurait-il menti de cette façon terrible à votre sujet ? Pouvez-vous donner une suggestion, un motif, une raison ? [Ibid., p. 259]

    La Défense ne devait donc pas seulement expliquer pourquoi un témoignage à charge devait être rejeté, elle devait en plus donner les raisons qui auraient poussé le témoin à mentir ! Ubuesque. W. Funk ne put que répondre :

    A mon avis, c’est un motif purement psychologique, parce qu’un homme qui se trouve dans une situation aussi terrible que Pohl, qui est accusé du meurtre de millions de gens, d’une façon générale a l’habitude de charger d’autres personnes. C’est une habitude que l’on connaît [Ibid., p. 260].

    O. Pohl révèle qu’il avait été torturé par ses geôliers


    Mais la vraie explication était ailleurs, et il fallut attendre deux ans pour la connaître. O. Pohl fut jugé et condamné à mort en 1948.

    Mais il ne fut pas exécuté tout de suite. Si bien qu’après sa condamnation, il eut le temps de rédiger une déclaration sur ses conditions de détention. Il expliqua qu’à la prison de Nenndorf en 1946, il avait été roué de coups de pieds et battu à plusieurs reprises par le personnel britannique, à tel point qu’il en avait perdu deux dents[33]. Grâce à ces tortures, les vainqueurs avaient-ils obtenu de lui ce qu’ils voulaient, et notamment sa déposition terriblement accusatrice du 15 juillet 1946, présentée in extremis à Nuremberg pour charger W. Funk.

    Conclusion : il faut rejeter le document PS-4045 et ne prendre en compte que le rapport du 6 février 1943


    Par conséquent, loin de « prouver » que les Allemands auraient recyclé des objets volés à des Juifs massacrés, le document PS-4045 démontre au contraire la malhonnêteté des vainqueurs : ceux-ci formulaient des accusations mensongères, et lorsque les prévenus parvenaient à détruire leurs fondements, vite, ils extorquaient des « aveux » d’un prisonnier pour les « prouver »...

    Dans cette affaire, je le répète, le document qu’il faut retenir est le rapport du 6 février 1943, rédigé par O. Pohl et destiné à Himmler. L’auteur parlait du « transfert des juifs », pas de leur extermination. Sachant qu’il s’adressait à Himmler, on ne voit pas pourquoi il aurait utilisé un prétendu langage codé… Notons de plus que cette expression confirme tous les autres documents et tous les autres faits qui attestent la réalité de la déportation des juifs à l’Est. Quant aux « aveux » du 15 juillet 1946, ils ont été obtenus sous la torture afin de charger W. Funk, donc ils sont sans valeur.

    La malhonnêteté de R. Hilberg


    En passant, je souligne qu’aujourd’hui encore, ces « aveux » sont pris comme argent comptant. Dans son livre monumental, R. Hilberg écrit :

    En contrepartie de la contribution apportée par le WVHA au programme de récupération sous la forme de vieux chiffons et de vêtements, Pohl réclamait naturellement quelques avantages. C’est ainsi qu’il eut un « entretien amical(freundliches Gespräch) » avec le ministre de l’Économie Funk, au cours duquel il demanda que les textiles soient transformés en priorité en uniformes SS, « compte tenu de la livraison des vieux vêtements des juifs morts » (31)[34].

    La note 31 est la suivante : « Déposition en cours d’instruction de Pohl du 15 juillet 1946, PS-4045 ». R. Hilberg ignore donc non seulement tout ce que W. Funk a pu dire à Nuremberg, mais aussi la déclaration dans laquelle O. Pohl affirmait avoir été maltraité. Il présente comme un fait établi un « entretien amical » qui n’a certainement jamais eu lieu. C’est ainsi que 60 ans plus tard, on continue à faire croire aux élèves que les vêtements et autres objets qu’ils contemplent à Auschwitz sont ceux des juifs massacrés dans le cadre de la « Solution finale ». Qui sont les véritables falsificateurs de l’Histoire ?

    Les tonnes de cheveux et les centaines de prothèses trouvées à Auschwitz ne sont pas la preuve d’un meurtre de masse


    Mais l’exterminationniste n’a pas encore épuisé ses arguments : admettons, dira-t-il, que les effets personnels et les vêtements saisis ne prouvent pas que leurs propriétaires aient été tués. Que faites-vous cependant des tonnes de cheveux et, surtout, des dentiers et des prothèses retrouvés à Auschwitz ?

    Les Allemands récupéraient les cheveux des déportés tondus à leur arrivée


    Ma réponse se fera en deux temps. En ce qui concerne les cheveux, tout d’abord, on sait que dans tous les camps, les détenus étaient entièrement rasés et désinfectés avant d’être immatriculés et affectés dans les commandos.

    Voici quelques témoignages sur le sujet :

    - Témoignage d’André Rogerie, déporté à Buchenwald ;

    […] je passe dans la salle contiguë ; une dizaine d’hommes sont là, armés de tondeuses électriques, et les poils tombent sur le ciment, les cheveux, le collier de barbe que j’avais laissé pousser à Compiègne, et tout le système pileux de mon individu[35].

    - Témoignage de Georges Briquet, déporté à Dachau :

    A la queue leu leu, dans la salle de douches, nous passons au coiffeur. C’est la tonte à ras, la tête d’abord, la figure ensuite, plus de moustache, plus de barbe, monsieur le curé ! Puis tous les poils superflus tombent sous la tondeuse, sous les bras, sur la poitrine, sur le bas-ventre, plus bas encore, entre les fesses…, on n’oublie rien ![36]

    - Témoignage de Guy Kohen, déporté à Drancy puis à Auschwitz :

    Ayant eu la tête rasée à Drancy, un travail était déjà épargné aux coiffeurs du camp[37].

    - Témoignage de Pelagia Lewinska, déporté à Auschwitz :

    […] toutes nues, nous nous assîmes devant une des détenues chargée de nous tondre. Des centaines, des milliers de femmes passent sous ses ciseaux. Elle est éreintée, sa main faiblit[38].

    - Témoignage de d’une autrichienne :

    […] j’ai été — moi et les 25 000 détenues politiques de mon « carré » d’Auschwitz — j’ai été rasée et tatouée[39].

    - Témoignage de Paulette Apfelbaum :

    […] le crane rasé à double zéro, les pieds nus dans les sabots[40].

    Tous ces anciens déportés que je viens de citer (et bien d’autres encore) sont revenus de déportation. Pourtant, leurs cheveux avaient été coupés et — n’en doutons pas — récupérés[41].

    Quant aux déportés qui ne faisaient que transiter par Auschwitz (avant de repartir soit plus loin vers l’Est, soit dans d’autres camps de concentration), ils étaient également désinfectés, ce qui comprenait nécessairement le rasage et la récupération.

    La présence de tous ces cheveux à Auschwitz (sept tonnes d’après les Soviétiques[42]) n’est donc nullement la preuve d’un assassinat de masse ; c’est uniquement la preuve que, pendant la guerre, les Allemands récupéraient tout ce qui pouvait l’être. Comme les habits, des stocks sont finalement restés en souffrance lorsque le système de communication allemand s’effondra définitivement (ou lorsque les usines qui les traitaient furent définitivement détruites).

    Sur les prothèses


    J’en termine avec les prothèses en général (qu’elles soient dentaires ou non). J’admets sans problème qu’elles ont été prélevées sur des morts. Mais « mort » ne veut pas dire « assassiné ». Les grandes déportations organisées à partir de 1942 ont touché — c’était fatal — des malades, des vieillards, des invalides et des éclopés. A ce sujet, le cas de Theresienstadt est intéressant. Le 20 janvier 1942 à Wannsee, Richard Heydrich déclara :

    Pour les juifs âgés de plus de 65 ans, on se propose, non pas de les évacuer vers l’est, mais de les transférer dans un ghetto de vieillards — il est prévu que ce sera Theresienstadt[43].

    Ce projet se réalisa, si bien qu’au cours de l’été 1942, ce ghetto se trouva peuplé à 57 % de juifs de plus de 65 ans[44]. Rapidement, toutefois, Theresienstadt fut surpeuplé, si bien qu’à l’automne 1942, près de 20 000 personnes âgées furent, malgré les projets initiaux, déportées vers les confins de la Pologne (Treblinka notamment)[45]. Puis durant l’hiver, une épidémie de typhus exanthématique toucha le ghetto, ne fut jugulée qu’en mars 1943 (Ibid., p. 23). C’est durant cette période que partirent les premiers convois pour Auschwitz. Cinq furent organisés entre le 20 janvier et le 1er février 1943, qui emmenèrent 7 001 personnes (Ibid., p. 242).

    Après une pause de sept mois, les départs reprirent et intervinrent régulièrement pendant un an. De septembre 1943 à septembre 1944, ainsi, dix convois partirent pour Auschwitz, évacuant 21 569 personnes (Id.). En octobre 1944, enfin, neuf départs eurent lieu, concernant 14 403 déportés (Id.). Si l’on prend en compte le convoi du 26 octobre 1942, on arrive à un total de 44 839 personnes — dont une grande majorité de vieillards — qui furent finalement dirigées sur Auschwitz.

    A ceux-là, il faut ajouter tous les autres, venus directement de Pologne, de France, de Belgique, des Pays-Bas, de la Roumanie etc. Sans compter les centaines de milliers de juifs hongrois déportés en 1944. Parmi ces pauvres gens figuraient nécessairement des vieillards, des invalides et des éclopés. Les clichés reproduits ci-contre et qui ont été pris par les Allemands à Auschwitz pendant mai-juin 1944 sont d’ailleurs très révélateurs.

    Un homme qui a assisté aux premières évacuations du ghetto de Varsovie se souvient :

    […] tous les habitants du bâtiment devaient se regrouper dans la cour puis s’entasser au plus vite dans des chariots tirés par des chevaux, sans distinction de sexe ni d’âge, des nourrissons jusqu’aux vieillards […].
    J’aperçus [sur la place du rassemblement] des vieillards étendus dans un coin, des hommes et des femmes qui avaient sans doute été raflés dans un hospice. D’une maigreur affreuse, ils paraissaient à bout de force, consumés par la chaleur et les privations[46].

    Il est certain que même avant l’effondrement du Reich, beaucoup d’entre eux — moins résistants que les autres — ont dû mourir, soit pendant les terribles voyages, soit pendant les quarantaines, soit dans les camps, lorsqu’ils étaient en attente de transport (mort naturelle, maladie, accident, épuisement, suicide…).

    Les Allemands se sont donc retrouvés avec des cadavres dont un certain nombre portaient des prothèses. Celles-ci ont été récupérées. Pourquoi ? Deux raisons me paraissent devoir être invoquées, qui se complètent :

    a) la recherche effrénée de tout ce qui pouvait constituer de la matière première (bois et métaux — parfois précieux — des prothèses notamment) ;

    b) les économies de combustible : sachant que les cadavres à Auschwitz était brûlés dans des fours et que, pendant la guerre, le combustible manquait, certaines prothèses en bois (jambes ou bras notamment) devaient être retirées afin d’alléger sensiblement les charges.

    C’est sordide, j’en conviens, mais c’est sans rapport avec une extermination de masse.

    Naturellement, certains pourront rejeter ces explications. Mais j’en reviens à ce que j’ai écrit au début de cette partie : à supposer que les Allemands aient massacré tous ces gens, pourquoi auraient-ils gardé (puis abandonné) toutes ces prothèses qui devaient plus tard constituer autant de preuves ? A-t-on déjà vu un assassin tenter d’effacer certaines traces de son crime et, en même temps, conserver soigneusement ce qui permettra de le condamner ? C’est absurde.


    Voilà pourquoi je n’hésite pas à le dire : ces tonnes d’affaires retrouvées en 1945 par les Soviétiques (cheveux, vêtements, effets personnels, prothèses…) ne prouvent pas qu’Auschwitz aurait été un centre d’extermination... Elles prouvent uniquement que dans une guerre totale, certaines barrières morales s’effondrent.



    [1] Voy. Nice-Matin, 20 décembre 2003, p. 2.

    [2] Voy. Tribune Juive, 14 mars 2003, p. 19.

    [3] Voy. le Journal du Dimanche, 7 décembre 2003.

    [4] Voy. Plume, le journal de l’APEL, n° 24-26, édition spéciale consacrée à Auschwitz.

    [5] http://pedagogie.ac-aix-marseille.fr/etablis/lycees/A_Briand/pologne/temoignage.htm.

    [6] Voy. le Journal du Dimanche, art. cit.

    [7] Voy. Nice-Matin, 14 février 2004, art. cit.

    [8] Dans un compte rendu de voyage rédigé par des élèves du lycée Edgar-Quinet (Paris), sous une photographie des ruines d’un crématoire, on lit : « On est dans une sorte de cimetière sans tombes, sans cadavres. On y a brûlé des hommes 24 h sur 24, pour se débarrasser des cadavres. Les nazis veulent faire disparaître les traces de ce qu'ils ont fait » .

    [9] Lorsqu’ils évacuèrent le camp, les Allemands brûlèrent les bâtiments où avaient été entreposés les ballots de cheveux, les habits, les chaussures etc. Mais six d’entre eux échappèrent à la destruction. Si, vraiment, ces derniers avaient renfermé les preuves d’un monstrueux crime à cacher, les autorités du camp auraient veillé de près à leur disparition. (Sur la destruction des bâtiments, voy. le document URSS-008 in TMI, XXXIX, pp. 260-261. Voy. également Le Choc. 1945. La presse révèle l’enfer des camps nazis [éd. de la FNDIRP, 1985], p. 70 ; J. Garlinski, Volontaire pour Auschwitz [éd. Elsevier Sequoia, 1976], p. 88).

    [10] Voy. Raul Hilberg, La destruction des juifs d’Europe (éd. Fayard, 1988), p. 410. Les quantités autorisées varient parfois. Dans ses mémoires, Wladyslaw Szpilman parle de « vingt kilos de bagage par tête, des provision de bouche pour deux jours… et [les] bijoux » (voy. W. Szpilman, Le Pianiste [éd. Robert Laffont, 2001], p. 105). Benedikt Kautsky raconte : « les Juifs étaient incités à prendre avec eux non seulement des montagnes entières de vêtements, mais aussi des instruments médicaux, des pharmacies, des outils spéciaux » [Cité par Léon Poliakov dans Auschwitz (éd. Julliard, 1964), pp. 54-5. D’après Jozef Garlinski : « Les médecins devaient emporter leurs instruments, les dentistes leurs fauteuils, les musiciens leurs violons » (Voy. J. Garlinski, op. cit., p. 87).

    [11] Voy. A. Rogerie, Vivre, c’est vaincre (Hérault-Éditions, 1990), p. 76.

    [12] Voy. Guy Kohen, Retour d’Auschwitz (auto-édité, 1946), pp. 57-8.

    [13] Voy. J. Garlinski, op. cit., p. 87.

    [14] Voy. Auschwitz vu par les SS (éd. Interpress, Varsovie, 1981), p. 82.

    [15] Voy. le témoignage de Kitty Hart cité par L. Poliakov dans Auschwitz (éd. René Jullair, 1964), pp. 53-54.

    [16] Voy. R. Hilberg, op. cit., p. 825.

    [17] Voy. Auschwitz vu…, op. cit., p. 94. J. Garlinski précise que les « montres étaient envoyées aux unités SS de première ligne» (Voy. J. Garlinski, op. cit., p. 88.). En mai 1943, Hans Frank annonça qu’il avait offert 1 500 montres à trois divisions de la Waffen SS (Voy. R. Hilberg, op. cit., p. 828). Plus tard, il fut question d’offrir pour Noël des montres aux Waffen SS blessés et de récompenser les soldats qui avaient fait preuve « d’une bravoure exceptionnelle » en leur allouant des « montres de prix » (Id.). 15 000 montres de femmes furent en outre mises à la disposition des civils (Voy. R. Hilberg, op. cit., p. 828.).

    [18] Voy. R. Hilberg, op. cit., p. 828.

    [19] Voy. L. Poliakov, op. cit., p. 54.

    [20] Voy. J. Garlinsli, op. cit., p. 88.

    [21] Voy. Auschwitz vu…, op. cit., p. 93.

    [22] Voy. Ladislas Bednarz, Le camps d’extermination de Chelmno sur le Ner (éd. de l’Amitié Franco-Polonaise, 1955), p. 39.

    [23] Voy. R. Hilberg, op. cit., p. 826.

    [24] Voy. Auschwitz vu…, op. cit., p. 93.

    [25] Voy. le document PS-1166 reproduit in TMI, XXVII, 46-9. J’écarte le document PS-4045, une déposition d’Oswald Pohl en date du 15 juillet 1946 sur laquelle je reviendrai plus loin.

    [26] Voy. le document NO-1257. Reproduit notamment dans L. Poliakov, op. cit., p. 56, avec une erreur de date (1944 pour 1943).

    [27] Voy. le document PS-4045, reproduit dans TMI, XXXIV, 110-113.

    [28] « Personnellement, j’ai toujours admis qu’il s’agissait d’un dépôt d’or, que ce dépôt se composait de pièces d’or ou d’autres devises, de petites barres d’or ou d’autres choses semblables, livrées par les internés des camps de concentration, comme d’ailleurs quiconque en Allemagne devait le faire, et remises à la Reichsbank pour qu’elle en tirât partie » (Déposition de W. Funk à Nuremberg ; TMI, XIII, 177).

    [29] Voy. doc. PS-4045, déjà cité. Voy. également TMI, XX, 339-340, audience du 5 août 1946.

    [30] TMI, XXI, 252. Soucieux, probablement, de contrer cet argument, T. Dodd prétendit que les textiles récupérés avaient représenté « [un] million de wagons » (Ibid., p. 258). C’est grotesque : dans l’annexe joint au rapport du 6 février 1944 (doc. NO-1257), il était question de 781 wagons. S’appuyant sur un autre document (le PS 4024), R. Hilberg déclare toutefois que ce n’était « qu’un début » et parle de 3 900 wagons supplémentaires (voy. R. Hilberg, op. cit., p. 827, n. 29). Mais même avec cela, on est encore loin du million…

    [31] TMI., XXI, pp. 252-3.

    [32] « Dr KAUFMANN [avocat d’Ernst Kaltenbrunner]. — Himmler vous a-t-il dit que tout cela devait être considéré comme “affaire secrète d’État” ?
    TÉMOIN HÖSS. — Oui, il a insisté particulièrement sur ce point et m’a recommandé de ne pas en parler à mon supérieur direct, le Gruppenführer Glücks […]. Je devais observer à ce sujet le plus grand silence vis-à-vis de tout le monde […].
    Dr KAUFMANN. — L’expression “affaire secrète d’État” signifiait-elle que celui qui y faisait la moindre allusion risquait sa vie ?
    TÉMOIN HÖSS. — Oui […]» (TMI, XI, 410).

    [33] Voy. Dis Six Million Really Die ? Report of the Evidence in the Canadian « False News » Trial of Ernst Zündel – 1988 (Samisdat Pulishers Ltd, Toronto, 1992), p. 252, col. A.

    [34] Voy. R. Hilberg, op. cit., pp. 827-828.

    [35] voy. A. Rogerie, Vivre c’est vaincre (Hérault-Éditions, 1990), p. 36.

    [36] Voy. G. Briquet, Rescapé de l’enfer nazi (éd. France au Combat, sd [1945]), pp. 125-16.

    [37] Voy. Guy Kohen, op. cit., p. 60.

    [38] Voy. P. Lewinska, Vingt mois à Auschwitz (éd. Nagel, 1945), p. 48.

    [39] Voy. Les Lettres Françaises, 27 avril 1945, article intitulé : « Comme du bétail… ».

    [40] Voy. L’Humanité, 5 avril 1945, article intitulé : « Paulette, rescapée du “camp de la mort” accuse… ».

    [41] On sait que les Allemands récupéraient les cheveux pour divers usages. A Nuremberg, un ancien déporté à Treblinka, Samuel Rajzman, déclara qu’ils servaient « à la fabrication de matelas » (TMI, VIII, 326). Dans ses « confessions » (où tout n’est assurément pas faux), Kurt Gerstein affirme qu’ils servaient au calfatage dans les sous-marins (voy. H. Roques, Quand Alain Decaux raconte l’histoire du SS Kurt Gerstein [éd. V. Reynouard, 1998], annexe II, pp. 68-71). Citons également R. Höss qui écrit : « Les cheveux coupés aux femmes étaient expédiés à une fabrique en Bavière qui les utilisait pour les besoins de l’armement » (voy. Auschwitz vu…, op. cit., p. 94). Dans une note page 82, les auteurs qui commentent ses mémoires parlent de quatre usines « qui s’occupaient de la transformation des cheveux humains » : l’entreprise Held à Friedland, l’entreprise Alex Zink près de Nuremberg, les teintureries de la société anonyme Forst à Lausitz et une usine de feutre à Katscher.

    [42] Voy. le document URSS-008 in TMI, XXXIX, p. 260.

    [43] Voy. le « protocole de Wannsee » (doc. NG-2586), p. 8, § 5. Ce protocole a été reproduit en fac-similé dans De Wannsee-Konferentie en de « Endlösung » (éd. VHO, 1992). Une traduction française intégrale peut être consultée dans l’ouvrage de Wilhelm Stäglich, Le Mythe d’Auschwitz (éd. La Vieille Taupe, 1986), pp. 43-52.

    [44] Voy. Sabine Zeitoun et Dominique Foucher, Le masque de la barbarie. Le ghetto de Theresienstadt 1941-1945 (éd. du Centre d’Histoire de la Résistance et de la Déportation, Lyon, 1998), p. 15.

    [45] « les risques que représente la surpopulation du ghetto a pour conséquence, à l’automne 1942, la déportation vers l’Est de 17 870 personnes âgées (28 survivants) » (Ibid., p. 16. Voy. aussi p. 242, la liste des convois.

    [46] Voy. W. Szpilman, op. cit., pp. 106 et 119.

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    Default Re: Vincent Reynouard - Biographie / Textes

    La situation dans les camps les derniers mois. Le cas de Bergen-Belsen



    Pourquoi, en 1945, les Alliés ont-ils découvert d’horribles spectacles dans les camps : tas de cadavres, déportés squelettiques agonisant etc. ?



    Un lien indéniable avec la situation générale du Reich en 1945


    A Nuremberg, les principaux témoins allemands qui parlèrent de la déportation associèrent les conditions de la fin avec la situation apocalyptique des derniers mois et en particulier avec l’effondrement du système de communication et les difficultés de ravitaillement.

    Le témoignage capital de R. Höss


    Citons tout d’abord l’ancien commandant d’Auschwitz, Rudolf Höss, devenu inspecteur des camps et qui, le 15 avril 1946, déclara :

    La situation catastrophique de la fin de la guerre eut pour cause les destructions des voies de chemin de fer, les bombardements quotidiens des usines. On ne pouvait plus assurer le ravitaillement régulier de ce grand nombre de détenus — à Auschwitz, il y en eut 140 000 — même lorsque le chef de camp essayait, par des mesures improvisées, d’améliorer les choses, en particulier par la mise sur pied de colonnes de camions de ravitaillement, ou autres mesures semblables. Ce n’était plus possible. Le nombre des malades s’était accru dans des proportions énormes et il n’y avait presque plus de médicaments, ce qui favorisait les épidémies ; les détenus capables de travailler étaient utilisés de plus en plus. Le Reichsführer avait même donné l’ordre d’utiliser là où ils pouvaient travailler les gens malades. De sorte que, dans les camps de concentration, qui étaient encombrés de malades et de mourants, nous n’avions pas assez de locaux [TMI, XI, 416].

    Les précisions du juge Morgen


    Quatre mois plus tard, le juge SS K. Morgen souligna que, sur la fin :

    Beaucoup de camps étaient surpeuplés.
    Les prisonniers arrivaient épuisés par une durée très longue, et qui n’avait pas été prévue, des transports, provoquée par les attaques aériennes. Puis, vers la fin de la guerre, il se produisit une désorganisation générale des communications ; les fournitures ne purent plus être faites en quantité nécessaire, les usines de produits chimiques et pharmaceutiques étaient bombardées systématiquement. On manquait de tous les médicaments nécessaires et, par suite des évacuations de l’Est, les camps furent surpeuplés d’une façon intolérable [TMI, XX, 535].

    L’exposé de K. von Eberstein


    Le 5 août 1946, enfin, K. von Eberstein, qui avait été abasourdi en découvrant les clichés pris par les Alliés à la libération des camps, lança :

    Je ne puis personnellement expliquer les horreurs commises dans les camps de concentration et qui furent révélées par la catastrophe de la défaite et de la capitulation que par l’état général des choses au cours des derniers mois de la guerre. Les gens ont perdu la tête, on a déplacé des centaines de milliers de personnes ; des milliers de détenus ont été transférés des régions frontières dans les quelques camps qui restaient utilisables. Dans le Sud de l’Allemagne, à Dachau, il y avait un flot ininterrompu de gens qui arrivaient au cours de l’hiver. Il y avait aussi une épidémie de typhus qui fit de nombreuses victimes […]. De plus, le trafic ferroviaire fut interrompu au cours des dernières semaines ; le ravitaillement était bloqué. Lorsque je m’inquiétai de limiter cette épidémie, le commandant me répondit qu’il n’y avait plus de médicaments, les usines où on les fabriquait ayant été bombardées. Voilà comment je m’explique les images terribles que nous connaissons maintenant tous ici puisqu’on nous les a montrées [Ibid., p. 333].

    Une ancienne gardienne de Bergen-Belsen confirme


    A ces trois témoignages, on peut ajouter la déclaration sous serment d’une ancienne SS, Elisabeth Volkenrath, qui fut gardienne à Ravensbrück, à Auschwitz puis à Bergen-Belsen. Interrogée après la capitulation du Reich, elle ne parla ni de plan d’extermination, ni de tortures, ni de sadisme mais dit tout simplement :

    Les nombreuses morts à Belsen furent causées par le manque de nourriture et le surpeuplement (lack of food and overcrowding). Les prisonniers avaient marché des autres camps jusqu’à Belsen avec peu ou pas de nourriture et ils arrivaient épuisés (arrived in an exhausted condition)[1].

    La Croix-Rouge confirme


    Dans les manuels d’Histoire officiels, ces témoignages ne sont jamais mentionnés. Et lorsqu’on les cite, on se voit immédiatement répondre : « Comment pouvez-vous croire des nazis ? Ne voyez-vous pas qu’ils tentaient de s’absoudre aux yeux du monde ? »

    Pourtant, les faits sont là, têtus, qui donnent raison à ces témoins oubliés.

    Prenons le cas du ravitaillement des camps. Les trois premiers témoins déclarent qu’il a été quasiment — voire totalement — interrompu sur la fin à cause de la destruction des voies de communication. Excuse fausse et malhonnête ? Pas du tout ! La meilleure preuve est que la Croix-Rouge internationale a connu le même problème. Dans un télégramme du 11 mai 1945 au secrétaire d’État américain M. Stettinius, le CICR écrivit (nous respectons le style télégraphique) :

    […] prisonniers guerre et internés civils alliés purent recevoir colis secours fournis par pays d’origine grâce efforts incessants CICR qui réussit malgré difficultés de transport résultant guerre maritime et terrestre à acheminer vers camps jusqu’au milieu année 1944 environ trois cent mille tonnes vivres et vêtements et médicament. Cette action fut sérieusement compromise dès octobre 1944 par destructions massives voies de communication ferroviaires Allemagne par suite bombardements et absence moyens transports routiers que CICR avait pourtant demandés instamment aux Puissances alliées dès début 1944[2].

    Dans un exposé général sur la question rédigé plus tard, le CICR confirma ces propos et rappela :

    Enfin, la destruction des voies de communication en Allemagne, due aux bombardements aériens qui s’intensifiaient, paralysa considérablement l’action de secours dès la fin de l’année 1944.
    Ainsi, en février 1945, la situation était telle que le Comité international redoutait de devoir cesser toute activité en faveur des détenus civils dans les camps de concentration. Le réseau ferroviaire allemand était, en effet, en grande partie détruit et les camions mis à la disposition du Comité international […] ne pouvaient alors être affectés qu’à l’action de secours aux prisonniers de guerre [Voy. Documents sur…, p. 22].

    C’est clair : la destruction des voies de communication fut à l’origine d’une grave crise du ravitaillement des camps. Le rappeler n’est pas tenter de s’absoudre, c’est décrire la réalité.

    Certains déportés confirment également


    J’ajoute que certains déportés eux-mêmes ont, volontairement ou non, confirmé ce fait. Citons par exemple Guy Kohen qui, après être revenu d’Auschwitz, écrivit :

    En cette fin d’année 1944, le moral au camp était bas. Le front ne bougeait toujours pas. La nourriture ne s’était pas améliorée, bien au contraire. Il n’y avait presque plus de margarine. Le saucisson ne faisait plus qu’une apparition furtive sur notre pain du matin. La qualité de la soupe avait beaucoup baissé. Les bombardements, eux, prenaient de plus en plus d’ampleur[3].

    Même si G. Kohen n’effectue aucun lien direct, ce parallèle fait entre la baisse du ravitaillement et l’intensification des bombardements fin 1944 est très révélateur.

    Dès 1945, d’ailleurs, cette réalité pouvait être connue grâce à la presse des vainqueurs.

    Le cas de Bergen-Belsen

    Bergen-Belsen : pilier de la propagande alliée


    Cela dit, et afin que personne ne puisse nous accuser de faux-fuyant, venons-en au cas de Bergen-Belsen. Les clichés pris dans ce camp en avril 1945 devinrent l’un des principaux piliers de la propagande alliée.

    Aujourd’hui encore, ils sont présentés comme des « preuves » de la « barbarie nazie ».

    Dans une brochure belge publiée en mai 1945, celui qui commandait le camp lorsque les troupes britanniques arrivèrent, J. Kramer, fut qualifié d’ « homme au cœur de pierre » et de « plus immonde des bourreaux » :

    Le plus immonde des bourreaux, Joseph Kramer, peut inscrire à l’actif de son bilan, 400 VICTIMES PAR JOUR […]. Cet homme au cœur de pierre faisait brûler, tous ensemble, morts et vivants, et conviait les femmes du voisinage à venir danser autour des bûchers en lançant des cris hystériques[4].

    La position des historiens officiels est d’autant plus forte qu’en 1945, une SS qui avait appartenu à l’équipe administrative du camp rendit le commandant responsable des conditions qui y régnaient sur la fin. Erta Ehlert, c’est son nom, raconta qu’un jour, alors qu’elle se plaignait de l’augmentation du taux de mortalité, J. Kramer lui aurait répondu : « Laissons les mourir ; qu’est-ce que cela peut vous faire ? »[5]. N’était-ce pas la preuve que cet individu était un « homme au cœur de pierre » ?

    Or, nous allons voir que l’histoire de ce camp confirme amplement les dépositions des quatre témoins cités plus haut et que J. Kramer ne fut pas un immonde bourreau insensible à la douleur humaine.

    Le cas du matériel de couchage


    Dans un premier temps, rappelons que Bergen-Belsen fut établi en 1943 avec pour mission de « loger les prisonniers malades des autres C.C. [camps de concentration] »[6]. Il passa sous le commandement de J. Kramer le 1er décembre 1944, c’est-à-dire au moment où la situation allait gravement se détériorer.

    Au procès de Belsen, le major Winwood, qui défendait J. Kramer, évoqua les problèmes de ravitaillement dus aux bombardements et les efforts — parfois vains — faits par son client pour les pallier. Il expliqua tout d’abord qu’en décembre 1944, le camp était déjà surpeuplé : il comptait 15 257 détenus[7] pour seulement 2 000 lits à trois étages[8]. En conséquence, J. Kramer commanda 3 000 lits à trois étages ; mais, bien que sa demande ait été prise en compte, aucune livraison ne fut effectuée, faute de moyens de transports. Le 1er mars 1945, il envoya à la Direction des camps de concentration une lettre sous forme de plainte dans laquelle il écrivait :

    Récemment, des lits à trois étages ou des couchettes ont été à maintes reprises alloués au camp par l’Amt. B. III, mais toujours en provenance de régions qui n’ont plus de communication avec nous[9].

    A son procès, il confirma ces propos en déclarant :

    J’étais supposé recevoir 3 000 lits à trois étages de Tchécoslovaquie, mais ils n’étaient pas arrivés parce qu’aucun train ne roulait plus[10].

    Des convois arrivent au camp sans être annoncés


    Pour le couchage, donc, la situation n’était déjà pas très brillante. Toutefois, sur le plan de l’hygiène et de la nourriture, tout allait encore relativement bien : « les installations sanitaires étaient suffisantes, il y avait des toilettes dans chaque baraque» (p. 154) ; « la situation pour la nourriture était relativement bonne, car il n’y avait que 15 000 prisonniers » (p. 160).

    L’ennui est que J. Kramer avait reçu l’ordre de recevoir dans son camp déjà comble tous les convois qui arriveraient[11]. Or, non seulement des transports arrivèrent en masse (puisque de nombreux camps étaient évacués devant l’avance ennemie) mais en outre, la pagaie des derniers mois fit que la plupart se présentaient subitement, pratiquement sans avoir été annoncés. Rapidement, donc, la situation se dégrada. A son procès, J. Kramer expliqua :

    Des plus grands camps de concentration, je recevais un télégramme un ou deux jours à l’avance [pour m’annoncer l’arrivée d’un convoi], mais en ce qui concernait la grande majorité des transports, le seul avis que je recevais était lorsque quelqu’un à la gare de Belsen me téléphonait pour me dire que je devais m’attendre à recevoir un transport dans la demi-heure. C’est seulement une fois à la gare que j’apprenais d’où le transport venait, combien de personnes il comprenait et s’il s’agissait d’hommes ou de femmes. Parfois, le chef du transport à la gare ne pouvait même pas me dire combien de personnes il y avait. Lorsque je soulignais qu’il aurait dû le savoir, il disait : « Eh bien, on fuyait [l’avance ennemie] et soudainement, on a trouvé à la gare 10, 12 ou 15 wagons. On a poussé à l’intérieur le plus de personnes possible, on a démarré et c’est ainsi que nous sommes venus ici ». Je voulais vous donner cet exemple pour que vous connaissiez les conditions qui régnaient durant les mois de janvier, de février et de mars. Les prisonniers arrivaient aussi bien en train qu’à pied [Ibid., pp. 162-3].

    Les nouveaux arrivants entrent au camp sans effets personnels


    Alors que les conditions de couchage n’étaient déjà pas brillantes, la plupart des nouveaux arrivants entraient dans le camp sans aucun effet personnel. J. Kramer raconte :

    Dans la plupart des transports, les gens arrivaient avec les vêtements qu’ils avaient sur eux. Tous ceux qui partaient d’Auschwitz avait un change et deux couvertures, mais en raison des grandes distances qu’ils avaient à marcher, ils s’en débarrassaient en les jetant près de la route. Les 100 ou 200 couvertures dont je disposais étaient absolument insuffisantes pour les milliers de prisonniers que je reçus [Id.].

    La crise du ravitaillement


    Mais un problème bien plus sérieux survint : le ravitaillement. Toujours à son procès, J. Kramer expliqua :

    Plus tard [comprenez : après décembre 1944], quand les nouveaux transports arrivèrent, le ravitaillement en nourriture devint un problème grave. La nourriture venait de Celle et de Hambourg, et je dus en partie fournir moi-même les véhicules. Une firme à Hambourg, avec une petite succursale à Bergen, fournissait une partie de la nourriture ; le pain provenait de […] Bergen, mais quand les effectifs du camp augmentèrent, les autorités me dirent que je pouvais avoir seulement 10 000 miches de pain par semaine. Durant les mois d’hiver, il était à peine possible d’avoir des pommes de terre et des légumes, et bien que j’aie pu obtenir du pain de Celle et de Hanovre, les raids aériens détruisirent une partie des boulangeries, les routes et les voies ferrées. C’est avec le début des raids aériens que, pour la première fois, le pain ne parvint pas au camp. J’entrai en contact avec une boulangerie à Saltau et j’obtins un petit millier de miches par semaine, mais avec l’accroissement du nombre de détenus, les fournitures en pain furent assurément insuffisantes. Alors que l’effectif du camp se situait entre 30 000 et 40 000 personnes, j’ai essayé de me procurer du ravitaillement à Hambourg en envoyant nuit et jour la totalité des cinq véhicules dont je disposais. A cause du temps froid, ce ravitaillement fut encore plus difficile à obtenir ; mon équipe administrative se vit dire que les villes et les agglomérations devaient être servies en premier [Ibid., p. 161].

    Cette situation n’était pas particulière à Bergen-Belsen. Un ancien déporté à Blumenthal (un commando de Neuengamme) écrit :

    L’hiver approchant, la maladie fait de grands ravages […] Nous ne recevons plus à présent que 250 grammes de pain par jour et 1 litre de soupe. La population passe avant, nous dit-on ![12]

    Pénurie complète de matières grasses


    Revenons à Belsen. En février, la situation alimentaire se dégrada encore suite au manque soudain de matières grasses. Encore une fois, les bombardements étaient en cause. Lors du procès intenté à l’équipe du camp, une ancienne SS, Herta Ehlert, expliqua :

    Je suis allée à la cuisine et j’ai parlé avec le responsable et l’intendant ; ils me dirent qu’ils n’avaient pas reçu de matière grasse de la réserve. Je suis allée voir le Unterscharführer Müller, qui était le responsable de la réserve ; il me dit que tous les wagons du train avaient été détruits lors d’un bombardement et qu’il n’y pouvait rien [Ibid., p. 229].

    Loin, toutefois, de baisser les bras, J. Kramer donna des ordres pour pallier ce manque. H. Ehlert poursuit :

    A ce moment, j’ai rencontré Kramer ; je lui ai parlé du problème, lui ai dit que la mortalité augmentait et que les prisonniers ne pourraient pas être gardés en vie avec cette soupe claire. Il fit ramasser des pommes de terre par des commandos de prisonniers ; celles-ci furent écrasées puis mélangées à la soupe, et c’est ainsi que les prisonniers eurent l’impression d’avoir reçu quelque chose dans leur estomac [Ibid., p. 229].

    Le wagon de fournitures médicales détruit lors d’un bombardement


    Mais les conséquences des bombardements se révélèrent parfois irréparables. Ainsi en fut-il pour les vêtements et fournitures médicales que J. Kramer avaient commandés. Appelée à témoigner lors du procès de Belsen, Rosina Kramer, son épouse, raconta :

    Un soir, juste après une alerte aérienne, [mon époux] faisait les cent pas, et il dit : « Maintenant le wagon ou le camion que j’espérais depuis trois mois ; je viens d’entendre qu’il a été réduit en pièces à Hanovre lors du bombardement ; je n’ai plus le moindre matériel de bandage et d’habillement » [Ibid., p. 183].

    J. Kramer se retrouvait donc démuni de tout : lits, couvertures, vêtements, matériel médical de première urgence, matières grasses… Comble de malheur, un très grave événement survint lors de ce mois de février 1945 : l’apparition du typhus et de la fièvre éruptive. L’ancien commandant raconte :

    Les transports venus du camp de travail de Natzwiller apportèrent la fièvre éruptive et ceux venus de l’Est de l’Allemagne le typhus. Après que le docteur Horstmann m’ait rapporté les cas de fièvre éruptive, j’ai ordonné la fermeture du camp avant d’en avertir Berlin. En guise de réponse, on me dit que le camp devait être réouvert, que je devais accueillir tous les transports à venir et que 2 500 femmes de Ravensbrück allaient devoir être reçues [Ibid., p. 163].

    J. Kramer en appelle aux autorités


    Sans attendre, J. Kramer manifesta son mécontentement et son inquiétude pour l’avenir. Dans une lettre du 1er mars, adressée à la Direction des camps de concentration, il décrivit les conditions terribles qui régnaient à Bergen-Belsen. Il rappela que, faute de stocks disponibles dans la région et de moyens de transport, les réserves d’hiver à Bergen Belsen avaient été prévues pour assurer la subsistance jusqu’au 20 février. Une politique de grandes économies avait permis de tenir plus longtemps ; il y avait encore des réserves de navets pour six jours et des réserves de pommes de terre pour huit, mais pas plus. Quant au pain, il n’y en avait plus depuis quatre jours suite à l’interruption des communications avec Hanovre. Aussi demandait-il qu’une solution soit impérativement trouvée dans les prochains jours (Ibid., p. 164).

    J. Kramer demandait aussi d’urgence de nouvelles bouilloires pour les cuisines. « Toutes les bouilloires du camp fonctionnent jour et nuit. Nous devrons faire face à de grosses difficultés si l’une des bouilloires tombe en panne » (Ibid., p. 165).

    En outre, il poussait un cri d’alarme à propos des conditions sanitaires du camp. En un mois, précisait-il, la mortalité avait plus que quadruplé, passant de 60-70 décès quotidiens début février à 250-300 début mars (Ibid., pp. 164 et 165). Il ajoutait :

    L’appareil de désinfection à air chaud fonctionnant sans cesse, il fonctionne maintenant mal et parfois tombe en panne pour plusieurs jours. Lorsque le SS Stabsarztführer Lolling visita le camp, il me promit une « machine de désinfection à ondes courtes ».
    Pour l’utiliser, j’ai besoin d’un transformateur plus puissant, lequel, d’après les informations que j’ai reçues […], est disponible à Berlin. Bien que j’aie un besoin si urgent de cet appareil, il est impossible présentement d’aller le chercher à Berlin [Ibid., p. 165].

    Enfin, il demandait « avant toute chose » « des lits, des couvertures, des instruments de cuisine — le tout pour 20 000 internés » (Ibid., p. 166).

    Bergen-Belsen n’était pas un « camp de la mort »


    Cette lettre du 1er mars est capitale. Car elle démontre que le commandant du camp se débattait — en vain, vu les conditions générales de l’époque — pour améliorer la situation des détenus. Or, si, vraiment, le camp de Bergen-Belsen avait été prévu pour être une usine de la mort lente commandé par un sadique, jamais J. Kramer n’aurait écrit cette missive alarmiste. Au contraire, il aurait été satisfait de la situation…

    Dix-huit jours plus tard, sur ordre de ses supérieurs, R. Höss vint inspecter Bergen-Belsen afin de se rendre compte de la situation. J. Kramer se souvient : « Il vit tout le camp et me dit que ce qu’il venait de voir aujourd’hui, il ne l’avait jamais vu nulle part auparavant » (Ibid., p. 167). Là encore, à supposer que Bergen-Belsen ait été une usine de la mort lente, R. Höss aurait dû être satisfait ; il aurait même dû féliciter le commandant pour être parvenu à organiser un tel centre d’extermination. Mais ce n’est pas ce qui arriva, bien au contraire. J. Kramer poursuit :

    Nous retournâmes au bureau et eûmes une conversation pour essayer de réfléchir et de trouver des moyens d’améliorer la situation. Mes propositions furent de cesser [l’arrivée] de tous les nouveaux convois […]. Nous discutâmes de l’utilisation du matériel qui était là pour l’érection de nouvelles baraques. L’idée était de construire 40 baraques et d’y loger dans chacune 100 détenus. L’Obergruppenführer décida d’envoyer ici et sur-le-champ un télégramme […] [Ibid., p. 167].

    C’est bien la preuve que les autorités se souciaient de la situation et souhaitaient prendre des mesures urgentes.

    La crise du ravitaillement s’aggrave…


    Mais la situation s’aggrava encore. Lors du procès de Belsen, celui qui, du 12 au 28 mars 1945, s’était occupé des cuisines et des magasins de ravitaillement au camp, expliqua : « A partir du 23 mars, le ravitaillement en pain devint très irrégulier, à cause des raids aériens » (Ibid., p. 475). Contre-interrogé par l’Accusation, il précisa : « Nous eûmes assez de pain jusqu’à la mi-mars [J. Kramer était parvenu à s’en procurer à Hambourg, voy. plus haut], mais alors le problème du ravitaillement devint plus aigu, et à partir du 22 ou de 23 mars, pratiquement plus de pain du tout n’arriva (practically no bread arrived at all) » (Ibid., p. 477).

    … alors que le camp est de plus en plus surpeuplé


    Dans la première semaine d’avril, J. Kramer demanda à ses supérieurs s’il devrait évacuer le camp au cas où le front se rapprocherait. Un adjoint d’Himmler, Glücks, lui répondit que les autorités « ne comprenaient pas [ses] messages puisque Himmler avait donné des ordres selon lesquels 30 000 prisonniers allaient être transférés à Belsen » (Ibid., p. 167). On imagine aisément quelle fut la réaction du commandant du camp. A son procès, il déclara :

    J’eus un entretien avec un commandant de l’Air, le général Boyneburg., qui me demanda quels étaient mes plans en cas d’évacuation ; je lui dis qu’il n’était pas question d’évacuation parce que des ordres nouveaux m’imposaient de me tenir prêt à recevoir plus de prisonniers. Je lui dis que mon camp était déjà surpeuplé et, qu’en tant que général, il aurait peut-être plus d’autorité et pourrait m’aider. En ma présence, il téléphona aux autorités supérieures à Hanovre et parla à un général qui était là-bas, l’entretenant de ces 30 000 prisonniers additionnels. Hanovre lui répondit qu’il connaissait l’ordre d’Himmler à propos de ces nouveaux prisonniers, et que si mon camp n’offrait pas assez de place, il aurait à s’occuper de les loger dans des baraques à Bergen, et que si c’était encore insuffisant, alors le camp de Münster, à environ 20 km de là, devrait être utilisé. Le général Boyneburg dit à Hanovre qu’il y avait encore des soldats dans les baraques ; il reçut l’ordre d’évacuer les baraques et des les apprêter [Ibid., p. 167].

    Une solution semblait donc avoir été trouvée. Mais la suite vaut la peine d’être racontée. J. Kramer poursuivit ainsi :

    Une fois la communication avec Hanovre terminée, le général Boyneburg me demanda si je connaissais la date d’arrivée de ces transports. Cette conversation eut lieu le 2 ou le 3 avril et le 4, le premier transport arriva. Jusqu’au 13 avril, les transports arrivèrent nuit et jour. En plus de ces 30 000 prisonniers, je devais recevoir les commandos de travail venus de plusieurs autres endroits, si bien que tout compris, le total devrait atteindre environ 45 000 [personnes]. Jusqu’au 13 avril, 28 000 personnes arrivèrent. Quand le premier transport arriva, les baraques [de Bergen] n’étaient pas libres et le commandant me demanda d’accueillir le premier convoi pendant qu’il s’occuperait de libérer les baraques le plus vite possible. Au lieu d’être capable de diminuer l’effectif de mon camp selon mon plan, je fus contraint d’accueillir toujours plus de le surcharger. Ces transports venaient du camp de Dora, et Hoessler, qui s’occupait du camp n° 2 [un petit camp aménagé comme une annexe de Bergen-Belsen] prit les 15 000 derniers [arrivants] [Ibid., pp. 167-8].

    Interrogé pour savoir ce qu’il fit afin de nourrir ces déportés du camp n° 2, J. Kramer répondit :

    Je ne pouvais rien leur donner du tout parce que les réserves dont je disposais étaient des réserves pour une certaine période et qu’elles étaient destinées aux prisonniers de mon propre camp [Ibid., p. 168].

    Les attaques aériennes empêchent tout ravitaillement


    Certains pourront répondre qu’avec ses cinq camions, il pouvait se débrouiller pour obtenir du ravitaillement dans les environs. Mais c’est oublier qu’à l’époque, les avions alliés attaquaient et détruisaient tout ce qui se déplaçait. Le 22 mars, J. Goebbels écrivit :

    Impossible d’emprunter les routes de campagne, à l’ouest, sans être attaqué par des chasseurs-bombardiers. La supériorité aérienne de l’ennemi est telle que nous ne pouvons même plus nous déplacer en auto sur nos propres routes[13].

    De son côté, un fonctionnaire du CICR écrivit dans un rapport :

    Les derniers jours furent marqués par des attaques constantes d’avions sur les petites villes et les routes […]. Des centaines de voitures carbonisées, des cadavres de chevaux et des douzaines de cadavres humains, pour la plupart des réfugiés allemands, gisaient à droite et à gauche de la route. J’ai vu et pansé des détenus qui avaient été blessés par des attaques en piqué [Voy. Documents sur…, p. 128].

    Citons également le Grand-Amiral Dönitz qui, dans ses mémoires, relate :

    Des colonnes de réfugiés obstruaient les routes à partir de Plön, avec des véhicules militaires surchargés de blessés, de soldats et de civils. Les chasseurs anglo-américains les mitraillaient, causant des morts et des blessés. A leur apparition les paysans quittaient leurs champs pour s’abriter[14].

    Dès lors, ce qui devait arriver arriva : les camions du camp de Bergen-Belsen furent eux aussi détruits lors d’un trajet. A son procès, J. Kramer expliqua :

    Obtenir de la nourriture [début avril 1945] était quasiment impossible parce que le front était rompu, et en plus de cela, le transport était très difficile. Mes propres camions furent réduits en pièces lors d’attaques en piqué juste avant l’arrivée des Alliés, donc tout ce qui me restait était un simple camion[15].

    Une situation d’apocalypse


    Il n’y avait donc plus rien à faire pour le camp n° 2 et ses milliers de prisonniers. Et même au camp principal, la situation était apocalyptique. L’eau manquait à tel point que, la dernière semaine, on l’utilisa uniquement pour la cuisine . il n’était plus question de se laver dans un camps où séjournaient de nombreux malades du typhus[16]. On ne sera donc pas surpris qu’une SS qui avait travaillé à Bergen-Belsen ait déclaré plus tard : « Lorsque je revins au camp pour la troisième fois [sur la fin], je ne me suis pas sentie bien, à cause de l’horrible odeur »[17].

    Comme nourriture, il n’y avait plus qu’un peu de soupe. Un accusé, Karl Francioh, qui travailla dans les cuisines du camp des femmes en avril 1945, raconta :

    Au cours de ma période d’activité, [les prisonnières recevaient] un litre de café le matin, mais pas toujours ; pour déjeuner, un litre de soupe ; et pour le dîner la même chose. Parfois, il y avait du pain deux fois la semaine, parfois pas du tout, et dans la dernière période, il n’y avait plus de pain [Ibid., p. 295].

    La situation était telle que la cuisine dut être gardée par plusieurs hommes[18] afin d’empêcher le vol du peu qu’il y restait.

    Au camp des hommes, c’était pis Interrogé pour savoir si, dans les derniers jours, la nourriture avait été suffisante, un ancien déporté, Josef Trzos, répondit : « Non. On reçut seulement 300 litres de soupe pour 800 personnes dans notre block» (Ibid., p. 465). Propos qui furent confirmés par un autre ancien déporté, Antoni Aurdzieg, celui ayant déclaré : « A Belsen, il n’y avait pas de pain, et nous recevions un demi-litre de soupe par jour» (Ibid., p. 469).

    Là aussi, la situation était telle que des mesures exceptionnelles durent être prises : ainsi, lors de la distribution de nourriture dans un block de malades, chaque fenêtre et chaque porte devait être gardée afin d’empêcher l’intrusion d’autres déportés affamés cherchant à voler la maigre pitance[19]. Paroxysme de l’horreur : même la morgue dut être gardée, parce qu’un cas de cannibalisme y avait été enregistré. Un déporté avait pénétré de nuit dans le bâtiment et prélevé « les parties d’un corps »[20].

    J. Kramer baisse les bras


    Face à cette situation devenue totalement ingérable, J. Kramer baissa les bras. C’est à cette époque qu’il eut une conversation avec H. Ehlert sur l’augmentation du taux de mortalité dans le camp. Nous avons vu que dans une déposition préliminaire, H. Ehrlet accusa le commandant de lui avoir dit : « Laissons-les mourir ; qu’est-ce que ça peut vous faire ?». Lors des audiences, toutefois, elle se ravisa ; J. Kramer, déclara-t-elle, lui avait répondu : « Laissons-les mourir ; on n’y peut rien ; mes mains sont entravées »[21], ce qui est, vous en conviendrez, très différent. Ce revirement de l’accusée était conforme à la justice. En vérité, J. Kramer ne fut ni un sadique, ni un criminel, ni même un homme qui considérait la mort des prisonniers avec désinvolture ; il fut le commandant d’un camp-hôpital surpeuplé dans un pays où régnaient des conditions apocalyptiques, où les lits, les couvertures, les vêtements, le matériel médical, les médicaments et la nourriture faisaient défaut. Totalement impuissant, il resta jusqu’à la fin conformément aux ordres qui lui avaient été donnés et livra finalement son camp aux Anglais.

    Les Alliés saisissent l’occasion d’alimenter leur propagande à base d’ « atrocités »


    Lorsque, après avoir visité les lieux et vu la crasse, la misère, les cadavres…, l’un d’entre eux lui lança : « Vous avez bâti un bel enfer ici » (You’ve made a fine hell here), J. Kramer répondit : « C’en est devenu un dans les derniers jours » (It has become one in the last few days)[22]. Mais cette vérité n’intéressait pas le vainqueur. Les Anglais avaient promis la liberté au commandant de Bergen-Belsen ; toutefois, lorsqu’ils virent l’état du camp, et qu’ils comprirent le parti que leur propagande de guerre pouvait en tirer, tout changea. J. Kramer fut appréhendé, enchaîné, contraint, avec d’autres, de poser au milieu des cadavres.

    C’est ainsi que de simple commandant dépassé et impuissant, dont le nom aurait rapidement dû être oublié, il devint l’ « homme au cœur de pierre », le « plus immonde des bourreaux », celui qui conviait les femmes allemandes à danser autour des bûchers…

    Et un demi-siècle plus tard, la même propagande continue : les clichés de Bergen-Belsen sont toujours montrés hors contexte afin de « prouver » la « barbarie nazie ».



    [1] Déposition préliminaire d’Elisabeth Volkenrath ; voy. The Belsen trial…, p. 718. Lors du procès de Belsen, un membre de la Cour — au moins — parut admettre que la situation des derniers temps avait pu être terrible. S’adressant à J. Kramer, il lui demanda quelle avait été « le système de rationnement normal dans les camps de concentration, si l’on ne tenait pas compte de la situation critique qui aurait pu surgir en mars et avril » (Can you telle us what was the normal system of rationning au concentration camps, apart altogather from any emergency that may have arisen in March and April ? ; Ibid., p. 182). Cette restriction dans la question posée est très révélatrice.

    [2] Voy. CICR, Documents sur…, pp. 86-7.

    [3] Voy. G. Kohen, Retour d’Auschwitz. Souvenirs du déporté 174 949 (auto-édité, 1945), pp. 96-7.

    [4] Voy. Les horreurs des camps de torture nazis. Reportages photographiques, 2ème année, n° 5, mai 1945, numéro spécial : « Buchenwald », p. 10.

    [5] « Je dis que Kramer [le dernier commandant de Bergen-Belsen] fut responsable des conditions [qui régnaient dans le camp sur la fin], entre autres raisons, parce qu’en une occasion, alors que je me plaignais de l’augmentation du taux de mortalité à Kramer, il répondit : “Laissons les mourir ; qu’est-ce que cela peut vous faire ?” » (voy. la déposition d’Herta Ehlert, publié dans The Belsen Trial…, appendice III, p. 709).

    [6] Voy. le Catalogue alphabétique…, p. 42.

    [7] Voy. The Belsen trial…, p. 152.

    [8] « Quand il [Kramer] arriva là, environ la moitié des gens avaient un lit, c’est-à-dire qu’il y avait 2 000 lits à trois étages » (Ibid., p. 154).

    [9] « Three-tier beds or bunks have been repeatedly alloted to the camp in recent time by Amt. B. III, but always from areas with which there is no transport connection » (Ibid., p. 164).

    [10] « I was supposed to receive 3 000 three-tier beds from Czechosovakia, but they had not come as there were no trains running » (Ibid., p. 162).

    [11] « When transports arrived […]. He [Kramer] had instructions to take them into the camps » (Ibid., p. 154).

    [12] Voy. Henri Désirotte, La tragédie de Lubeck (L’Édition Universelle, Bruxelles, 1946) pp. 53 et 62.

    [13] Voy. J. Goebbels, op. cit., p. 233.

    [14] Voy. Grand-Amiral Dönitz, Dix ans et vingt jours (éd. Plon, 1959), p. 349.

    [15] The Belsen Trial…, p. 168.

    [16] « Dans la dernière semaine, nous utilisâmes l’eau […] pour la cuisine, mais il n’y avait plus d’eau pour se laver » (déclaration de J. Kramer à son procès ; Ibid., p. 162).

    [17] Déclaration de Herta Ehlert au procès de Belsen ; Ibid., p. 229.

    [18] « several [guards] stood round the kitchen », déposition de K. Francioh (Ibid., p. 296).

    [19] « — Quelles étaient vos devoirs pendant la distribution de nourriture ? — D’empêcher les prisonniers de percevoir une deuxième ration et d’empêcher les hommes des autres blocks de pénétrer dans notre block pour percevoir de la nourriture […]. Je gardais les fenêtres et les portes […]. Je n’étais pas seul ; il y avait 15 ou 20 [gardes], parce qu’un homme devait se tenir à chaque fenêtre. — Est-ce que beaucoup de gens tentèrent d’entrer dans le block ? — Bien sûr. » (déposition de Medislaw Burgraf, Ibid., pp. 460-1 et 463).

    [20] Voy. la déclaration que J. Kramer rédigea après sa capture. Il écrit : « Je me rappelle relativement bien un cas de cannibalisme On m’a averti qu’un prisonnier était entré dans la morgue et que les parties d’un corps manquaient. J’ai posté un garde près des cadavres durant la nuit et, cette même nuit, le garde arrêta un homme qui s’approchait d’un corps. L’homme fut arrêté, mais avant que je n’aie pu l’interroger le matin suivant, il se pendit. Je ne pourrais pas dire s’il y eut d’autres cas de cannibalisme, mais les nuits qui suivirent, j’ai posté un garde devant la morgue » (Voy. la déclaration de J. Kramer, reproduite dans The Belsen Trial…, appendice III, p. 735.).

    [21] « Let them die ; we cannot do anything about it ; my hands are tied ». Ibid., p. 229.

    [22] Voy. Derrick Sington, Belsen Uncovered (Duckworth, Londres, 1945), p. 18.

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  18. #18
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    L’amélioration des conditions de travail sous Hitler



    Question


    J’ai lu un jour que sous Hitler, un organisme spécial s’occupait d’embellir les usines et les ateliers afin d’améliorer les conditions de travail des ouvriers. Est-ce vrai ?


    Réponse


    L’office de la « Beauté du Travail »


    Oui, c’est vrai. Il s’agissait de l’office de la « Beauté du Travail ». En 1937, après quatre ans d’activité, cet office avait dépensé 600 millions de marks pour l’amélioration des installations dans les usines. Il avait également dépensé 8 millions de marks pour l’amélioration des installations des navires, permettant d’en aménager 324[1].

    En mai 1938, le chef du Front du Travail, Robert Ley, put dresser le bilan suivant. Grâce à l’action de cet office : 23 000 ateliers avaient été embellis, 13 000 vestiaires et lavabos construits pour les ouvriers, 6 000 cours d’usines aménagées, 800 foyers construits, 17 000 réfectoires et salles de récréation et 1 200 organisations de sport édifiées. Les usines qui contribuaient à améliorer le mieux la vie de l’ouvrier devenaient des « établissements modèles nationaux-socialistes » ; elles recevaient le Drapeau d’or du Front du travail allemand (Ibid., n° 484, p. 21, col. A).

    L’office des Loisirs


    Cette structure travaillait en collaboration avec l’office des Loisirs qui s’occupait de procurer aux ouvriers des distractions saines. En 1937, par exemple, 110 000 ouvriers travaillaient dans 550 camps pour la construction des autoroutes. Pour eux, l’office des Loisirs organisa deux ou trois représentations de cinéma mensuellement dans chaque camp, 3 000 soirées récréatives et 4 000 concerts. Des trains de théâtre ambulant avaient également été créés, qui permettaient de donner des représentations dans les campagnes. Ajoutons à cela les concerts et les expositions d’art dans les usines. Pour l’année 1936-37, 34 millions de personnes avaient pris par aux réunions organisées par l’office des Loisirs[2].

    L’office d’Éducation populaire


    Les nationaux-socialistes avaient également créé l’office d’Éducation populaire qui se subdivisait en sections : section musicale, section sportive, section des voyages et congés payés. La section musicale travaillait en étroite collaboration avec les Jeunesses hitlériennes ; fin 1937, elle avait déjà organisé 4 400 concerts vocaux pour 800 000 auditeurs. Pour la seule année 1937, elle organisa 22 000 réunions qui eurent 6,5 millions d’auditeurs, dont 2 millions pour les fêtes et les réunions d’usines et d’ateliers (Id.).

    Au 1er mai 1938, on était arrivé à un total de 62 000 réunions auxquelles avaient pris part 10 millions de personnes, 48 000 représentations théâtrales avec 22,1 millions de spectateurs, 4 700 représentations de cinéma pour avec 18,6 millions de spectateurs, 11 000 concerts avec 5,6 millions d’auditeurs, 1 300 expositions d’usines, 121 000 réunions culturelles[3].

    La section des voyages fut également une grande réussite. En 1935, elle avait eu 3 millions de voyageurs ; en 1936, 6 millions et en 1937, 9 millions. Des échanges commençaient en outre à être organisés : en octobre 1937, 125 Italiens de Dopolavoro avaient été reçus en Allemagne afin d’y visiter les principales villes ; peu après, un train emportant 425 Allemands était parti pour l’Italie[4]. Grâce à cet organisme, de simples ouvriers avaient pu effectuer des voyages ou des croisières en Norvège, à Madère, en Italie, au Portugal. De 1934 à mai 1938, 384 croisières avaient ainsi été organisées avec 490 000 participants[5].

    Face à cette réussite, Robert Ley écrivit :

    Tout ce que nous créons a un grand but : de développer, conformément au caractère fondé sur notre sang et conformément à notre nature allemande, un ordre social juste, et de conquérir pour notre peuple allemand le niveau de vie le plus élevé. Ce que le peuple allemand, malgré un sol ingrat et un espace trop étroit pour assurer son existence, a réalisé en quatre ans par l’union de ses volontés organisées, et pour conquérir l’avenir et la joie de vivre, est sans exemple au monde. Le peuple allemand conquiert la joie, la joie de toutes les choses belles et grandes de la vie[6].


    La mondialisation de la guerre mit fin à cette œuvre grandiose. Arrêté en 1945 par les vainqueurs et emmené à Nuremberg pour y être jugé, R. Ley préféra se suicider quelques jours avant le début du procès. C’était le 25 octobre 1945.



    [1] Voy. le Bulletin périodique de la presse allemande, n° 479, p. 35, col. B.[2] Ibid., n° 479, p. 35, col. B.

    [3] Ibid., n° 484, p. 21, col. A.

    [4] Ibid., n° 479, p. 35, col. B.

    [5] Ibid., n° 484, p. 21, col. A.

    [6] Voy. le Völkischer Beobacther, 27 novembre 1937.
    Last edited by Robertvincent; 11-27-2011 at 01:42 PM.

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  19. #19
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    Default Re: Vincent Reynouard - Biographie / Textes

    La remise à l’honneur du travail manuel et de l’artisanat sous Hitler



    Question


    Comment Hitler est-il parvenu à remettre à l’honneur le travail manuel et à encourager les talents créatifs ?


    Réponse


    Le « Front du Travail »


    Arrivés au pouvoir, les nationaux-socialistes créèrent le Front du Travail. En février 1937, le monde de l’artisanat fut profondément remanié. Sous l’égide du Front du Travail, des corps de métiers (Gewerke) furent créés. Groupés par professions, ils réunissaient les patrons, les ouvriers et les apprentis auparavant séparés dans des associations indépendantes (et parfois rivales). Chaque corps de métiers possédait une maison commune (Gemeinschaftshaus) qui en formait le centre culturel et social. Il était également chargé de former un groupe d’atelier (Werkschar), sorte de « troupe de choc doctrinale ». En outre, dans chaque localité, tous les artisans du Front du Travail allaient être réunis en un groupe artisanal local, dirigé par un chef de l’artisanat local. Ainsi les nationaux-socialistes parvinrent-ils à souder verticalement et horizontalement le monde de l’artisanat, ce qui permit de créer des structures d’aide et d’émulation.

    Le « fonds d’établissement » pour les jeunes artisans


    La principale d’entre elles était le « fonds d’établissement ». Ce fonds permettait d’attribuer à de jeunes artisans désireux de s’établir un crédit personnel ainsi qu’une somme permettant de constituer un fond de roulement pour trois mois. Pour en bénéficier, le jeune devait être membre du Front du Travail, avoir suivi les cours professionnels du Front du Travail, pris part aux concours de métiers et « avoir fait preuve d’un bon esprit à l’égard des doctrines nationale-socialistes »[1]. Grâce à ce fonds, les jeunes artisans capables mais dont les parents n’étaient pas assez riches pour leur permettre de s’installer allaient tout de même pouvoir débuter dans la vie sans être contraints de rester ouvriers chez un patron ou — pire — dans une usine. Prenant la parole lors de l’instauration de cette structure d’aide, le chef du bureau de l’artisanat du Front du Travail, Paul Walter, déclara :

    Il est de l’intérêt du peuple allemand que la jeune génération du patronat artisanal ne soit pas seulement recrutée d’après la situation de fortune des parents, mais que les jeunes artisans les plus capables par leurs connaissances professionnelles et par leur caractère deviennent patrons [Id.].

    Bel exemple de vrai socialisme…


    [1] Voy. le Bulletin périodique de la presse allemande, n° 470, p. 24
    Last edited by Robertvincent; 11-27-2011 at 01:43 PM.

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  20. #20
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    Default Re: Vincent Reynouard - Biographie / Textes


    Le texte qui suit est la version simplifiée de la « lettre à Jean-Marie Le Pen » publiée par les éditions « Sans Concession ».

    On a supprimé toutes les références des citations ainsi qu’une grande partie des documents (photographies, pages de journaux…).



    *********************




    TABLE DES MATIÈRES





    Première partie



    Le poids des années 1940



    Monsieur,

    En France, 2007 sera l’année des élections présidentielles. Ce scrutin est habituellement perçu comme le plus important dans notre République. Cette fois-ci, les enjeux seront encore plus grands. Car pour le peuple dit « de gauche », ce sera l’occasion de prendre une revanche sur le deuxième tour des élections de 2002 où beaucoup furent contraints de voter « supermenteur ». Pour les gens dits « de droite », l’objectif sera — comme toujours — de barrer la route à la gauche, mais aussi, cette fois-ci, de démontrer en plus que la réélection de J. Chirac le 5 mai 2002 était finalement méritée. Quant à vos partisans, qui luttent depuis des années à vos côtés, tous rêveront d’un nouveau 21 avril 2002, avec en outre l’espoir que la récente flambée des banlieues permettra, cette fois, d’éviter une nouvelle déconvenue du type 5 mai 2002.

    Qu’allez-vous faire pour tenter de réaliser enfin leurs aspirations légitimes ? Deux voies s’offrent à vous.



    Première partie



    Le poids des années 1940


    Une stratégie inefficace

    - Teneur du discours traditionnel en vue d’acquérir la « respectabilité »


    La première est celle que vous avez prise en 2002. Elle consiste à jouer la carte du renouveau et de la respectabilité. Le message sera alors peu différent de celui déjà maintes fois entendu : « Le Pen et le FN, c’est le renouveau face à une classe politique corrompue et qui n’a cessé, depuis des lustres, de montrer son impuissance à résoudre les graves problèmes des temps modernes. Avec Le Pen, tout changera vraiment. Et rassurez-vous, le Président du FN n’est pas celui qui la presse aux ordres décrit : il n’est ni totalitaire, ni raciste, ni antisémite, ni hitlérien, ni passéiste. C’est un démocrate, un partisan de la liberté, un réaliste qui souhaite le bonheur des Français, de tous les Français. Tout ce qu’il veut, c’est une République forte où les citoyens pourront vivre en paix sans avoir peur pour leur voiture, sans être pressurés par le fisc et sans être les victimes d’une immigration incontrôlée.

    Mais jamais il ne s’attaquera aux libertés individuelles : la France restera une République laïque et neutre. La liberté de chacun sera respectée, dans la mesure où son exercice ne nuira ni au voisin, ni à l’ordre social, ni à l’État. »

    - Raisons pour lesquelles cette stratégie sera inefficace


    Par rapport à 2002, cette stratégie paraîtra encore plus prometteuse parce que, depuis cette date, rien n’a véritablement changé. Les problèmes essentiels dont souffre la société française n’ont pas été résolus : le lien social ne s’est pas resserré, l’égoïsme n’a pas fait place à une solidarité générale, le système scolaire reste défaillant, l’autorité (police, justice…) est toujours en crise, la bureaucratie bruxelloise continue à nous étouffer (même si la Constitution européenne a été mise au placard), la pauvreté n’a pas régressé, aucune réelle victoire n’a été remportée sur le chômage, la violence augmente et l’intégration des masses d’étrangers reste globalement un échec.

    Ce dernier constat est apparu au grand jour lors de la récente flambée des banlieues. En 2002, on prétend que vous auriez été servi par la médiatisation du fait divers survenu lorsqu’un pauvre petit grand-père avait été agressé, et son pavillon incendié. Trois ans plus tard, il ne s’agit plus d’un vieillard tabassé et d’un pavillon brûlé, mais d’actes de banditisme qui ont duré des jours et des jours, faisant plusieurs morts et occasionnant des dégâts financièrement faramineux (plus de 10 000 voitures détruites, gymnases et locaux divers incendiés). Certains prétendent que la France a vécu un début de guerre civile et que celle-ci éclatera de nouveau à la faveur d’une prochaine bavure…

    Tout pousse donc à croire que, la lassitude générale aidant, votre stratégie de 2002 portera désormais bien plus de fruits, les gens ayant cette fois vraiment peur.

    Cependant, cet optimisme me paraît peu justifié. Pour deux raisons principales que je vais maintenant exposer.

    1°) La flambée des banlieues ne changera pas l’état d’esprit du peuple


    La première est que, finalement, la récente flambée des banlieues n’a rien apporté de nouveau. Des voitures qui brûlent, des bus « caillassés », des locaux incendiés, des pompiers ou des policiers pris à partie et quelques décès suite à des agressions, tout cela arrive — hélas — chaque semaine. D’après les chiffres récemment publiés, chaque mois pendant l’année 2005, on a recensé en moyenne 7 850 faits de violence urbaine ; novembre a connu un pic sensible avec 23 851 faits constatés. C’est beaucoup, certes, mais ce n’est pas encore un soulèvement de masse… Quant aux voitures brûlées, il y en a eu 10 300 lors des émeutes et 35 300 les onze autres mois de l’année (soit une moyenne mensuelle d’environ 3 200). Preuve qu’en novembre 2005, le changement a résidé dans l’intensité, pas dans la nature des faits. Tout ce que l’on a vu, c’est donc une augmentation ponctuelle de la fièvre chez un malade qui en souffre en permanence. La première fois, cela peut faire peur, mais on oublie vite. Et lorsque la chose se reproduit régulièrement sans avoir de graves conséquences, alors elle ne génère plus d’inquiétude notable.

    Voilà pourquoi je crois que les événements du type de ceux qui viennent d’arriver ne vous serviront guère. S’ils ne se reproduisent pas, dans deux ans, ils seront bien oubliés, la Coupe du monde aidant…

    S’ils se reproduisent régulièrement, ils deviendront un fait que tout le monde supportera, bon gré mal gré, comme un buveur accepte ses « gueules de bois ». Les plus chanceux s’en préserveront en louant des garages ou en déménageant dans des lieux moins exposés. Les autres prendront de meilleures assurances. Et tous se diront que, de toute façon, « on n’y changera rien », que c’est le prix à payer pour bénéficier d’une société moderne qui, somme toute, ne marche pas trop mal. Quand on mesure tout ce que le peuple français a admis depuis cinquante ans, on se dit qu’il pourra bien encore admettre cela…

    Allons plus loin. Supposons que je me trompe. Oui, supposons que la dégradation sociale devienne telle qu’il ne soit plus possible ni de s’en protéger, ni de l’admettre. Les gens voteront-ils alors pour vous ? Rien n’est moins sûr.

    2°) Même si la situation sociale se dégrade, le peuple ne vous élira pas


    Je rappelle que le 5 mai 2002, vous faisiez face à l’un des politiciens les plus discrédités de la cinquième République : J. Chirac. Appelé « Surpermenteur », il était dénoncé comme un ambitieux, une girouette prête à toutes les trahisons pour arriver au sommet, un « escroc » mouillé dans de nombreuses magouilles. C’était l’homme sans projet pour la France — un comble pour un Président de la République —, l’homme des promesses non tenues, l’homme qui avait « baisé » les Français (dixit Lionel Jospin).

    De façon évidente, sa réélection ne pourrait qu’amener une dégradation encore plus grande de la situation du pays. Or, malgré cela, les électeurs français qui se sont exprimés le 5 mai 2002 ont voté à 80 % pour cet individu. Ils ont voté à 80 % pour plus de chômage, plus de fiscalité, plus de violence etc.

    Certains ont prétendu que ce résultat fut la conséquence de vos deux « dérapages » de l’entre-deux tours, lorsque vous avez parlé d’aménager des camps de transit pour les immigrés en situation irrégulière, et de retirer la France de l’Union européenne. Cette analyse est cependant fausse car je rappelle que les sondages effectués dans les minutes qui ont suivi la publication des résultats du premier tour, le 21 avril, ont tout de suite donné J. Chirac vainqueur du duel final avec 77 à 80 % des suffrages. Preuve que tout de suite, les jeux étaient faits et que vos deux « dérapages » n’ont rien changé…

    Je reviendrai plus loin sur la raison de ce rejet épidermique dont vous faites l’objet. Pour l’instant, je me contente de conclure que si, en 2002, 80 % des électeurs ont voté pour un « supermenteur » afin de vous barrer la route à l’Élysée, il n’y a aucune raison pour qu’ils ne vous rejettent pas en 2007, même si la situation est davantage dégradée, et même s’il est toujours plus difficile de se protéger.

    Ils vous rejetteront avec d’autant plus de facilité que depuis 1995, deux « concurrents » ont vu leur poids politique augmenter sensiblement : Nicolas Sarkozy et, surtout, Philippe de Villiers. Aujourd’hui, ces deux hommes symbolisent le conservatisme pur et dur, c’est-à-dire le retour à des valeurs d’ordre, voire un certain « traditionalisme ». Le discours des « villiéristes » est du type : nous voulons une France fidèle à ses valeurs d’antan ; nous voulons l’ordre dans la République, à l’école, dans la famille ; nous voulons la sécurité dans les rues et dans les transports en commun ; nous ne voulons pas faire partie d’une Europe supranationale qui dissoudra les identités nationales ; nous nous dressons contre le péril islamique, aussi refusons-nous de voir la Turquie entrer dans l’Union européenne.

    Ce discours, c’est le vôtre, lorsque vous jouez la carte de la « respectabilité ». Sans doute répondrez-vous que les gens préfèrent l’original à la copie. Cela a été vrai jusqu’à présent, lorsque des gens comme le docteur Bachelot ou comme Bruno Mégret ont cru qu’ils réussiraient en faisant scission. S’ils ont échoué, c’est parce qu’ils venaient du FN, donc qu’ils étaient aussi marqués que vous. Ils se sont aliéné les électeurs du FN sans pour autant prendre des voix ailleurs, d’où leur naufrage politique.

    Mais avec N. Sarkozy et P. de Villiers, c’est n’est plus le cas. Cette fois, vous faites face à des personnages qui ne sont nullement marqués comme vous l’êtes. D’où le fait qu’ils pourront récupérer non seulement les conservateurs issus de la « droite molle » (droite qui n’est qu’une gauche masquée), mais aussi les électeurs du FN peu convaincus et lassés de combattre sans espoir de prendre véritablement le pouvoir un jour…

    J’ai bien écrit « peu convaincus ». Car il va de soi qu’un électeur résolu n’ira jamais donner sa voix à un de Villiers ou, pis, à un Sarkozy. Seulement voilà : combien de vos partisans sont-ils réellement des convaincus ? Autrement dit : combien parmi eux ont-ils une doctrine solide qui assurera leur fidélité ? Moins qu’on peut le penser et j’expliquerai pourquoi dans la deuxième partie de ma lettre.

    Pour l’instant, je me borne à constater qu’en adoptant un discours « respectable », c’est-à-dire en repoussant tout ce qui fait de vous un véritable opposant politique, vous êtes en train de vous faire dépasser sur votre gauche par des conservateurs. Pour l’instant, vous ne pouvez pas l’éviter, et votre fille Marine le pourra encore moins.

    - Votre position actuelle est sans issue


    S’il n’a jamais été question pour vous que de réalisme, de conquête du pouvoir — dans le but supposé de dévoiler vos vrais objectifs après que le pouvoir aurait été conquis —, il fallait au fond doubler les républicains modérés sur leur gauche dès le début de votre combat, afin de correspondre aux canons de ce que vous croyez être efficace. Mais vous avez voulu l’efficacité électorale au détriment de la fidélité aux idées vraies, tout en donnant des gages au peuple de la vraie droite dont vous vous vouliez le représentant. C’est ainsi que vous avez réussi à mécontenter tout le monde.

    Les amateurs de prébendes vous ont quitté ou vous quitteront pour rejoindre les partis et courants qui gagnent électoralement, et les hérauts de la droite radicale ne vous rejoindront jamais.

    Finalement, du fait de vos prises de position passées, votre situation actuelle est sans issue : si vous tenez votre discours traditionnel, 95 % des électeurs vous rejettent ; si vous jouez la carte de la « respectabilité », 80 % des électeurs vous rejettent encore et vous vous faites dépasser sur votre gauche par des gens qui, eux, tiennent le même discours sans traîner les boulets que vous traînez, donc qui peuvent prétendre à l’efficacité.

    Aller plus loin encore dans la voie de la « respectabilité » ne servira à rien


    Dès lors, que faire ? Beaucoup de vos proches prôneront la voie de la « respectabilité » toujours plus grande. Leur espoir est qu’un jour, à force de professions de foi « politiquement correctes », les attaques dont vous et le FN êtes les victimes seront sans objet. Suprême naïveté, pour trois raisons.

    - Les trois raisons d’un échec programmé

    1°) Un passé vous « colle à la peau »


    On ne se débarrasse pas de son passé, surtout quand vos adversaires savent que son rappel est une arme politique redoutable, parce qu’il provoque le rejet épidermique mentionné plus haut. A jamais, vous resterez le « facho », le « nazi ». Si, demain, votre fille Marine vous remplace, son nom de famille suffira pour que ce passé soit encore rappelé. Et même si le FN est repris par une personne qui ne s’appelle pas Le Pen, son simple statut de « successeur de Le Pen » suffira ; le slogan « F comme fasciste, N comme nazi » fonctionnera toujours...

    2°) Les « leçons du passé » sont toujours invoquées contre vous


    En 2002, vous avez effectué une campagne électorale exemplaire, affirmant vos convictions républicaines et démocrates (avec notamment la brochure « 5 référendums pour un quinquennat »), tenant un discours modéré, lisse, sans « dérapages » et apparaissant comme un grand-père tranquille. Bref, vous avez joué à fond la carte de la « respectabilité ». Cela n’a servi à rien. Votre accession au deuxième tour n’a pas été due à un raz-de-marée frontiste, mais à l’effondrement du candidat Jospin. Et le 5 mai 2002, les 80 % en faveur de J. Chirac ont démontré que personne — ou presque — n’avait été convaincu par votre offensive de charme…

    Cela n’a rien d’étonnant. Vous présentez-vous comme un démocrate ? On vous répond comme cet immigré clandestin : « Le Pen est un nazi. Et comme Hitler, il veut être élu démocratiquement».

    Tendez-vous la main au peuple en assurant que vous voulez son bonheur ? On lance comme J.-P. Fitoussi :

    Il ne faut pas être grand historien pour savoir que la stratégie de l’extrême droite est d’abord celle de promesses démagogiques pour conquérir le pouvoir et ensuite, une fois le pouvoir conquis, la violence dans toutes ses dimensions […].

    Tenez-vous des propos modérés ? On rétorque, comme ce lecteur de Libération, que vos discours et vos comportements « ne se sont que très momentanément adoucis pour pouvoir bientôt prendre une ampleur inouïe ».
    Non, vraiment, vos courbettes n’ont servi à rien, à rien du tout… Et elles ne serviront jamais à rien, car comme l’ont écrit les auteurs du Dossier Noir :

    [Le Pen est un] individu qui, quoi qu’il fasse pour le faire oublier, ne sera jamais un homme politique comme les autres.

    3°) Une victoire qui serait un échec définitif


    Enfin, à supposer qu’un jour, l’opération « respectabilité » porte ses fruits, cela voudra dire que le FN est devenu « politiquement correct », donc qu’il aura trahi l’esprit de son équipe fondatrice. Dès lors, en quoi pourra-t-il encore prétendre sauver la France ?

    - Conclusion

    C’est clair : la voie qui consister à lisser toujours plus le discours conduit à la mort du FN historique, soit qu’il se sera vidé au profit d’un mouvement conservateur tel que l’Union pour la France de P. de Villiers, soit qu’il sera devenu un parti « politiquement correct », donc sans rapport avec le FN créé en 1972.

    Description et analyse de la propagande anti-FN


    Cela dit, comment agir ? Déjà, il faut commencer par le commencement, c’est-à-dire poser la question : « Qu’est-ce qui, chez les électeurs, provoque le rejet épidermique dont vous êtes la victime ? »

    - L’ « Holocauste », pilier de la propagande anti-FN

    Retour sur le 21 avril 2002


    Pour y répondre, revenons au 21 avril 2002. Pendant quinze jours, nos bateleurs publics ont tout fait pour susciter ce rejet épidermique. Agissant dans l’urgence, ils n’ont pas finassé ; ils ont dévoilé leur machine de guerre comme Vénus dévoile sa nudité en sortant des eaux. Si on étudie leur propagande, on découvrira tout naturellement la recette miracle qui provoque le rejet.

    Effectuons donc, par la pensée, un voyage dans le passé. Revenons au 21 avril, peu après 20 heures. Nous y sommes.

    Les premiers messages entendus


    Quels sont les premiers messages entendus ? Une manifestante descendue dans la rue et interrogée par TF1 lance : « j’ai honte que, cinquante ans après un génocide, y’a Le Pen qui passe au second tour ». Le maire socialiste de la ville d’Ascq parle d’enrayer « le glissement vers l’extrême droite, l’exclusion et les conséquences que l’histoire nous a apprises». Olivier Besancenot parle de « séisme politique» et déclare : « Le Front national, c’est pour nous un courant qui représente […] l’héritage du fascisme, de millions de morts, des crimes nazis, nombreux pendant la seconde guerre mondiale ».

    Les slogans vus dans les manifestations


    Avançons de quelques jours. Nous voici dans l’entre-deux tours. Que voit-on ? Des manifestations monstres dans les rues avec des slogans comme : « Le Pen-Hitler, c’est bien la même chose », « Adolf Le Pen » … Et chaque jour résonnent les mises en garde : « nous savons où ces choses mènent — ce qu’on ne savait pas en 1940 » (Zeev Sternhell, professeur à l’Université hébraïque de Jérusalem) ;
    « Le Pen au deuxième tour, je ne peux pas l’admettre. Les Français ne se souviennent pas de ce qu’a fait l’extrême droite quand elle est arrivée au pouvoir dans le passé » (Georges Mercier, ancien Résistant) ;
    « Je vous en supplie, souvenez-vous comment un homme a fait que des millions de personnes de toutes races soient mises à mort dans les pires supplices » (l’abbé Pierre) ;
    « L’irrémédiable [= « la mort de 6 millions de juifs dans les chambres à gaz »] peut se reproduire. Vous devez voter dimanche [5 mai 2002], sans cela la terreur s’installerait » (Claude Lanzmann).

    Une propagande en trois étapes


    Je pourrais continuer pendant des pages, mais ces quelques citations suffisent pour découvrir le principal ingrédient de la recette qui permet de provoquer le rejet épidermique de votre personne. Ce principal ingrédient, c’est l’ « Holocauste ». Il permet de bâtir une propagande très simple en trois étapes : 1°) « Le Pen, c’est le nouvel Hitler » ; 2°) « Et Hitler, on sait où ça a mené (des morts par millions dans des camps d’extermination) » ; 3°) « Donc, si Le Pen arrive au pouvoir, on sait où ça va mener ». CQFD.

    - Une propagande qui empêche toute victoire par les urnes

    Une propagande qui permet de vous présenter comme l’incarnation du Mal


    Cette propagande efficace permet de vous présenter comme un criminel en puissance. Ainsi, lorsque le socialiste François Hollande a voulu justifier son vote pour J. Chirac le 5 mai 2002, il a déclaré : « après tout, Chirac est un délinquant, pas un criminel » ; sous-entendu : Le Pen, lui, c’est un criminel. D’autres ont été plus loin. L’académicien Jean Dutour vous a traité de « monstre de Frankenstein», l’écrivain Gérard de Cortanze vous a rangé parmi les « vampires nostalgiques », Vincent Lindon a déclaré que vous incarniez « la face sombre de tout homme » et le président du Congrès juif mondial, Edgar Bronfman, a vu en vous « l’incarnation du mal».

    Une propagande qui permet de susciter des réflexes conditionnés


    On comprend dès lors pourquoi les gens éprouvent à votre encontre un sentiment de rejet épidermique. Comment, en effet, suivre un individu prêt à mettre des millions d’innocents dans des fours ? « N’importe qui mais pas Le Pen », tel est le slogan qui conditionne leurs actes et leur vote. Je n’exagère pas. Rappelez-vous V. Lindon qui, dans l’entre-deux tours, lança :

    Il ne s’agit plus de réfléchir, mais d’agir comme animé d’un réflexe pavlovien. Si Le Pen était opposé à Tartemuche, il faudrait voter Tartemuche.

    Rappelez-vous également Philippe Lançon qui asséna : « Disons [19]33 et votons Chirac comme on voterait Pavlov ». Je sais que dans nos milieux, on raille ces « intellectuels » qui représenteraient peut-être les « bobos », mais pas la majorité silencieuse, celle des « petits Français confrontés chaque jour à l’immigration… ». Le résultat du 5 mai 2002 a cependant fait justice de cette allégation. Ce jour-là, cette majorité silencieuse a réagi comme le demandaient MM. Lindon et Lançon ; elle s’est exprimée en masse contre vous.

    Une propagande qui paralyse le peuple au bon moment


    Et n’allez pas croire que, les années passant, cette propagande fondée sur l’ « Holocauste » perdra de son efficacité. Point n’est besoin d’être grand sociologue pour se rendre compte que plus le temps passe et plus les jeunes sont gavés de propagande holocaustique.

    Certes, ils n’y pensent pas tous les jours. Mais prenez le cas d’une douleur musculaire : vous ne la ressentez pas jusqu’au moment où vous souhaitez utiliser le muscle atteint, et c’est alors que cette douleur vous paralyse. Avec l’ « Holocauste », c’est la même chose : les jeunes s’en moquent dans leur vie de tous les jours, mais au moment de voter, donc au moment de décider de l’avenir du pays, ils s’en souviennent, et c’est à cet instant qu’ils se trouvent paralysés. L’entre-deux tours des élections présidentielles de 2002 a amplement démontré que les moins de 25 ans sont très sensibilisés à cette propagande. Dans les manifestations, on pouvait lire des slogans du genre : « A quoi sert l’histoire? » ou « Souviens-toi de janvier 1933 ». Interrogé, un interne en médecine déclara :

    J’ai peur car me reviennent en mémoire des pages de mon livre d’histoire où un peuple a pris à la légère la menace de l’extrémisme. J’ai peur car les pages suivantes regorgent de monstruosités, d’étoiles jaunes, de triangles roses, de crimes orchestrés par la barbarie nazie.

    Un espoir inepte : le rejet des beurs


    Certains, dans les milieux de la droite nationale, me répondront : « Oui, mais avec les jeunes beurs, cette propagande ne marche plus ». Admettons. Mais cela ne fera pas de ces jeunes des électeurs du FN, car eux ont d’autres raisons de ne pas voter pour ce parti. De plus, à supposer qu’un jour ils soient majoritaires et, donc, que la propagande n’ait plus de prise, cela voudra dire que le peuple français est en voie d’extinction, donc qu’il n’y a plus de France à sauver.

    Voilà pourquoi il est vain d’espérer que le temps arrangera les choses. Plus les années passeront et plus les jeunes seront gavés d’ « Holocauste » afin qu’ils deviennent des citoyens « politiquement corrects » (donc anti-droite nationale). Et si, un jour, cette propagande devient impossible à cause du trop grand nombre de beurs, c’est que la France sera déjà morte…

    Et même si… Une propagande qui permettrait d’annuler des élections favorables aux FN


    Encore une fois, cependant, allons plus loin. Supposons que je me trompe et que, la situation se dégradant au-delà du tolérable, le FN se mette à progresser lors des consultations populaires. Oui, rêvons que, dans les principales élections, votre parti réunisse enfin 35, 40 voire 45 % des suffrages au niveau national. Qui aura la naïveté de croire que nos démocrates resteront sans réagir ?

    Quelques « Capentrasseries », deux ou trois synagogues et mosquées incendiées, quelques étrangers retrouvés opportunément assassinés et le tour sera joué : le FN sera brutalement interdit au motif qu’il menace la paix civile.

    - Une propagande qui permet de classer les électeurs du FN en deux catégories : les « fâchés » et les « fachos »


    Et peut-être n’y aura-t-il même pas besoin d’organiser ces provocations. Peut-être suffira-t-il de décréter l’état d’urgence et d’annuler les élections. Ce sera plus facile qu’on veut bien le croire, car la propagande holocaustique permet de violer le principe selon lequel, dans une élection au suffrage universel, tous les votes ont même valeur. Je m’explique : quand on affirme que l’hitlérisme a conduit au meurtre froidement perpétré de plusieurs millions d’innocents, on en déduit que seuls des inconscients, des fous ou des pervers peuvent voter pour l’héritier spirituel d’Hitler. Voilà pourquoi après le « séisme » du 21 avril 2002, les électeurs du FN ont été repartis en deux catégories principales : les « fâchés » et les « fachos ».

    - Raison pour laquelle le vote des « fâchés » ne doit pas être pris en compte

    Qui sont les « fâchés » ?


    La première est celle « fâchés qui ne sont pas des fachos » (dixit Michel Py, maire RPR de Leucate). Elle regroupe les petites gens présentés comme incapables, faute d’ouverture intellectuelle, de prendre leur place dans notre société moderne en constante mutation. Dans Le Monde, le sociologue J.-C. Kaufmann les a qualifiés de « paumés de la modernité ». Pour lui, ce sont les « périmés penauds des quartiers sans événements, des boutiques minables », les « possesseurs de nains de jardin » qui, ne comprenant rien au tohu-bohu moderne, se replient silencieusement « au fond des petits pavillons à 4 sous ». Même discours chez son confrère Emmanuel Todd qui lance : « Aujourd’hui, voter FN, c’est se définir comme un paumé ».

    Un « vote affectif » sans signification


    Or que peut bien valoir le vote d’un paumé ? Rien, assurément, car ce vote n’est pas le produit d’une démarche rationnelle mais un vulgaire « vote affectif » (dixit Pascal Lamy) qui « n’exprime que le désarroi, certainement pas un projet de société » (dixit Danièle Giordano). Alain Madelin a été encore plus loin en disant : « mettre un bulletin Le Pen dans l’urne, c’est une façon propre de brûler des voitures ».

    Dès lors, on ne saurait prendre en compte ce vote quasi terroriste. C’est ce qu’affirme d’ailleurs J.-C. Kaufmann lorsqu’il écrit :

    Que faire ? Écouter leur message, certes, mais tout en sachant qu’il est impossible de l’entendre vraiment pour l’intégrer à un programme de gouvernement.

    Par conséquent, à supposer qu’un jour les « paumés » représentent plus de 50 % du corps électoral, il ne faudra pas prendre en compte le résultat des élections, puisque leurs aspirations ne sauraient constituer un « programme de gouvernement ». Autrement dit : il faudra annuler purement et simplement les élections.

    - Raison pour laquelle le vote des « fascistes » ne doit pas être pris en compte


    Sans doute me répondra-t-on que les « paumés » sont une minorité au sein de l’électorat du FN et qu’en vérité, ce dernier reste constitué d’une grande majorité de citoyens capables d’émettre un vote rationnel. Admettons. Mais ce constat ne sauve rien, bien au contraire. Car si vos électeurs ne sont pas des « fâchés », alors ce sont des « fachos ». Certains verront dans ce terme une simple insulte sans grande portée. Ils se trompent.

    La France abusivement assimilée à la République démocratique


    Relisez la Constitution française ; elle déclare : « la France est une république indivisible, laïque, démocratique et sociale ». Or la démocratie est un système politique fondé sur la souveraineté populaire. Par conséquent, elle nie l’existence d’un ordre naturel qui serait supérieur à l’Homme, donc non susceptible d’être remis en cause. En démocratie, est bien ce que le peuple (ou le Législateur agissant au nom du peuple) déclare être bien, est mal ce que le peuple (ou le Législateur…) déclare être mal. Ce qui était mal hier peut devenir bien aujourd’hui et réciproquement.

    L’exemple de l’avortement


    Exemple : l’avortement. Sous l’Ancien Régime, il était considéré — avec l’infanticide — comme un crime puni de la peine capitale [Voy. notamment l’édit de février 1556 d’Henri II et l’ordonnance de Louis XIV du 25 février 1708. A cette époque, l’avortement était purement et simplement vu comme un infanticide. Voy. par exemple le marquis de Sade, Justine ou les malheurs de la vertu : « A ces horreurs, madame de Lorsange joignait trois ou quatre infanticides. La crainte de gâter sa jolie taille, le désir de cacher une double intrigue, tout lui fit prendre la résolution d’étouffer dans son sein la preuve de ses débauches » (voy. le marquis de Sade, Justine… [Frontières Éditions, 1973], p. 28).]. Si les révolutionnaires abrogèrent cette législation et laissèrent indemne la femme qui avait consenti à un avortement, le Code de 1791 déclarait tout de même passible de vingt ans de fers celui qui avait pratiqué l’opération. A partir de 1810, le Code pénal de Napoléon punit à nouveau la femme coupable aussi bien que ceux qui avaient permis l’expulsion de l’embryon [Voy. l’art. 317. Des peines des prisons étaient prévues pour la femme et ses coauteurs ; des peines de travaux forcés à temps pour les officiers de santé et les pharmaciens qui avaient indiqué ou administré des moyens abortifs, si l’avortement avait finalement eu lieu.]. Le 31 juillet 1920, une loi fut votée qui punissait d’un emprisonnement de six mois à trois ans et d’une amende de 100 à 3 000 F la « provocation à l’avortement par publicité ou propagande » même non suivie d’effet. Trois ans plus tard, le 27 mars 1923, l’article 317 du Code pénal fut modifié. Quiconque avait « procuré ou tenté de procurer l’avortement d’une femme enceinte » était passible d’une peine de prison pouvant aller jusqu’à cinq ans et d’une amende pouvant se monter à 10 000 F. La femme enceinte qui avait procuré l’avortement à elle-même risquait jusqu’à deux ans de prison si l’embryon avait effectivement été expulsé. Quant aux membres du corps médical qui avaient indiqué ou fourni les moyens, ils risquaient non seulement jusqu’à cinq ans de prison, mais aussi une interdiction d’exercer temporaire ou définitive ainsi qu’une interdiction de séjour pouvant aller jusqu’à dix ans.

    Ces quelques rappels démontrent qu’il y a quatre-vingts ans encore, l’avortement était majoritairement considéré comme un mal, un mal à réprimer sévèrement. Aujourd’hui, cependant, la situation a radicalement changé : l’avortement est non seulement autorisé, mais aussi remboursé par la Sécurité sociale.

    Caractère fondamental du fascisme


    Le « fascisme », au contraire, croit en l’existence d’un ordre naturel (qu’il le considère, ou non, comme voulu par Dieu) dont le viol entraîne un châtiment par la Nature elle-même. « La nature se venge impitoyablement quand on transgresse ses commandements » a écrit A. Hitler. Et ailleurs :

    En tentant de se révolter contre la logique inflexible de la nature, l’homme entre en conflit avec les principes auxquels il doit d’exister en tant qu’homme. C’est ainsi qu’en agissant contre le vœu de la nature il prépare sa propre ruine [Ibid., p. 286].
    […] les hommes […] arriveront à un niveau supérieur d’existence non pas en écoutant ce que professent quelques idéologues atteints de démence, mais en apprenant à connaître et en observant rigoureusement les lois d’airain de la nature.

    Cette croyance en l’existence d’un ordre supérieur voulu par le Créateur, donc non soumis aux caprices des foules, est ce qui différencie vraiment la droite de la gauche. Là se trouve la vraie frontière. Voilà pourquoi avec mes collaborateurs, nous parlons toujours d’une « fausse droite » qui va du centre-droit jusqu’à — mais oui ! — certains courant de la droite dite nationale.

    C’est au nom de cet ordre que beaucoup, au FN, s’opposent à l’avortement, au pacs, au « mariage » des sodomites… Et c’est en cela qu’ils sont qualifiés de « paumés de la modernité » par des individus comme J.C. Kaufmann. En vérité, ce ne sont pas des « paumés », mais des citoyens lucides qui — même de manière inconsciente — n’ont pas oublié la sagesse antique.

    Un fasciste ne peut pas être démocrate, donc un fasciste n’est pas Français


    Quoi qu’il en soit, on déduit de tout cela qu’un fasciste conscient des principes qui sous-tendent sa pensée doctrinale ne peut pas être démocrate, car ce serait totalement contradictoire. S’il n’en est pas toujours conscient ou si, par tactique, il prétend le contraire, ses adversaires, eux, l’ont parfaitement compris.

    Seulement voilà : la France étant abusivement — assimilée à la République dont l’une des caractéristiques est d’être démocratique, si vous n’êtes pas démocrate, alors vous n’êtes pas républicain ; et si vous n’êtes pas un républicain, alors vous ne faites pas partie de la France, donc vous n’êtes pas un Français. J’exagère ? Nullement. Le 21 avril 2002 au soir, Noël Mamère déclara : « La France et les Français ne méritent pas cela ». De son côté, Laurent Fabius se lamenta en disant : « ce n’est pas ça la France ». Citons également Christine Taubira qui lança : « Le Pen au second tour, putain, ce n’est pas la France ça ». Cinq jours plus tard, la chorégraphe Karine Sporta parla d’un « éloignement gravissime entre l’électorat et la volonté profonde des Français ». Qu’en déduire, si ce n’est que votre électorat n’est pas français, donc qu’il impose à la France un résultat qu’elle refuse ? Le 6 mai 2002 au matin, d’ailleurs, le quotidien Aujourd’hui titra en première page : « LA FRANCE A GAGNÉ ». Toutes ces citations démontrent que, dans la mystique républicaine, vous, M. Le Pen, ainsi que votre parti et votre électorat, n’appartenez pas à la France. Vous figurez même parmi ses ennemis, puisque lorsque vous êtes battu, on crie : « La France a gagné ».

    Conséquence : le vote des « fachos » ne doit pas être pris en compte


    Or, il va de soi qu’une consultation populaire démocratique sert à exprimer la volonté du peuple français, pas celle de ses ennemis. Par conséquent, jamais on n’acceptera de respecter le verdict des urnes en cas de victoire du FN au niveau national. Ici encore, je n’exagère pas. Peu après le 21 avril 2002, Jean-Luc Mélenchon déclara :

    […] si M. Le Pen accédait au pouvoir par les urnes, comme Hitler en son temps, obéirions-nous au pouvoir « légitime » démocratiquement constitué qu’il incarnerait ? Pour ma part, je réponds sans détour : non, je n’obéirais pas.

    De son côté, une jeune fille de 18 ans, déclara :

    […] si Le Pen passe, intellectuels, artistes, politiques, Français moyens et huppés, de droite et de gauche, policiers, peuple de la rue, milieu underground, population immigrée, enfin tout le monde [descendra] dans la rue pour manifester et destituer Le Pen de son pouvoir.

    Citons enfin un lecteur de France Soir qui, le 4 mai, écrivit tranquillement :

    […] Le Pen peut être élu sans danger : face aux manifestations géantes et à la désobéissance civile, il devra faire ses valises aussitôt arrivé.

    On en revient au principe toujours implicite mais omniprésent : « Les règles du jeu démocratique ne s’appliquent qu’entre démocrates ». Tant que, dans les élections de portée nationale, vous et votre parti n’arriviez, au mieux, qu’en troisième position, on vous tolérait comme une simple interférence sans gravité dans le jeu démocratique. Cette situation pouvait faire croire que nos démocrates vous acceptaient et que vous étiez enfin devenu « respectable ». Mais tout cela n’était qu’une illusion, une funeste illusion que le 21 avril 2002 a dissipée.

    - Si vous n’obtenez pas les signatures en 2007…


    En 2007, peut-être n’obtiendrez-vous même pas les signatures nécessaires pour déposer votre candidature. L’immense majorité des Français n’en sera même pas choquée, car comment s’offusquer qu’un pays dit civilisé écarte d’emblée du jeu démocratique l’héritier spirituel d’un individu qui, en 1933, a utilisé la démocratie pour la détruire et pour perpétrer, au nom même de son idéologie, le plus grand massacre de tous les temps ? Et même si vous obtenez ces signatures, les portes du pouvoir vous resteront inexorablement fermées : soit qu’une grande majorité d’électeurs contribuera à vous faire battre dans les urnes, soit que le processus électoral sera interrompu si vous menacez de remporter les élections, puisque la voix des « paumés » et des « fachos » ne vaut rien…

    - Une propagande qui vous paralyse définitivement


    C’est indéniable, la propagande sur l’ « Holocauste » vous paralyse inexorablement. Aussi longtemps que le spectre des six-millions-chambres-à-gaz planera au-dessus de nos têtes, vous et votre parti serez réduits à l’impuissance politique. Ainsi contribue-t-on à expliquer pourquoi depuis vingt ans maintenant, c’est-à-dire depuis la fameuse percée de Dreux, et malgré tous les atouts dont vous avez pu disposer (enthousiasme de vos militants, justesse de vos analyses, situation sociale en constante dégradation), aucune « vague brune » n’a submergé la France. Le FN a dû se contenter de quelques succès ponctuels la plupart du temps sans lendemain, le meilleur exemple étant celui du 21 avril 2002.

    Certes, la propagande « holocaustique » n’explique pas tout, loin de là (et je vais y venir). Mais il n’en reste pas moins vrai que vingt années de combat, avec ces centaines de milliers d’heures passées à militer et ces millions donnés à la cause, ne laissent aux militants que des souvenirs. Concrètement, c’est peu ; c’est ridiculement peu…

    Réponse à une objection : la vraie raison pour laquelle l’affaire du « détail » a été calamiteuse


    Sans doute allez-vous me répondre : « Parlons-en du concret ! Jusqu’ici, vous m’avez fourni une belle démonstration, mais sur quoi débouche-t-elle ? Qu’avez-vous à proposer ? Dire publiquement que les chambres à gaz homicides allemandes n’ont pas existé et que la Shoah se révèle être un bobard ? Quelle naïveté ! L’affaire du “détail” a suffi pour démontrer l’inefficacité de cette stratégie. On ne peut attaquer de front au mythe de l’ “Holocauste”. »

    - Le 13 septembre 1987, vous n’avez pas attaqué de front le mythe de l’ « Holocauste »


    J’admets sans peine que l’affaire du « détail » a été calamiteuse. Mais pas pour les raisons qu’allèguent les partisans de la respectabilité, bien au contraire. Car ce fameux 13 septembre 1987, vous n’avez pas attaqué de front le bobard de la Shoah. Vous vous êtes contenté de déclarer :

    Je me pose un certain nombre de questions. Je ne dis pas que les chambres à gaz n’ont pas existé. Je n’ai pas pu moi-même en voir. Je n’ai pas étudié spécialement la question. Mais je crois que c’est un point de détail de l’histoire de la seconde guerre mondiale.

    Bref, après avoir affirmé, dans les trois premières phrases, que la porte pouvait rester ouverte à certaines révisions, vous avez finalement « botté en touche » pour ne pas avancer plus sur un terrain mouvant. Il n’y a donc pas eu attaque frontale, mais esquive.

    - Une esquive qui permet de vous présenter comme un monstre ignoble


    Mais c’est finalement cette esquive qui s’est, à la longue, retournée contre vous. Car aujourd’hui, dans la tête de beaucoup, vous n’êtes pas l’infâme révisionniste qui nierait la réalité de la Shoah, vous êtes pis : vous êtes l’ignoble individu pour qui le massacre de six millions d’innocents dans les camps de la mort est un fait vrai mais sans importance, un « détail ». L’entre-deux tours des élections présidentielles de 2002 l’a amplement démontré. Le 26 avril 2002, Annabelle Humbert manifesta sa :

    Honte de voir un pays qui est à l’origine des droits de l’homme faire passer au deuxième tour un type qui juge que les camps de concentration ne sont « qu’un point de détail » […].

    De leur côté, deux jeunes beurs de banlieue lancèrent :

    Ils ont voté sur l’insécurité, parce qu’on ne voit que des merdeux à la télé. Mais ils ne savent pas ce qui les attend : un type qui embrasse Saddam Hussein et qui dit que la Shoah est un détail.

    Là encore, je pourrais multiplier les citations.

    - La mauvaise foi de vos adversaires est une donnée de la vie politique


    Je sais, ce n’est pas ce que vous avez dit. Jamais vous n’avez prétendu que le massacre de six millions d’innocents était un « détail ». Vous avez voulu dire que la façon dont les gens étaient morts dans les camps de concentration était sans importance par rapport au résultat de cette disparition. La faute revient aux journalistes et aux politiques qui, par la suite, ont outrageusement déformé votre pensée. Seulement, la mauvaise foi de vos adversaires est une donnée de la vie politique. Personne ne peut l’ignorer, vous encore moins que les autres. Lorsque, après le 13 septembre 1987, certains de vos lieutenants se sont lamentés en paraissant découvrir cette malhonnêteté intellectuelle, ils ont donné l’affligeant spectacle du vieux coucheur qui prétend jouer le puceau.

    - Si vous aviez « craché le morceau »…


    La mauvaise foi de vos adversaires rend toujours actuelles ces paroles du Christ : « Dites seulement oui si c’est oui, non si c’est non. Le reste vient du Malin » (Matthieu, V, 37). Vous croyez en l’existence des chambres à gaz homicides allemandes ? Il fallait le dire clairement. Vous n’y croyez pas ? Il fallait le dire tout aussi clairement et ne pas botter maladroitement en touche. Certes, dans ce dernier cas, on vous aurait injurié, sali et poursuivi. Mais au moins auriez-vous pu, lors du grand procès qui vous aurait immanquablement été intenté, provoquer ce fameux débat public que tous les révisionnistes réclament depuis plus de vingt ans. Car à l’époque, la loi Gayssot n’existait pas ; tout était donc encore possible devant un tribunal. Et un procès Le Pen pour révisionnisme n’aurait pas pu être passé sous silence. Il aurait au contraire fait la « une » de nombreux journaux, y compris hors de nos frontières. Oui, vraiment, vous aviez là l’occasion de libérer le monde de cet infâme bobard qui condamne l’Europe blanche et chrétienne à la mort.

    - Une stratégie de repli qui s’est transformée en Bérézina


    Vous ne l’avez pas saisie, préférant un repli stratégique. Cela n’a servi à rien. Non seulement vous avez été très lourdement condamné, mais en plus, tout comme, hier, Poincaré était l’homme qui « riait dans les cimetières », vous êtes aujourd’hui l’individu qui « affirme que six millions d’exterminés sont un détail ». Dès lors, on n’est pas surpris lorsqu’une jeune fille de seize ans déclare : « [Le Pen] me fait très peur ! Je pense que s’il obtient une once de pouvoir, il va vraiment se lâcher… et dévoiler ses vraies intentions ». C’était en avril 2002, après votre campagne électorale exemplaire. Aujourd’hui, cette jeune fille a dix-neuf ans… et le droit de vote. Votera-t-elle pour vous ? Assurément non. Combien d’autres sont dans son cas ? Le résultat du 5 mai 2002 me convainc de dire : 80 % du corps électoral. 80 % qui se disent : « Pour lui, six millions, c’est un détail ; il sera donc prêt à le refaire s’il arrive au pouvoir ».

    C’est clair : votre stratégie de repli face au mensonge de l’ « Holocauste » s’est finalement retournée contre vous et s’est muée en Bérézina.

    Réponses à deux autres objections

    - L’objection fondée sur les attentes du peuple


    Peut-être m’objecterez-vous : « Tout cela est très beau, mais ce dont le peuple souffre aujourd’hui, c’est de la crise économique, du chômage, de l’immigration-invasion, de la criminalité… C’est sur de tels sujets qu’il attend des propositions. On ne fonde pas une lutte politique sur le rétablissement d’une vérité historique. Ces discussions n’intéressent que les intellectuels. »

    Erreur. Nous venons de voir que certains mensonges historiques sont incapacitants. Ce n’est d’ailleurs pas la première fois dans l’histoire. A partir de 1918, le mythe de la responsabilité unilatérale des vaincus dans le déclenchement de la guerre qui venait d’ensanglanter l’Europe s’est largement imposé. En Allemagne, il a véritablement paralysé le peuple qui, dès lors, a accepté l’odieux Traité de Versailles ainsi que la perspective d’un paiement sans fin de « Réparations » colossales, paiement qui tuerait lentement le pays par asphyxie.

    Dès le début, Hitler comprit que l’on ne pourrait rien tant que le mythe perdurerait. Dans Mein Kampf, il écrivit :

    Il m’était clair alors que pour les premiers militants dont se composait au début notre mouvement, il fallait vider à fond la question des responsabilités de la guerre, et de la vider dans le sens de la vérité historique. La condition préalable du succès de notre mouvement était qu’il apportât aux grandes masses la connaissance du traité de paix.

    Telle fut la raison pour laquelle les deux principales conférences qu’A. Hitler tint au début de sa carrière politique eurent pour titre : « Les vraies causes de la guerre mondiale » et « Les traités de paix de Brest-Litowsk et de Versailles ». Dans Mein Kampf, il le rappelle :

    Je considérais que ces deux conférences […] étaient les plus essentielles, et je les répétais encore et toujours des douzaines de fois sous une forme sans cesse renouvelée, jusqu’à ce qu’une conception claire et uniforme s’établît, au moins sur ce point, entre les hommes parmi lesquels notre mouvement recruta ses premiers membres.

    A. Hitler avait donc parfaitement compris les ravages que peut faire au sein d’un peuple un mensonge historique. Voilà pourquoi, loin d’entreprendre son action en abordant les problèmes matériels de l’heure (à l’époque, c’était le danger bolchevique, les symptômes de l’effondrement du commerce allemand, la crise qui se profilait…), il commença par s’attaquer au mythe incapacitant.

    Aujourd’hui, le mythe a changé, mais ses facultés incapacitantes restent les mêmes…

    - L’objection fondée sur le risque de dissolution du FN


    Mais les adversaires de la stratégie fondée sur le combat révisionniste n’ont pas épuisé leurs arguments : « Vous semblez oublier, me diront-ils, que si, en 1987, J.-M. Le Pen n’avait pas adopté une stratégie de prudence, s’il avait explicitement soutenu les thèses faurissonniennes, le FN aurait été interdit. »

    Dans un premier temps, je répondrai : peut-être, mais où est la différence ? Aujourd’hui, le FN n’est certes pas interdit par la loi ; toutefois, l’accès au pouvoir lui reste totalement fermé à cause de la propagande holocaustique. Par conséquent, tout se passe comme si, finalement, le FN était interdit.

    Il eût mieux valu que le « Front » eût été dissous. Pourquoi ? Parce que, dans ce cas, les opportunistes, les mous et les velléitaires auraient quitté le navire en perdition. Seuls seraient restés auprès de vous, chef incontesté de la droite nationale, les purs et les durs. Et ensemble, vous auriez combattu en n’ayant plus rien à perdre. Quelle forme la lutte aurait-elle alors prise et quels auraient été les résultats ? Je l’ignore, car la vie est toujours pleine d’aléas. Mais ce dont je suis certain, c’est qu’une dissolution de votre parti en 1987, si vous aviez soutenu explicitement les thèses révisionnistes, aurait donné au combat une tout autre allure : plus de structure officielle à préserver, plus de subventions à espérer, plus de places à sauvegarder ; un seul groupe d’idéalistes soutenus par des millions d’électeurs qui n’ont plus rien à perdre et que la répression dont leurs chefs viennent d’être les victimes a radicalisés. Comme l’a écrit Drumont voilà plus d’un siècle (on voit que rien n’a changé) :

    Les mœurs, si amollies aujourd’hui, seraient devenues plus âpres ; des âmes se seraient réveillées , des vengeurs auraient surgi ; le gouvernement, ainsi traqué, aurait été obligé de se rendre plus odieux encore qu’il ne l’est par des mesures qui n’auraient fait qu’irriter les esprits […].

    Enfin, on aurait trouvé la Providence qui n’aurait pas manqué de bénir, donc de protéger et d’aider ce combat sans concession pour la préservation de l’Europe chrétienne. Car il ne faut pas l’oublier, la Providence.

    Edouard Drumont — toujours lui — a écrit que le propre de l’insurgé est « de se lancer dans l’inconnu, de forcer violemment la main à la Destinée » ; que certes, il « est à la merci évidemment du hasard », mais qu’il « peut aussi être servi étrangement par ce hasard » :

    il a des chances de renverser des gens pris à l’improviste et qui ne sont pas sur le même plan d’idées que lui ; il se heurte à des résistances, mais, très souvent aussi, il rencontre des défaillances incroyables, des affaissements inouïs, des facilités à passer sur lesquelles il n’aurait pas osé compter ; une porte de bronze derrière laquelle il devait y avoir des hommes prêts à se faire tuer jusqu’au dernier se trouve être une porte de carton et, quand on l’a enfoncée en pressant dessus, on aperçoit un vieux concierge débonnaire qui vous dit : « Donnez-vous donc la peine d’entrer. »
    L’insurgé, au fond, ne sait jamais ce qui arrivera à la suite de ce qu’il fait, mais ce qu’il sait, c’est qu’il arrivera quelque chose. Il a produit de l’action, et cette action crée des mouvements, des courants, opère des déplacements de situations et des troubles d’êtres qui seraient restés à l’état latent sans cette secousse.

    Ce « hasard » dont parle E. Drumont, c’est la Providence. Elle aide nécessairement ceux qui combattent sans concession pour la Vérité. Il est dommage qu’aujourd’hui, les gens lui fassent si peu confiance. D’où ces chefs qui, infidèles à leur vocation d’insurgés, ressemblent de plus en plus à ces petits commerçants uniquement soucieux de « faire tourner la boutique » et de prévoir pour le lendemain.

    Ils oublient l’admirable leçon d’Isabelle Rivière qui, en 1943, écrivit : « il n’est pas une action féconde qui n’ai commencé par le sacrifice — c’est-à-dire par le contraire de la prévoyance ».

    Ailleurs, elle remarquait :

    […] s’il est vrai que l’insouciance, la témérité, ont causé parfois des accidents, s’il faut leur attribuer chaque année un certain nombre de morts violentes, de combien plus de lentes asphyxies la prudence humaine n’est-elle pas responsable.

    C’est incontestablement vrai. Beaucoup à gauche ou dans les rangs de la fausse droite s’étonnent de la « complaisance » dont le FN n’aurait cessé de bénéficier depuis des lustres. Pas d’interdiction, accès aux médias, subventions… Je crois en deviner l’origine. Quand une structure politique a atteint une certaine importance, elle devient une sorte d’entreprise commerciale qu’il faut à tout prix protéger. Le leitmotiv de l’équipe dirigeante devient : « Pas ça, on risque l’interdiction ». Et c’est ainsi que, petit à petit, les positions s’affadissent, avec l’excuse qu’il faut être raisonnable, continuer à exister et ratisser toujours plus large. Dès lors, la vocation d’insurgé s’asphyxie lentement pour finalement mourir.

    Lorsque, en 1987, vous avez adopté une position de repli sur la question brûlante de l’ « Holocauste », non seulement vous avez laissé passer une occasion unique d’attaquer le mythe, mais aussi, vous avez finalement servi le Système. Vous lui avez évité de décider une interdiction qu’il ne voulait pas. Vingt ans après, on voit où cela a mené…

    - Aujourd’hui, vous stagnez et vous allez être dépassé par votre gauche


    Depuis 1987, vous avez accumulé maintes erreurs. Votre « dialectique » pour donner l’illusion de la respectabilité est une pauvre ruse de potache qui se retourne toujours tôt ou tard contre vous et contre vos semblables. Loin de rassembler, vous avez adopté des positions qui s’apparentent à des reniements. Loin de sauver, vous avez contribué à enterrer. Loin d’avancer, vous avez stagné. Et aujourd’hui, vous reculez parce que vous êtes en train de vous faire déborder par votre gauche immédiate — N. Sarkozy, P. de Villiers et bientôt tous les rescapés du lamentable mégrettisme. Tous ces individus qui ne vous imitent que pour vous trahir, sont en passe de vous doubler sur votre gauche et de ramasser la mise de la réussite électorale en vous raflant vos propres électeurs naturels que, par votre manque de pugnacité, vous avez déçus et lassés.

    (English subtitles channel)

    Send a Card or even a letter to the Jailed Revisionist Wolfgang FRÖHLICH - JVA Stein - Steiner Landstr 4 - A-3504 Krems-Stein - AUSTRIA


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